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EAN : 9782070368150
224 pages
Gallimard (12/07/1972)
3.79/5   227 notes
Résumé :
En se penchant un peu en arrière, il voyait, derrière le dos de Solange, la jeune femme qui était assise à côté d'elle; adossée dans son fauteuil, elle écoutait, bouche entrouverte et les yeux clos. Elle n'était pas jolie; mais Costals la désirait : 1° parce qu'il trouvait convenable que, dans la même minute ou il caressait pour la première fois une jeune personne, il en désirât une autre; 2° parce que, donnant l'apparence du sommeil, il était impossible qu'elle ne ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
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colimasson
  23 avril 2014
Les auteurs de romans d'amour sont les premières victimes de leur sentimentalité. Pierre Costals, le personnage central des Jeunes Filles, serait-il le représentant précoce –quoique plus complexe et psychologiquement plus profond- d'un Marc Lévy ou d'un Guillaume Musso ? Ses talents à mettre en scène les flux et reflux amoureux de ses personnages déchaînent les fantasmes de lectrices pour lesquelles l'amour n'est encore qu'un rêve parsemé de préjugés romantiques et bourgeois. Thérèse et Andrée vivent ici ou là, dans des coins perdus de province et, à l'aube de la trentaine, elles ne connaissent rien de plus de l'amour que ce que Pierre Costals, par le biais de ses romans, veut bien leur en montrer. Passionnées par désespoir, elles assaillent l'écrivain de lettres dans lesquelles toute l'infamie de leur existence transparaît, espérant susciter chez leur lecteur sinon l'amour, au moins la compassion débordante dont il fait preuve dans ses romans.si Thérèse, dévote et larmoyante, et Andrée, intellectuelle au moral solide, ne se ressemblent pas dans leurs caractères, elles sont en revanches aussi laides l'une que l'autre. Ce détail semble suffire à Pierre Costals qui, déjà bien occupé par ailleurs avec d'autres amantes -jeune fille, maîtresse et prostituée-, dédaigne longtemps de leur répondre, malgré l'abondance de leurs courriers. Et puis, il consent enfin à donner signe de vie au moment où l'engouement de ses lectrices allait s'éteindre, relançant mieux que jamais leur ardeur et les précipitant, de fait, vers une ruine douloureuse.

La forme fluide de ce roman se montre passionnante et fait s'alterner à un rythme rapide les lettres envoyées par Pierre, Andrée ou Thérèse, parfois entrecoupées d'annonces matrimoniales, de dissertations d'écrivain et de narration plus classique, venue à point nommé pour éclaircir et relancer la tension des échanges épistolaires. Cette forme éclatante s'accompagne d'un fond délicieux qui n'échappe pas à une virulente cruauté nietzschéenne. Alors que les années 30 valorisaient le mariage, Henry de Montherlant signe un acte de mort à la conception bourgeoise du couple. Plus encore que la laideur et le désespoir de ses lectrices, ce sont les fantasmes dans lesquels se repaissent Andrée et Thérèse qui dégoûtent Pierre Costals. Parle-t-on alors davantage de méchanceté que de fatigue ? Pierre Costals ne fait-il finalement pas preuve de charité en essayant de guérir deux femmes perdues de leurs illusions ? Celles-ci croient ne pouvoir assurer leur bonheur qu'à la condition de s'allier à un parti convenable ou passionné ; il semble plutôt temps qu'elles essaient de décoller par la propre force de leurs talents. Leur souffrance est un instrument d'instruction. Même s'il ne semble pas s'en rendre compte, Pierre Costals cherche à faire grandir ses maîtresses en leur donnant à croire en elles-mêmes, bien que son ambivalence nourrie d'une passion intarissable pour la nouveauté et la diversité des visages humaines le pousse lui-même à courir sans cesse après une forme d'idéal négatif : celui de la femme passive, dénuée de tout sentiment et de tout intellect.

Henry de Montherlant se promène d'ambivalences en contradictions pour tracer des portraits nuancés de ses personnages. le sentiment amoureux et la notion de couple passent au crible d'idées qui apparaissent comme un savoureux mélange d'influences nietzschéennes et de prémisses kunderiens. le premier réapparaît dans sa façon de considérer la relation amoureuse à la manière d'une annexion(« On ne devrait jamais dire à quelqu'un qu'on l'aime, sans lui en demander pardon ») et le deuxième se laisse présager dans la mélancolie que ressent Pierre à chaque fois que, choisissant momentanément une femme, il comprend devoir se priver de toutes les autres qu'il aurait pu choisir de manière tout à fait égale (« Ce monstrueux hasard à la base : l'homme qui est forcé de prendre une compagne pour la vie, alors qu'il n'y a pas de raison pour que ce soit celle-là plutôt qu'une autre, puisque des millions d'autres sont aussi dignes d'être aimées »). Si Pierre Costals rejette la notion de couple bourgeois, ce n'est pas par avarie mais au contraire par excès d'amour : amour de soi-même, et amour de l'altérité en général. Amour de la vie demandant une plénitude et une pleine disposition de l'individu, plutôt que restriction des possibilités et enfermement dans une routine d'idées et de comportements menant à terme le dépérissement de l'individu : « Tout ce qui crée des rencontres mérite encouragement, même quand il s'agit de rencontres à fin sentimentale, et malgré tout ce qu'elles supposent de niaiserie et de médiocrité ». On retrouve également le cynisme joueur d'un Oscar Wilde dans les piques lancées par Pierre Costals. Lorsque le second écrit : « Chacun de ces restaurants du Blois évoquait pour Costa des souvenirs contradictoires : heures d'ivresse, quand il y était avec une femme qu'il n'avait pas encore possédée, heures d'embêtement mortel, quand il y était avec une femme à lui », on retrouve un peu des idées du premier : « J'aime bien tout savoir de mes nouveaux amis, et rien de mes anciens ».

Pierre Costals et ses Jeunes filles sont des amis aux passions et à l'audace stimulantes, dépassés par les fluctuations de leurs désirs, maintenus par les idées qu'ils brandissent pour se justifier. Henry de Montherlant, brillant manipulateur, sait aussi maintenir son lecteur en haleine en dispersant sa série en plusieurs volumes qu'il faudrait découvrir presque aussitôt…

Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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sylvaine
  28 octobre 2012
Il est des livres dont le nom de l'auteur évoque bien quelque chose mais qui me semble t-il sont tombés en désuétude", ce roman de H de Montherlant premier tome de la série Les jeunes filles, me parait en faire partie. Et bien je trouve cela fort dommage....
Années 1925, Pierre Costals est un écrivain célèbre. Il vit de sa plume, a du succès auprès des femmes, fréquente peu les salons mondains, bref mène la vie aisée d'un jeune bourgeois parisien où l'écriture est primordiale et la gent féminine fort présente. Sa notoriété littéraire lui vaut des lettres passionnées de ses admiratrices. Parmi elles des jeunes femmes, encore jeunes filles, plus toutes jeunes, pas forcément jolies, C'est ainsi que nous découvrons mademoiselle Thérèse Pantevin, jeune fille dévote écartelée entre son amour pour Costals et sa vocation religieuse.
Andrée Hacquebaut, bientôt trente ans, est elle une jeune fille cultivée, préférant les occupations intellectuelles à celles qui lui permettrait de sortir de la misère décente dans laquelle elle vit. Elle vient une fois de temps en temps à Paris et ne cesse de vouloir le rencontrer…
Ce dernier répond parfois à leurs missives enflammées, usant souvent du silence, il attise ainsi leur passion .Véritable pourfendeur de la gent féminine où seules les plus jolies, bêtes de préférence ou les filles de joie trouvent grâce à ses yeux, Costals démonte la psychologie féminine et les regarde à travers un prisme déformant ...Rien n'échappe à sa verve ironique .mordante, caustique. Pour lui Les Jeunes Filles sont comme ces chiens abandonnés, que vous ne pouvez regarder avec un peu de bienveillance sans qu'ils croient que vous les appelez, que vous allez les recueillir, et sans qu'ils vous mettent en frétillant les pattes sur le pantalon. »
Un roman au ton certes misogyne mais fidèle portrait de la société de l'époque où pour seul avenir la jeune fille n'avait que celui de son futur époux,…
Jubilatoire à souhait, un pur bonheur de lecture.
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litolff
  03 avril 2012
Ah, Les Jeunes Filles... ! Je garde un délicieux souvenir de cynisme provocateur à la lecture de ce roman dans lequel Montherlant faisait une analyse jubilatoire de la psychologie féminine.
Costals, écrivain parisien libertin, cynique, désabusé et séducteur est l'objet d'adoration des jeunes filles qui, comme de juste, rêvent de trouver le grand amour et de convoler en justes noces.
Malheureusement pour elles, elles trouvent en la personne de Costals un homme totalement allergique à l'idée même d'amour et de mariage, qui joue avec leurs sentiments avec un cynisme redoutable.
Montherlant décortique avec brio et beaucoup de justesse psychologique la complexité des sentiments qui agitent les protagonistes de l'amour à la pitié en passant par l'amitié et pose la question de la possibilité de l'amitié dans les rapports hommes-femmes… On n'est pas loin de Bridget Jones !
En 1977, Jean Piat prêta brillamment ses traits à Pierre Costals dans une interprétation teintée d'ironie désabusée.
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oiseaulire
  12 octobre 2021
Je viens de terminer "les jeunes filles" de Henry de Monterlant qui m'avaient scandalisée lors de ma première lecture à 15 ans.
Ma conclusion est que je l'avais lu beaucoup trop jeune et n'y avais pas compris grand-chose, si ce n'est la goujaterie du héros.
Je n'y avais pas vu la dérision et la perspicace analyse de la psychologie masculine (et féminine) par l'auteur, qui, pour un peu, irait jusqu'à la misandrie presque davantage que vers la misogynie.
Il y aurait ici beaucoup à dire : Montherlant, quand même, quelle pointure : style, réflexion, élégance jusque dans la gaudriole... du grand art, même s'il n'est pas allé au bout de son analyse en ce qui concerne les femmes ( le mariage certes, comme seule carrière possible en 1930. Mais voulaient-elles l'homme comme fin ou l'homme comme moyen de la seule réalisation de soi permise ? )
Et de fait, on voit bien l'amoureuse Andrée Hacquebaut confondre fin et moyen. Quoi de plus naturel ?
L'homme (ici un écrivain à la mode, snob, libertin quoique conventionnel et un peu grotesque) tourné vers le monde et ses vanités (vanitas vanitatum, et omnia vanitas) et la femme, avide, ne lâchant pas de vue son objectif, tournée vers la réalisation de soi avec une marge de manoeuvre très étroite : contracter mariage, seule carrière possible à part celles de vieille fille ou de prostituée : faire un mariage honorable pour garder la tête haute.
Hommes et femmes tous deux conformistes et obéissant aux pressions sociales, les premiers par vanité, les seconds par instinct de survie.
Mais il n'y a pas que cela.
On sent le jansénisme dans cette oeuvre plus sévère qu'il n'y paraît, et un mysticisme certain.
Le mysticisme semble l'affaire des femmes, même si elles se trompent d'objet. L'homme ici ne connaît la vie spirituelle que par les livres et l'érudition, par le "on-dit". Les femmes le vivent ; les deux amoureuses de Costals le vivent : l'une un peu givrée de religion ; l'autre, plus estimable que l'objet de son amour car elle va au bout de la réalisation de soi, jusque dans l'anéantissement. Elle seule risque et ose, c'est au fond de l'abîme qu'elle atteint la grandeur malgré la chute, malgré l'humiliation. le péché originel, c'est d'avoir commis l'erreur fondamentale de confondre Dieu et sa créature, d'avoir divinisé l'homme. Que l'on soit croyant ou athée, il ne faut jamais confondre la partie et le tout, l'univers et son infinitésimale manifestation.
Costals lui, personnifie l'impuissance à vivre, à risquer, à s'oublier. C'est un obsessionnel de soi-même, amoureux de son image. Costals, être inachevé, qui SAIT, mais ne SENT pas (c'est Montherlant qui le dit). Costals est un castrat de l'affect.
Costals et Andrée Hacquebaut sont des prototypes : deux intellectuels, l'un dans le monde mais fasciné par les vertiges de la vie spirituelle dont il a peur et qu'il contemple en miroir chez la femme ; l'autre, retirée du monde dans sa nuit intérieure et attirée par la "normalité" qu'elle prête au monde. Encastrés l'un dans l'autre comme le Yin et le Yang.
Voici une oeuvre de haute volée qui dépasse de beaucoup les rapports femmes/hommes.
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Nadou38
  07 juin 2018
C'est par la lecture de ce premier tome des «Jeunes Filles» que je découvre son auteur Henry de Montherlant.
Je dois avouer que je ne connaissais pas cet académicien français et si mon ami jeeves_wilt n'avait pas insisté pour que je le lise, il serait probablement encore inconnu pour moi aujourd'hui. Merci donc à lui car je découvre une plume magnifique pour exprimer l'ambiguité des relations humaines, en particulier entre les hommes et les femmes.
«Les jeunes filles» est un gros pavé, en parti roman épistolaire, fragmenté en quatre opus. Celui-ci est le premier, dont il conserve le titre, et les suivants sont Pitié pour les femmes, le démon du bien et enfin Les lépreuses.
Pierre Costals en est le personnage principal. C'est un écrivain célèbre, séducteur et qui par sa notoriété est amené à entretenir, discrètement, de nombreuses relations avec les femmes. Parlant d'amour dans ses romans, le lectorat féminin de Costals est conséquent et certaines d'entre elles n'hésitent pas à lui écrire.
Ce premier tome nous présente ainsi les lettres de quelques-unes de ces lectrices à Costals et les difficultés pour l'écrivain d'entretenir ces relations épistolaires. En effet, on découvre un homme qui ne répond pas régulièrement à ces lettres, ou bien qui va user d'un certain cynisme dans ses réponses, toujours à la limite du respect, face à des femmes qui l'idéalisent à travers ses écrits. Je suppose un personnage qui redoute de souffrir et qui peut apparaître odieux en voulant se protéger, il est bien difficile en effet pour moi de cerner son caractère à la fin de ce premier tome...
L'auteur met en évidence les maladresses de chacun, actes manqués ou mal interprétés entre hommes et femmes, qui engendrent des situations malheureuses ou qui peuvent faire souffrir.
Une belle lecture en tout cas qui incite à lire la suite...
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Citations et extraits (98) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   12 janvier 2015
Ce monstrueux hasard à la base : l’homme qui est forcé de prendre une compagne pour la vie, alors qu’il n’y a pas de raison pour que ce soit celle-là plutôt qu’une autre, puisque des millions d’autres sont aussi dignes d’être aimées. L’homme qui est forcé par la nature de répéter à dix femmes les mêmes mots d’amour, y compris à celle qui lui est destinée, faux s’il le lui cache, cruel s’il le lui avoue. L’homme qui est forcé par la nature de tromper sa femme, avec tout ce qui s’ensuit de mensonges et de bassesse, malfaisant s’il laisse aller la nature, malheureux s’il la combat. La jeune fille qui devient enfant dans les larmes, et mère dans les gémissements. L’enfant, fait naturel, qui enlaidit et déforme la femme. L’acte soi-disant naturel par excellence, et qui ne peut être fait qu’à certaines époques, dans certaines conditions, avec certaines précautions. La terreur de l’enfant, ou la terreur de la maladie, comme un spectre au-dessus de chaque alcôve. L’acte soi-disant naturel par excellence entouré de toute une pharmacie qui le salit, l’empoisonne et le ridiculise. En vérité, quel homme, à condition qu’il réfléchisse un peu, ne se dira pas, lorsqu’il s’approche d’une femme, qu’il met le doigt dans un engrenage de malheurs, ou tout au moins un engrenage de risques, et qu’il provoque le destin ? Et cependant il le désire, la femme le désire, la société le désire, et la nature, si elle était capable de désirer quelque chose, le désirerait aussi, et tout cela est l’amour, qui est le fil de flammes qui retient le vivant à la terre, et suffirait à justifier la création.
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moklosmoklos   08 juin 2008
La femme, au contraire, se fait une idée positive du bonheur. C’est que, si l’homme est plus agité, la femme est plus vivante. Ah ! ce n’est pas elle qui demandera, comme le jeune homme de tout à l’heure : « Qu’est-ce que vous entendez par vivre ? » Elle n’a pas besoin d’explications. Vivre pour elle, c’est sentir. Toutes les femmes préfèrent se consumer en brulant, à être éteintes ; toutes les femmes préfèrent être dévorées, à être dédaignées. Et dans ce « sentir » quelle mobilité, quelle ampleur des réactions ! Quand on voit qu’une femme, si l’homme qu’elle aime semble l’aimer moins – ne fût-ce qu’un peu moins – souffre autant que s’il ne l’aimait pas du tout ; quand on voit qu’ensuite, si elle reconnait qu’il l’aime autant, non seulement elle en éprouve une joie merveilleuse, mais elle ajoute à sa joie cette nouvelle joie, de se faire pardonner de l’avoir soupçonné, quand on voit cela, et qu’on voit en regard la lourdeur des hommes, on donne un sens au mot vivant.
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colimassoncolimasson   10 janvier 2015
Il y a, dans le mariage musulman, tel qu’il est célébré à Alger, une coutume saisissante. La coiffeuse s’avance vers les jeunes mariés et verse de l’eau de jasmin dans les deux mains réunies de la mariée ; le mari se baisse et boit cette eau ; la coiffeuse procède de même pour le mari, mais lorsque la mariée se prépare à boire dans les mains du mari, celui-ci ouvre les mains et le liquide s’échappe. Voilà une coutume atroce : il est posé en principe que l’homme doit être heureux, et que la femme ne doit pas l’être.
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colimassoncolimasson   28 avril 2014
Ce matin, vous auriez été en flammes sur le palier, à cause de quelque explosion de réchaud, ou de je ne sais quoi, que je crois que n'aurais pas été à votre secours, parce que je n'étais pas rasé. Notez bien que le fait que je fusse nu n'était pour rien dans l'affaire. Vous savez sans doute comment est fait un homme : vous avez bien dû voir des statues. Et d'ailleurs j'étais habillé.
Votre absurde départ me prive du plaisir de vous emmener à l'exposition Claude Monet, comme je l'avais projeté. Je m'en faisais une vraie joie.
Cordialement vôtre.


Combien Andrée, dans cette lettre, le retrouva pareil à ce qu'il était! Gentillesses, plaisanteries, et même cette pointe d'inconvenance, dont elle souriait sans en être troublée. Et toujours ses allusions à sa mère, si émouvantes pour elle... Mais elle ne regrettait pas d'être revenue à Saint-Léonard. Elle pressentait que, si elle fût restée à Paris, il eût continué de la faire souffrir. Tandis que cette lettre était bonne, elle dénouait mystérieusement - oui, vraiment sans raison - sa peine. Toujours pleine des livres de Costals, elle se rappelait une phrase de l'un d'eux : "L'éloignement rapproche." Pourquoi comprenait-il tout si bien dans ses livres, et feignait-il de ne pas comprendre, dans la vie ?
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moklosmoklos   08 juin 2008
La femme est faite pour un homme, l’homme est fait pour la vie, et notamment pour toutes les femmes. La femme est faite pour être arrivée, et rivée ; l’homme est fait pour entreprendre, et se détacher : elle commence à aimer, quand, lui, il a fini ; on parle d’allumeuse, que ne parle-t-on plus souvent d’allumeurs ! L’homme prend et rejette ; la femme se donne, et on ne reprend pas, ou reprend mal, ce qu’on a une fois donné. La femme croit que l’amour peut tout, non seulement le sien, mais celui que l’homme lui porte, qu’elle s’exagère toujours ; elle prétend avec éloquence que l’amour n’a pas de limites ; l’homme voit les limites de l’amour, de celui que la femme a pour lui, et de celui qu’il a pour elle, dont il connait toute la pauvreté.
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Vidéo de Henry de Montherlant
Henry de Montherlant : Entretiens avec Pierre Sipriot (1952 / France Culture). Henry de Montherlant en septembre 1958 à Paris. • Crédits : Getty. Par Pierre Sipriot. Diffusion sur France Culture de septembre à décembre 1952 sous le titre de "15 soirées avec Henry de Montherlant". Réalisation : Nicole Salerne et Vanessa Nadjar. Attachée de production : Daphné Abgrall et Odile Joëssel. Coordination : Sandrine Treiner. Henry Millon de Montherlant, né le 20 avril 1895 à Paris et mort le 21 septembre 1972 dans la même ville, est un romancier, essayiste et dramaturge français. Souvent désigné sous le seul patronyme de Montherlant, il est l'auteur de quelque 70 ouvrages et est notamment connu pour son roman "Les Jeunes Filles" (1936-1939) et ses pièces de théâtre "La Reine morte" (1942), "Le Maître de Santiago" (1947) et "La Ville dont le prince est un enfant" (1951). Il est élu membre de l'Académie française en 1960. Montherlant est l'auteur d'une très abondante œuvre littéraire comprenant pour l'essentiel des romans, récits, pièces de théâtre et essais, mais aussi des notes de carnets, de la poésie et une correspondance. L'essentiel de cette œuvre est disponible dans la Bibliothèque de la Pléiade (deux tomes de romans, un tome de théâtre, un tome d'essais incluant les carnets).
00:00 1er entretien : « La plus étonnante et admirable création de la nature n'est ni l'adulte ni le jeune homme mais l'enfant. » Dans cette première partie d’entretiens, Henry de Montherlant revient sur "L’exil", qu’il écrit à 18 ans, et "La relève du matin", des œuvres imprégnées des expériences de ses années de collège.
24:59 2ème entretien : « Je ne juge pas, je ne suis pas un professeur de morale. » Deuxième volet des entretiens d’Henry de Montherlant avec Pierre Sipriot. Naissance d’Alban de Bricoule, figure romanesque qui parcourt l’œuvre de l’écrivain, et retour sur deux romans, "Le Songe" et "Les Olympiques", ou devoir patriotique, joie du sport et tourments amoureux mènent la danse.
51:15 3ème entretien : « Peut-être ne suis-je pas fait pour les chemins de velours. » Dans ce troisième volet, Henry de Montherlant évoque la crise qui marque son passage à sa trentième année et durant laquelle il écrit "Aux fontaines du désir" et "Les Célibataires".
01:17:01 4ème entretien : « J’ai écrit sur les rapports entre l’homme et la femme des vérités essentielles. » Installé à Alger au début des années 30, Henry de Montherlant s’intéresse à “La question coloniale” et écrit "La Rose de sable", roman critique du colonialisme, qui ne sera publié dans son intégralité qu’en 1982. Il n’échappe cependant pas à une autre polémique avec son roman "Les Jeunes filles".
01:43:52 5ème entretien : « J’ai toujours accepté de me mettre de moi-même à l’écart ou d’y être tenu. » Dans ce dernier volet, Henry de Montherlant revient sur ses essais, des écrits qui collent à l’actualité avant et durant la Seconde Guerre mondiale. À travers sa voix, on perçoit les réponses d’un homme accusé à tort d'avoir été du mauvais côté de l’histoire.
Sources : France Culture et Wikipédia
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La série des Jeunes Filles de Montherlant

Comment s'appelle le personnage principal, dont on a trop souvent dit qu'il était l'incarnation romanesque de Montherlant ?

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Thème : Les Jeunes filles, tome 1: Les jeunes filles de Henry de MontherlantCréer un quiz sur ce livre