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EAN : 9782070361564
224 pages
Éditeur : Gallimard (26/07/1972)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 98 notes)
Résumé :
Quand Mlle Dandillot venait, le soir, avenue Henri-Martin, son premier geste était d'éteindre l'électricité. Et il s'était fait une sorte de rite. Il la déshabillait peu à peu tandis qu'elle restait debout et petite devant lui, dans sa pose familière, le front un peu baissé, le regardant sans la moindre fausse honte, avec ses yeux bleu sombre, plus grands et plus sombres - presque noirs - dans l'obscurité de la pièce, comme s'ils avaient bu en partie les ténèbres de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
colimasson
  14 avril 2015
Un peu d'originalité s'introduit dans l'existence amoureuse de Pierre Costals, jusqu'alors marquée par la monotonie de la succession des partenaires. Cette fois, Pierre Costals s'est épris d'une jeune fille encore vierge qui le surprend d'abord par son indifférence –du jamais-vu- et par le biais de laquelle s'éprouvera de plus en plus puissamment la force du mythe de Pygmalion et Galatée. Pierre Costals découvrira en effet le bonheur de plonger ses mains dans les terres physique et mentale encore vierges de sa jeune partenaire. Est-ce bien raisonnable de laisser cette construction aux mains d'un détraqué sentimental ? La tension de ce roman croît et varie autour d'une interrogation, qui constitue également une envie ou une crainte : Galatée va-t-elle pouvoir transformer son Pygmalion ? Heureusement non !

Pierre Costals s'est un peu amolli mais ses réflexions restent encore lapidaires et détruisent toute velléité conjugale. La noblesse de son élocution n'a d'égale que la cruauté de ses réflexions et l'inhumanité de ses sentiments. Son amour doit être bien amer, mais ce roman est un délice.
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mfrance
  05 janvier 2016
Bien sûr, Montherlant a raison.
Le mariage, cette institution bourgeoise est un tue-l'amour ! C'était vrai au début du XXème siècle (c'était vrai depuis le début d'ailleurs) et c'est évidemment pareil aujourd'hui ! Et les nouvelles moeurs n'y changent rien. En vérité, le mariage n'a plus lieu d'être et il serait temps de trouver de nouveaux arrangements sociétaux pour protéger les enfants, fruits d'unions souvent éphémères, dans la mesure où la plupart du temps, les deux membres d'un couple s'ennuient à mourir l'un auprès de l'autre !
Et bien sûr, Montherlant est un écrivain,
un vrai, qui sait manier le français avec maestria et non seulement la langue, mais aussi les concepts. Rien à voir donc avec un pisseur d'encre, dont les ouvrages envahissent, à vous en coller la nausée, les têtes de gondole des hyper d'aujourd'hui ! Car pour les librairies, il faut les chercher !
Bon, là n'est pas le sujet.
Et, il est vrai que certaines jeunes filles d'aujourd'hui, aussi idiotes que celles de l'époque De Montherlant, en cela bien aidées par les media et la publicité en sont encore à rêver de leur jour de gloire, de leur longue robe blanche froufroutante, du voile qui l'accompagne et de tout ce cérémonial ridicule qui fait le bonheur et l'opulence de toutes les officines dédiées à la réussite d'un beau mariage.
Mais heureusement, la plupart des jeunes filles d'aujourd'hui, ne sont pas que cela !
La grosse différence, c'est que depuis le début du siècle dernier, elles ont, heureusement pour elles, eu, enfin, accès à l'éducation.
Le problème avec Montherlant, c'est qu'il est, avant tout, un répugnant macho, un type immonde pour qui une femme n'est visiblement rien d'autre qu'un vagin.
Lire les jeunes filles et les suites que Montherlant leur a données, c'est se plonger dans l'abjection. Pour Montherlant, un corps de femme c'est quelque chose de sale, plein de sucs juste destinés à empoisonner l'homme.
Pour Montherlant, une femme c'est forcément un esprit faible, un être absolument incapable d'une pensée intelligente ! Toutes les femmes qu'il dépeint ne sont que de pauvres êtres ridicules, toutes férocement caricaturées !
Montherlant, esprit créateur et bien entendu supérieur, ne saurait se compromettre avec ces êtres inférieurs.
Montherlant ne fait rien d'autre, à travers les 4 volumes des Jeunes filles que véhiculer des pensées malsaines, dans un style fleuri qui finit par vous flanquer la nausée !
Je dois être honnête: je me suis arrêtée au troisième des quatre volumes, tellement cette lecture m'est devenue répugnante.
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Nadou38
  10 juin 2018
Ce second tome, intitulé «Pitié pour les femmes», reprend exactement là où s'était arrêté le premier, «Les Jeunes filles», avec Costals.
Cette fois-ci, l'histoire se concentre davantage sur sa rencontre, puis sa relation, avec la jeune Solange que l'on avait pu croiser dans le premier tome.
Attiré par sa jeunesse et sa candeur, Costals semble surtout apprécier son apparente simplicité d'esprit, il faut dire qu'elle paraît peu contrariante. On suit l'évolution de cette relation qui n'a pour le narrateur aucun autre objectif que d'aboutir à l'union des corps. En effet, il l'envisage cette liaison uniquement sous l'angle du désir et du plaisir et a beaucoup d'affection pour elle qu'elle le lui permette. Mais est-ce une situation durable pour Solange, je me le demande... On n'a guère son point de vue en tant que narratrice, j'espère qu'on en saura plus par la suite.
On retrouve par ailleurs une de ses lectrices et admiratrices, Andrée, qui refuse d'accepter le rejet de son amour par Costals. C'est l'occasion d'échanges grinçants entre les deux «amis». Il est touchant de voir comment elle peut se fourvoyer en imaginant mille autres explications à ce rejet pour ne pas avoir à regarder la vérité en face : même si elle est amoureuse, cet amour peut ne pas être partagé...
Echange inattendu également entre Costals et le père de Solange, un homme malheureux qui réalise qu'il va mourir en n'ayant jamais fait ce qu'il voulait vraiment, seulement ce qu'on attendait de lui...
Des comportements humains très réalistes en somme et souvent décrits avec justesse grâce à la plume De Montherlant, toujours aussi agréable à lire.
Mais aussi des points de vue sur les femmes - leurs ambitions personnelles, leur statut dans le couple et dans le mariage - que je ne partage pas forcément avec le narrateur (et peut-être l'auteur), en partie lié au fait que la société et la place des femmes ont bien évolué et changé depuis les années 30.
A suivre...
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sweetie9
  08 juillet 2014
Il y avait à N....,en 1918,une petite fille de douze ans,que sa famille définissait:une "petite tranquille".Elle n'avait pas d'amies,et jouait seule,silencieuse,à la maison,durant des heures;des repas entiers,aussi,sans dire un mot.On la disait garçon à cause de ses longues randonnées solitaires à pied ou à bicyclette,et de son peu d'entrain pour les goûts des filles de son âge.
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Lybertaire
  12 septembre 2012
Toujours en quête du bonheur égoïste, Costals s'est pourtant attiché d'une petite Parisienne, Solange, sol-ange, les deux extrêmes réunis dans une jeune fille : la beauté, la jeunesse, la fraîcheur, avec l'ennui, la bêtise et l'inconsistance. Il s'étonne de son attachement à cette grue, sans génie mais pure et droite. Tantôt bercé de ses charmes, tantôt agacé de son absence d'intelligence, Costals joue la comédie de l'homme amoureux, sans toutefois manquer de malices, de cachotteries et de mensonges.
Solange, impressionnée et amoureuse, est agitée comme une souris dans les griffes du chat. Elle fait preuve d'une grande obéissance dans ses bras en acceptant tous ses mauvais tours et les promesses les plus farfelues qu'il lui demande...
L'intégralité de la critique et des citations sur mon blog :
http://www.bibliolingus.fr/pitie-pour-les-femmes-2-4-henry-de-montherlant-a80136604
Lien : http://www.bibliolingus.fr/p..
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Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
LybertaireLybertaire   12 septembre 2012
Les femmes ne cessent de réclamer jusqu’à ce qu’on leur ait donné quelque chose. Mais on peut leur donner n’importe quoi. Par exemple, cette pitié. D’ailleurs les hommes vous la donnent, mais sans s’en rendre compte. Ils appellent amour leur pitié. En gros, ce qui relie l’homme à la femme, c’est la pitié beaucoup plus que l’amour. Comment ne plaindrait-on pas une femme, quand on voit ce que c’est ? On ne plaint pas un vieillard : il est au terme de sa courbe, il a eu son heure. On ne plaint pas un enfant : son impuissance est d’un instant, tout l’avenir lui appartient. Mais une femme, qui est parvenue à son maximum, au point suprême de son développement, et qui est ça ! Jamais la femme ne se fût imaginée l’égale de l’homme, si l’homme ne lui avait dit qu’elle l’était, par “gentillesse”.
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Nadou38Nadou38   08 mai 2018
Non, ce qui m'effraye, c'est l'obscurité où l'âme demeure pour l'âme. Elle n'a rien compris à moi, malgré toutes les apparences, puisqu'elle a pu se tromper sur moi à ce point. Et moi je n'ai rien compris à elle, puisque jamais, au grand jamais, je ne l'aurais crue capable de se tromper ainsi. Baudelaire l'a bien dit : rien qui ne soit fondé sur le malentendu.
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colimassoncolimasson   23 avril 2015
Vous savez ce qu’est une stryge ? Eh bien, je dirais garce, si j’étais homme à employer une autre langue que la langue du quai Conti. Toutes les femmes à chichis, les femmes vamp, les « grandes coquettes », les femmes ohé ! ohé !, toutes ces femmes qui font mettre leurs photographies dans les magazines, tout ce que j’englobe sous ce nom : la femme-tête-à-gifle, sont des stryges. Ce sont ces stryges qu’ont vues les religions, les philosophies, les moralistes qui, depuis des millénaires, jettent le mépris ou l’anathème sur la femme, mais leur tort a été de ne pas marquer fortement que c’étaient ces femmes-là qu’ils visaient, et elles seules. Et j’en reviens à ma question : pourquoi les femmes sérieuses et honnêtes ne se défendent-elles pas contre ces stryges ?
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colimassoncolimasson   29 avril 2015
L’inhumanité de Costals ne venait pas de ce qu’il ne pût ressentir des sentiments humains, mais au contraire, de ce qu’il pût les ressentir tous indifféremment à volonté, comme s’il ne fallait pour chacun d’eux que presser le bouton approprié.
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LybertaireLybertaire   12 septembre 2012
Il disait toujours à ses femmes, dès leur premier rendez-vous : “La première qualité d’une amoureuse, c’est d’être ponctuelle. Tout le reste est bien secondaire.” Il l’avait dit à Solange. Il renait compte, sur un carnet, des minutes de retard de ses amies, et, quand cela totalisait cinq heures, il rompait, - du moins il rompait en principe. Non sans les avoir averties trois fois auparavant, au bout de deux, de trois et de quatre heures, en vertu d’un vieil adage des Arabes : “Avant de le tuer, avertissez trois fois le serpent.” Solange ne totalisait à ce jour, en six semaines, qu’une heure et sept minutes. Moyenne très honorable.
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