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Elisabeth Gille (Traducteur)
ISBN : 2070315568
Éditeur : Gallimard (13/05/2004)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 41 notes)
Résumé :
Dans un million d'années, presque à la fin des temps, l'univers est magique, baroque, somptueusement décadent. Pour les derniers hommes, immortels, tout n'est que jeu. Jeux sexuels qu'aucun tabou ne limite, jeux morbides où la mort n'est jamais définitive. On change la face de la Terre, on joue avec les éléments, avec le temps, on incendie des continents entiers pour la beauté du spectacle. Jusqu'à la fameuse Orchidée de Fer à qui vient l'idée originale de devenir m... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
boudicca
  24 février 2014
De Moorcock, je n'avais pour l'instant expérimenté que « Glorianna ou la reine inassouvie », excellent roman consacré à l'Angleterre élisabéthaine et baignant dans une ambiance onirique très particulière qui m'avait aussitôt séduite. On retrouve plus ou moins le même climat dans ce premier volume des « Danseurs de la fin des temps », tétralogie dans laquelle l'auteur met en scène notre monde dans un lointain futur, alors qu'il s'apprête à toucher à sa fin. L'occasion pour le lecteur de plonger dans un univers baroque et décadent où la magie règne en maître, et de faire connaissance avec des personnages hauts-en-couleur, immortels ne connaissant aucun tabou ou limite, esthètes, collectionneurs, créateurs et destructeurs de monde. Malgré cette flamboyance qui les anime, tous ont cependant oublié l'existence des véritables sentiments : n'existent que le plaisir, le divertissement, et des mots tels qu' « amour », « vertu » ou « morale » n'ont pour eux qu'une vague signification, fort éloignée de celle que nous connaissons. Aussi quel coup d'éclat, lorsque l'un d'eux se déclara épris de la ravissante Amélia, jeune anglaise respectable arrivée tout droit du XIXe siècle!
On le sait, Moorcock n'a pas son pareil pour mettre en scène des univers exubérants et n'hésite pas à bousculer tous les repères et les certitudes de ses lecteurs. de ce point de vue là, « Une chaleur venue d'ailleurs » se révèle être une vraie réussite, tant grâce à l'originalité du monde et des personnages que grâce au style même de l'auteur qui manie sa plume de façon très inspirée et poétique. Mais là où le roman se distingue véritablement, c'est en la palette de sentiments très variés qu'il fait naître chez le lecteur qui ne cesse d'osciller tout au long du récit entre amusement et mélancolie, sans pouvoir vraiment opter pour l'un ou l'autre. L'humour tient en effet une place non négligeable dans le roman qui fourmille de références complètement erronées ou déformées à notre passé. On se rend cela dit vite compte que rien ni personne n'est vraiment ce qu'il paraît être et que, sous leur façade de libertins vides de toutes émotions, chaque personnage cache en réalité quelque chose de beaucoup plus profond.
« Une chaleur venue d'ailleurs » s'apparente en quelque sorte à un ovni littéraire, mêlant habilement science-fiction, fantasy, romance et humour. Moorcock y met en scène un monde flamboyant et des personnages pleins d'ardeur dont on suit avec intérêt l'apprentissage de ce qu'est la condition humaine, avec toutes les joies et les peines que cela implique.
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Pavlik
  14 juillet 2017
J'attendais surement trop de cette chaleur venue d'ailleurs...Ce premier opus du cycle de la Fin des Temps, cycle rédigé par Moorcock dans les années 1970, me laisse une impression mitigée.
A la fin des temps, très loin dans l'avenir, une poignée d'êtres humains subsistent sur Terre. Ils maîtrisent l'énergie des anciennes cités (sans que l'on sache trop comment) et grâce à des anneaux qu'ils portent en permanence, ils peuvent tout modeler à leur guise : aussi bien le climat que les continents eux-mêmes, en passant par leur propre corps...Ils sont même carrément devenus immortels et vivent sans aucune morale, avec pour seul objectif l'assouvissement de leurs envies et caprices.
Jherek Carnelian est l'un d'eux et sa vie se voit bouleversée par l'arrivée de Mrs Amelia Underwood, une femme venue tout droit du XIX siècle, dont la vie est régie par la strict observance de l'étiquette de l'époque victorienne. Ces deux-là n'ont donc, a priori, rien à faire ensemble mais l'amour, à l'image des habitants de la Fin des Temps, est capricieuse...
Si, d'un point de vue romanesque, et malgré un style pas désagréable, j'ai été assez déçu, la réflexion sous-jaccente m'a, en revanche, plutôt bien plu. Globalement, ce roman manque quand même un peu de densité pour exprimer au mieux tout le sel d'une idée pourtant intéressante (l'univers de la Fin des Temps). Et par ailleurs, quelques personnages secondaires, que l'on aimerait voir plus présents, nous laissent une impression d'inachevé, au niveau de la caractérisation.
Néanmoins, l'intention de Moorcock (qui demeure une hypothèse que j'énonce) me parait d'avoir cherché à trouver (à créer ?) le point de jonction entre SF et Fantasy et c'est une intention bien louable, de mon point de vue, mais dont la concrétisation ne me semble que partiellement réussie. Quant à la réflexion sous-jaccente elle est, comme dans d'autres oeuvres de l'auteur, à mettre en lien avec l'esprit des sixties londoniennes, une époque justement en rupture avec l'époque victorienne dont Mrs Underwood est issue. Et si cette période ne devait pas manquer de sens (dont le point d'horizon était l'Empire Britannique), le swinging london, et son vent de liberté, mettait plutôt en avant une jouissance tout azimut, débarrassée des carcans du passé. La question peut alors s'énoncer ainsi : y-a-t-il un sens, au delà de la jouissance, c'est-à-dire un nouveau paradigme prenant en compte les aspirations nouvelles ?
Certes, je n'ai pas lu l'ensemble du cycle (deux autres romans et un recueil de nouvelles) et ma vision de ce premier tome est donc un peu tronquée, sans doute manque-t-elle d'une perspective, mais, malgré un ennui relatif à sa lecture, il ne m'a nullement découragé de poursuivre plus avant l'exploration de la Fin des Temps.
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Tatooa
  27 mars 2013
Un moment absolument magnifique de lecture. C'est grandiose, déjanté, magique. On se croirait dans un film des Monthy Python, l'absurde s'y dispute avec l'humour et la tendresse, l'ironie y est chaleureuse , les références (tordues au possible, pas toujours facile de retrouver à quoi il fait réellement allusion, c'est très amusant !) et les jeux de mots sont nombreux, la traduction est excellente, c'est un vrai bonheur. Et à côté de cela, il ne manque pas de profondeur ni de justesse sur les comportements de l'être humain "du passé" que nous sommes...
Par contre, pour paraphraser Dante, "vous qui entrez ici, abandonnez tous vos critères moraux".
C'est un livre à déguster sans porter aucun jugement sur ces êtres du futur très spéciaux, c'est vrai...
Je ne mets aucun spoiler car je ne veux pas déflorer quoi que ce soit, il faut le découvrir par soi-même du début à la fin...
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Fodscraft
  13 mars 2011
Je ne suis pas un inconditionnel de Moorcock comme il y en a tant. Loin de mépriser l'auteur (je compte bien continuer la série et lire d'autres romans de lui), je n'ai pas commencé cet ouvrage sans appréhension, parce que du cycle d'Elric, je n'ai vraiment aimé que le premier. Ici, l'écriture de Moorcock est légèrement vieillotte, et on sent les années qui nous séparent de la création du roman. Elle n'en demeure pas moins élégante, justement de cette élégance un peu surannée qui permet au scénario de Moorcock de prendre toute son ampleur. Car l'idée de Moorcock est d'une originalité peu commune : l'action se passe à la fin des temps. Les personnages, humains tout puissants, ne recherchent que l'amusement et ont perdu les valeurs que nous avions, un million d'années avant eux. Ils recherchent donc de nouveaux amusements, et ceci dans une esthétique particulièrement baroque. La seconde idée de Moorcock est de confronter leur époque et la nôtre, ou plus précisément le XIXème siècle avec une histoire de voyage dans le temps. Se créé alors un décalage dont on saura apprécier l'humour...
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profdoc72
  20 novembre 2013
Futé. Je crois que c'est le qualificatif qui convient le mieux pour qualifier ce roman de Moorcock, plus proche de Gloriana l'inassouvie que du cycle d'Elric. Foisonnant, très drôle, politiquement incorrect, faussement sans queue ni tête, c'est un récit très intéressant sur les notions de bien et mal (et donc de morale), qui confronte les époques plutôt qu'il ne les oppose et nous incite à réfléchir sur nos propres pratiques.
Enfin, soulignons que le récit est d'une très grande originalité.
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Citations & extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
lavinia02lavinia02   03 décembre 2012
"Et maintenant, ravissante Orchidée, racontez-moi ce que vous avez fait depuis notre dernière rencontre."
Elle leva vers lui des yeux brillants.
"J'ai fait des bébés, mon très cher. Des centaines de bébés ! " Elle pouffa. "Je ne pouvais plus m'arrêter. Des chérubins surtout. Et puis je leur ai construit une petite volière. Et je leur ai fabriqué des trompettes pour souffler dedans et des harpes pour qu'ils en pincent les cordes et j'ai composé la plus jolie musique du monde pour eux. Et ils l'ont jouée !
- Je serais ravi de l'entendre.
- Quel dommage ! " Elle était sincèrement désolée de ne pas avoir pensé à lui son préféré, son seul vrai fils. "Je fabrique des microscopes, à présent. Et des jardins, bien sûr, pour aller avec. Et des bestioles. Mais je m'y remettrai peut-être un jour, aux chérubins. Et alors, vous les entendrez.
- Si je ne suis pas dans ma période vertueuse, lança-t-il.
- Ah ! maintenant je commence à comprendre ce que ça signifie. Si l'on a envie de faire une chose, on fait le contraire. On désire être un homme, on devient femme. On a envie de boire, on émet du liquide à la place. Et ainsi de suite. Oui, c'est merveilleux. Vous allez lancer une mode, je vous le prédis. Dans un mois, chair de ma chair, tout le monde sera vertueux. Et nous, que ferons-nous ensuite ? Y-a-t-il quelque chose d'autre ? Dites-le-moi !
- Oui. Nous pourrions être "mauvais", ou bien "modestes", ou encore "paresseux", "pauvres", "dignes", peut-être, je ne sais pas.
- Et vous saurez nous expliquer comment nous y prendre ?
- Eh bien !..." Il fronça les sourcils. "Il me reste encore quelques détails à élucider, mais dans un mois j'en saurai un peu plus.
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PavlikPavlik   24 juin 2017
Elle avait quelque fois du mal à se remémorer où était réellement son devoir dans ce ...ce paradis pourrissant. Du mal à ne pas oublier ses principes moraux alors qu'ici l'existence de Satan se faisait si peu sentir : pas de guerre, pas de maladie, pas de tristesse (sauf si l'on désirait en éprouver), pas même de mort. Et pourtant Satan était sûrement présent. Oui, il l'était bien, se disait-elle, dans le comportement sexuel de ces gens. Mais cela même, qui portait témoignage de la plus affreuse décadence, ne la choquait plus autant qu'autrefois. Jherek et ses amis n'étaient, au fond, pas plus mauvais que ces enfants innocents, les indigènes de l'île Pawtow, dans les mers du Sud, où elle avait passé deux ans en qualité d'assistante de son père, après la mort de sa mère. Eux non plus ne savaient pas ce que c'étaient que le péché.
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boudiccaboudicca   11 février 2014
Lady Charlotina préférait depuis toujours vivre sous la terre. Son territoire d'En-dessous-le-Lac n'était pas seulement sous-terrain, mais aussi sub-aquatique. Il se composait de kilomètres de cavernes reliées par des tunnels et des grottes, où l'on pouvait créer sans difficulté des cités et des villes entières. Le lac en question était, bien sûr, celui de Billy-the-Kid. Il portait le nom d'un Américain légendaire, explorateur, astronaute et bon vivant, qui avait été crucifié aux environs de l'an 2000 pour avoir été surpris en train de posséder l'arrière-train d'une chèvre. A son époque, ce genre de permutations n'était apparemment pas à la mode.
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boudiccaboudicca   10 février 2014
Pourtant, même s'ils n'avaient pas conscience de vivre à la Fin des Temps, une intuition inconsciente modelait leur attitude et les détournait des idéaux, des croyances, des philosophies et des conflits auxquels ces choses donnent naissance. Ils avaient du goût pour le paradoxe, l'esthétique et l'humour baroque ; s'ils avaient une philosophie, c'était celle de la sensualité, du plaisir. Leurs projets, souvent grandioses et pervers, étaient entrepris sans obsession et ils les laissaient inachevés sans regret, car la mort était rare et la vie ne cesserait sans doute que lorsque la Terre elle-même mourrait.
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PavlikPavlik   20 juin 2017
La longue histoire de l'humanité, à supposer qu'elle ait un but, a trouvé en nous son achèvement ultime. Tous les caprices nous sont permis. Nous pouvons être ce que nous voulons et faire ce que nous désirons. Qu'existe-t-il d'autre ? Nous sommes heureux. Mongrove lui-même est heureux dans son malheur : c'est lui qui l'a choisi.
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Vidéo de Michael Moorcock
Interview de Michael Moorcock par Actusf aux Utopiales 2012
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