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Critiques filtrées sur 4 étoiles  
Selias
  03 juillet 2021
Ce roman aurait pu s'appeler streets of Philadelphia, comme la chanson de Bruce Springsteen. En effet, Michaela dite Mickey est flic de proximité dans le quartier le plus insalubre et le plus pourri de la ville, Kensington, où l'on peut trouver les toxicos et les prostituées.
Mickey cherche sa petite soeur Kacey, droguée et prostituée qui vit dans les squatts du quartier.
Les parents des deux soeurs étaient des drogués aussi , leur mère en est morte et le père a disparu de la circulation. Les deux fillettes ont donc été élevées par Gee, leur grand mère maternelle qui voue une haine féroce à l 'encontre de son gendre.
Le récit alterne entre le passé et le présent, ce qui nous permet de connaître l'histoire des soeurs en remontant dans le temps. Très liées l'une à l'autre dans leur enfance. Mickey, l'aînée, a toujours été tres protectrice avec Kacey. Elle a tenté plusieurs fois de la sortir de la drogue et de la rue, mais en vain. Leurs liens, avec le temps se sont distendus et aujourd'hui, tout les oppose. Mickey doit se contenter de vérifier de temps en temps que sa soeur est toujours en vie.
Quand un serial killer rode dans le quartier et s'attaque aux prostituées, Mickey tremble pour sa soeur. A chaque nouveau cadavre retrouvé par la police, elle frémit à l'idée que ce soit sa soeur. Sa recherche pour retrouver Kacey s'intensifie. Il faut qu'elle la trouve avant qu'elle ne se fasse tuer.. Quand la rumeur propage l idée que le tueur serait un policier, la tension monte d'un cran encore. Mickey ne sait plus à qui elle peut faire confiance dans ses collègues. Elle ne sait plus qui sont les gentils et les méchants, les dés sont pipés.
Roman social, roman noir, roman sur la sororité et la famille , la rivière des disparues est tout cela à la fois. Écrit d'une plume précise, sans fioritures, on est immédiatement immergé dans les rues et les squatts malfamés des bas quartiers de la ville. L'auteure décrit très bien cette ambiance glauque et s'attache à dépeindre la psychologie des personnages avec précision. C'est le premier roman que je lis de cette auteure et c'est une agréable découverte.
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blandine5674
  08 juillet 2021
L'écriture ensorceleuse de l'autrice immerge complètement le lecteur dans la vie de ces deux soeurs élevées par leur sévère grand-mère après la disparition de leur mère, tandis qu'elle écartera le père. L'une est prostituée et droguée, tandis que l'autre est flic et s'inquiète de ne plus avoir de nouvelles d'elle alors qu'il y a des meurtres en série. On la suit aussi dans son quotidien de mère célibataire qui se bat pour son enfant. L'image forte qui me restera de ce roman, et dont j'ai pris conscience, est le fait qu'il faut désintoxiquer les bébés des femmes qui se sont droguées durant leur grossesse. Une belle solidarité de frangines.
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kathel
  10 mai 2021
Deux soeurs sont au coeur de ce roman. Mickey, l'aînée, depuis toujours la plus raisonnable, est devenue policière. Elle élève seule son petit garçon. Kacey, plus exubérante, mais fragile, est devenue dépendante aux drogues, et sa soeur n'a plus de nouvelles que de loin en loin. Jusqu'au jour où un corps de jeune femme est trouvé, et où Mickey réalise que cela fait quelques temps qu'elle n'a pas croisé sa jeune soeur. Dès lors, elle cherche à tout prix à la retrouver, allant jusqu'à renouer plus ou moins avec des membres de sa famille qu'elle évitait. Plus qu'un roman policier, le livre de Liz Moore constitue une histoire de famille sur fond d'addiction aux drogues et de perpétuation des schémas de dépendance. L'auteure plonge dans les racines des tourments qui ont terni les relations dans la famille de Mickey et Kacey, élevées par une grand-mère dévastée par la mort de sa fille. Elle dresse aussi un sombre portrait de la ville de Philadelphie, qui n'est pas sans évoquer, pour ceux qui connaissent, la série The wire, située à Baltimore, les deux villes n'étant d'ailleurs éloignées que de 150 kilomètres. Certains quartiers semblent échapper à toute présence policière, ce n'est pas très reluisant.

Si j'ai trouvé très bien rendus les caractéristiques des personnages et la situation de la ville, j'ai été moins emballée par le style. Une narration au présent, très plate, encadre des dialogues nombreux et plutôt bien composés. Heureusement, je ne suis pas fan de thrillers trépidants et angoissants, ce que pourraient laisser imaginer couverture et quatrième de couverture, ce qui fait que j'ai lu avec plaisir et intérêt ce roman où la psychologie des personnages a une belle part.
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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ChaK_
  06 avril 2021
Très beau roman, qui dépasse le cadre connu du polar noir, pour s'aventurer un peu en litté blanche dans sa tonalité. Liz Moore nous y raconte une histoire de deux soeurs, que tout oppose mais que tout rassemble pourtant, sur fond sociétal, avec une Philadelphie peu clinquante, ses soucis de pauvreté, de drogue ou d'abus de pouvoir.

C'est un roman très psychologique, porté par une superbe plume qui donne naissance a de vrais bons personnages, assez mémorables. Une très belle découverte.

8+
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Rennath
  06 mai 2021
Merci aux éditions Buchet Chastel et à #clubsang et #bepolar pour l'envoi de ce livre.
L'intrigue policière sert plus de support à l'histoire de la relation deux soeurs élevées ensemble mais que peu à peu le vie sépare : Mickey devenue policière et Kacey toxicomane et prostituée. Les chapitres sont organisés entre avant sans plus de précision et aujourd'hui mais cela ne gêne pas du tout la lecture. C'est aussi une descente dans les bas-fonds de Philadelphie que l'auteure connaît visiblement très bien dans la description et les expressions locales (traduites heureusement !).
C'est surtout un hymne à la sororité et même à la famille aussi déglinguée soit-elle. L'intrigue policière, le meurtre de femmes toxicomanes retrouvées dans des terrains vagues, sert de ligne directrice, la crainte de l'héroïne que sa soeur disparue soit la prochaine victime est le ressort principal. Tout le roman est basé sur la vision de Mickey qui peu à peu s'ouvre au monde qui l'entoure et ouvre les yeux. L'évolution des relations entre les deux soeurs qui est passionnante.
Ce roman n'est pas un roman policier, c'est autre chose et c'est très envoûtant. le titre du roman est aussi très beau, c'est un hommage à toutes les toxicomanes mortes ...
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dominolu
  21 mai 2021


Reçu dans le cadre de l'opération Club Sang de Bepolar, j'ai découvert « La rivière des disparues » de Liz Moore qui a toutes les caractéristiques d'un polar, toute la noirceur d'un roman noir et un je ne sais quoi d'émotion qui m'a complètement emballée.

Je me suis posé la question du pourquoi du titre qui est très accrocheur alors qu'à aucun moment on ne croise de rivière alors qu'effectivement il est ici question de disparues : des jeunes femmes retrouvées mortes dans le quartier de Kensington à Philadelphie.
Une liste en début de roman m'a mise sur la piste de la rivière « Tous des enfants, tous partis. Des personnes pleines de promesses, des personnes asservies à la drogue mais au service des autres, solidaires entre elles, qui dispensaient de l'amour et en recevaient, toutes parties chacune à son tour, en cortège, en flot sans source ni embouchure, longue rivière lumineuse d'âmes disparues ».

On suit dans ce roman une relation particulièrement compliquée entre deux 2 soeurs : Mickey policière et sa cadette Kacey toxicomane.
La narratrice,Mickey, diminutif de Michaela, s'est éloignée de sa famille et se consacre essentiellement à son fils Thomas, mais sa soeur a une énième fois disparue et elle craint de la retrouver morte au cours d'une patrouille…
« La première fois que j'ai trouvé ma soeur morte, elle avait 16 ans. »

Gangréné par la drogue et la prostitution, le quartier de Kensington nous montre un côté sombre de Philadelphie ou, suite à la crise économique, les maisons abandonnées sont nombreuses et servent de squats aux trafiquants en tous genres mais aussi de refuges aux miséreux.
J'ai aimé l'alternance du passé/présent, Avant/Aujourd'hui dont les chapitres très courts rythme le roman qui dénonce à la foi les violences policières plus ou moins couvertes par la hiérarchie, mais aussi le fléau de la drogue et ses conséquences pour les bébés nés de mères toxicos et déjà dépendants aux substances ingérées pendant la grossesse.
L'histoire familiale des deux soeurs côtoie l'enquête et prends souvent le dessus sur celle-ci, sans toutefois enlever de l'intensité à ce roman qui m'a complètement conquise.
Je remercie sincèrement BePolar et le Club Sang ainsi que les éditions Buchet/Chastel pour cette belle découverte.
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LesReveriesdIsis
  15 mai 2021
La Rivière des disparues est un roman qui m'a intriguée tout de suite. Je trouvais la quatrième de couverture surprenante et engageante, du coup, je me suis laissée tenter.

L'histoire se déroule à Kensington, Philadelphie. Deux soeurs se croisent et se recroisent dans ce quartier gangréné par la drogue. L'une, Mickey, est devenue policière ; la seconde, Kacey a sombré dans la drogue et la prostitution. Un quotidien difficile des deux côtés et une inquiétude constante pour Mickey, particulièrement lorsque sa soeur disparaît alors que des meurtres de jeunes femmes surgissent dans le quartier. Une seule question lui trotte dans la tête jour après jour : « Et si la prochaine victime était Kacey? ». Mickey cherche donc à retrouver sa soeur par tous les moyens.

La structure du récit alterne entre moment présent et passé. Cette construction permet de nous donner à entendre l'enfance qu'ont menée Kacey et Mickey. Une enfance qui a lourdement impacté leur avenir. Déjà petites, elles ont souffert et ont vécu des drames, mais chacune des deux soeurs a assimilé différemment les choses, a été heurtée à sa manière, et chacun des coups du destin a eu une résonnance différente en elles. Mickey, l'aînée, a été celle qui veut protéger, celle qui s'inquiète, celle qui veut bien faire. Elle est celle qui s'est trouvée un mentor, une figure d'autorité qui l'a aidée et qui a sérieusement influencé ses choix. Kacey, elle, est une figure tissée de contradictions. Dans l'enfance, elle cristallise comme une demoiselle forte, pétillante et haute en couleurs, que rien n'arrête, pourtant, sa descente aux Enfers ne tarde pas à arriver. Au milieu de tous ses travers, de ses failles, elle reste d'une lucidité déconcertante. Autant au début, nous n'arrivons pas à nous dire qu'elle pressent quelque chose d'important, autant au fil des indices bien placés, elle gagne en profondeur et son personnage s'éclaire d'un éclat nouveau. Finalement, aucune des deux soeurs n'est parfaite. Chacune a sa manière est manipulée, dépend de quelque chose ou de quelqu'un, parfois même à son insu.

J'ai particulièrement aimé que cette structure ménage des révélations concernant des personnages qui nous semblaient au dessus de tout soupçons. Une fois la deuxième moitié du livre entamée, nous nous rendons compte qu'il n'y a pas d'exemplarité et que finalement, nos certitudes sur les personnages sont faites pour chanceler : Mickey et son fils, les amis de Mickey, Simon, Truman, tous ont un secret à cacher, une secret louable, ou un secret honteux, seules les pages de ce récit vous le diront.

Ce roman reste malgré tout assez déroutant. En effet, je m'attendais à une véritable enquête policière, avec des recherches d'indices, des suspects interrogés, or, ici, l'enquête passe au second plan durant un très long laps de temps. Au lieu de cela, nous plongeons dans le passé des personnages, nous découvrons ce qui les a conduits là. C'est un peu frustrant, et en même temps, cela permet de créer des rebondissements intéressants. Ici, Mickey est en réalité très peu compétente pour chercher sa soeur et résoudre l'affaire. Cela n'entre pas dans ses attributions puisqu'elle n'est pas enquêtrice. Tout ce qu'elle fera, elle le fera en parallèle, à la marge de la loi, pour le meilleur mais aussi et surtout pour le pire.

Un des thèmes essentiels de ce roman est finalement l'addiction et la descente aux Enfers des consommateurs de drogue : des débuts qui peuvent apparaître festifs pour celui qui consomme, à la déchéance, au manque, à la quête effrénée de la dose, dose que l'on finit par payer avec les moyens du bord, en vendant son corps, les overdoses, les souffrances associées, la difficulté à décrocher même lorsqu'on a de bonnes raisons de le faire et qu'on le veut profondément. L'autre thème qui parcourt le roman, c'est le lien sororal : amour, envie, conflits larvés, petites rancunes, incompréhensions, tout ce qui fait le lit d'une relation inapaisée, mais qui n'exclut pas l'affection profonde. Nous avons ici deux soeurs qui s'aiment mais qui ne savent plus communiquer et se le dire, deux soeurs qui veulent prendre soin l'une de l'autre mais qui n'arrivent plus à se le montrer.

Si vous cherchez un roman policier classique avec une enquête détaillée, passez votre chemin, car vous serez déçus ; mais si vous êtes prêts à autre chose, à un récit un peu différent, n'hésitez pas. La Rivière des disparues est un bon roman qui se lit vraiment bien. Je suis pour ma part contente de ma lecture. J'ai pu découvrir quelque chose de différent, qui sortait un peu des sentiers battus.
Lien : https://lesreveriesdisis.com..
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Zazadanslemetro
  18 mai 2021
Un polar qui vous emmènera dans les bas fonds de Philadelphie

Le pitch : Mickey est flic, plus particulièrement patrouilleuse dans les pires quartiers de Philadelphie où les prostituées côtoient les toxicos. Kacey, sa petite soeur, fait d'ailleurs partie de ces deux catégories. Des corps de femmes sont retrouvés et la police soupçonne de plus en plus l'existence d'un serial-killer et, problème de plus, Kacey a disparu.

La différence entre thriller et polar n'est pas toujours évidente à trouver. En général, dans un thriller, un dangereux psychopathe très très méchant sévit et la tension monte de plus en plus alors que dans un polar on va suivre une enquête un peu plus à la cool mais pour moi ce qui est le plus important c'est qu'un polar a souvent une dimension sociale (certains le définissent ainsi, un polar DOIT avoir une dimension sociale). Avec La rivière des disparues on est un peu entre les deux mais mon coeur balance pour le polar pour son côté sociétal qui imprègne les pages. Liz Moore nous fait une petite visite guidée des bas-fonds de Philadelphie : c'est sombre, ça pue, ça sent la maladie et la délinquance. L' « enquêtrice » Mickey, n'en est pas vraiment une puisque son boulot est de patrouiller mais elle ne peut s'empêcher de prendre part à la recherche de ce serial-killer en parallèle de sa soeur. Il est d'ailleurs difficile de créer la frontière entre l'héroïne et les délinquants qu'elle peut arrêter puisqu'elle a grandi dans le même quartier qu'eux, a fréquenté la même école qu'eux, des membres de sa famille sont de véritables voyous et il lui est même arrivé d'arrêter sa propre soeur. Je n'en dirai pas plus, on est dans un roman à suspense tout de même et je ne veux point trop en dévoiler. Ce que je peux écrire c'est que La rivière des disparues est un très bon polar avec une pointe de thriller : j'ai fait une petite nuit blanche en sa compagnie (merci les petits-enfants de la voisine qui ont recréé une boite de nuit), j'en ai même rêvé (que je patrouillais et arrêtais les petits enfants de la voisine). Il aurait pu être un fabuleux coup de coeur grâce à l'originalité de sa construction et le développement de l'histoire de famille des deux soeurs mais… Mais il m'a manqué le petit ouaw en refermant la dernière page et surtout une grosse incohérence s'est glissée : des textos dans les années 1994/1995. Il me semble que les téléphones portables à l'époque étaient très chers et les textos n'étaient pas vraiment utilisés, bref ça ne colle pas…
Vous voulez découvrir un aspect sombre de Philadelphie, suivre une enquête et des mystères et vous aimez les histoires de familles un peu glauques, foncez ! Pour ma part, vous l'aurez compris ça a été une très bonne lecture
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AudTe
  21 juillet 2021
Suivre Mickey en patrouille c'est arpenter les rues de Philadelphie, plus précisément le quartier glauque de Kensington et être spectateur d'un gigantesque déclin. Les usines qui ferment, le chômage qui galope, les maisons que l'on doit abandonner et les seringues qui jonchent les squats ont transformé cette ville de Pennsylvanie en un paysage fantomatique et effrayant, gangrené par la pauvreté, la prostitution et la drogue. Mickey cependant ne juge pas, elle regarde ces êtres abîmés avec beaucoup de bienveillance, veut leur venir en aide car elle non plus n'a pas eu la vie facile et elle s'inquiète pour sa soeur qui elle, n'a pas réussi à lutter. Kacey est en effet une junkie depuis son adolescence et elle a disparu. Ça fait bien longtemps que la communication entre les deux soeurs est rompue mais une enquête sur plusieurs meurtres de jeunes toxicomanes va pousser Mickey à retrouver sa cadette.
Ce roman est une plongée effrayante dans cette ville peuplée d'êtres hagards qui avancent tels des zombies à la recherche de leurs doses. Cependant le réalisme de ce récit qui prend des allures de reportage laisse la part belle à l'analyse des sentiments puisque l'intrigue est davantage centrée sur les liens familiaux, la résilience et le sentiment d'abandon. On ferme ce livre en éprouvant beaucoup d'empathie et de tristesse pour ces âmes en peine.
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