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EAN : 9782809436365
136 pages
Panini France (13/01/2016)
3.62/5   38 notes
Résumé :
New York, 1919. En quête d'inspiration pour son futur roman, le jeune journaliste Robert Black se lance sur la piste d'un mystérieux tome alchimique. Son périple le conduit en Nouvelle-Angleterre, sur un chemin tortueux et labyrinthique, à la découverte de la face cachée des Etats-Unis. C'est la route vers Providence.

Dans son nouveau chef-d’œuvre, Alan Moore s'inspire de la vie et du travail d'H.P. Lovecraft tout en établissant des connexions avec se... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
BurjBabil
  10 octobre 2021
Il en va des oeuvres de références (je pense à Dune aujourd'hui), elles sont vouées à être adaptées, réinterprétées, déclinées...
Providence, colonisée en juin 1636 par des puritains exilés , l'une des treize colonies originelles des États-Unis, refuge pour les puritains persécutés : est-ce en rapport avec ce choix d'en faire le théâtre central de l'influence des êtres surnaturels de l'oeuvre de H.P Lovecraft?
Cette BD nous plonge dans l'univers onirique de cet "entre-deux" monde. le héros, journaliste voulant devenir écrivain, se promène, nous promène, dans cet état du Rhode Island, côtoie des gens aux traits ... bizarres. l'auteur réussit dans ce premier tome à effleurer délicatement l'univers inquiétant du maître. Graphiquement, c'est sage et beau. Scénaristiquement, c'est une très belle réussite. Amoureux de l'oeuvre de Lovecraft, n'hésitez pas, c'est plus qu'un hommage, plus qu'un adaptation, c'est une fidèle mise en perspective.
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Bibalice
  04 mars 2016
La dernière page d'Alan Moore que j'avais tournée était la dernière du Neonomicon, son adaptation ou plutôt sa relecture moderne de l'oeuvre de Lovecraft, une oeuvre fascinante quoique tout de même inégale et parfois assez glauque. L'idée de Moore de rendre explicites des aspects volontairement cachés par Lovecraft ne me plaisait pas tellement. Peut-être, comme le pense Moore, Lovecraft était-il très réticent à l'idée de parler de sexe. Toutefois, mettre au premier plan certains aspects cachés ne les rend pas toujours plus terrifiants ou intéressants, au contraire.
Alan Moore, malgré tout son amour pour l'oeuvre de Lovecraft, regrettait ainsi que les rituels occultes et sexuels pourtant au centre de certains de ses récits se résument à quelques mots timides. En adaptant librement son oeuvre, Moore décida donc de ne rien cacher de l'horreur dans son Neonomicon. le résultat était, disais-je, inégal. Ce sont justement les premières pages, les moins explicites qui sont les plus brillantes.
J'avais évidemment envie de poursuivre avec Providence, nouvelle incursion du mage noire du comics dans l'oeuvre de son maître Lovecraft (soyons polémique un instant, l'oeuvre de Moore n'a t-elle pas dépassé celle de Lovecraft depuis longtemps ? ).
Ce premier volume de Providence dépasse de très loin toutes nos espérances. Sombre sans n'être jamais glauque, ce volume est d'une richesse inouïe -mais n'est-ce pas la marque de fabrique d'Alan Moore ?-, et est remplie d'allusions à l'oeuvre de Lovecraft sans que cela n'étouffe jamais le récit.
On peut en effet la lire et y succomber sans n'avoir jamais lu une ligne de l'écrivain américain. On peut aussi la lire en la connaissant par coeur et y trouver mille choses intéressantes.
C'est un récit sur les rêves, l'influence de ceux-ci sur nos vies et une recherche constante de ce territoire inconnu que l'on nomme l'inconscient. Peut-être existe-t-il quelque part ce territoire, peut-être peut on en dresser les contours et peut-être peut on voir cette BD comme un pur récit d'aventure.
On suit tout du long, Robert Black, un journaliste qui aimerait écrire un livre d'importance sans qu'il ne sache encore quel pourrait en être le sujet. Il a des secrets honteux, se dit que tout le monde en a, certains plus honteux que d'autres. Si on croise tous ces secrets, cela formerait comme un continent monstrueux. C'est une piste. Peut-être le sujet de son roman. Et c'est ainsi que commence l'aventure.
Contrairement au Neonomicon, tout ici semble suggéré même si ce n'est pas tout à fait le cas. Les choses les plus horribles ne sont pas tellement cachées, mais exactement comme ce Robert Black un peu falot, on les voit à peine. On en aperçoit les contours mais jamais en entier. Je ne sais même pas comment c'est possible de rendre cela en BD mais Alan Moore et Jacen Burrows ont réussi ce tour de force. Imaginez donc : vous voyez un monstre mais comme votre cerveau n'est pas prêt à l'accepter alors vous ne le voyez pas totalement. Ce n'est qu'après, en regardant en arrière, que vous vous dites que vous avez réellement vu un monstre. Incroyable, incroyable tour de force des auteurs.
Autre chose d'importance, je trouve toujours réjouissant quand la forme d'une oeuvre épouse son propos, quand la BD en tant que telle ou le storytelling participe aux reflexions de l'auteur. Alan Moore veut parler de notre vie de tous les jours, de ce que l'on voit, de ce que l'on est au quotidien mais aussi, donc, de notre inconscient, de nos mensonges, de notre vie secrète, de notre vie intérieure, cet Inland empire qui fascine également David Lynch. Pour rendre cela palpable, il divise son récit en deux parties : la première, dessinée, raconte les aventures de Robert Black. La seconde est le journal quotidien de ce même Robert Black. on a une vision à la troisième personne et une autre à la première personne avec tous les conflits d'interprétations que cela entraîne. On entre dans la tête, dans la vie secrète de ce Robert Black et c'est fascinant.

Un récit à ne pas manquer, que vous soyez fan de Lovecraft ou non et que vous soyez fan d'Alan Moore ou pas ( mais est-ce seulement possible de ne pas aimer son oeuvre ?)
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manU17
  18 juillet 2016
Ma première incursion dans l'univers de Lovecraft remonte à ma lecture de l'anthologie de Stephen Jones, Histoire illustrée de l'horreur, qui m‘a donné envie de poursuivre ma découverte.
Me voici donc parti pour Providence, ville natale de Lovecraft, en compagnie d'un certain Robert Black. Si comme moi, ce nom vous fait penser à Robert Bloch, l'auteur de Psychose, sachez que le clin d'oeil est délibéré. Robert Black est journaliste et écrivain. C'est un papier pour son journal, le New York Herald, qui va le conduire à Providence. Il part y enquêter sur la vague de suicides qu'aurait engendré la publication d'un livre intitulé Sous le monde.
Des rues de Providence aux coins les plus reculés de Nouvelle-Angleterre, ses investigations vont le confronter à des situations tantôt surnaturelles, tantôt d'un effroyable réalisme, confronté aussi bien à d'étranges créatures qu'au nazisme ou à l'inceste. Peinant parfois à démêler le vrai du faux, la réalité du rêve, le conscient de l'inconscient, ses propres démons intérieurs ne seront pas les plus faciles à apprivoiser…
Avec Providence, Alan Moore nous plonge en immersion dans l'univers lovecraftien. Les familiers s'y sentiront en terrain connu grâce à moult clins d'oeil et références. Si comme moi, vous n'avez pas encore lu Lovecraft, ça ne nuira en rien à votre plaisir et vous poursuivrez peut-être en cherchant à en savoir plus sur l'auteur et son oeuvre. Quoiqu'il en soit, vous serez d'emblée ferrés par cette ambiance inquiétante, cette sensation de mystère qui plane tout au long du récit, partagés que vous êtes entre l'envie de savoir et la crainte de découvrir une vérité qu'il est parfois plus sage de laisser enfouie...
L'alternance entre les pages de bande dessinée et la reproduction des pages du journal de Robert Black étoffe subtilement le récit en apportant une multiplicité de points de vue. On le suit dans son enquête, ses rencontres, puis on revit les événements sous l'angle de son ressenti et son analyse des faits.
Providence m'a piégé et après La peur qui rôde, j'ai maintenant hâte de poursuivre cet inquiétant voyage dans le tome 2, L'Abîme du temps…

Merci à Babelio et Panini Comics.

Lien : http://bouquins-de-poches-en..
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colimasson
  05 juillet 2016
Alan Moore est un genre de mystique. Il s'empaffe donc bien avec H. P. Lovecraft. Paraît que ce qu'il a fait là, c'est inspiré d'un de ses textes. J'en sais rien, je n'ai pas lu le texte en question. Dans la postface, on nous fait une démonstration algébrique pour nous prouver l'intérêt original de ce ressucé. Qu'on arrête de nous emmerder. Soit on comprend l'intérêt, soit on le comprend pas. Moi j'ai compris à moitié.

Alan Moore a fait des trucs qui déchirent leur race. Par exemple « V pour Vendetta » ou « The Swamp Thing ». Un truc, tu comprends où ça va te mener [l'extase mystique]. Avec « Providence », on reconnaît le style direct mais enfin, ça ne fait pas tout. Déjà, quand je lis une BD, c'est pas pour me taper parfois 10 pages de texte avec de petits caractères, surtout lorsque celles-ci ne font que paraphraser ce qui vient de se passer en beaucoup mieu, en phylactères et illustrations. On avait compris, mec, pas la peine de nous faire la redite en version narration.

Je crois qu'en gros, Alan Moore a voulu replacer un récit de Lolo au fin fond de la vieille Amérique pourrie des cowboys consanguins. Il illustre ainsi le principe de récit fantastique : intrusion d'un événement extraordinaire au milieu de l'ordinaire. Mais en fait, Lovecraft nous a appris que l'extraordinaire n'était qu'une apparence prise par l'ordinaire de traviole, celui qu'on préfère rejeter aux confins du surnaturel dans l'espoir qu'un truc comme ça ne reviendra plus jamais. Raté chéri.

Voilà, c'est bien mais pas de quoi se branler la nouille.
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Vexiana
  06 mai 2018
Alan Moore est vraiment incroyable! Il n'y a personne qui lui arrive à la cheville. Vous lui donnez une histoire, il en fait un chef d'oeuvre incroyable mais souvent en total décalage avec l'histoire initiale.
Ici, il s'empare de l'univers de Lovecraft et le transpose dans une Amérique profonde (très profonde) on effleure les choses, on avance à petits pas en suivant un journaliste secret mais mu par une certaine ambition personnelle.
C'est très bon, c'est dense mais j'avoue avoir perdu le fil par moment.
De nombreuses questions sont posées et je me réjouis d'en découvrir les réponses (ou pas, après tout, c'est quand même du Lovecraft).
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critiques presse (3)
Elbakin.net   16 mars 2016
Une œuvre à couper le souffle sur laquelle Alan Moore a travaillé durant de nombreuses années.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
BDGest   08 mars 2016
Indispensable pour les fans de H.P. Lovecraft !
Lire la critique sur le site : BDGest
Sceneario   08 février 2016
Aux dessins, Jacen Burrows propose une prestation époustouflante. Un réalisme froid, très propre et fin ou se glisse une subtilité renversante ! Certainement sa meilleure prestation à ce jour !
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
manU17manU17   17 juin 2016
L'amour est la seule chose importante. Je le trouve noble, dans ses bruits comme ses odeurs.
De mon point de vue, ne pas aimer, c'est gâcher son existence. Même la vie est secondaire comparée à lui.
Voyez-vous, il n'est pas interrompu par la mort.
Sans lui, ce monde ne peut être supporté.
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manU17manU17   10 juillet 2016
Aujourd'hui, la personne que j'aime s'est ôté la vie au Jardin de Départ de Bryant Park, parce que j'avais mis fin à notre liaison. Il m'a fallu deux heures pour écrire cette phrase, et maintenant ?
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colimassoncolimasson   12 juillet 2016
Cela me rappelle une blague, qui est un jeu de mots qui est feaux, idiot et conçu pour apporter le plaisir en trompant l’esprit. Il était une fois des marins, plus qu’un mais moins que beaucoup, et leurs noms étaient Jown Yeux-proches et Jawn Petit-pied. Ils se dandinaient ensemble comme les oiseaux des glaces au ventre blanc dans les airs creux près de l’océan quand là, sur le sable sec à leurs pieds, Jawn Yeux-proches voit la nourriture que tous les hommes apprécient le plus. C’est, bien sûr, le bâton sexuel bouilli d’un chien enveloppé de pain. Jawn Yeux-proches et Jawn Petit-pied ne peuvent y résister et ils fondent tête la première pour essayer de le mettre dans leurs petites bouches en forme d’anus en même temps. Mais, et c’est le meilleur moment de ma blague, il y a de douloureux crochets dans le bâton sexuel du chien qui percent leurs fines lèvres, et Jawn Yeux-proches et Jawn Petit-pied sont traienés dans l’eau. Avant qu’ils ne se noient complètement des lames transpercent leur ventre, et leurs entrailles sont arrachées. Jawn Yeux-proches, dans son dernier sursaut, dit à Jawn Petit-pied : « Eh bien, c’est le yh’naghu de ce à quoi je m’attendais ». C’est la fin de ma blague. Si nous prenons plaisir à un tel jeu de mots, c’est que yh’naghu qui signifie « contraire » ressemble beaucoup eau mot yh’nak’hu, qui signifie « contraire », ressemble beaucoup eau mot yh’nak’hu, qui signifie découper et manger des hommes. Même si je ne l’ai pas compris tout de suite moi-même, si on la répète de nombreuses fois dans l’air, cela peut donner un bruit qui n’est pas volontaire et pas fortement déplaisant.
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manU17manU17   25 juin 2016
- Mon dieu, c'est incroyable. Je n'ai jamais vu quelqu'un ayant autant de livres. Tu as Gautier, Swinburne, De L'Isle-Adam... Et moi qui te prenais pour une fille facile et vulgaire.
- Chéri, ce soir, c'est exactement ce que je suis. Allez, viens ici. Je serai Vénus, et tu seras Tannhäuser...
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colimassoncolimasson   22 juillet 2016
Au-dessus de la colline de Zaman, le croissant d’une lune maléfique était né, pour éclairer les herbes et les vignes vierges poussant sur des murs en ruine que je n’avais jamais connus. Les feux follets dansaient sur champs et marais, et des eaux étranges vomissaient une brume dont les volutes en forme de griffes raillaient l’idée que jadis j’avais pu connaître cet endroit. Je compris trop bien à la vue de cette scène insensée que mon cher passé n’avait jamais existé.
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