AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2246150027
Éditeur : Grasset (06/04/1983)

Note moyenne : 3.46/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Jeune financier que les cours de la Bourse préoccupent plus que les femmes, Lewis tombe amoureux d'Irène - de la famille Apostolatos, riches banquiers de Trieste.
Que deviendra l'amour entre ces deux requins qui, tout en se caressant, se disputent les mines de San Lucido, en Sicile ?Au meilleur de sa forme, Paul Morand nous le dit dans ce récit superbe et cruel où le cœur et l'argent échangent leurs vocabulaires.
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Ambages
  23 octobre 2015
"A l'occasion du centenaire de Pascal, Lewis avait lu dans son journal quelques pensées de cet auteur trop peu connu. Il avait retenu celle-ci : "Le premier effet de l'amour est d'inspirer un grand respect." Cela le fit rire, puis lui donna à réfléchir." p.70
En effet, Lewis, jeune financier d'origine française, qui a pris le contrôle de la société dans laquelle il était employé, et à qui rien ne résiste _tant les vieux administrateurs qu'il nargue par ses coups de bourse osés et son irrespect des convenances et des procédures, _que les femmes, qu'il comptabilise et classe dans ses notes comme des valeurs boursières, se trouve bien démuni quand les affaires le mettent en contact avec Irène, financière également, d'origine grecque.
Une idylle naitra. "Irène resta sans force, la tête sur les genoux de Lewis, comme une petite cité grecque ivre de son tyran."
Ils sont si différents, lui n'ayant pas connu les joies (et les contraintes) de la vie en famille, il a dû gravir les marches sociales seul et garde un profond goût pour la liberté. Irène, élevée dans une famille de banquiers, est une femme indépendante, intelligente, pleine de rigueur et responsable (de son travail au sein de la société familiale, de la situation politique et économique de la Grèce).
Ils ont déjà en commun l'amour des affaires, pourront-ils dépasser leurs autres différences ? A lire...
Ayant découvert Paul Morand avec "East India and Company", je voulais le lire dans sa langue maternelle. J'ai été ravie de cette lecture. Alors que cette romance se déroule dans le monde de la finance, Paul Morand, joue sur les mots, faisant ainsi ressortir l'essentiel qui constitue la vie de cet homme et de cette femme, les affaires et la finance :
- "Le plus souvent il ne pensait à Irène que comme une société concurrente."
- "Pour la première fois, il eut l'impression d'avoir en face de lui une personne sûre, n'émettant que des sentiments garantis pas une encaisse."
- "Une dernière fois... Vous n'admettez pas que nous soyons un couple, une raison sociale ?"
- "Je regardais cette mer sans hausse ni baisse (cette femme d'affaires voulait dire sans marée)"
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
Corboland78
  25 mars 2012
Né à Paris le 13 mars 1888, Paul Morand commence en 1913 une carrière de diplomate qui le conduira aux quatre coins du monde. Révoqué après la seconde guerre mondiale, il est rétabli dans ses fonctions d'ambassadeur en 1953 et mis à la retraite des Affaires étrangères en 1955. Il est élu à l'Académie française en 1968 et décédé à Paris le 23 juillet 1976. Considéré comme un des pères du « style moderne » en littérature, il s'est imposé comme l'un des grands écrivains français du siècle dernier.
Paru en 1924 Lewis et Irène est un très court roman qui se joue des rapports amoureux et professionnels entre deux jeunes financiers. Lewis est un jeune dandy, qui collectionne les femmes comme d'autres les papillons, traitant ses affaires financières à l'instinct et sur ce principe « Dans le doute, abstiens-toi de te servir de ta raison ». Irène est l'héritière d'une riche famille de banquiers grecs, les Apostolatos, indépendante et libre depuis son divorce, c'est une femme en avance sur son époque, active, professionnelle, elle mène ses affaires avec opiniâtreté et rigueur.
Un concours de circonstances les amène à se rencontrer en Sicile pour se disputer l'exploitation des mines de San Lucido. Dans un premier temps Lewis emporte le morceau mais il se trouve confronté à de multiples problèmes administratifs et techniques qui l'empêchent d'exporter le minerai. Il découvre qu'Irène est derrière ces manigances qui l'obligent à revendre la mine à celle-ci. « Il ne fait pas bon d'avoir affaire à vous, reprit-il. Pourquoi n'êtes-vous pas une femme ? » lâchera Lewis de dépit.
Subjugué par cette femme qui l'a défié et vaincu professionnellement, autant que par son indifférence à ses avances, il réalise qu'il a trouvé la femme de sa vie et l'épouse après qu'elle l'ai longtemps repoussé. Tous deux abandonnent leurs affaires et filent vivre le parfait amour dans une petite île grecque.
Mais peut-on vivre d'amour et d'eau fraîche sous le chaud soleil méditerranéen, à se prélasser dans sa chaise longue quand on a connu l'excitation et l'exaltation des flux des cours boursiers ? Poser la question, c'est déjà y répondre. Je peux dévoiler l'épilogue, Lewis et Irène divorceront et retourneront à leurs affaires, réalisant que « l'amour n'est fait ni pour vous ni pour moi ». Par contre leur amitié en sortira grandie, les poussera à s'unir en affaires et de cette union naîtront de beaux bénéfices !
Qu'il est bon de se replonger dans ces romans écrits dans une langue magistrale, dont Morand s'est fait un champion. Phrases courtes et incisives, grande culture sous-jacente mais jamais ostentatoire, quelques formules bien pesées « L'amitié entre hommes, vous savez ce que les femmes en pensent : ça fait de l'ombre sur leurs robes ». Un roman encore très moderne servi par un style irréprochable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
domdu84
  15 octobre 2016
Un bon livre, au couleurs de cette époque.
C'est en lisant des romans de cette trempe que l'on s'aperçoit (entre autre ) de la complète transformation de notre société en un peu moins d'un siècle.
Voyager pour Lewis était facile, gagner de l'argent, aussi, ne plus travailler, n'était pas un problème. Mais pour Irène, il en allait autrement.
Pourtant il était fou d'elle, et elle peut-être de lui.
Parfois insouciance, parfois décontraction, parfois rigidité, oui, c'est comme ça que j'ai vu leur relation, toutefois assez moderne pour l'époque.
J'ai bien aimé.
Commenter  J’apprécie          10
vlimonov
  13 mars 2016
Pourquoi 4 étoiles alors qu'il faut bien l'admettre "Lewis et Irène" n'est pas le texte le plus fort de Paul Morand et que parfois l'envie vient de tourner plus vite les pages ?
Pour la langue, ciselée, le percutant des images, cet art consommé de la formule, une façon assez unique de rassembler une idée en quelques mots pour mieux vous saisir.
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
AmbagesAmbages   22 octobre 2015
Il pensait à ce mot d'aveugle : "J'entends le soleil". Il ouvrit les yeux. La lumière tombait, verticale, comme d'un vitrage d'atelier. Trop clair pour être la lune, mais aussi triste, couleur de chlore, le soleil, déplumé, ne jetait pas de rayons. La mer, sournoise et calme comme un sous-produit oléagineux, avait cette teinte glauque de la mer du Nord à Ostende ; il s'en étonna, oubliant qu'il portait des lunettes vertes. Il les ôta, et reçut la blancheur du Sud, avec toutes les ombres mangées, comme un coup de poing entre les deux yeux.

p. 46
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
vlimonovvlimonov   13 mars 2016
Pour la plupart des gens, l'amour est devenu une chose si ennuyeuse qu'on se met à plusieurs pour en venir à bout.
Commenter  J’apprécie          70
Corboland78Corboland78   25 mars 2012
- Moi, répondit Lewis, je suis « à responsabilité limitée », et même je n’en accepte aucune, par pessimisme. – C’est très pratique. Vous êtes pessimiste, Lewis, sans avoir réfléchi, parce que c’est plus commode. On n’a pas d’ennuis si l’on se dit que cet univers n’a aucun sens.
Commenter  J’apprécie          20
vlimonovvlimonov   13 mars 2016
Le défunt, M. Vandémanque, avait été une de ces vieilles idoles ornementales et coûteuses accrochées au fronton de nos sociétés financières, dont le nombre s'accroît inutilement avec les augmentations de capital, et qu'on promène une fois l'an aux yeux des souscripteurs, que tant de vieillesse — on ne sait pourquoi — rassure au lieu d'effrayer.
Commenter  J’apprécie          10
domdu84domdu84   10 octobre 2016
« Il est bien accompagné — disaient les marchandes des quatre-saisons en montrant le défunt — , mais il s’en va tout de même! »
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Paul Morand (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Morand
PROUST PRIX GONCOURT 1919 : L?EXPOSITION DU CENTENAIRE
Drouant, 10 décembre 1919 : Marcel Proust reçoit le 17e prix Goncourt pour "À l?ombre des jeunes filles en fleurs", deuxième volet d?"À la recherche du temps perdu". Cette décision fait date : une nouvelle ère littéraire s'ouvre avec la consécration d'un roman sans égal, où se joue notre rapport au temps, à la réalité, à la subjectivité et aux êtres aimés. Les jours qui suivent sont marqués par un mouvement de contestation dans la presse hexagonale. Ce qui fera dire à Jacques Rivière, ami de l?écrivain et directeur de la NRF, témoin de cette « petite émeute » de papier : « Seuls les chefs d??uvre ont le privilège de se concilier du premier coup un ch?ur aussi consonant d?ennemis. Les sots jamais ne se mettent en révolution sans qu?il leur ait été fait quelque positive et vraiment cruelle injure. » Retour à la Galerie Gallimard sur l'histoire de ce prix, à partir des archives des Éditions Gallimard, de la Maison de Tante-Léonie (Illiers-Combray), du prix Goncourt (Nancy), de la Bibliothèque nationale de France, et de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, avec la présentation d'une soixantaine de documents exceptionnels dont certains ont été exposés dans le cadre du Printemps proustien dans la Maison de Tante-Léonie à Illiers-Combray: lettres, épreuves d?imprimerie, manuscrits et « placards » originaux, dessins et photographies. À voir en particulier le carnet de notes personnel de Marcel Proust "Moi prix Goncourt (vers 1920-1921)" et pour la première fois exposés, deux dessins de Paul Morand prêtés par la Bibliothèque nationale de France : "Marcel Proust au Ritz" (vers 1917) et "Marcel Proust sur son lit de mort" (novembre 1922).
+ Lire la suite
autres livres classés : minesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les Amants de la Littérature

Grâce à Shakespeare, ils sont certainement les plus célèbres, les plus appréciés et les plus ancrés dans les mémoires depuis des siècles...

Hercule Poirot & Miss Marple
Pyrame & Thisbé
Roméo & Juliette
Sherlock Holmes & John Watson

10 questions
3543 lecteurs ont répondu
Thèmes : amants , amour , littératureCréer un quiz sur ce livre