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ISBN : 2070112268
Éditeur : Gallimard (23/01/1992)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 8 notes)
Résumé :

Ce volume contient les œuvres suivantes : Tendres stocks - Ouvert la nuit - Fermé la nuit - La Fleur double - L'Europe galante - La Mort de l'amour - L'Innocente à Paris ou La Jolie Fille de Perth - Magie noire - Le Voyageur et l'Amour - «À la Frégate» - Flèche d'Orient. Appendices : Nouvelles et ébauches inédites - Esquisses pour «L'Europe galante» - East India and Company.

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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
ileana
  26 septembre 2019
Paul Morand, un style, un milieu, une époque. Si je l'avais abordé à l'âge de 25 ans, je n'aurais pas accroché, je l'aurais étiqueté de ‘précieux et daté'.
Son regard d'homme du monde fréquentant les milieux huppés, son cosmopolitisme, son goût des voyages et de l'exotique, son écriture qui me semble recherchée et affectée. ‘Métaphore hurlante', dit le préfacier. Il m'est arrivé de me laisser emporter par la virtuosité, le pittoresque. (Il parait que plus tard Morand ait allégé son style, mais je ne connais pas encore sa période tardive.)
Morand raconte une époque, un moment, plus qu'il ne construit des histoires : l'univers des années 1920. Au fil des pages je me suis interrogée : qui est l'homme Morand, quel est son temps et comment l'a-t-il vécu ? Rarement une oeuvre a éveillé en moi cette vive curiosité pour l'auteur.
Les notes de cette édition m'ont été très utiles, elles éclairent les sources d'inspiration. J'ai découvert également une préface de Proust ; cependant il disserte sur le style en général et très peu sur Morand.
Il y a des nouvelles que j'ai aimées et d'autres pas. Par exemple j'ai boudé les portraits de Clarisse, Delphine et Aurore, inspirés par des figures de la haute bourgeoisie londonienne. Je les ai trouvés longues et fabriquées. J'imagine l'auteur en dandy qui calculait ses effets.
**
Quelques résumés :
Le musée Rogatkine
Une exquise description de Leningrad décrépie sous la neige. Dans la deuxième moitié, le portrait d'un certain Rogatkine : il se livre à une cérémonie occulte ; une voisine le dénonce, cela lui vaut la prison - le tout sur six pages.
La nuit hongroise
Le début nous fait découvrir une boîte de nuit à Vienne, peuplée par de jeunes danseuses, pas avares de leurs charmes (voir extrait à la fin). Une d'elle, juive hongroise, rentre à Budapest, consciente du danger (c'est la dictature de Horthy), et paye ce retour de sa vie.
Congo
Une jeune danseuse noire nommée Congo - personnage inspirée par Joséphine Baker - abandonne son fidèle public et sa fortune parisienne : lors d'une séance de vaudou, une figure vue en rêve lui intime de retourner dans sa Louisiane natale.
Lorenzaccio ou le retour du proscrit
Cela se passe au Portugal, au temps de la République, au début des années 1920. Gonçalves, un ex-homme politique, la soixantaine, rentre au pays après quarante ans de geôle et d'exil. L'ancienne carrière du revenant reste floue et ses intentions demeurent mystérieuses.
Je brûle Moscou
Une caricature réussie du milieu moscovite bohème des années 1920. Un de personnages est inspiré de la figure du poète Maïakovski. Mais je me demande pourquoi les deux nouvelles ‘soviétiques' ont pour protagonistes des Juifs. (L'autre nouvelle est La croisade des enfants).
Un extrait :
Inconciliables comme un jazz et un orchestre symphonique, les femmes à robe longue asservissaient les femmes à robe courte. Elles avaient pour elles certain patelinage des cuisses ; leur façon de dire en français ‘Mon cher' ; des pendentifs qui s'ouvraient, décelant le donateur, un grand-duc aujourd'hui pendu, conservé dans la glace des brillants, souvenirs de Nice ; elles rappelaient les déjeuners de l'archiduc Othon chez Negresco ou les parties de la reine de Naples, avec des adieux d'aigrettes périmées, d'oiseaux de paradis perdus et les supplications de leurs grands chapeaux nobles de Lewis ; enfin, une telle amertume dans leurs joues molles que le nouveau riche grec Pisistrate se donnait. (P151, La Nuit hongroise)
Et un autre extrait – qui ne figure pas dans ce volume mais dans son Journal inutile, extrait découvert grâce à Ph Sollers : « Je suis un ultra, style Charles X, séparé de la masse française par ma vie et mes goûts ; mais un ultra sans la foi ; et qui, contrairement aux autres, a beaucoup appris et retenu. » source http://www.philippesollers.net/morand.html
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   07 août 2015
On dressait sur l'herbe un repas champêtre. Lebecq se trouva placé à côté de Donna Zuliana, la superstar.
« Mademoiselle " s'adonne " au cinéma ? » fit-il, comme s'il s'agissait d'un vice nouveau.
Non, elle ne s'y adonnait pas. Elle ignorait les flous, le maquillage en rouge, et les studios d'Hollywood. Mais, en raison du caractère politique du film, il avait été prescrit aux organisateurs — la subvention de l'État était à ce prix — de ne recruter les acteurs que parmi les habitants de race italienne de la contrée, afin de démontrer la caractère nationalissime de cette bande de terre si âprement convoitée.
Pouvait-on mieux faire que de choisir Donna Zuliana, ce plus beau des vestiges laissés par les Vénitiens à Spalato ? Son père, par patriotisme, avait consenti à ce qu'elle servît la cause. Elle était si brune parmi toutes les Slaves blondes, les cheveux (cheveux italiens si bien plantés) pris dans une résille de corail à la mode dalmate ; si fine parmi ces démocrates aux attaches lourdes, à nez rond, venus d'on ne sait quel Nord ; si proche de l'Italie voisine à qui toutes ces régions incultes doivent le peu de civilisation, de raffinement qu'elles aient jamais connu, qu'elle apparut vraiment à Lebecq comme d'une race supérieure.

LA FLEUR DOUBLE, Chapitre II.
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Videos de Paul Morand (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Morand
PROUST PRIX GONCOURT 1919 : L?EXPOSITION DU CENTENAIRE
Drouant, 10 décembre 1919 : Marcel Proust reçoit le 17e prix Goncourt pour "À l?ombre des jeunes filles en fleurs", deuxième volet d?"À la recherche du temps perdu". Cette décision fait date : une nouvelle ère littéraire s'ouvre avec la consécration d'un roman sans égal, où se joue notre rapport au temps, à la réalité, à la subjectivité et aux êtres aimés. Les jours qui suivent sont marqués par un mouvement de contestation dans la presse hexagonale. Ce qui fera dire à Jacques Rivière, ami de l?écrivain et directeur de la NRF, témoin de cette « petite émeute » de papier : « Seuls les chefs d??uvre ont le privilège de se concilier du premier coup un ch?ur aussi consonant d?ennemis. Les sots jamais ne se mettent en révolution sans qu?il leur ait été fait quelque positive et vraiment cruelle injure. » Retour à la Galerie Gallimard sur l'histoire de ce prix, à partir des archives des Éditions Gallimard, de la Maison de Tante-Léonie (Illiers-Combray), du prix Goncourt (Nancy), de la Bibliothèque nationale de France, et de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, avec la présentation d'une soixantaine de documents exceptionnels dont certains ont été exposés dans le cadre du Printemps proustien dans la Maison de Tante-Léonie à Illiers-Combray: lettres, épreuves d?imprimerie, manuscrits et « placards » originaux, dessins et photographies. À voir en particulier le carnet de notes personnel de Marcel Proust "Moi prix Goncourt (vers 1920-1921)" et pour la première fois exposés, deux dessins de Paul Morand prêtés par la Bibliothèque nationale de France : "Marcel Proust au Ritz" (vers 1917) et "Marcel Proust sur son lit de mort" (novembre 1922).
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