AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 1092011463
Éditeur : Anacharsis (15/03/2017)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Avec "Le chien, la neige, un pied", Claudio Morandini compose un conte cruel, une de ces histoires fascinantes et terribles qu’on se raconte le soir à la veillée.

Adelmo Farandola vit seul dans son chalet perdu dans la montagne. Depuis un temps immémorial. Les années ont passé, identiques à elles-mêmes. Quoique. Adelmo Farandola n’a pas le souvenir très lucide. Les saisons s’empilent dans sa mémoire comme en un brouillard indistinct.

Un... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Merik
  19 avril 2017
Adelmo Farandola est un ermite.
Plutôt du genre dégoûtant, habitué qu'il est à s'envelopper de ses odeurs comme d'une « aura de chaleur ». Il faut dire que son environnement immédiat l'oblige à s'organiser, pour lutter avec efficacité contre les éléments, notamment le froid. C'est dans un chalet en pleine montagne aride qu'il vit Adelmo, dans un recoin sujet aux éboulis de terrain. Tout seul. Enfin plus vraiment maintenant, depuis qu'un chien l'a suivi, au retour d'une de ses pérégrinations bis-annuelles au village le plus proche. du coup il est moins solitaire, et peut même taper un brin de causette. Avec le chien, s'entend. Car il parle, le chien.
Adelmo a en effet ce don, d'entrer en communication avec des êtres ou des choses auxquelles on ne pense pas généralement, vous et moi. La faim, le froid, le sommeil, le chien...
Mais a-t-il encore toute sa tête Adelmo ? L'épicière du village est surprise de le voir deux fois en une semaine, le garde chasse semble douter. La 4eme de couv' aussi : « Adelmo Farandola n'a pas le souvenir très lucide ».
Alors inutile de vous dire que quand un pied est retrouvé, jaillissant des débris d'une avalanche, j'ai commencé moi aussi à me poser des questions, au vu de sa réaction.
On me l'a fait pas comme ça, à moi ^^
Voilà un court roman qui vire au mauvais rêve glauque et lancinant, une histoire frémissante comme une légende de vallée qu'on se raconterait d'un ermite, mais vécue de l'intérieur. Malgré les grands espaces enneigés alentour, l'atmosphère devient claustro, à rester en compagnie de cet Adelmo qui aime à s'encloîtrer, et dont la tête n'est plus très sûre :
« Adelmo Farandola ignore s'il a vraiment retrouvé le souvenir de cet événement dans le grand désordre de sa tête, s'il se l'est remodelé sur la base des ruminations des derniers jours, s'il a mêlé un de ses rêves avec le souvenir d'un événement réel ou s'il est encore en train de rêver – un long rêve exaspérant et pénible, qui le mettra de mauvaise humeur toute la matinée, même quand il l'aura oublié. »
Venant d'Italie où il a eu un joli prix, c'est la photo de une de ce livre qui m'a tilté en librairie, bien m'en a pris de m'être laissé tenter. En bonus « l'histoire de l'histoire » de l'auteur, une bonne idée de l'éditeur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          460
lucia-lilas
  01 avril 2017
Je ne sais d'où me vient ce goût pour les textes qui évoquent la vie d'hommes volontairement coupés du monde, dans les alpages, bloqués l'hiver et profitant de la belle saison pour faire des réserves. Moi qui aime la ville et les gens, me voilà fascinée par les ermites perdus au beau milieu de nulle part… Et à tous les coups, ça marche ! J'avais adoré le très beau livre de l'italien Paolo Cognetti le Garçon sauvage (Carnet de montagne) qui raconte l'histoire d'un garçon de la ville qui décide de tenter l'expérience de la solitude dans les hauteurs de la Vallée d'Aoste.
C'est encore d'un livre italien dont je vais vous parler et qui porte un titre qui m'a tout de suite conquise (pourquoi ? mystère !) : le chien, la neige, un pied de Claudio Morandini chez Anacharsis. Comment définir ce texte ? L'auteur raconte dans une postface que l'oeuvre est née d'une rencontre dans la montagne : en effet, un jour qu'il grimpait, il reçut soudain une volée de pierres et de pommes de pin. Il leva la tête et découvrit un homme au regard sombre qui l'observait d'un air pas très aimable. L'homme était accompagné d'un chien. Au retour de son excursion, l'auteur interrogea les villageois de la vallée : qui était cet homme, comment vivait-il ? Personne ne semblait le connaître ni même se préoccuper de lui. L'année suivante, l'auteur suivit le même sentier en espérant rencontrer l'homme qui l'avait intrigué. Mais il ne vit personne.
De cette singulière expérience naquit une fiction : l'histoire d'Adelmo Farandola, un vieil homme qui, il y a bien longtemps de cela, avait voulu échapper à des militaires pendant la guerre. Alors, il s'était caché au coeur de la montagne, dans une espèce de galerie à peine plus large que son corps et avait attendu que les hommes en pardessus quittent la région. Et il n'était plus jamais redescendu.
Chaque année, avant l'hiver, Adelmo a pris l'habitude de se rendre à l'épicerie du village. On se moque de lui car il perd un peu la boule et traîne une sacrée odeur. Il ne s'est pas lavé depuis un bon bout de temps. La crasse tient chaud…
Il se charge de viande séchée, de saucisses, de vin et de beurre et remonte, lentement, jusqu'à son vieux chalet.
Un jour, il sent une présence à ses côtés : c'est un pauvre chien affamé et infesté de tiques qui le regarde. Adelmo le chasse et finit par le laisser entrer. S'il crève de faim cet hiver, il pourra toujours manger le chien. Finalement, l'homme et l'animal se trouvent bien ensemble : ils marchent, sont à l'affût des moindres odeurs, observent la vie qui grouille sur la montagne. Un soir, le chien se met à parler à Adelmo. Il a faim et demande à manger.
le roman se fait conte ou l'homme devient fou. Peut-être bien les deux… On ne sait pas. J'aime bien cette hésitation.
La nuit, tandis que le chalet est recouvert de neige, le bois craque, les bêtes hurlent, le silence est criblé de mille bruits inquiétants. « Les gens imaginent que la montagne enneigée est le royaume du silence. Mais la neige et la glace sont des créatures bruyantes, éhontées, moqueuses. » Adelmo parle aux bruits, se moque d'eux, les insulte…. Pour se rassurer certainement…
L'hiver est long : « Suis-je fou ? » demande Adelmo à son chien. « - Disons que tu es un peu bizarre, oui. - C'est à cause des lignes à haute tension. le chien lève la tête, ne les voit pas « Quelles lignes ? - Celles de quand j'étais petit. »
Le printemps arrive, homme et bête sortent respirer un peu, observer les têtards, chasser le chamois. le chien se plaint d'une odeur un peu forte. Un jour de dégel, sous un amas de neige, apparaît… un pied. Il faudra attendre encore quelques jours pour savoir à qui il appartient. Dans tous les cas, un pied, c'est toujours un peu embarrassant surtout quand on ne sait pas comment il est arrivé là…
Le chien, la neige, un pied est une histoire étrange et fascinante, de celles que l'on se racontait autrefois le soir au coin du feu : une légende de la montagne et des êtres solitaires qui l'habitent. C'est un texte qui tient du conte et du récit fantastique. L'écriture (et sa merveilleuse traduction) évoque très subtilement ce monde fait de silence et de bruits ténus, la poésie qui émane de la beauté sauvage de la nature.
Les dialogues entre l'homme et le chien sont à la fois irrésistibles de drôlerie et empreints d'une immense tendresse. C'est désespéré et cocasse à la fois.
Un grand plaisir de lecture…

Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
Walden-88
  28 mars 2017
Adelmo Farandola est un vieil homme qui depuis des années vit tel un ermite dans son chalet. Il n'aime pas trop la compagnie, allant même jusqu'à s'installer dans une petite cabane perdue dans la montagne pour fuir les randonneurs l'été. Sans parler de cet enquiquineur de garde-chasse avec sa fausse sympathie et ses questions indiscrètes. Adelmo Farandola quitte sa solitude le temps d'une journée où il descend au village. Il doit faire des provisions pour tenir tout l'hiver. Il ne fait guère attention à la gérante du magasin qui lui affirme l'avoir vu la veille. Alors qu'il regagne sa tanière, il se rend compte que la grange est pleine de vivres et que la femme ne lui a pas joué un mauvais tour.
"Oh Adelmino tu perds la boule" voilà ce qu'on pourrait lui dire si seulement il avait un ami. Mais j'y pense, il n'est plus seul ! Entre-temps, il a rencontré un vieux chien, qui l'a suivi, bravant les interdictions du vieil homme, les jets de cailloux et les coups de pieds. Ce chien va devenir son compagnon pendant de longs mois, au fil du temps, le chien aide l'homme à se souvenir des événements de la veille qui sont de plus en plus confus dans son esprit. Ils entretiennent même des conversations tous les deux et partagent le triste sort que leur fait endurer cet hiver interminable.
Jusqu'au jour où le printemps pointe le bout de son nez, amenant avec lui, une découverte bien étrange : celle d'un pied humain dans la neige. A qui appartient t-il ? Adelmo Farandolo est-il le responsable ? Un roman court mais puissant sur la condition de l'homme et la solitude qui peut parfois le faire sombrer dans la folie. Bien que l'histoire et le sujet ne soient pas les mêmes, ce petit conte m'a étrangement fait penser à l'excellent Les jours, les mois, les années de Yan Lianke.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Bellonzo
  04 juin 2017
Il est des petits livres, 140 pages, qui sont des merveilles. Claudio Morandini est un auteur italien né en 1960, né en Val d'Aoste, donc en Italie montagnarde et le chien, la neige, un pied ne quitte pas non plus les hauteurs alpines. Evidemment j'ai pensé à Dino et Mario, deux de mes auteurs de chevet. Et je trouve que c'est assez cohérent, Morandini peut apparaître partiellement comme un héritier de ces conteurs hors pair, Buzzati et Rigoni Stern. Avouez que la barre est haut placée, normal pour ces écrivains alpinistes.
Adelmo Farandola vit seul, âgé, reclus, mémoire défaillante, dans un chalet perdu avec son fusil et quelques fruits dans l'étable. Dans cette totale solitude sa misanthropie était prévisible. Ce vieux ronchon, plutôt muré, d'ailleurs il descend à peine au bourg pour quelques modestes provisions. Les très rares visiteurs sont mal reçus. C'est qu'il a la grisaille agressive, l'Adelmo. Si je me souviens bien Mario Rigoni Stern c'est tout à fait le contraire, ses montagnards (souvent inspirés de lui-même) cultivent encore le goût des autres et un certain parfum d'humanité.
Mais voilà que l'arrivée d'un chien, plutôt moche, vieux lui aussi, change un peu la donne. Un peu seulement car Adelmo n'est pas dans le genre bras ouverts et le quadrupède aura plus de coups de pied que de d'os à ronger. Qu'importe car il est bavard ce chien (Buzzati aussi a mis en scène des chiens, parfois dotés de la parole). Ils passent comme ci comme ça le plus gros de l'hiver. La crasse tient lieu de manteau à Adelmo et le chien finit par obtenir quelque pitance.
Troisième intervenant, à la fonte des neiges, un pied. Un pied humain qui dépasse du sol. Ce peid appartient bien à quelque corps. Et quel corps? Mémoire défaillante Adelmo aurait-il tué un garde ou un randonneur? Curieuses interrogations du vieillard presque sénile et du chien disert. Vous croyez au moins à une histoire d'amitié entre l'homme et l'animal? Avez-vous raison? C'est un joli conte assez cruel, en absurdie, qui s'accomode fort bien de la concision. Et qui frôle bien souvent la poésie et le surralisme. Un très beau moment. Je vais me renseigner sur ce Morandini.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Romileon
  13 janvier 2018
C'est un conte, cruel je ne sais pas, mais moderne sans doute.
Si Adelmo Farandole vit dans la montagne c'est parce qu'il veut être seul. Or ou se retirer aujourd'hui si ce n'est à la montagne.
Si il est peu aimable avec les touristes, s'il les chasse parfois un peu brusquement voire s'il doit fuir plus haut, encore plus haut c'est pour éviter d'être importuné. Car il l'a choisi cette solitude. Et ces gens qui gravissent la montagne en été sont d'un sans gêne. le hic, c'est qu'il ne sait plus très bien ce qu'il a fait durant les dernières heures, les derniers jours.
Et ce garde chasse qui est là à tout bout de champ à discuter, à interroger...
Seul le chien qui le colle avec obstination parvient à devenir son compagnon au point que quand il part parfois truffe au sol suivre une piste, le vieux se sent tout à coup esseulé.
La brume qui envahit son esprit s'aggrave avec la réclusion hivernale. Seules, les conversations avec le chien font passer le temps. Mais à la fonte des neiges, l'apparition d'un pied accroit son malaise...
C'est un très beau livre... sur la solitude, sur la vieillesse...
Il m'a quelque fois fait penser au très beau "Une vie entière" de Robert Seethaler mais en plus sombre...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00

critiques presse (1)
Telerama   26 avril 2017
On aimerait en lire davantage du même auteur.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
30553055   12 novembre 2017
Le feu met longtemps avant de crépiter dans le poêle noirci amis, alimenté par le papier de vieilles revues humides, des brindilles et de l'alcool, il finit par prendre, et les flammes s'élèvent. C'est un feu qui n'éclaire pas et, pendant un moment, il n'est qu'une évocation de la chaleur. Au bout d'une demi-heure, quand dehors la nuit est tombée et que le froid est devenu insupportable, une chaleur définie commence à émaner du poêle. (p. 19)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Corboland78Corboland78   17 juillet 2017
A sa manière, c’est un chien sage, ou peut-être est-il seulement vieux, et son attitude désabusée n’est-elle due qu’à ses forces qui l’abandonnent. Des fois, pour le récompenser de cette résignation, Adelmo Farandola le laisse entrer dans la maison, où le chien renifle tout, avidement. L’homme ne sent plus rien depuis un moment. Depuis qu’il a arrêté de se laver il est anesthésié à ses propres odeurs, et les pets qu’il lance la nuit sous les couvertures ne sont que de chaudes caresses, qu’il cultive avec une alimentation adéquate.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
RomileonRomileon   19 décembre 2017
page 91 :
Quand le sentier qui mène à la vallée commence à se dégager et devient un mélange de boue et de pierre, Adelmo Farandole décide que le moment de descendre est venu. Il dérape plusieurs fois, fait des chutes sur les fesses qui lui promettent des bleus pour des semaines, jure chaque fois qu'à cause d'un faux pas il se retrouve enfoncé jusqu'au genoux dans des flaques de boue et de neige glacées. Autour de lui, le chien semble prendre la chose avec un autre état d'esprit et, béat, il s'enlise, boit cette boue, se roule en riant dans la neige noircie, se jette la truffe baissée sur les odeurs des premiers animaux qui se sont aventurés hors de leur tanière.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
rkhettaouirkhettaoui   18 août 2017
Qu’importe si les gens se tiennent au large ou bien ouvrent grand les portes et les fenêtres à son passage, ou se couvrent la bouche avec les mains. Et même, c’est mieux comme ça, il ne faut pas se fier aux gens qui se lavent, vivent dans la propreté, changent leurs draps, lavent et étendent leur linge, aux gens qui se parfument et se coiffent, qui veulent paraître plus beaux que ce qu’ils le sont, qui font semblant de ne pas puer. Ce sont eux qui tombent malades à cause d’un rien, un courant d’air, un éternuement, un instant de distraction. Ce sont eux qui meurent sans raison, affaiblis par l’eau, étourdis par les parfums.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
rkhettaouirkhettaoui   18 août 2017
Ruminer sa vengeance l’apaise un peu, lui offre une petite satisfaction. Ce n’est pas comme le faire pour de vrai, mais enfin on s’en approche, surtout quand une solitude accumulée pendant des armées mélange la réalité véritable des choses et la réalité rêvée. À la fin d’un rêve yeux ouverts où tout le village est en proie aux flammes, des flammes hautes, hurlantes, contre lesquelles les silhouettes des pompiers se démènent en vain et au-dessus desquelles en vain tournent les pales des hélicoptères remplis d’eau – à la fin de ce rêve, Adelmo Farandola, calmé, s’assied sur un rocher et réussit même à sourire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Video de Claudio Morandini (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Claudio Morandini
Payot - Marque Page - Claudio Morandini - le chien, la neige, un pied
autres livres classés : italieVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle




Quiz Voir plus

Grandes oeuvres littéraires italiennes

Ce roman de Dino Buzzati traite de façon suggestive et poignante de la fuite vaine du temps, de l'attente et de l'échec, sur fond d'un vieux fort militaire isolé à la frontière du « Royaume » et de « l'État du Nord ».

Si c'est un homme
Le mépris
Le désert des Tartares
Six personnages en quête d'auteur
La peau
Le prince
Gomorra
La divine comédie
Décaméron
Le Nom de la rose

10 questions
447 lecteurs ont répondu
Thèmes : italie , littérature italienneCréer un quiz sur ce livre