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Michel Arnaud (Traducteur)
EAN : 9782070370764
608 pages
Gallimard (19/12/1978)
4.06/5   96 notes
Résumé :
L'île d'Arturo, c'est tout l'univers secret de l'enfance et de l'adolescence, mais c'est également, dans le golfe de Naples, l'île de Procida. Arturo y a grandi solitaire et sauvage. Au monde merveilleux des mythes de son enfance, Arturo va peu à peu voir se substituer celui, hostile et pourtant exaltant, des réalités.

Et ce sera dans une atmosphère captivante où la comédie côtoie souvent le drame, à travers des aventures que baigne de poésie le talen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Baldrico
  23 septembre 2018
Qu'est-ce qui fait que les romans d'Elsa Morante sont si plaisants? Qu'on aime s'y baigner comme Arturo dans la mer qui entoure son île?
L'intrigue ne présente pas tant de rebondissements. le thème de l'île d'Arturo n'est pas si original, c'est un roman d'apprentissage comme il y en d'autres. Et les situations sont difficiles, parfois désespérantes, même si dans L'île d'Arturo le climat est plus léger que dans Mensonges et sortilèges ou La storia (et je n'ai pas encore lu Aracoeli).
Mais quel charme dans la narration! Non seulement Arturo rêve de l'enchantement du monde, ce qui plutôt naturel chez les enfants imaginatifs, mais l'auteure donne un charme singulier à chacune des situations de son roman. Elle est capable de nous captiver à propos de moments infimes. Son analyse des sentiments et des émotions sonne tellement juste! Et on se représente facilement ce bout du sud de l'Italie, baigné par la mer, parcouru par les vents, cette nature propice à la liberté. Mais la liberté est à conquérir bien plus sur soi-même que sur les éléments. Arturo subit les désillusions qui désenchantent son monde, en même temps qu'il découvre les réalités du monde des adultes, et leur façon de vivre l'amour, bien différente de celle des enfants. Et cela, il doit le faire dans une grande solitude, sans personne pour le guider, personne à qui se confier, mais avec un caractère passionné. L'apprentissage de l'autonomie n'en est que plus dur.
Elsa Morante va à l'essentiel en prenant son temps, en déployant une myriade de couleurs
Par l'intensité qu'elle donne à ses récits, elle imprime en nous des souvenirs de lecture inoubliables et précieux.
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EmiC
  24 juillet 2020
Arturo, jeune adolescent vivant sur la petite île de Procida au large de Naples, admire son père comme s'il était un dieu vivant. Et pour cause il n'a connu depuis son enfance que lui, sa mère étant morte en le mettant au monde. Il a jusqu'à présent vécu d'amour et d'eau fraîche, arpentant son île de long en large et considérant le pénitencier en haut de l'île comme un lieu dont il faudrait libérer tous les individus. Arturo est depuis toujours un enfant mature et complètement indépendant, en effet son père s'absente souvent de longs mois pour de lointains voyages imagine-t-il. Silvestro est sa nourrice, et quand ce dernier vient à partir définitivement pour Naples, Arturo vit seul dans le "château" hérité par son père de Roméo l'amalfitain : personnage haut en couleur et seul ami du père quand il a débarqué d'Allemagne sur cette île. Toute sa vie est chamboulée par l'arrivée auprès du duo familial de Nunziatta, nouvelle femme de son paternel avec qui il semble s'être marié sur un coup de tête lors d'un de ses séjours napolitains.
L'écriture est très plaisante et il faut le remarquer très belle. Au delà de cela on se trouve emporté dans les tourbillons de cet adolescent en mal de reconnaissance et n'ayant comme repère que son père misogyne et ne respectant pas du tout les femmes. Arturo, de ce modèle, retire la même antipathie envers les femmes et cela je dois le dire ne le rend pas très attachant, même si on sent parfois qu'il tente de mieux les comprendre et les estimer. Cela se révèlera être bien souvent, voire toujours un échec.
J'ai trouvé quelques longueurs à ce roman de 600 pages. La vie d'Arturo est monotone. de plus, je n'ai pas réussi à me projeter sur cette île méditerranéenne, ni vraiment à la visualiser.
Je suis tout de même ravie de découvrir Elsa Morante, inspiratrice d'Elena Ferrante dont j'adore les romans !

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mireille.lefustec
  28 août 2017
L'isola di Arturo . Prix Strega 1957
Ce roman est l'exploitation attentive de la première source, la naissance, vers celles non corrompues de la vie.
L'^le représente la réclusion de l'origine, en même temps que la tentation de terres inconnues.
L'île est donc le lieu d'un choix. Et c'est à ce choix final que se prépare le héros-garçon Arturo .
C'est un choix à risques parce qu'on ne sort pas de l'île sans traverser la mer maternelle.
C'est comme le passage de la préhistoire de l'enfance vers la conscience, vers son histoire.
Il faut en passer par la désillusion et l'acceptation que les parents descendent de leur piédestal.
On peut qualifier ce roman de "réalisme magique".
Arturo est à l'âge de la fantaisie, de la découverte de sa propre intimité et de son corps. Il connaît la gamme des angoisses et des sensations de l'état de l'adolescence.
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allard95
  03 mars 2019
L'île de Procida, petit paradis proche de Capri et d'Ischia dans le golf de Naples, est le lieu de ce récit (Lamartine y avait planté également son charmant roman plus ou moins autobiographie "Graziella"). Ce huis clos compte pour beaucoup, et la vie d'Arturo, jeune adolescent laissé à lui-même au milieu de cette nature vierge, est faite de promenades, de découvertes, et aussi, fort heureusement pour un garçon dont le père ne se soucie même pas de l'envoyer à l'école, de livres: ceux-ci seront sa seule ouverture sur le monde, puisque jamais, il n'a pris la mer pour rejoindre la côte, et la vie agitée de Naples, qu'il ne peut qu'imaginer: il assiste tous les jours aux va-et-vient des bateaux et de leurs passagers, mais ne met jamais le pied à bord.
Le père d'Arturo, au contraire, voyage. Ses origines partiellement allemandes et non pas seulement italiennes justifient peut-être son besoin permanent de venir, et de repartir, pour des durées variables, incertaines, sans jamais aucun avis ou préavis, vers des destinations qu'Arturo ne connait pas, mais qu'il imagine lointaines et formidables.
Arturo ne cessera d'idéaliser son père, lui prêtant des qualités de héros imaginaire, qu'il ne justifie pourtant pas. Ce père ne cessera de le décevoir, par sa dureté, son absence de sensibilité dans quantités de domaines, son indifférence à sa vie, et ses cachotteries. Et aussi par sa goujateries vis-à-vis des femmes. Intelligent, Arturo se construira autour de ces absences et ces mystères, et fera preuve, dans ce contexte, tantôt de grande naïveté, tantôt de de réelle maturité.
Ce roman vaut par la maîtrise du récit, son auteure faisant preuve dans ce domaine d'un talent remarquable. Il y a de la poésie, de la gravité et de la légèreté: cette alternance apporte beaucoup à la force du texte.
Oeuvre plus complexe qu'il y parait, l'île d'Arturo est une pièce maîtresse de l'oeuvre d'Elsa Morante. Le paradis Procidien qui y est décrit voisine avec le drame possible: cet équilibre instable nous poursuit de la première à la dernière page, et nous laisse ensuite chargés d'un certain malaise. Mais Procida d'une part, et Arturo d'autre part, ont en eux-mêmes une telle luminosité, que l'on gardera de cette lecture un très joli souvenir.
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Rosalinde
  26 juin 2015
Écrit en 1957, L'Île d'Arturo est le deuxième ouvrage d'Elsa Morante, l'un de ses livres les plus célèbres. C'est un merveilleux hymne à l'enfance. Les descriptions sont magnifiques, la maison sur l'île devient très importante et chaque pièce de la maison compte car le décor du livre devient une métaphore où l'île et le domaine de l'enfance se fondent harmonieusement ; l'alternance de la lumière et de l'ombre à Procida trouve sa résonance dans la succession de l'enchantement et du désenchantement qui rythment la vie d'Arturo. Le thème du parent idéal ou parent héros qui tombe de son piédestal revient très souvent...entre l'enfance réelle et l'enfance idéale un jeu de miroir s'établit jusqu'au dénouement....enfin la terre-mère où l'on trouve refuge en se plongeant dans le passé ancestral...j'ai beaucoup aimé !
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critiques presse (1)
Telerama   22 janvier 2019
Dans cette œuvre initiatique, le jeune héros et narrateur, Arturo, est livré à lui-même après la mort de sa mère, alors que son père disparaît pour de mystérieux voyages. De l’enfance à l’adolescence, du rejet des femmes aux premières maî...
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   03 novembre 2021
Les îles de notre archipel, là-bas, sur la mer napolitaine, sont toutes belles.
Leur sol est en grande partie d'origine volcanique, et, plus particulièrement dans le voisinage des anciens cratères, il y poussent des milliers de fleurs spontanées dont je n'ai jamais retrouvé les pareilles sur le continent. Au printemps, les collines se couvrent de genêts : lorsqu'on est en mer au mois de juin, on distingue leur odeur sauvage et caressante aussitôt que l'on approche de l'un de nos ports.
Au flanc des collines, vers la campagne, mon îles des petits chemins solitaires enfermés entre de vieux murs, par-delà lesquels s'étendent des vergers et des vignes qui ont l'air de jardins impériaux. Elle a plusieurs plages au sable clair et fin, et d'autres rivages plus petits, recouverts de galets et de coquillages, et qui se dissimulent parmi de grandes falaises. Dans des rochers escarpés qui surplombent l'eau, les mouettes font leur nid, les mouettes et les tourterelles sauvages, dont, surtout le matin de bonne heure, on entend la voix tantôt plaintive et tantôt joyeuse. Là, les jours de calme, la mer est tendre et fraîche, et elle vient se poser sur la rive telle une rosée. Ah! ce n'est ni une mouette ni un dauphin que je voudrais être : je me contenterais d'être un scorpène - lequel est bien le plus laid des poissons de mer - pourvu qu'il me soit permis de me retrouver là-bas et de jouer dans cette eau.
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Alice_Alice_   30 avril 2016
(Maintenant que tant de temps s'est écoulé, j'essaie de comprendre les sentiments qui, ces jours-là, commençaient à se chevaucher bizarrement dans mon cœur ; mais aujourd'hui encore, je m'aperçois que je suis incapable de distinguer leurs formes qui se mêlaient en désordre au-dedans de moi et n'étaient éclairées par aucune pensée. Dans mon souvenir, il me semble voir une vallée isolée et profonde, par une nuit couverte d'épais nuages : là-bas, dans cette vallée, une foule de créatures sauvages, des louveteaux ou des lions, a commencé, comme pour jouer, une mêlée qui devient grave et sanglante. Et pendant ce temps, la lune se déplace par-delà les nuages, dans une zone limpide, très lointaine.)
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Alice_Alice_   23 avril 2016
Ma maison n'est pas très loin d'une petite place presque citadine (ornée, entre autres choses, d'un monument en marbre) et des habitations groupées du village. Mais, dans ma mémoire, elle est devenue un lieu isolé, autour duquel la solitude crée un espace énorme. Elle est là, maléfique et merveilleuse, telle une araignée d'or qui aurait tissé sa toile iridescente au-dessus de l'île toute entière.
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michelekastnermichelekastner   21 août 2014
Ainsi, Wilhelm Gerace venait de m'attirer dans son ultime piège. A la vérité, eût-il, pleinement conscient et intentionnellement, cherché le moyen le plus malicieux de me reprendre sous son charme, il n'aurait pas pu inventer un jeu plus perfide que celui dans lequel il venait de m'attirer à son insu ! Maintenant, veux-je dire, il m'apparaissait clairement que, dans ses pèlerinages à la Terre Murée, rien d'autre ne l'attendait qu'une honteuse solitude ; que, là-haut, il était mortifié et répudié comme le dernier des esclaves. Et à cette découverte, je ne sais pourquoi, mon affection pour lui, que je croyais étouffée et presque éteinte, se ralluma en moi plus douloureuse et plus dévorante, presque terrible !
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mireille.lefustecmireille.lefustec   17 août 2018
Mais non, au contraire, l'été aussi allait revenir immanquablement, semblable à l'été habituel. On ne peut pas le tuer, c'est un dragon invulnérable qui renaît toujours avec sa merveilleuse adolescence. Et l'affreuse jalousie qui me remplissait d'amertume, c'était la suivante : de penser à mon île de nouveau embrasée par l'été, sans moi !
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Videos de Elsa Morante (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Elsa Morante
L'écrivain espagnol Enrique Vila-Matas vient partager au Collège de France sa vision toute singulière de l'écriture.
Radicalement pas original (Bastian Schneider) Extrait de la grande conférence du 24 mars 2017 avec la participation de Dominique Gonzalez-Foerster
Plus d'information : https://www.college-de-france.fr/site/grandes-conferences/Enrique-Vila-Matas.htm
Le dernier livre d'Enrique Vila-Matas, Mac et son contretemps, vient de sortir aux éditions Christian Bourgois.
Enrique VILA-MATAS est né à Barcelone en mars 1948. Son oeuvre a été presque dans sa totalité publiée chez Christian Bourgois Editeur : Abrégé d'histoire de la littérature portative, Suicides exemplaires, Enfants sans enfants, Bartleby et compagnie, le Mal de Montano, Paris ne finit jamais, Docteur Pasavento, Explorateurs de l'abîme, Journal volubile, Dublinesca, Perdre des théories, Impressions de Kassel, Marienbad électrique, Mac et son contretemps. Elle a été traduite en 37 langues et couronnée par de nombreux prix littéraires : le prix Médicis étranger, le prix Rómulo Gallegos, le prix Rulfo, le prix Ennio Flaiano, le prix Elsa Morante, le prix Mondello, le prix Gregor von Rezzori, le prix Formentor, le prix national de Catalogne Chevalier de la Légion d'honneur en France, membre du convulsif Ordre des Chevaliers de Finnegans', fondateur de la Société de "Réfractaires à l'abrutissement général" (Nantes), et recteur (inconnu) de l'Université inconnue de New York. Divers ouvrages critiques ont été publiés sur son oeuvre ainsi qu'un livre d'entretiens avec son traducteur français actuel.
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