AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Michel Arnaud (Traducteur)
ISBN : 2070370763
Éditeur : Gallimard (19/12/1978)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 64 notes)
Résumé :
L'île d'Arturo, c'est tout l'univers secret de l'enfance et de l'adolescence, mais c'est également, dans le golfe de Naples, l'île de Procida. Arturo y a grandi solitaire et sauvage. Au monde merveilleux des mythes de son enfance, Arturo va peu à peu voir se substituer celui, hostile et pourtant exaltant, des réalités.

Et ce sera dans une atmosphère captivante où la comédie côtoie souvent le drame, à travers des aventures que baigne de poésie le talen... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Baldrico
  23 septembre 2018
Qu'est-ce qui fait que les romans d'Elsa Morante sont si plaisants? Qu'on aime s'y baigner comme Arturo dans la mer qui entoure son île?
L'intrigue ne présente pas tant de rebondissements. le thème de l'île d'Arturo n'est pas si original, c'est un roman d'apprentissage comme il y en d'autres. Et les situations sont difficiles, parfois désespérantes, même si dans L'île d'Arturo le climat est plus léger que dans Mensonges et sortilèges ou La storia (et je n'ai pas encore lu Aracoeli).
Mais quel charme dans la narration! Non seulement Arturo rêve de l'enchantement du monde, ce qui plutôt naturel chez les enfants imaginatifs, mais l'auteure donne un charme singulier à chacune des situations de son roman. Elle est capable de nous captiver à propos de moments infimes. Son analyse des sentiments et des émotions sonne tellement juste! Et on se représente facilement ce bout du sud de l'Italie, baigné par la mer, parcouru par les vents, cette nature propice à la liberté. Mais la liberté est à conquérir bien plus sur soi-même que sur les éléments. Arturo subit les désillusions qui désenchantent son monde, en même temps qu'il découvre les réalités du monde des adultes, et leur façon de vivre l'amour, bien différente de celle des enfants. Et cela, il doit le faire dans une grande solitude, sans personne pour le guider, personne à qui se confier, mais avec un caractère passionné. L'apprentissage de l'autonomie n'en est que plus dur.
Elsa Morante va à l'essentiel en prenant son temps, en déployant une myriade de couleurs
Par l'intensité qu'elle donne à ses récits, elle imprime en nous des souvenirs de lecture inoubliables et précieux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
allard95
  03 mars 2019
L'île de Procida, petit paradis proche de Capri et d'Ischia dans le golf de Naples, est le lieu de ce récit (Lamartine y avait planté également son charmant roman plus ou moins autobiographie "Graziella"). Ce huis clos compte pour beaucoup, et la vie d'Arturo, jeune adolescent laissé à lui-même au milieu de cette nature vierge, est faite de promenades, de découvertes, et aussi, fort heureusement pour un garçon dont le père ne se soucie même pas de l'envoyer à l'école, de livres: ceux-ci seront sa seule ouverture sur le monde, puisque jamais, il n'a pris la mer pour rejoindre la côte, et la vie agitée de Naples, qu'il ne peut qu'imaginer: il assiste tous les jours aux va-et-vient des bateaux et de leurs passagers, mais ne met jamais le pied à bord.
Le père d'Arturo, au contraire, voyage. Ses origines partiellement allemandes et non pas seulement italiennes justifient peut-être son besoin permanent de venir, et de repartir, pour des durées variables, incertaines, sans jamais aucun avis ou préavis, vers des destinations qu'Arturo ne connait pas, mais qu'il imagine lointaines et formidables.
Arturo ne cessera d'idéaliser son père, lui prêtant des qualités de héros imaginaire, qu'il ne justifie pourtant pas. Ce père ne cessera de le décevoir, par sa dureté, son absence de sensibilité dans quantités de domaines, son indifférence à sa vie, et ses cachotteries. Et aussi par sa goujateries vis-à-vis des femmes. Intelligent, Arturo se construira autour de ces absences et ces mystères, et fera preuve, dans ce contexte, tantôt de grande naïveté, tantôt de de réelle maturité.
Ce roman vaut par la maîtrise du récit, son auteur faisant preuve dans ce domaine d'un talent remarquable. Il y a de la poésie, de la gravité et de la légèreté: cette alternance apporte beaucoup à la force du texte.
Oeuvre plus complexe qu'il y parait, l'île d'Arturo est une pièce maîtresse de l'oeuvre d'Elsa Morante. le paradis Procidien qui y est décrit voisine avec le drame possible: cet équilibre instable nous poursuit de la première à la dernière page, et nous laisse ensuite chargés d'un certain malaise. Mais Procida d'une part, et Arturo d'autre part, ont en eux-même une telle luminosité, que l'on gardera de cette lecture un très joli souvenir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
mireille.lefustec
  28 août 2017
L'isola di Arturo . Prix Strega 1957
Ce roman est l'exploitation attentive de la première source, la naissance, vers celles non corrompues de la vie.
L'^le représente la réclusion de l'origine, en même temps que la tentation de terres inconnues.
L'île est donc le lieu d'un choix. Et c'est à ce choix final que se prépare le héros-garçon Arturo .
C'est un choix à risques parce qu'on ne sort pas de l'île sans traverser la mer maternelle.
C'est comme le passage de la préhistoire de l'enfance vers la conscience, vers son histoire.
Il faut en passer par la désillusion et l'acceptation que les parents descendent de leur piédestal.
On peut qualifier ce roman de "réalisme magique".
Arturo est à l'âge de la fantaisie, de la découverte de sa propre intimité et de son corps. Il connaît la gamme des angoisses et des sensations de l'état de l'adolescence.
Commenter  J’apprécie          80
Rosalinde
  26 juin 2015
Écrit en 1957, L'Île d'Arturo est le deuxième ouvrage d'Elsa Morante, l'un de ses livres les plus célèbres. C'est un merveilleux hymne à l'enfance. Les descriptions sont magnifiques, la maison sur l'île devient très importante et chaque pièce de la maison compte car le décor du livre devient une métaphore où l'île et le domaine de l'enfance se fondent harmonieusement ; l'alternance de la lumière et de l'ombre à Procida trouve sa résonance dans la succession de l'enchantement et du désenchantement qui rythment la vie d'Arturo. Le thème du parent idéal ou parent héros qui tombe de son piédestal revient très souvent...entre l'enfance réelle et l'enfance idéale un jeu de miroir s'établit jusqu'au dénouement....enfin la terre-mère où l'on trouve refuge en se plongeant dans le passé ancestral...j'ai beaucoup aimé !
Commenter  J’apprécie          80
jongorenard
  25 janvier 2019
Dans ce magnifique roman d'Elsa Morante, Arturo, son héros, raconte son enfance et son adolescence solitaire sur l'île de Procida dans le golfe de Naples. Tantôt immature ou sage, tantôt amoureux ou haineux, tantôt brutal ou doux, il nous livre une analyse psychologique de ses états d'âme avec rigueur et précision. On passe dans une langue riche et métaphorique des enchantements enfantins aux désillusions adolescentes. J'ai été impressionné par la qualité et la profondeur de l'introspection d'Arturo. Les autres personnages ne sont pas en reste, car tous portent avec orgueil leur propre tragédie, dans l'indifférence ou l'incompréhension générale voire la trahison. Les descriptions de l'île mêlent ciel, terre et mer offrant aux personnages et au lecteur une expérience de paradis sauvage et enchanteur. Ici pas de héros attachants affrontant des forces extérieures hostiles, mais des personnages complexes se débattant dans un univers merveilleux. J'ai appris à aimer Arturo au fil du roman mais sa vanité ou son orgueil m'ont aussi donné plus d'une fois l'envie de le talocher. C'est ce qui rend ce livre rugueux et séduisant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

critiques presse (1)
Telerama   22 janvier 2019
Dans cette œuvre initiatique, le jeune héros et narrateur, Arturo, est livré à lui-même après la mort de sa mère, alors que son père disparaît pour de mystérieux voyages. De l’enfance à l’adolescence, du rejet des femmes aux premières maî...
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   30 avril 2016
(Maintenant que tant de temps s'est écoulé, j'essaie de comprendre les sentiments qui, ces jours-là, commençaient à se chevaucher bizarrement dans mon cœur ; mais aujourd'hui encore, je m'aperçois que je suis incapable de distinguer leurs formes qui se mêlaient en désordre au-dedans de moi et n'étaient éclairées par aucune pensée. Dans mon souvenir, il me semble voir une vallée isolée et profonde, par une nuit couverte d'épais nuages : là-bas, dans cette vallée, une foule de créatures sauvages, des louveteaux ou des lions, a commencé, comme pour jouer, une mêlée qui devient grave et sanglante. Et pendant ce temps, la lune se déplace par-delà les nuages, dans une zone limpide, très lointaine.)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Alice_Alice_   23 avril 2016
Ma maison n'est pas très loin d'une petite place presque citadine (ornée, entre autres choses, d'un monument en marbre) et des habitations groupées du village. Mais, dans ma mémoire, elle est devenue un lieu isolé, autour duquel la solitude crée un espace énorme. Elle est là, maléfique et merveilleuse, telle une araignée d'or qui aurait tissé sa toile iridescente au-dessus de l'île toute entière.
Commenter  J’apprécie          90
michelekastnermichelekastner   21 août 2014
Ainsi, Wilhelm Gerace venait de m'attirer dans son ultime piège. A la vérité, eût-il, pleinement conscient et intentionnellement, cherché le moyen le plus malicieux de me reprendre sous son charme, il n'aurait pas pu inventer un jeu plus perfide que celui dans lequel il venait de m'attirer à son insu ! Maintenant, veux-je dire, il m'apparaissait clairement que, dans ses pèlerinages à la Terre Murée, rien d'autre ne l'attendait qu'une honteuse solitude ; que, là-haut, il était mortifié et répudié comme le dernier des esclaves. Et à cette découverte, je ne sais pourquoi, mon affection pour lui, que je croyais étouffée et presque éteinte, se ralluma en moi plus douloureuse et plus dévorante, presque terrible !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
mireille.lefustecmireille.lefustec   17 août 2018
Mais non, au contraire, l'été aussi allait revenir immanquablement, semblable à l'été habituel. On ne peut pas le tuer, c'est un dragon invulnérable qui renaît toujours avec sa merveilleuse adolescence. Et l'affreuse jalousie qui me remplissait d'amertume, c'était la suivante : de penser à mon île de nouveau embrasée par l'été, sans moi !
Commenter  J’apprécie          50
RosalindeRosalinde   26 juin 2015
Je venais depuis peu d'avoir quatorze ans, et ce n'était que quelques jours plus tôt, que j'avais appris que, à partir d'aujourd'hui, avec l'arrivée du bateau de 3 heures, mon existence allait changée. Et, en attendant 3 heures, partagé entre l'impatience et la répugnance, je rôdais sur le port.
En m'annonçant qu'il allait épouser cette napolitaine inconnue, mon père m'avait dit, du ton convenable ( qui semblait artificiel, tant il lui était
inhabituel ) :
- Comme cela, tu vas avoir une nouvelle mère.
Et moi, pour la première fois depuis ma naissance, j'avais éprouvé un sentiment de révolte contre lui.
Nulle femme ne pouvait se dire ma mère et je ne voulais donner ce titre à aucune, sauf à une seule personne qui était morte ! A présent dans cette atmosphère brumeuse, je la cherchais, je cherchais ma seule mère, ma mère orientale, ma sirène, mais elle ne répondait pas.
Sans doute, à cause de l'arrivée de l'intruse, s'était-elle cachée ou enfuie.

Page 114
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Elsa Morante (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Elsa Morante
Vidéo de Elsa Morante
autres livres classés : littérature italienneVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Grandes oeuvres littéraires italiennes

Ce roman de Dino Buzzati traite de façon suggestive et poignante de la fuite vaine du temps, de l'attente et de l'échec, sur fond d'un vieux fort militaire isolé à la frontière du « Royaume » et de « l'État du Nord ».

Si c'est un homme
Le mépris
Le désert des Tartares
Six personnages en quête d'auteur
La peau
Le prince
Gomorra
La divine comédie
Décaméron
Le Nom de la rose

10 questions
518 lecteurs ont répondu
Thèmes : italie , littérature italienneCréer un quiz sur ce livre
.. ..