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ISBN : 2080703897
Éditeur : Flammarion (07/01/1993)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 54 notes)
Résumé :
«Pasolini aurait pu être un nouvelliste comme son ami Moravia. Santino dans la mer d'Ostie aurait presque pu être écrit par ce dernier. Mais leurs pessimismes étaient différents. Tous deux dotés d'une vitalité exceptionnelle, ils n'avaient pas le même sentiment de solitude. Moravia voulait encore convaincre. Son esprit batailleur ne perdait pas l'espoir d'être entendu. Pasolini savait sa propre voix trop isolée. C'est cette certitude qu'expriment, sous diverses form... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
missmolko1
  08 mai 2016
Nouvelles romaines est un excellent recueil de nouvelles signé par Moravia qui fait voyager le lecteur au coeur de l'Italie des années 50.
Toutes ces histoires sont très courtes mais habilement construites et l'on prend beaucoup de plaisir à découvrir ses tranches de la vie quotidienne. Trente-six nouvelles qui se succèdent sur un peu plus de 300 pages comme des scènettes de vieux film en noir et blanc. On découvre différents personnages : du mari en passant par le voleur, du chauffeur de taxi au gérant d'un salon de coiffure..... Mais toute ont en commun la période d'après guerre.
La plume de Moravia est belle, soignée et apporte une fluidité au texte. On dévore ces nouvelles avec plaisir et si vous ne connaissez pas encore l'auteur, je vous recommande ce titre pour le découvrir.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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CorinneCo
  10 février 2015
Dans les vieilles ruelles romaines quand la poussière du soleil n'ose pas épouser les ombres des passants, un parfum de néo-réalisme se distille à chaque pas. C'est un retour en arrière, en noir blanc. Nous pourrions nous croire dans « Le voleur de bicyclette » de Vittorio de Sica ou dans "Bellissima" de Luchino Visconti. Les petites histoires d'Alberto Moravia sont des anecdotes que l'on se raconte autour d'un café près de la Piazza Navona. C'est l'après-guerre. La population ouvrière ou chômeuse de Rome et de ses environs essaie de survivre. Chacun sa méthode, chacun son destin et sa chance. En employant le « je » Moravia aboli la distance avec son sujet ; il raconte « il fatti » sans fioriture, sans démonstration littéraire. Un journal intime du proletariat italien. Ils sont tous pauvres, parfois même misérables, souvent un peu ridicules ou carrément grotesques, presque toujours malchanceux, rattrapés par leur maladresse, leur bêtise ou un destin implacable. Moravia décrit ce peuple de Rome oscillant entre la farce et le tragique, orgueilleux, harassé par le quotidien de la vie. Anciens assassins, voleurs, chômeurs au long cours, petits commerçants, petits ouvriers, employés anonymes, les narrateurs d'Alberto Moravia rêvent d'ailleurs. Même si l'ailleurs n'est qu'avoir de quoi nourrir les siens. Dans ces histoires, l'amitié se délite, les femmes ne sont pas des saintes. Souvent inaccessibles, putes ou harpies, le trait est assez cruel. le portrait des hommes n'est guère plus flatteur. Pourtant, miracle à l'italienne, le sordide ne les habille pas ; une noblesse amère se dégage de l'ensemble. Ce peuple trimant du matin au soir, avide d'amour, de bien-être, de répit, Alberto Moravia ne le juge pas ; il a de la sympathie pour lui, presque de la tendresse. L'environnement, la nature, hostiles, magnifiés, rarement apaisants sont un écrin pour ces tribulations romaines. Tout est laid et tout est beau, comme ces ruelles lépreuses de Venise. Tout est sombre et tout est lumineux comme la lumière dorée sur les murs médiévaux de Bologne.
Ce n'est pas la douceur désespérée de Gorgio Bassani, la belle mécanique humaniste de Primo Lévi, les rêveries philosophiques d'Italo Calvino, la vibrante peinture fantastique, réaliste et métaphysique de Dino Buzzati ; c'est une lucidité parfois un peu cruelle et contemplative de la vie, une ironie mordante et désenchantée sur la nature humaine, tirée vers le haut. Une écriture dépouillée, fluide, combattante et souverainement seule.
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Herve-Lionel
  18 mai 2018
La Feuille Volante n° 1246
NOUVELLES ROMAINES- Alberto Moravia – Flammarion.
Traduit de l'italien par Claude Poncet.
Moravia était romain, sans doute amoureux de la ville où il vivait, il n'y avait donc aucun raison pour qu'il n'y situât pas ces trente-six courtes nouvelles des années 50 ce qui est aussi une invitation à la balade pour son lecteur. Pour autant le livre refermé, il m'apparaît que ce regard porté sur la société italienne de cette époque déborde largement de la Ville Éternelle et s'applique à l'humanité. J'observe que toutes ces nouvelles sont écrites à la première personne ce qui renforce l'idée d'universalité. D'ordinaire notre auteur met en scène des gens aisés, c'est à dire qui n'ont guère besoin de travailler pour vivre, mais ici ce sont de petites gens dont il choisit de parler et qui nous confient leurs difficultés et leur gêne quotidiennes.
Qu'y a-t-il de plus banal qu'une femme quitte son mari (ou l'inverse), que la chaleur étouffante de l'été provoque des situations surréalistes, à moins qu'elles ne révèlent les arcanes de l'inconscient, qu'un homme choisisse d'en finir avec sa vie parce qu'il ne la supporte plus ou que, amoureux d'une femme, il soit simplement berné par elle parce qu'il est tombé sous le charme de sa jeunesse ou de sa beauté… ? Rien de plus commun en effet ! Quant à l'adage qui veut que plus le mensonge est gros plus il prend, surtout quand il est enveloppé dans la religion et qu'on invoque opportunément l'intervention de la Madone, cela passe beaucoup mieux, surtout dans l'Italie d'après-guerre, que le mariage ait des effets désastreux sur le caractère des époux qui change avec le temps, il n'y a rien là de bien original, quant aux projets qui foirent, aux châteaux en Espagne que nous nous bâtissons à l'aide de notre imagination débordante (après tout ça ne coûte rien et ça aide à vivre) et aux rapports nécessairement compliqués qui existent entre les hommes et les femmes, où la séduction est une arme irrésistible au service des intérêts de la personne qui en fait usage, là non plus rien de bien nouveau.
Notre auteur parle de la beauté des femmes qui est souvent engageante et énigmatique, mais ces nouvelles qui sont aussi une analyse psychologique fine comme il sait les faire, me fait inévitablement penser à cette phrase de François Nourissier qui nous rappelle que  « les hommes et les femmes qui sont faits l'un pour l'autre n'existent pas, (que) c'est une invention niaise des amoureux pour justifier leur entêtement ou leur optimisme » et on peut toujours se donner du courage ou de l'espoir, habiller le hasard qui a favorisé une rencontre avec des voeux, des intuitions et surtout des illusions, mais les promesses et les serments durent rarement longtemps et se brisent souvent sur les murs du mensonge, de la trahison et de l'adultère. La multiplication des divorces actuellement me paraît illustrer cette réalité.
Moravia n'oublie pas non plus que la société célèbre toujours ceux qui réussissent leur vie et les montre en exemple mais il n'oublie pas non plus qu'elle est surtout composée des cohortes de malchanceux, de ratés et de quidams qui survivent tant bien que mal dans l'anonymat de l'échec quotidien, quand ils ne subsistent pas de charité, de rapines ou d'expédients. Mais la morale veille, enfin pas toujours !
J'ai redécouvert avec plaisir cet auteur croisé il y a bien longtemps et ce fut un bon moment de lecture.

© Hervé GAUTIER – Mai 2018. [http://hervegautier.e-monsite.com]
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ericbo
  02 août 2018
Bien loin de l'aboutissement et des grandes problématiques de ses romans, Moravia, se contente dans ces nouvelles de décrire des situations de la vie quotidienne romaine dans les années 50. Pas inintéressant mais vites parcourues. Lues en VO pour l'apprentissage de la langue, il ne m'en reste que peu de souvenirs.
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ignatus-reilly
  16 février 2011
Nouvelles :
Le bébé
Fanatique
N'approfondis pas...
Jour de chaleur
Le pitre
Le camionneur
L'avorton
L'intermédiaire
Une bonne soirée
Au revoir
Salon de coiffure
Pluie de mai
Les bijoux
Pilleurs d'église
Les lunettes
Caterina
Le chow-chow
Un crime parfait
Mario
Le trésor
Un vieil imbécile
Tabou
Le gardien
L'infirmière
Jeux de Ferrgosto
La ruine de l'humanité
Je ne dis pas non
L'appétit
Le nez
Romulus et Remus
Une lettre attendrissante
Un panier perçé
La terreur de Rome
Le pique-nique
La Ciociara
La revanche de Tarzan
Des nouvelles très courtes, entre 5 et 10 pages, une galerie de portraits savoureuse. Cela se passe dans les années 50.
Ces histoires se passent dans les quartiers très populaires de Rome et ont pour héros des gens modestes, des voyous, de jeunes coquettes ou naïves, des gens vivant d'expédients ou des personnes vraiment misérables.
Les héros ont rarement un physique d'Apollon et ne sont pas très chanceux.
Ils se débrouillent comme ils peuvent. On se sent pris de sympathie pour tous ces personnages et on aimerait que la chance tourne un peu.
Ces nouvelles dégagent un certain parfun de nostalgie pour une Rome qui essaie de se reconstruire tant bien que mal.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
CorinneCoCorinneCo   08 février 2015
Salon de coiffure

Alors, sans hâte puisque je savais que j'avais le temps, je finis de me raser, me lavai, m'essuyai, puis j'ordonnai à Paolino :
- Va à la maison et dis à ma sœur Giuseppina de venir tout de suite ici.... va, cours...
Au bout de peu de temps Giuseppina arriva, essoufflée, tout alarmée. En la voyant si mal bâtie et laide, la pauvre petite, avec cette envie, cette tache vineuse qu'elle a sur la joue et qui explique si bien toute l'histoire de la boutique montée avec son seul argent, j'eus pitié et faillis ne rien lui dire. Mais désormais il était trop tard et je voulais me venger de Raimondo.
- Ne t'raffole pas, lui dis-je, ce n'est rien.... c'est seulement Raimondo qui est allé sur la terrasse pour aider la fille du portier d'en face à étendre son linge.
- Misère de moi ! fit-elle, eh ! bien, il va m'entendre....
Et elle traversa la rue en toute hâte.
J'ôtai ma blouse, passai mon veston et baissai le rideau de fer. Mais avant de m'en aller, je plantai un écriteau que nous avions trouvé dans le matériel de nos prédécesseurs et qui en lettres imprimées portait ces mots :
FERME POUR DEUIL DE FAMILLE.
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missmolko1missmolko1   28 mars 2016
Quand la bonne dame qui nous apporte les subsides du Secours de Rome nous demanda, elle aussi, pourquoi nous mettions au monde tant d'enfants, ma femme, qui ce jour-là était mal lunée, lui dit la vérité : «Si nous avions des sous, le soir nous irions au cinéma... comme nous n'en avons pas, nous allons au lit et c'est comme ça que nous avons des enfants. » La dame, à ces mots, prit un air pincé et s'en alla sans desserrer les lèvres, Je fis des reproches à ma femme parce la vérité n'est pas toujours bonne à dire et que, avant de la dire, il faut savoir à qui l'on s'adresse.
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Myriam3Myriam3   28 avril 2014
Et la fille, d'un mouvement vif, vint s'asseoir à côté de moi. "Alors, au revoir, fis-je, et espérons qu'on vous enverra bientôt au bagne". Puis je tournai en manoeuvrant d'une seule main parce que la fille s'était emparée de l'autre qu'elle serrait dans la sienne. Je retrouvai la route et fis cinq kilomètres sans ouvrir la bouche. Elle me serrait toujours la main et cela me suffisait.
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ignatus-reillyignatus-reilly   16 février 2011
N'approfondis pas....

Donc, pas question d'affaires de cœur ou d'argent. Restait ce que les avocats appellent l'incompatibilité d'humeur. Et je me demandais : quelle incompatibilité pouvait-il bien y avoir entre nous puisque, en deux ans de mariage, nous n'avions pas eu une discussion, pas une seule, vous dis-je. Nous ne nous quittions pas S'il y avait eu incompatibilité, elle se serait bien manifestée. Mais Agnès ne me contredisait pas, on peut même dire qu'elle ne parlait pas.
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ignatus-reillyignatus-reilly   09 mars 2011
La ruine de l'humanité

Il était ainsi arrivé à la cinquantaine, ayant amassé un assez gros pécule, mais on devinait qu'il mènerait la même vie jusqu'à sa mort, une mort qui ressemblerait à la fin d'un tour qui se casse ou d'une scie qui perd ses dents, la mort d'un outil plutôt que d'un homme.
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Videos de Alberto Moravia (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alberto Moravia
2003 - Claudia Cardinale e Alberto Moravia
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