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EAN : 9782731678895
160 pages
Éditeur : Les Humanoïdes associés (23/03/2016)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Le vortex de déchets du Pacifique Nord (Great Pacific Garbage Patch) est un agglomérat de déchets plastiques dont l'étendue dépasse celle du Texas. C'est sur ce continent de plastique que Chas Worthington, héritier d'une des plus grandes fortunes pétrolières, choisit de fuir pour créer son état souverain. Loin des conseils d'administration, il va désormais devoir lutter contre les éléments, la faune hostile et même des indigènes…
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  09 septembre 2016
Ce tome fait suite à Nation building (épisodes 7 à 12). Il contient les épisodes 13 à 18, initialement parus en 2014, écrits par Joe Harris, dessinés et encrés par Martin Morazzo, avec une mise en couleurs du Studio Tiza. Ce tome correspond à une fin de saison (sans réel besoin de suite) à cette histoire dont il faut avoir commencé la lecture par le premier tome Trashed! (épisodes 1 à 6).
Épisode 13 – Les services de sécurité de New Texas ont récupéré un individu (appelé Arthur Managan Clarke) qui prétend être l'émissaire d'une civilisation extraterrestre. Chas Worthington se souvient des leçons de pêche que lui donnait son père. Épisode 14 – Worthington et Zoe découvrent que certains habitants de New Texas sont devenus dépendant à une drogue de synthèse appelée Skag.
Épisodes 15 à 18 – Baston Duvalier a débarqué à New Texas. Il souhaite récupérer sa femme, les bombes atomiques qu'il convoitait, et pourquoi pas s'instaurer comme nouveau chef de ce jeune état, par la force bien sûr.
Dans les 2 premiers épisodes, Joe Harris joue avec habilité sur le cumul des fonctions du jeune Chas Worthington. D'un côté, il utilise le fait que ce jeune homme est responsable de tout pour le placer au centre de chaque événement. Dès que ce prisonnier aux déclarations étranges est en sécurité, c'est Worthington lui-même qui se charge de l'interroger. Dès que Mistress Ibogene (la dealeuse) de Skag est arrêtée, c'est encore lui qui va conduire l'interrogatoire. Harris n'oublie pas de montrer le prix qu'il doit payer du fait qu'il endosse toutes ces responsabilités. de l'autre côté, il montre les compétences bien réelles du personnage.
Le scénariste ne se contente pas d'une enquête bien menée ; il montre aussi quels sont les enjeux pour cette micro-nation d'avoir des citoyens utilisant des produits psychotropes. Lorsque Chas Worthington se tient devant son conseil d'adjoints, il tient un discours très clair qui met en avant ses motivations : le capitalisme et la préservation de la force de travail avant tout, la question de santé publique n'est même pas évoquée. C'est d'une franchise désarmante, mais en cohérence avec la nature de ce despote éclairé. Il illustre son propos à l'aide d'un exemple historique : la consommation de stupéfiants en Chine avant l'arrivée de Mao Zedong au pouvoir.
À partir de l'épisode 15, l'histoire change de centre d'intérêt. À nouveau, Chas Worthington doit faire face à une tentative de coup d'état, cette fois-ci aussi simple qu'efficace. le lecteur sent bien que Joe Harris précipite un peu les choses et prend grand soin de gérer toutes ses intrigues secondaires pour les mener à un terme satisfaisant (tout en laissant une possibilité de suite). Cette narration un peu rapide inclut malgré tout plusieurs séquences et réflexions qui viennent étoffer une longue course-poursuite.
Le lecteur découvre ainsi la première rencontre entre Chas et Alex, ce qui éclaire la nature de leurs relations actuelles. Harris prend le temps de montrer en quoi Baston Duvalier est un adversaire redoutable. La relation entre Chas et Zoe évolue de manière significative. Little Chief prend une décision quant à l'avenir de son peuple. Même le calmar géant refait une apparition pour clarifier son rôle.
Martin Morazzo continue de donner une existence visuelle à cette étrange micro-nation établie sur un tas de déchets flottants, d'une superficie de plusieurs kilomètres carrés. le lecteur retrouve cette visualisation bien conçue qui permet de voir ces déchets agrégés grâce à la technologie HERO, ainsi que les parties non consolidées, susceptibles de se disloquer sous les pieds des personnages, ou de s'écrouler en avalanche.
Dans cet environnement ainsi rendu crédible, Morazzo dessine des individus aux morphologies normales, avec des vêtements utilitaires ou simples, avec des outils plausibles. Les éléments d'anticipation s'insèrent avec naturel dans ces visuels, permettant au lecteur d'accepter ce qui sort de l'ordinaire, sans soumettre sa suspension consentie d'incrédulité à de trop fortes contraintes.
Il utilise régulièrement des cases de la largeur de la page, dans lesquelles il prend soin d'utiliser toute la largeur pour y porter des informations visuelles. Il n'y a pas simplement une tête de dessinée au milieu de la case, sur un fond uniforme, il y a un arrière-plan qui participe à donner de la profondeur et une notion d'espace.
Grâce aux dessins de Martin Morazzo, le concept de cette micro-nation acquiert de la consistance visuelle, avec une forme de plausibilité satisfaisante dans le cadre d'un récit d'anticipation. Il réussit à faire coexister dans le même environnement des individus normaux (avec des plis un peu prononcés sous le nez), un sol très particulier, des constructions solides sans être monumentales, des indigènes contraints de vivre dans cette île gigantesque et une faune particulière.
À l'issue de ce tome, le lecteur regrette que ce soit déjà la fin de cette histoire, ou du moins de ce chapitre. Il est satisfait de connaître le devenir de New Texas. Martin Morazzo a réussi le pari risqué de faire croire à la possibilité d'une communauté logeant sur un tas de détritus flottant. Joe Harris s'est montré un scénariste ambitieux qui a proposé un concept original dont il a exploré de nombreuses facettes, à commencer par les stratégies délicates d'un despote éclairé pour pérenniser un nouvel état bâti de toutes pièces. Il a développé un personnage central ambitieux et ambigu, mauvais perdant et fin stratège.
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Commenter  J’apprécie          20


critiques presse (1)
Sceneario   05 juillet 2016
Il y a des tonnes de bonnes idées, mais ça manque de tripes globalement ! Comme un sentiment de pas assez !
Lire la critique sur le site : Sceneario

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