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ISBN : 9782702141625
Éditeur : Calmann-Lévy (01/01/2011)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 63 notes)
Résumé :
Carvin, la trentaine, est ouvrier mécanicien dans une usine du Nord. Sa femme Chantal, lasse de la dureté de cette vie, le quitte avec leur fille. Anath est la DRH de l’usine. Quand l’usine est brutalement fermée par des actionnaires américains, la tempête qui se lève unit les destins de Carvin et d’Anath… C’est dans la lutte pour une nouvelle vie qu’ils vont apprendre à se découvrir.
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
ladesiderienne
  14 février 2015
A la fin de cette lecture, le premier sentiment qui s'impose à mon esprit, c'est la déception, déception d'avoir trouvé dans "Rouge dans la brume" ni plus, ni moins qu'un copier-coller du roman "Les vivants et les morts" du même auteur, que j'ai lu il y a peu de temps, en une version peut-être un peu plus radicale.
Carvin, ouvrier à la Méka, une entreprise de mécanique (cette fois-ci située dans le Nord), apprend le même jour, la fermeture prochaine de son usine et la demande de divorce de sa femme. Lassée de la vie de misère qu'elle mène et de l'engagement syndical de son mari, elle le quitte en emmenant leur fillette de 4 ans. Désormais seul, Carvin se lance donc pleinement dans la lutte contre le capitalisme, tentant d'entrainer avec ses collègues, les autres entreprises en difficulté de la région. Il va y côtoyer Anath Werth, la DRH de la Méka qui va passer de l'autre côté de la barrière et finalement soutenir leur cause.
Gérard Mordillat nous offre une fois de plus un livre très actuel, d'un réalisme poignant pour nous dépeindre les dérives de notre système capitaliste. Il nous alerte sur la mort programmée de nos industries et allume un projecteur sur ceux qui en composent la valeur humaine et qui ne veulent pas disparaitre sans faire entendre leurs voix.
Bien sûr, je suis d'accord sur le fond comme sur la forme d'ailleurs, car ces chapitres courts entrecoupés de citations empruntées aux discours de nos dirigeants politiques et industriels, si éloignés du quotidien de ces hommes et de ces femmes qui voient leur outil de travail démantelé, font qu'il n'y a pas de temps mort dans cette lecture. Mais pourquoi tant de similitudes avec "Les vivants et les morts" :
- même personnage principal, viril, courageux, infidèle et amoureux de littérature.
- une héroïne assez libérée sexuellement.
- des femmes qui ont aussi un rôle à jouer mais c'est encore l'une d'elle qui dévoile les plans à la partie adverse.
L'auteur a simplement donné à son roman un côté plus sulfureux en y ajoutant une pincée d'inceste et d'homosexualité refoulée.
Ma note pour ce remake est à la hauteur de ma déception :11/20
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Fandol
  10 mars 2017
Quelle extraordinaire fresque sociale a réussi, une fois de plus, Gérard Mordillat, en écrivant "Rouge dans la brume" ! Dans ce livre, il y a tous les drames qui bouleversent notre société dévorée par un capitalisme sans scrupule, cette « doctrine économique reposant sur l'exploitation des plus faibles par les plus riches. »
"Les vivants et les morts" nous avait enthousiasmé par sa justesse et sa force mais il faut reconnaître que, dans ce roman écrit six ans plus tard, cet écrivain prolifique qui est aussi un réalisateur talentueux, a réussi une oeuvre encore plus forte et plus complète.
L'action se déroule dans le Nord. Carvin en est le moteur et le héros. Comme un symbole, tout commence en pleine tempête alors que tout le personnel de Mékamotor vient de recevoir une lettre annonçant la fermeture de leur usine, courrier expédié avec un timbre de la Saint-Valentin !
Chantal, l'épouse de Carvin veut divorcer. Elle affirme : « Pas de combat, pas de lutte ! du confort, de l'argent, de la tranquillité. » Tout l'opposé de ce qui motive son mari. L'auteur mène en parallèle les vies familiales et amoureuses de ses personnages, leur activité professionnelle et la lutte pour préserver un emploi menacé : « Leurs actions sont pilotées par la colère d'être foutus à la porte alors qu'ils font bien leur boulot et que l'usine est rentable. »
Weber, délégué CGT, demande à Carvin d'être le porte-parole des ouvriers de cette entreprise dont le groupe, trois mois auparavant, a reçu 55 millions d'euros d'aide de l'État, plus 2 000 € de la municipalité… Pour Carvin, il n'est pas question de se battre pour de meilleures indemnités : « … se mettre sur le terrain de l'argent, c'est se placer sur le terrain que les patrons préfèrent… Réclamer une prime, c'est signer notre défaite avant même d'avoir mené la bataille. » Il s'agit d'abord et avant tout de conserver son travail et sa dignité.
Toute l'histoire est d'une justesse extraordinaire. Il faudrait recopier des pages entières lorsque chacun développe ses arguments. le mot « fatalité » doit être rayé du vocabulaire et les dirigeants ne brillent pas par leur courage, ceux qui décident étant aux États-Unis, sous le couvert d'un fonds de pension.
Régulièrement, l'auteur intercale des « Paroles de dirigeants » et c'est édifiant de lire ces déclarations authentiques signées Sarkozy, Brousse (Medef), Hamon, Estrosi, Dassault, Parisot, Copé, Woerth, Trichet, Cohn-Bendit, Lagarde, etc… Tout cela nous rappelle que nous ne sommes pas dans la fiction mais dans ce que vivent ou ont vécu tant d'hommes et de femmes, bernés par de fausses promesses et niés dans leur humanité.
Maîtrisant parfaitement le suspense et l'enchaînement des faits et des actions qui voient les ouvriers en lutte de trois usines différentes se retrouver sur le terrain malgré leurs divergences, Gérard Mordillat montre aussi le rôle joué par les médias, la police et les sociétés dites de sécurité, sans oublier de révéler ce que cachent les discours officiels faussement rassurants.
Comment peut se terminer une telle histoire vécue au plus près des dégâts commis par « une doctrine économique reposant sur l'exploitation des plus faibles par les plus riches » ? Pour le savoir, il suffit de se plonger dans "Rouge dans la brume", un livre qui, avec ses 434 pages, se dévore trop vite.
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HannibalLectrice
  18 mars 2014
Carvin, la trentaine, est ouvrier mécanicien dans une usine du Nord. Sa femme Chantal rêve de confort et de soleil. Ne supportant plus la dureté de leur vie ni les luttes quotidiennes, elle le quitte et emmène avec elle Océane, leur fille de quatre ans. Anath, la trentaine elle aussi, est DRH dans l?usine où travaille Carvin. Elle est mariée à un professeur d?université qui lentement s?éloigne d?elle, perdu dans les livres, l?alcool et d?inavouables secrets.
Rien ne semblait devoir rapprocher Carvin et Anath. Un monde les séparait. Mais quand l?usine est brutalement fermée par ses actionnaires américains, qui rayent de la carte presque 400 emplois, la tempête qui se lève unit leurs destins.
Les ouvriers s?insurgent, occupent le site, incendient le stock, les ateliers, les camions de ceux qui voulaient déménager les machines. La révolte se propage à une deuxième usine, puis à une troisième, portée par l?espoir que le pays tout entier s?embrase.
C?est au c?ur du brasier qu?Anath et Carvin se découvrent. Contre toute attente, contre toute raison, c?est dans la lutte que naît leur amour. L?un et l?autre n?ont plus rien à perdre, mais une vie à gagner. Sont-ils fous, criminels, insensés ? Ont-ils une chance de triompher ? Qu?importe !
Dans la folie du temps présent, ils auront su dire non. Ils auront fait entendre leur voix.
Voilà deux ans que ce livre patientait tranquillement dans cette énorme PAL que porte mon modeste bureau. C'est avec beaucoup de réserve que je me suis attelée à sa lecture, non pas que je regrette cet achat, loin de là, mais voilà, le sujet abordé étant intense en émotions et n'étant moi même pas des plus optimiste, la peur de sombrer un peu plus me semblait inéluctable.
Ce livre par ses phrases, par ses mots, nous fait prendre conscience de la réalité du monde du travail, nous ne sommes que des pions sur l'échiquier du mal. A travers ces hommes et ces femmes, qui du jour au lendemain se réveillent avec comme perspective d'avenir la Galère, c'est à travers eux et leur bataille, celle de combattre le système actuel qu'est celui de la capitalisation. Bataille quasi perdue d'avance sauf si nous nous unissons TOUS afin de faire tomber les maîtres du jeu! Et là une lueur d'espoir perce....
Nous travaillons pour vivre, mais nous vivons pour aimer et pour être aimés, là aussi l'auteur arrive parfaitement à décrire les sentiments des uns et des autres, avec leurs perfections et imperfections. Ce n'est plus l'espoir qui fait vivre, mais l'amour!
Un roman qui prend aux tripes, qui donne à réfléchir sur notre condition, qui nous enjoint à ouvrir les yeux sur le fait que nous ne sommes pas "qu'un numéro d'embauche", que nous sommes faits de chair, de sang, d'os et de sentiments, que nous sommes avant tout des hommes et des femmes ayant le droit de vivre décemment sur un même pied d'égalité...
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Belem
  31 août 2013
C'est très louable de la part de Gérard Mordillat (comme d'autres d'ailleurs qui ont essayer), de tenter de raconter une grève dans une usine. Mais bon, je n'arrive pas à accrocher. Une grève, un mouvement social, c'est un moment d'une telle intensité, qu'il est bien difficile de traduire cela dans un roman, avec des mots écrits, de petites phrases dérisoires couchées sur du papier. Cela ne pourra jamais refléter la puissance de l'événement, sa générosité, le déferlement de réflexion, d'imagination, de créativité dans le ciboulot des grévistes. La vie devient plus intense, tout s'accélère, les relations humaines deviennent tendues, mais vers un effort commun. La sensation d'exister prend un sens particulier, dans des situations tour à tour comiques, graves, dramatiques parfois. Ce n'est pas pour rien que la plupart des travailleurs ayant vécu une grève déclarent après coup avoir retrouver une dignité humaine entière, élevée, à proprement parlé extra-ordinaire. Même si chez Mordillat, l'effort de rendre « vrai » est réel, j'sais pas, je trouve toujours ça : petit, succinct, chétif, étriqué, rabougri, tellement que ça en devient même pathétique et insignifiant. (Désolé pour Mordillat, c'est tombé sur lui cette critique acerbe, alors qu'il est sans doute aujourd'hui le plus doué dans cet exercice – même si ils ne sont pas nombreux, les écrivains à s'y coller !)
Bon, Zola, oui, dans Germinal. Là, d'accord. Mais c'était toute une ambiance, aussi : la mine, le charbon, la misère sociale, l'ardeur et la fraternité de la classe ouvrière. Aujourd'hui, c'est différent, mais pour donner du souffle au roman social, il y a sans doute d'autres choses à montrer.
Car ce que je n'aime pas, non plus, c'est cette façon de tomber dans les clichés de la « lutte radicale », quand l'inefficacité, l'impuissance, se transforme en violence stérile. Ce n'est pas ça, être radical. Être radical, c'est miser sur la conscience et l'organisation démocratique des grévistes. Ce n'est pas d'incendier des usines qui est « radical », c'est de s'en emparer.
Rouge, donc, si peu ; mais dans la brume, oui, toujours malheureusement.
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Saintlaurentdupont
  13 octobre 2017
Vaudeville tragique au pays de la lutte des classes et du grand capital !
Carvin, le syndicaliste, trompe sa femme avec une ouvrière de l'usine. Sa femme s'enfuit (et l'ouvrière aussi) et trompe son mari avec un espagnol. Carvin se console avec Anath, la DRH de l'usine, qui vivait jusque là un autre adultère avec le directeur financier. le mari d'Anath n'est guère jaloux car il trompe sa femme avec un de ses étudiants (ce spécialiste de Luther est homo). Mais pourquoi Anath a t'elle rompu avec le directeur financier ? Parce que celui-ci s'est suicidé car le directeur adjoint de l'usine - qui en passant trompe sa femme avec une laborantine - menaçait de révéler la tromperie (celle du directeur financier... vous suivez ?)
Je passe deux ou trois autres tromperies (le frère d'Anath a t'il couché avec sa soeur ? Rien n'est prouvé ! La femme du directeur adjoint s'envoie en l'air avec un pilote d'hélicoptère ? Vrai de vrai !)
Alors au milieu de toutes ses tromperies, croyez vous que l'on retienne quelque chose de ce roman qui conte la triste histoire de la fermeture de plusieurs usines.
On de retient pas grand chose du "Rouge dans la brume", pas plus que de "les vivants et les morts" (un autre roman de l'auteur, finalement très proche).
Monsieur Mordilla, écrivez plutôt sur Jésus (plusieurs livres sur le sujet avec Prieur), même si vous n'y croyez pas...
... c'est toujours mieux que votre livre sur la fidélité...
(à laquelle vous ne croyez pas non plus !)
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critiques presse (1)
Telerama   08 février 2012
Il s'agit [...] du dernier volet de la trilogie de Gérard Mordillat sur la lutte des classes et le désir de penser le monde autrement. Prémonitoire.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   14 février 2015
- Mais dans quel monde vivez-vous ? La localisation, l'enracinement, le lieu de naissance, les anciens, l'histoire, tout ça, c'est fini. Le mot d'ordre de la modernité, c'est délocalisation et relocalisation ailleurs, n'importe où, nulle part, mais certainement pas où vous vous croyez attachés. Les attaches ne tiennent plus. Les vies sont devenues virtuelles, volages. Vous, vos familles, moi, la mienne sont désormais des particules en suspension emmenées par-ci, chahutées par-là au gré du vent du capitalisme. Voilà la situation. Notre situation.
Carvin se tourne vers Anath qui, d'un regard, l'encourage à continuer.
- Moi aussi, j'ai une question scolaire, dit-il, les poings sur les hanches, le menton en l'air. Quelle est la force des particules en suspension, sans attaches, sans territoire ? Pour moi, la réponse est évidente : c'est la force de la poussière, la force du sable qui se lève en tempête, de l'infiniment petit multiplié par des millions. Nous devons être cette tempête qui grippera le système. Et, si nous le sommes, rien ne pourra nous arrêter !
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ladesiderienneladesiderienne   12 février 2015
- Ce que je vois, c'est que la Méka ça te permet de vivre, mais ce n'est qu'une permission, explique-t-il. Réfléchis : tu vis en permission. En liberté surveillée. Surveillée par ta famille, par ton boulot, par l’État. Ta vie est sous surveillance, sous condition. Tu crois gagner ta vie, tu la perds. Tu la perds à la gagner. Et, un matin, tu te réveilleras en te demandant pourquoi.
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tojaditojadi   17 septembre 2011
les religieux , qu'ils soient chrétiens , juifs ou musulmans , répandent des superstitions qu'ils finissent par présenter comme des faits historiques et en tirent des lois qui , par leur essence divine , établiraient une morale .
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MurielTMurielT   08 mai 2013
Liberté, Egalité, Fraternité... Robespierre qui en est l'auteur ajoutait : "ou la mort" mais ça n'a pas été conservé
Vous vous êtes déjà demandé pourquoi l'Egalité est entre la Liberté et Fraternité
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KatellBKatellB   05 février 2012
J'aurai fait entendre ma voix.
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Videos de Gérard Mordillat (44) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gérard Mordillat
Dans son dernier ouvrage intitulé "Ces femmes-là", Gérard Mordillat plonge le lecteur en 2024, période à laquelle le gouvernement décide de voter plusieurs mesures, parmi lesquelles le regroupement des musulmans dans des quartiers "soi-disant pour les protéger". L'auteur dresse ainsi le portrait d'une dizaine de femmes courageuses, pour ou contre cette mesure, mais qui seront toutes impliquées dans des manifestations pour faire entendre leur voix.
Retrouvez l'ouvrage en magasin ou sur notre e-shop : https://bit.ly/2G8nhxf
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