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EAN : 9782253111627
224 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)
3.48/5   40 notes
Résumé :
"Tu ferais mieux d'aller rue des Rigoles, il y a des Pompes beaucoup moins chères !" Tel est le conseil donné à l'auteur par un copain, alors qu'il se met en devoir de préparer les obsèques de sa mère.
Et c'est ainsi, entre le chagrin et l'éclat de rire, que les souvenirs surgissent. Des souvenirs qui ramènent Gérard Mordillat à l'après-guerre, dans ce Paris populaire du XXe arrondissement où il grandit entre un père employé à la SNCF et une mère venue d'ou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Magenta
  03 avril 2013
Ça commence tristement, par le décès de la mère de l'auteur mais ne vous y trompez pas, ça ne dure pas!
La machine à souvenirs se met en route et là, le sourire n'a pas dû me quitter jusqu'à la fin du livre.
L'enfance parisienne dans les années '50.
Puis l'adolescence, l'alcool, les filles, les amis, la révolte contre le système, l'insouciance de l'époque.
Jusqu'à l'entrée dans la vie active, les amis de toujours, ceux que la vie éloigne, les discussions politiques, et les femmes, toujours.
Gérard Mordillat nous raconte avec verve les souvenirs de ses jeunes années dans le XXème arrondissement de Paris, avec la gouaille de l'époque aussi. Cette époque pleine d'insouciance où l'on vivait avec moins mais où l'on trouvait le bonheur plus facilement...
En bref, cette lecture fut un moment très agréable, une plongée dans ces années que j'aurais aimé vivre, non pas que je ne me plaise pas dans notre époque mais pour une certaine liberté qu'elle offrait... Peut-être que j'idéalise...
Ah oui, encore une petite chose! Mordillat termine par ceci :
"J'aime beaucoup la Belgique, avec son air de kermesse permanente, ses Gaulois qui ont fait plier César, l'âme farceuse de ses habitants, leur chagrin...
Souvent, je me sens belge."
Ça ne pouvait que me faire plaisir! ;o)



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emi13
  25 septembre 2015
Au fil de son roman Gérard Mordillat nous raconte sa vie et de se rappeler son enfance, sa jeunesse jusqu'à l'âge adulte. On passe de la tendresse à la tristesse et surtout ne pas croire que notre écrivain est un enfant triste, non, il peut être tout à fait turbulent comme bien des enfants. Entre sourire et tristesse j'ai apprécié ce livre.

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AnneBoulangerPecout
  25 octobre 2014
Voilà un livre que je n'ai pas aimé. Dans lequel je me suis, la plupart du temps, ennuyée. Oser évoquer à son propos « Les quatre cents coups » de Truffaut (4ème de couverture) me semble un argument de vente totalement abusif. Je connais à Belleville un autre Gérard, coiffeur de son état, qui pourrait raconter ce territoire du XX° d'une manière autrement plus truculente : je tâcherai de l'en convaincre.
Plusieurs phrases révèlent cependant une sensibilité profonde qui émeut vraiment, telle l'évocation de la guerre entre ses parents, d'un mimétisme de son père, d'une carte postale envoyée à sa mère. D'autres sont une vraie leçon d'écriture, doublée d'un hymne au vélo aussi beau que surprenant.
Pour vous éviter un achat peu nécessaire, je vous ai mis ces phrases en citations. Bonne lecture… de celles-ci !
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Marti94
  15 mars 2015
« Rue des Rigoles » est une autobiographie romancée de Gérard Mordillat, qui porte bien son nom : la « rue » parce qu'il parle des lieux de son enfance, de sa jeunesse, de son quartier, le 20ème arrondissement de Paris et « Rigoles » parce que j'ai bien rigolé (et en plus la rue existe vraiment !).
L'incinération de sa mère et les larmes qui coulent à cette occasion, permettent un flash-back : la rencontre de ses parents, puis sa naissance, son enfance, son adolescence rue des Pyrénées à Paris, les copains, les filles, les petits boulots, tout y passent.
Si je ne partage pas le même point de vue que Gérard Mordillat sur le théâtre (il ne prend pas de gants, comme on dit, pour dire qu'il n'aime pas), ce livre à coeur ouvert m'a vraiment plu.
Lu en mars 2015
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croccbooks
  01 février 2016
Le jour du décès de sa mère, un état , anéanti par la douleur qui déferle en lui, sa vie lui revient.
De son enfance à l' adolescence, du temps des copains, des bêtises, des cancres, de la découverte de la sexualité….
Tant de moments, des coups de reins et des coups de la vie….
Tout en légèreté, au plus profond , au plus drôle, dans un Paris à travers les époques et aux rythmes des films, des
musiques et du temps qui passe, une histoire, une famille….
Extrait :
» Je ne me savais pas capable d'autant pleurer. Mon père m'avait tellement répété qu'un homme » ça ne pleure pas » que, petit, ça ne m'arrivait pas. Pas même au cinéma. Pourtant, rien ne m'émeut plus que les larmes des autres. Les larmes sans destination de ces hommes ou ces femmes qui, parfois, sanglotent dans le métro ou à la terrasse d'un café sans que quiconque puisse deviner l'objet de leur tristesse, ni tendre la main à leur malheur.
J' ai pleuré jusqu'à plus soif «
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
AnneBoulangerPecoutAnneBoulangerPecout   25 octobre 2014
Mes parents se déchiraient. Je n’en pouvais plus des portes closes, des cris, des pleurs, du corps à corps des douleurs, des nuits de garde, des tranchées de silence. Je pris l’habitude de dormir au bord du lit, sur le qui-vive, prêt à sauter dans mes habits. A gicler hors de chez moi. Chaque matin, une main d’angoisse me saisissait de l’intérieur et m’étranglait jusqu’au soir. Je n’avais pas la comprenette difficilette, mais l’école ne m’intéressait pas. A quoi bon apprendre à compter, puisque un plus un ne faisait pas deux mais trois malheureux. A quoi bon apprendre à lire si les livres ne disaient que guerre et guerre comme père et mère. Je décidai de m’absenter, de faire la bleue, d’explorer le grand nulle part, certain d’y être plus heureux que dans le noir où je vivais. (p 73)
C’est aérien, le vélo, musical. Il suffit de pédaler pour faire chanter la chaîne : vélo d’amour lové, ô vol vélo volé, el vélo ô love, que comprendre à ma parole ? Il faut qu’elle fuie et vole ! (p 186)
Le vrai cycliste n’en a rien à faire d’arriver. Il ne roule pas pour aller quelque part, il roule pour rouler. Pour résoudre l’équation entre puissance et souplesse, saisir l’instant magique où l’homme, la machine, la route, le vent s’arrachent à la pesanteur pour connaître la vitesse pure semblable à l’immobilité. La grâce, à vélo, n’est ni la force ni l’endurance, c’est la vélocité. Le vélo, c’est une esthétique. Il faut croire aux mots quand on fait du vélo. Le vélo, c’est la métaphore parfaite de l’écriture. Sur la route, comme sur la page, c’est la même perfection que l’on cherche en repassant sans cesse sur la même trace. L’équilibre, le rythme, la scansion ne sont que la conjugaison du plateau et du pignon, de l’imparfait et du passé simple. Rouler, c’est écrire en lettres invisibles. C’est repasser sur sa propre trace autant de fois que l’écrivain revient sur ses mots qui roulent en peloton dans les romans, poèmes, essais, dictionnaires, encyclopédies. (p 187)
Geneviève Serreau m’a appris à écrire. Sans elle, je n’aurais jamais dépassé le B.A.-BA. Geneviève avait un côté Giacometti. Il s’agissait d’enlever tout ce qu’il y avait de trop. Il fallait éradiquer l’ornement, la fanfreluche, les perles de rhétorique et le sucre glacé des mots d’auteur. Ecrire, c’était toucher l’os, le nerf, s’écorcher. Elle concassait, pressurait, passait chacun de mes poèmes au feu de sa lecture avec une impitoyable ténacité. Elle avait aussi un côté protestant. Pas question de confesser sa peine à qui que ce soit et d’attendre l’absolution. L’écriture ne pardonne pas. Il faut cracher le morceau, se déboutonner et ne rien espérer. (p 193)
Je ne crois pas que j’assisterai à mon enterrement. Ça tue, ce genre de cérémonie. C’est trop triste. Tous ces yeux humides, ces nez rougis, ces figures de six pieds sous terre ; ces hommes, ces femmes qui s’étreignent dans un silence de mort… Très peu pour moi. […] Je ne supporte pas non plus les hommages funèbres. Les belles paroles prononcées par les parents, les amis, les curés, les pasteurs, les rabbins jurant, contre l’évidence, que le mort n’est pas mort, qu’il nous voit, qu’il nous entend, les apostrophes aux cieux, les interpellations lyriques de l’au-delà, les souvenirs joués au trémolo ne sont pour moi que de la mise en boîte. (p 202-203)
Parfois, lorsque je souris, je sens que mon père sourit en moi, je sens ses lèvres, le froncement de son nez, le plissement de ses yeux dans mon propre corps. Je pense : il est là. C’est lui qui marche, pas moi. Je sens ses enjambées, son allure chaloupée, ses gestes durs. Il est là comme dans un habit à sa mesure ; à l’aise, naturel. Mon père vit en moi une mort légère. (p 210)
Au milieu de quelques lettres administratives, j’aperçois soudain la carte postale que j’avais envoyée à ma mère de Vancouver. Trois phrases en anglais au dos d’un paysage semblable à celui qui décorait sa chambre d’hôpital. Le courrier n’a pas suivi… Ça me scie. Je dois m’asseoir. Tenir cette carte, c’était comme tenir le corps inerte de ma mère entre mes doigts. C’est la voir mourir une seconde fois. J’étais incapable de détacher mon regard de ce « love & kisses » qui ne lui était jamais parvenu. La dernière chose qu’elle aurait pu lire. La dernière chose qu’elle aurait dû lire… Ces mots perdus étaient trop lourds pour moi… La carte m’a échappé des mains. Elle a glissé sous la table, sur le Gerflex en damier noir et blanc. Je n’ai pas fait un geste pour la ramasser. Je la fixai comme hébété, tandis qu’un ciel d’orage obscurcissait la pièce. (p 212)
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ZilizZiliz   27 mai 2014
[...] rien ne m'émeut plus que les larmes des autres. Les larmes sans destination de ces hommes ou ces femmes qui, parfois, sanglotent dans le métro ou à la terrasse d'un café sans que quiconque puisse deviner l'objet de leur tristesse, ni tendre la main à leur malheur. (p. 15)
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parolesparoles   19 mai 2014
Le billard n'était pas mon seul sport.
Étant moi-même un peu frappé, j'ai toujours eu l'esprit frappeur. C'était écrit que, jeune homme, je fasse de la boxe française, de la savate et de la canne d'assaut. Cela me valut de voir Penna monter sur le ring avec un collant de sa sœur. Cruelle erreur. Le boxeur français ne se produit jamais avec les jambes gainées de noir ajouré d'un motif à fleurs. Il ne se produit pas non plus sans slip sous le collant, comme Pater l'apprit à ses dépens.
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ZilizZiliz   28 mai 2014
Aujourd'hui, c'est terminé. Il n'y a plus de marchandes de quatre-saisons dans la rue des Pyrénées. Les vieux vous diront qu'il n'y a plus de saisons non plus. Il n'y a plus que des marchands. (p. 46)
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MagentaMagenta   03 avril 2013
Le XIXème puait mais, finalement, je crois que je préfère la sincérité de cette puanteur à l'hypocrisie déodorante du XXème siècle.
La merde qui sent la merde est moins pénible à renifler que la merde parfumée.
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Videos de Gérard Mordillat (48) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gérard Mordillat
François Morel et Antoine Sahler présentent le livre "Tous les marins sont des chanteurs" Ecrit avec l'écrivain Gérard Mordillat, l'ouvrage rend hommage à Yves-Marie le Guilvinec, parolier breton dont les chansons sont aujourd'hui tombées dans l'oubli https://bit.ly/2RDmh89 A découvrir également l'album: https://lnk.to/FrancoisMorelTLMSDCAlbum
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