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EAN : 9782377290963
101 pages
Éditeur : Libertalia (06/06/2019)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Il y a cinquante ans, en mars 1969, alors sur le point de gagner une course en solitaire, le navigateur Bernard Moitessier choisissait de ne pas franchir la ligne d’arrivée et de fuir le consumérisme. Dans cet essai philosophique et littéraire rédigé à la première personne et empreint de doute salutaire, Corinne Morel Darleux questionne notre quotidien en convoquant les lucioles de Pasolini ou Les Racines du cielde Romain Gary et propose un choix radical : refuser d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
ErnestLONDON
  13 juillet 2019
Profondément marquée et inspirée par La Longue route, le récit du navigateur Bernard Moitessier qui, en 1969, renonça à terminer et gagner la toute première course de vitesse en solitaire autour du monde, sans escale et sans assistance extérieure, pour rester en mer, après sept mois de traversée, pour fuir le monde moderne et sa société de consommation, ses saccages, Corinne Morel Darleux questionne notre quotidien. Elle propose une voie pour « refuser de parvenir » et instaurer « la dignité du présent ».
(...)
Avec une fort belle plume, Corinne Morel Darleux parvient à clarifier les débats et proposer une ligne de conduite minimale et susceptible d'être consensuelle.
Article complet sur le blog :
Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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Warrenbismuth
  04 août 2020
Pour cet essai sur l'effondrement, Corinne MOREL DARLEUX s'inspire du parcours sportif d'un certain Bernard MOITESSIER, plus précisément d'une course maritime en 1969, qu'il était en train de remporter, quand tout à coup, il décida non pas de se rendre au point d'arrivée, mais bien de continuer sa course, jusqu'à ce qu'il espèrait être la liberté, loin de toute entrave, loin des honneurs de la victoire. Perdre volontairement et avec panache semble être à la fois le leitmotiv du marin et celui du présent livre. L'autrice va en partie se baser sur un bouquin de MOITESSIER pour avancer ses réflexions.

Ces réflexions sont d'abord une analyse très pertinente du monde d'aujourd'hui : compétition/pollution, l'esprit collectif qui a échoué, d'où cette volonté de changer son quotidien à son petit niveau, là non plus sans entraves. Arrêter de croire que l'on va changer ce monde, mais se changer soi-même, du moins changer nos habitudes toxiques pour la planète.

La collapsologie : même si l'effondrement semble inexorable (oui, mais personne ne détient ni la date ni l'envergure de la catastrophe, n'en connaît même pas la potentielle imminence), pourquoi devrions-nous nous résoudre à consommer toujours plus, toujours de manière plus idiote, en « mettant le paquet » ? Dans ce texte, c'est bien de tout le contraire qu'il s'agit, avec des réflexions sur le refus de parvenir, la simplicité volontaire synonyme peut-être pas de bonheur absolu, mais en tout cas de satisfaction passagère, notamment par le refus de promotions professionnelles.

L'autrice ne défend pas le misérabilisme, mais bien la dignité : trouver le point d'achoppement entre consommation et respect de la planète, stopper la recherche de la reconnaissance tout en se fondant dans un tout, humblement, sans chercher l'exploit. « Et si l'optimisme m'a depuis longtemps quittée, sur la marche du monde comme sur la nature humaine, la réflexion m'oblige à continuer, à ne pas faire sécession. Non dans l'espoir de victoires futures, je ne crois plus aux actions déterminantes qui pourraient tout changer et je doute de plus en plus que nous soyons en mesure de redresser la situation, non, si je reste concentrée ce n'est plus dans l'objectif de gagner un jour. Pas que j'ai le moindre goût pour les batailles perdues d'avance ou pour la marginalité politique, mais la lucidité acquise au fil des ans, couplée à l'effondrement qui vient, me souffle qu'il est vain de prétendre changer le monde. Tout juste peut-on tenter d'en préserver la beauté, en gage de notre humanité. Avant d'avoir tout saccagé. S'il faut continuer c'est pour ça, pour la dignité du présent ».

Corinne MOREL DARLEUX défend avec force lucidité le sens du collectif et des responsabilités dans l'individualisme. « le refus de parvenir, la frugalité choisie, la dignité que l'on ne place pas dans les colis piégés du système, sont autant de choix individuels qui vont de pair avec le développement d'outils collectifs d'émancipation et de solidarité. Pour qu'il y ait refus, il faut qu'il y ait possibilité ».

Dans ce récit ne sont pas oubliées certaines minorités qui ont révolutionné la société en son âme même quant au refus de parvenir. « J'aimerais réhabiliter la beautiful lose, cette lignée extravagante du panache mi-punk mi-rock'n'nroll que révèlent certains choix apparemment désastreux, guidés par la seule beauté du geste – ou par pure fantaisie élégante. Dans une société dominée par l'orthodoxie du mérite et de la réussite, la valeur de certains gestes d'honneur ou de pure classe a hélas dévissé ».

Devant un constat de l'échec collectif, l'humour n'est cependant pas jeté à la poubelle non recyclable : « Comment diable nous est venue l'idée d'aller puiser du pétrole sous terre pour le rejeter sous forme de plastique dans des océans qui en sont désormais confits ? D'assécher les sols qui pouvaient nous nourrir, pour alimenter nos voitures en carburant ? de couper les forêts qui nous faisaient respirer pour y planter de quoi remplir des pots de pâte à tartiner ? »

Ce combat de Corinne MOREL DARLEUX, ce livre dans lequel elle a mis ses tripes, c'est la somptueuse énergie du désespoir, celle qui pense que même si tout est trop tard, on n'a pas la date de l'ultimatum et que partant de là, loin de se laisser mourir en collaborant, on va tenter de résister. Attention, pas comme des héros, mais comme des anonymes, avec nos forces et nos limites.

« Loin d'étoiler la société, les exemples de gratuité du geste, de ‘faire sans dire' débarrassés de la quête d'approbation, de séduction ou de promesses d'avenir, sont peu fréquents. On les trouve rarement dans les lieux les plus en vue de la société, davantage du côté des nouveaux espaces de luttes collectives plus ou moins clandestines que sont certains squats, réseaux d'aide aux réfugiés ou ZAD, dont les membres fuient comme la peste la célébrité. Ils gagnent dans l'anonymat revendiqué autant de temps et d'énergie qui ne sont pas gaspillés à communiquer, chercher à se faire un nom ou à se hisser de quelques pourcentages aux prochaines élections ». C'est alors que le chroniqueur ici présent, voulant donner envie au lectorat de lire ce petit livre, se rend compte qu'il ne va pas tarder à le citer en entier, et se dit que décidément, il va arrêter là son point de vue convaincu et élogieux pour permettre à son maigre public de se précipiter en librairie afin d'acquérir ce texte fondamental de la société de résistance du XXIe siècle en pays capitaliste. Bravo madame Corinne MOREL DARLEUX ! Ouvrage sorti en 2019 chez Libertalia, il lui suffit de quelques dizaines de pages pour aller à l'essentiel dans un monde fichu. Mais le bouquet final sera divin et coloré !
https://deslivresrances.blogspot.fr/

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Martin903931
  14 septembre 2020
La plume de Corinne MOREL DARLEUX réchauffe dans ces temps troublés. Parce qu'elle est intime, l'autrice nous confiant le cheminement de sa pensée sur l'effondrement, sans nier pour autant les doutes et les incertitudes qui traversent son propre chemin. Parce qu'elle porte une vision qui, a titre personnel, me correspond parfaitement. Reconnaître la possibilité d'un effondrement dont les formes et la chronologie nous sont encore inconnus. Accepter la difficulté (qui est également celle de l'autrice) de concilier lucidité sur ces sujets et une place épanouie dans la société moderne. Croire enfin qu'un équilibre spirituel est possible, aux croisements de l'engagement personnel et collectifs, à travers le refus de parvenir et l'instauration d'une dignité du présent.
Un petit essai salutaire, qui résonnera spécifiquement en chacun !
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TorreillesGuy
  12 janvier 2020
Ce petit livre est un "bel arbre dans la plaine"... Il est enraciné dans l'expérience... dans le réel... Son "tronc" de concepts clairs et pragmatiques, comme le 'refus-de-parvenir', le 'cessez-de-nuire', la 'dignité-du-présent' nous ouvre sur une démarche active de réflexion et d'actions individuelles et collectives.... Chaque "élément de la ramure" nous élève dans la réflexion des entrelacements complexes de l'analyse et du traitement individuel et collectif de l'effondrement en cours. Un véritable guide qui donne soif d'action pour la planète, l'humanité et le vivant...
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Babelette
  05 janvier 2020
Ce petit ouvrage est à la fois vain (aucune recette miracle pour faire face à l'effondrement en cours !) et absolument indispensable (l'autrice partage ses convictions, ses inspirations et ses doutes, et nous invite ainsi à la réflexion). Une très belle écriture, chaleureuse et intelligente.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
AderuAderu   13 octobre 2020
[Il faut arrêter] de croire que la société peut se résumer à la somme des individus qui la compose : le changement par contagion d'exemplarité est une belle histoire, hélas elle ne fonctionne pas. (54)
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AderuAderu   13 octobre 2020
Tout le sens du progrès social devrait consister à donner à chacun non pas l'égalité des chances, cette fable inventée pour conforter la compétition entre individus, mais la possibilité du choix. (41)
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AderuAderu   13 octobre 2020
Comme l'amour, le doute est un sentiment humain qui cherche partout son reflet. (61)
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ErnestLONDONErnestLONDON   12 juillet 2019
Le refus de parvenir n’implique ni de manquer d’ambition ni de bouder la réussite. Juste de réaliser à quel point ces deux notions gagneraient à davantage de singularité : elles sont aujourd’hui normées par des codes sociaux qui n’ont que peu en commun avec les aspirations individuelle, ni d’ailleurs avec l’intérêt collectif.
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ErnestLONDONErnestLONDON   12 juillet 2019
La revendication de l’argent et de la notoriété pour chacun remplace insidieusement le droit à une vie digne pour tous.
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Vidéo de Corinne Morel-Darleux
La planète chauffe, les inégalités se creusent, l’avenir s’obscurcit.
«L’effondrement qui vient» pose concrètement la question de la survie de l’humanité. Parce qu’il s’agit de ne pas se résigner au pire, cette nouvelle émission Regards vous propose un entretien avec Corinne Morel Darleux, militante écosocialiste française et auteure d’un essai lucide et vivifiant : «Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce – Réflexions sur l’effondrement» (Éditions Libertalia).
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