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ISBN : 2266285823
Éditeur : Pocket (25/04/2019)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Infiltré dans cinq grandes entreprises du Nord, Thomas Morel dépeint de l'intérieur un monde d'invisibles, de précaires, soumis à des rythmes oppressants, et parfois avertis dix minutes avant que leur contrat s'arrête là. La vie banale de millions d'employés en France. Pour 1 200 à 1 500 euros, le journaliste a travaillé à la chaîne, dans des call-centers ou en porte-à-porte. Il décrit la vie de ses collègues, leurs maux, mais aussi sa gêne face à des clients vulnér... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
ladesiderienne
  07 juillet 2019

Thomas Morel, jeune journaliste, nous relate dans cet ouvrage son expérience en tant que salarié intérimaire dans cinq grandes entreprises du Nord de la France et nous montre ainsi à quoi peut ressembler le monde du travail de nos jours. Travail à la chaîne, minutage de chaque geste, surveillance permanente, dépersonnalisation, environnement bruyant, risques pour la santé, chantage au droit de grève, j'en passe et des meilleurs, le tout pour un salaire de misère.
Dans ce monde où l'argent mène la ronde, rien de ce qui est relaté ne m'a réellement étonnée. Ah si, juste l'expérience de l'auteur chez Ranger, sans salaire fixe. Je pensais naïvement qu'être payé uniquement à la com était illégal...
L'esclavage a peut-être été aboli en France en 1848 mais il a pris de nouveaux visages. Il a su s'adapter à nos entreprises, même les plus modernes et se dissimuler derrière une maigre gratification. Il est descendu avec nos aïeux dans les mines, était derrière les travailleurs sur les chaînes de montage et pointe aussi le bout de son nez dans l'univers hyper-connecté des call-centers. Comment faire pour y échapper quand il faut payer le loyer, rembourser l'emprunt et éduquer les enfants ? Voilà comment notre société et ses dirigeants ont persisté à travers les siècles à faire de l'être humain un "enchaîné", au mépris de tous les humanistes.
Les expériences vécues par Thomas Morel ne sont qu'un constat de plus. Dommage qu'il stigmatise uniquement la région des Hauts de France, victime perpétuelle des crises industrielles, l'Hexagone tout entier aurait pu fournir d'autres exemples sans difficulté. Beaucoup de reportages télévisés (chez Free ou Lidl par exemple) ont démontré l'ampleur du phénomène. Je suis évidemment consciente qu'au niveau mondial, la situation est encore pire dans certains pays.
Pour rendre ces témoignages plus vivants, Thomas Morel a tenté de s'intéresser à ses collègues et a retranscrit certaines de leurs discussions. Pas toujours facile de s'épancher quand le rendement doit être assuré et que le temps est minuté. J'ai trouvé que malheureusement, il n'en ressortait pas le meilleur (alcoolisme, drogue, racisme). Parler de son ressenti face au travail qui lui est demandé, comme par exemple ses difficultés à relancer les clients vulnérables donne quand même à l'auteur le beau rôle, sachant que lui n'est là que provisoirement et que la vie lui a donné les moyens d'exercer un métier plus enrichissant.
Thomas Morel nous propose une immersion alarmante dans le monde du travail précaire et mal payé que connaissent des millions de Français. Même si je regrette que cela ait été fait parfois de façon maladroite, j'accorde un 13/20 à ce témoignage. Merci à Babelio et aux Editions Pocket pour ce gain lors de la dernière opération Masse Critique.
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Eowyne
  10 juillet 2019
Témoignage de Thomas Morel, journaliste de 26 ans qui s'est infiltré dans cinq grandes entreprises du Nord en tant qu'intérimaire. Ainsi, il nous raconte tour à tour son travail à la chaine chez Cémoi, celui de vendeur de porte à porte de contrats de gaz, de téléconseiller pour le rachat de crédits et enfin retour au travail à la chaine chez Toyota. Au fil des pages, nous avons une description de l'économie du nord de la France qui s'est appuyée sur quelques grands groupes après la crise industrielle : des emplois précaires qui usent les corps et les esprits où il n'y a plus de solidarité, où on ne se connait plus par manque de temps à cause des cadences infernales imposées. Ceci est en filigrane de ce livre. J'espérais avoir des témoignages, des tranches de vie, des explications et je suis restée sur ma faim pendant une bonne partie de l'ouvrage. Est-ce le manque de recul, d'expérience du monde du travail du journaliste ? Et puis.... et puis... j'ai compris : comment nouer des relations, créer du lien quand vous devez faire du chiffre à tout prix ? quand vos pauses sont calculées pour que vous ayez le moins de temps possible pour discuter ? Quand vous êtes embourbé dans des parcours de vie difficiles ? J'ai beaucoup apprécié les citations de début de chapitre qui éclairent les parcours, les explications sur les grandes familles qui détiennent les entreprises sont également très éclairantes. Et enfin, l'immersion au sein de Toyota ou comment les japonais rationalisent le travail est une réelle réussite.
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AnitaMillot
  02 juillet 2019
Je remercie Masse Critique non fiction de Babelio de m'avoir permis de lire ce témoignage époustouflant : non mais quelle claque !
Thomas Morel, jeune journaliste, nous fait part de ses terribles expériences effectuées en CDD chez Cémoi, Clictel, Créatis et Toyota, et je vous jure ce n'est pas du “gâteau” ! …
J'ai été particulièrement sidérée par le premier “séjour” de Thomas, âgé de 26 ans, en ligne du tapis 3 (à la chaîne quoi !) Croyez-moi, près une telle lecture vous ne regarderez plus jamais les boîtes de chocolats Cémoi de la même façon, à Noël !… 900 boîtes en 30 minutes, salaire moyen 1200€ à 1500€ bruts, blouses en papier pour les CDD, tutoiement et insultes en prime … Armelle et son attelle au bras - en attendant son opération du canal carpien - sans un regard (hypocritement détourné) du Directeur et du médecin du site …
Téléconseiller chez Clictel, ce n'est guère mieux (centre d'appels pour de nombreuses enseignes d'électro-ménager et multimédia) Constamment sous surveillance et rappelé à l'ordre … Une anecdote : janvier 2015, l'horreur de Charlie Hebdo et de l'hyper casher ; refus catégorique de faire les minutes de silence nationales car un appel c'est un appel !…
Et que dire de Créatis (organisme bancaire) en service de recouvrement déprimant et de Ranger (contrat gaz et électricité) où il n'y a pas de salaire fixe mais une rémunération uniquement basée sur commission …
Bravo à Thomas Morel qui nous ouvre les yeux, sans fioritures ni sensiblerie. Je sors choquée par cette lecture et surtout chanceuse de ne point l'avoir vécu !
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   08 juillet 2019
Car, après les concepts américains du taylorisme (organisation rationnelle des tâches) et le fordisme (parcellisation de ces tâches, en clair : le travail à la chaîne), un ingénieur japonais, Taiichi Ono, a conçu le toyotisme au sein même de l'entreprise Toyota. L'idée maîtresse est de répondre aux besoins du marché. La production est donc guidée par la demande et fonctionne à flux tendus en s'appuyant sur "les cinq zéros" : zéro stock, zéro défaut, zéro papier, zéro panne et zéro délai. L'ouvrier, censé être encore plus responsable de sa tâche, participe - on le verra plus loin - au diagnostic des problèmes et à leur résolution. Il est surtout prié de s'ajuster à cet objectif de perfection en étant lui-même d'une fiabilité de robot.
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ladesiderienneladesiderienne   08 juillet 2019
L'aliénation au travail a toujours existé, parfois consentie par des passionnés ou des névrotiques qui l'assument. Le plus souvent subie. Les mineurs du Nord peuvent en témoigner en termes de pénibilité, risques et mortalité précoce qui ont heureusement disparu. Mais autre chose s'est effacé qui tenait ces hommes debout : la solidarité, la camaraderie, l'unité culturelle et sociale, garantes d'une certaine forme de bonheur. Ceux que j'ai côtoyés sont seuls, livrés au mouvement global, souvent hypnotisés par leur smartphone durant les pauses.
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