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ISBN : 2864328372
Éditeur : Verdier (20/08/2015)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 136 notes)
Résumé :
« Je suis venu ici pour disparaître, dans ce hameau abandonné et désert dont je suis le seul habitant » : ainsi commence La Petite Lumière. C’est le récit d’un isolement, d’un dégagement mais aussi d’une immersion. Le lecteur, pris dans l’imminence d’une tempête annoncée mais qui tarde à venir, reste suspendu comme par enchantement parmi les éléments déchaînés du paysage qui s’offrent comme le symptôme des maux les plus déchirants de notre monde au moment de sa disp... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  27 août 2015
« La petite lumière » est un texte au pouvoir magique qui envoûte le lecteur pour le laisser à la fin pris entre enchantement et étouffement, émerveillé comme cet homme devant la beauté fragile de la vie, les lucioles, trois lys odorants, un vol d’hirondelle mais aussi sa prolifération destructrice.
Cet homme seul nous dit dès le début : « Je suis venu ici pour disparaître, dans ce hameau abandonné et désert dont je suis le seul habitant.»

Il va nous entraîner entre la vieillesse du monde et sa renaissance éternelle, au sein de la lutte pour la vie dans un enchevêtrement monstrueux :
« un furieux enchevêtrement muet de formes nées des graines portées par le vent ou par d’autres bombes qui pullulent dans le ventre pourri du monde, et qui entament leur lutte pour grimper vers le haut, vers la lumière. »
Mais à l’inquiétude et l’angoisse des moments où il se dit :
« Il n’y a rien ! Il n’y a rien ! », je me disais en rentrant en voiture au long de ces lacets de plus en plus serrés et déserts au fur et à mesure que je m’approchais de l’endroit où je vis.
« Il n’y a, en tous lieux, que cette pullulation désespérée de vie et de mort à travers le temps, l’espace, que cette imagination désespérée… »
va répondre « la lucina », la petite lumière dont il ne sait d’où elle vient, qui le fait se questionner :
« quand le soleil disparaît à derrière la ligne de crête et qu'il commence à faire nuit, et que tout ce monde végétal devient invisible et noir comme une grande éponge nocturne, de l'autre côté, là-bas, au loin, chaque nuit, chaque nuit, toujours à la même heure, s'allume soudain cette petite lumière. »
Entre pulsion de vie et de mort cet homme solitaire va aller, de questionnement en questionnement, à la rencontre de son enfance retrouvée.
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motspourmots
  19 novembre 2014
"La petite lumière" est un texte qui ne ressemble à rien de ce que j'ai pu lire jusqu'à présent. Court roman, entre fable et récit. On ne sait jamais réellement où l'on est ni qui est le narrateur ou plutôt ce qui a pu se passer dans sa vie pour qu'il choisisse de s'isoler dans ce hameau en ruine, inhabité, en pleine nature.
"Je suis venu ici pour disparaître, dans ce hameau abandonné et désert dont je suis le seul habitant. le soleil vient tout juste de s'effacer derrière la ligne de crête. La lumière s'éteint. En ce moment je suis assis à quelques mètres de ma petite maison, face à un abrupt végétal. Je regarde le monde sur le point d'être englouti par l'obscurité."
Avec un tel début, difficile de ne pas être intrigué. Mais nous ne saurons rien des sentiments qui habitent cet homme, tout juste serons-nous témoin de ses interrogations sur le monde qui nous entoure. Est-ce que la vie n'est qu'un infini recommencement ? A travers son observation de la nature qui l'entoure, végétale, animale mais également toute puissante et imprévisible. Ici, l'observation des arbres et des volées d'hirondelles remplace aisément la télévision. le spectacle du feu craquant dans la cheminée fait office de grand écran. Notre homme vit seul, se rend simplement une fois par semaine dans un village proche, l'un des rares villages habités de la région pour acheter de quoi manger. Un soir pourtant, il est intrigué par une petite lumière émanant d'une zone a priori déserte et décide d'aller voir sur place quelle en est la source. Il trouve un enfant, seul comme lui, dans une petite maison.
Qui est cet enfant ? Comment s'est-il retrouvé ici ? le narrateur va tenter de comprendre mais l'auteur n'a aucune intention de donner des explications toutes faites. Pourquoi ce garçon a-t-il des culottes courtes et un cartable comme on n'en fait plus ? Quelle est cette école du soir où il dit se rendre pour étudier mais que personne dans le village ne semble connaître ? Autour d'eux, la nature s'affole, les insectes se cachent, les oiseaux fuient, signes annonciateurs d'un séisme...
C'est un texte très fort, qui mérite certainement une ou deux relectures parce que lors de la première, on a tendance à se concentrer sur l'intrigue et la recherche de réponses au lieu de se contenter de savourer les mots, cette ambiance qui monte et vous emprisonne. Il faut s'isoler, au calme, sans interruptions intempestives... Disons que ce n'est pas une lecture pour le métro. Il mérite d'être reçu dans de bonnes conditions.
En ce qui me concerne, une bien jolie découverte, encore une fois grâce à ma libraire préférée chez Chantelivre, rue de Sèvres.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Fleitour
  17 avril 2017
Antonio Moresco est un auteur à découvrir, d'une écriture singulière qui vous charme, tel un sortilège il vous distille une portion d'imaginaire, avant de vous entraîner avec ses mots vers des paysages insolites ou inquiétants et le monde ne sera plus le même, « Pas un signe de vie Humaine ».p9
La mise en scène des secousses sismiques, ajoute une inquiétude charnelle, palpable, « On entend aucun bruit, pas un seul cri d'animal nocturne, de terre, d'air. Ils doivent tous être immobiles qui sait où, pétrifiés, après que le tremblement de terre a fait vibrer la terre et le ciel sous leurs pattes et sous leurs ailes. »

Où sommes nous ? dans un décors titanesque où « les châtaigniers se découpent sur la forêt dans leur évidence spectrale », « ces troncs fossiles, des arbres mourants étouffés par les surgeons ou par le nuage du lierre », où plus loin p15, «  des mousses ou des lichens emmaillotent de leurs linceuls de velours des bois et de grosses pierres affleurantes. 

»L'histoire est banale dans ses premières pages, mais elle va vite glisser, le récit, la langue l'ambiance, se cristallisent autour de la présence d'une petite lumière, qui chaque soir s'allume à la même heure. Pourtant sur l'autre crête en face il n'y a aucune activité humaine, plus troublant encore aucune route n'y mène, un chemin ? Mais lequel.
L'obsession du conteur n'a pas faibli, « Il faut que j'aille là-bas..., je me dis encore, en continuant à regarder cette petite lumière, la couverture sur les épaules, face à un abrupt végétal, il doit bien y avoir une route, un chemin pour arriver là-bas.
Il découvre un enfant qui est seul et apprend ses leçons. Il établit peu à peu une relation. le narrateur venu pour disparaître, est maintenant pris dans le mystère absolu de sa présence, entre son regard sur le monde et cet enfant, ce mystère fait exploser sa mémoire, comme ses certitudes.
Rien ne ressemble à ce récit, il faut suivre le narrateur se laisser porter et goûter ce langage poétique et envoûtant, et s'il avoue « Je regarde le monde sur le point d'être englouti par l'obscurité. ». IL nous prend « par la main pour nous dire, tout est prêt, il fait nuit maintenant ».
Magique et lumineux

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PetiteBalabolka
  26 décembre 2016
Un livre-épure qui tient à la fois du conte poétique et philosophique. Comme à chaque fois que je lis ce genre de livres (et je m'aperçois que c'est souvent du côté de la littérature italienne), j'ai le sentiment de chausser des gros sabots pour en parler. Pourquoi ? Parce que l'histoire est simple, facile à résumer mais la symbolique, immense. D'emblée, je sais que je n'ai pas tout perçu, pas tout compris. Est-ce important ? Pas tant que ça, en fait.
Le narrateur dont on ne saura rien est venu habiter un hameau abandonné, à l'écart de tout, quelque part dans une zone sismique, certainement en Italie. Partout la végétation reprend ses droits, sur les façades des maisons, dans les potagers délaissés. La nature est très présente dans ce livre et l'auteur en donne une analyse fine, à mi-chemin entre la description et l'admiration parfois mêlée de crainte à moins que ce ne soit de respect pour cette vitalité renouvelée.
La petite lumière, face à sa maison, sur le versant de montagne recouvert de forêts, intrigue le narrateur. Est-ce une présence extra-terrestre comme le suggère un fermier qui s'applique à répertorier leurs manifestations ? Est-ce une présence humaine ? le narrateur qui ne semble avoir aucune occupation particulière s'approche et découvre une petite maison cachée dans les bois. C'est là que vit un enfant, habillé un peu à la mode d'autrefois. le roman comporte très peu d'indications temporelles mais on comprend tout de même qu'il n'est plus d'usage de s'habiller en culottes courtes. le narrateur s'inquiète de le savoir seul, isolé de tout mais l'enfant lui prouve, par ses petits gestes appliqués qu'il est autonome et responsable. Mais qui est cet enfant mystérieux ?
L'auteur, par plusieurs scènes singulières, un peu comme de petites touches nous immerge doucement dans un univers mi-philosophique ou mi-onirique (ah, que je sens mes gros sabots...) servi par une écriture dont l'épure époustoufle. Un roman qui imprègne, qui perturbe et laisse parfois pantois, un roman que chacun lira et recevra à sa façon, peut-être comme un matériau modulable.

Lien : http://leschroniquesdepetite..
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ATOS
  24 mars 2017
« ô souffle, rouge reflet du ciel
« — qui déchiffrerait ton mystère
« saurait ce qu'il en est de la vie
et de la mort
... » (Martin Kaubish, Anthologie de la poésie allemande)
Une présence ou juste le reflet ?. «  Qu'est-ce que peut bien être cette petite lumière » ? Pour Antonio Moresco la vie et la mort sont indissociables, elles « s'embryonnent » l'une en l'autre. Qui peut dire où se situe le monde des vivants et celui des morts ? le monde est une question et cette question Antonio Moresco en fait une flamme. de l'intimement proche à l'infiniment loin, l'homme s'interroge, et par la flamme il se rejoint. C'est un livre assez étonnant. D'une écriture particulièrement rythmée, poétique. L'état de Nature est omniprésent. Beauté et cruauté , voilà son chant. Un conte  ou juste le début d' une histoire sans fin ? Il y a un peu de mise en abîme dans ce livre, on est un peu pris de vertige , ...qui marche ? , qui meurt ?, qui rêve ?, qui vit ? , peut être que seule la petite lumière nous comprend.
Un excellent et assez étonnant moment de lecture .
Astrid Shriqui Garain
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critiques presse (1)
Telerama   22 octobre 2014
Entre fable et roman métaphysique, Antonio Moresco esquisse, de son trait précis, le portrait d'un homme avide de solitude, submergé par la nature.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
GabySenseiGabySensei   29 décembre 2014
Quand l'hiver prend fin, ces vieux murs et ces pierres se couvrent de cruelles feuilles nouvelles et de fleurs. Des nuages d'insectes qui viennent juste de naître volent tout autour, se jettent dans leurs plaies profondes, entrent tête la première dans les blessures des figuiers poussés sur les murs en se tordant vers le haut pour arriver à la lumière, des pommiers et des pêchers sauvages dont les petits fruits se déshydratent, racornissent, tombent, restent un moment accrochés aux branches de plus en plus nues. Les feuilles aussi tombent, recouvrent les toits effondrés, les racines pressent sous les ardoises gelées, pour soutirer un peu de sève à ce monde minéral suspendu dans l'espace. Tous continuent à mourir et à renaître et à mourir à nouveau, toute chose dans le même cercle de la douleur créée. Leurs cellules végétales continuent à lutter désespérément et à se reproduire et à se dupliquer en silence, et c'est ce qu'elles continueront à faire une fois que les hommes ne seront plus là, qu'ils auront disparu de la surface de cette petite planète perdue dans les galaxies, il ne restera plus que ce tourment de cellules qui luttent et se reproduisent, tant qu'arrivera encore un peu de lumière de notre petite étoile. Tous continueront à casser et à disjoindre encore plus les murs entre les pierres desquels leurs petites racines se sont accrochées, sur le sol, sur les plafonds, ils jailliront en passant à travers les ouvertures des fenêtres enfoncées, ils briseront les rares vitres encore intactes de leur douce et irrésistible pression végétale, envoyant en éclaireurs leurs tendres pédoncules qui oscillent dans l'espace en quête d'amarrage, ils disjoindront et effondreront les toits, envahiront les chemins, les ruelles, les routes, projetant leurs minuscules pointes qui se montrent pour la première fois à l'espace. Ils écartèleront les structures intimes de la matière qu'ils rencontreront sur leur route, ils s'insinueront avec leur vide atomique dans leur vide atomique, ils feront tourbillonner l'espace vide avec ces résidus de particules dotées de charge électrique qui flottent dans l'espace vide. Ils rongeront les maisons, les routes, les autoroutes qu'il y a loin d'ici, quelque part dans le monde, les grandes villes désertes pleines de gratte-ciel et de tours, ils enfonceront les vitres des fenêtres, les rideaux de fer des garages, ils feront exploser dans le silence les tuyauteries, les bouches d'égout, sous leur tourment végétal et leur pression muette, les carrosseries des voitures, les pompes à essence, les centres commerciaux tout en verre aux abord des métropoles. Ils lanceront leurs colonnes végétales sur les gratte-ciel, dont ils dépasseront les toits avec leurs ultimes et tendres crochets moelleux, ils tâtonneront à la recherche de nouvelles structures et de nouveaux points de débarquement dans l'espace. De nouvelles villes remodelées et de nouvelles visions végétales urbaines phagocytées se pencheront sur les masses liquides horizontales des mers, des océans, lançant plus avant leurs crochets pour s'unir aux forêts dormant sous leurs eaux muettes dans l'obscurité la plus profonde, pour les sortir de leur sommeil et recouvrir le monde.

(P119)
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nadejdanadejda   26 août 2015
À présent ils (les trois lys blancs) sont là, en pièces, les calices massacrés, les tiges brisées, la poudre jaune des pollens coulant sur ce qui reste des blanches corolles déchiquetées.
« Quel désastre ! Quelle horreur ! je me dis en m’éloignant pour ne pas voir. Se prendre la grêle juste au moment de la floraison ! Après tout cet énorme travail chimique obscur, dans les bulbes qui sont sous terre, durant l’hiver, le printemps, et puis cet essor soudain et presque miraculeux des longues tiges droites comme des épées, puis ces turgescences que l’on commence à voir, çà et là, et qui les font plier sous leur nouveau poids, puis cette ouverture, rapide et fulgurante, en quelques heures, le soir ils sont encore fermés et le lendemain matin ils sont déjà ouverts et diffusent leur parfum… La machine lancée de la floraison qui ne peut ralentir, qui ne peut plus s’arrêter, et puis, d’un coup, à ce moment-là précis, le fouet de la pluie froide, du gel, tous ces morceaux de glace qui s’abattent soudainement du ciel sur ces calices blancs à peine inventés… »
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nadejdanadejda   26 août 2015
Et puis il y a tout ce sous-bois féroce et ces mille et mille formes végétales qui s’entrelacent et se combattent, déjà sous la ligne de la terre, dans les mille et mille radicelles et dans les mille autres formes pressées par leur turgescence chimique et encore sans forme, qui jaillissent de la terre comme des armées avec leurs corps nus encore dépourvus d’écorce, et qui s’inventent leurs premières machines à respirer et à échanger avec l’atmosphère et commencent à grimper en un furieux enchevêtrement muet de formes nées des graines portées par le vent ou par d’autres bombes qui pullulent dans le ventre pourri du monde, et qui entament leur lutte pour grimper vers le haut, vers la lumière.
Pourquoi il y a tout ce sous-bois mauvais ?, je me demande. Qui essaie d’envelopper et d’effacer et d’étouffer les arbres plus grands. Pourquoi toute cette férocité misérable et désespérée qui défigure toute chose ? Pourquoi tout ce grouillement de corps qui tentent d’épuiser les autres corps en aspirant leur sève de leurs mille et mille racines déchaînées et de leurs petites ventouses forcenées pour détourner vers eux la puissance chimique, pour créer de nouveaux fronts végétaux capables de tout anéantir, de tout massacrer ? Où je peux bien aller pour ne plus voir ce carnage, cette irréparable et aveugle torsion qu’on a appelée vie ? »
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GabySenseiGabySensei   29 décembre 2014
Comment savoir si au-dessus du ciel il y a un autre ciel ? je suis en train de me demander, assis devant le précipice. Du moins celui qu'on voit d'ici, de cette gorge, au-dessus de cet agglomérat de maisons et de ruines abandonnées. Comment savoir si la lumière n'est pas elle aussi à l'intérieur d'une autre lumière ? Et quelle lumière ça peut bien être, si c'est une lumière qu'on ne peut pas voir ? Si on ne peut même pas voir la lumière, qu'est-ce qu'on peut voir d'autre ? Comment savoir si la matière dont se compose l'univers, tout du moins le peu qu'on réussit à percevoir dans l'océan de la matière et de l'énergie noire, n'est pas à l'intérieur d'une autre matière infiniment plus grande, et si la matière et l'énergie noire ne sont pas à leur tour à l'intérieur d'une obscurité infiniment plus grande ? Comment savoir si la courbure de l'espace et du temps, si courbure il y a, si espace il y a, si temps il y a, ne sont pas eux aussi à l'intérieur d'une courbure plus grande, un espace plus grand, un temps plus grand, qui vient avant, qui n'est pas encore venu ? Comment savoir pourquoi ça s'est arrangé comme ça, dans ce monde ? Est-ce que c'est comme ça partout, s'il y a un partout, dans ce déchainement de petites lumières qui percent le noir dans cette nuit froide et dans l'obscurité la plus profonde ? Est-ce qu'il y a des gens qui nous voient, d'une de ces planètes qui gravitent autour de ces masses de gaz incendié qui de loin nous paraissent des étoiles blanches, comme le pense cet homme que je suis allé trouver dans son étable, au milieu de ces bêtes qui ont voyagé, ébahies, dans l'hyperespace ? Qu'est-ce que ça doit être la vie pour eux ? Pourquoi donc aller se balader dans l'univers dans cet œuf de lumière sans coquille ? Est-ce que leur vie est aussi malheureuse que la nôtre ? N'y a-t-il, pour eux aussi que la douleur et le mal qui distraient, au moins pour quelques instants, du malheur ? Est-ce qu'ils ont eux aussi ce rêve bref et cruel qu'on appelle amour ? Est-ce que celui-ci aussi est à l'intérieur de quelque chose qui se trouve ailleurs ? Est-ce qu'il existe quelqu'un d'autre au milieu de tous ces globes de gaz qui brûlent dans l'obscurité la plus profonde et de ces conglomérats qui se refroidissent et se calcifient, avec leur surfaces minérales couvertes de blessures et d'impacts, au milieu de toutes ces masses mortes expérimentales qui peuplent ce vertige qu'on a appelé espace ? Alpha du Centaure, l'étoile la plus proche de notre soleil, se trouve à une distance de quatre années-lumière. Le Grand Nuage de Magellan, la galaxie la plus proche de notre galaxie, se trouve à cent soixante-cinq mille années-lumière de notre système solaire. Et moi, là, assis sur cette chaise en fer qui s'enfonce de plus en plus dans le sol, dans cet endroit hors du monde, à la même distance de tout et de l'espace et du temps et de ma vie et de ma mort...

(P 106)
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Charybde2Charybde2   02 octobre 2014
"Qu’est-ce que ça peut bien être, cette petite lumière ? Qui peut bien l’allumer ?", je me demande tout en marchant dans les rues empierrées de ce petit hameau où personne n’est resté. "Est-ce que c’est une lumière qui filtre d’une petite maison solitaire dans les bois ? Est-ce que c’est la lumière d’un réverbère resté là-haut, dans un autre hameau inhabité comme celui-ci, mais de toute évidence encore relié au réseau électrique, qu’une simple impulsion allume toujours à la même heure ?"
On n’entend que le bruit de mes pas qui résonnent dans les ruelles, j’aperçois les marches de pierre d’un petit escalier sur le point de s’effondrer, la porte enfoncée d’une étable, les restes de toits en ardoise écroulés et recouverts de plantes grimpantes, d’où jaillissent les cimes de figuiers ou de lauriers poussés entre les gravats, deux abreuvoirs en pierre remplis d’eau, des portails à la peinture éblouissante et craquelée.
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https://www.librairiedialogues.fr/livre/10774433-le-cas-malaussene-tome-1-ils-m-ont-menti-daniel-pennac-gallimard Lors de la rencontre avec Daniel Pennac, du 8 février 2017 à la librairie dialogues à Brest, l'auteur nous propose sa sélection de livres coups de c?ur du moment ! À savoir : - L'amie prodigieuse d'Elena Ferrante (Folio) - La petite lumière d'Antonio Moresco (Verdier) - La porte de Magda Szabó (Viviane Hamy) - Les deux pigeons d'Alexandre Postel (Gallimard) - Et j'ai su que ce trésor était pour moi de Jean-Marie Laclavetine (Gallimard)
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