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Critique de Alfaric


Alfaric
  19 février 2014
Je. N'ai. Pas. Aimé. Du. Tout. C'était laborieux en plus d'une montagne qui accouche d'une souris.

Pourtant tout commençait très bien car on passait du policier au militaire avec un hôpital de campagne qui nous rappelait aux belles heures du Fedmahn Kassad d'"Endymion". Et puis ensuite une aventure un peu dans le style du Trésor de la "Sierra Madre". Sauf qu'il faut passer par la case intrigues amorales avec corpo ploutocratique (pléonasme) prêt à tout et au reste. A ce stade là, on aurait pu pardonner les ellipses qui relèvent du plaisir de compliquer.

Très intéressants auraient pu être les "Magnificient Seven" de Takeshi Kovacs :
- Ole Hansen, spécialiste en démolition
- Yvette Cruickshank, soldate multifonction enthousiaste
- Jiang Jianping, véritable ninja des temps modernes
- Ameli Vongsavath, spécialiste en pilotage
- Luc Deprez, spécialiste en assassinats
- Markus Sutjiadi, officier rebelle
- Sun Liping, spécialiste en systèmes d'armement
Là je me suis dit que l'histoire démarrait vraiment et que cela allait dépoter grave !
Et ben non, ils ne sont ni vraiment développés ni vraiment exploités : ils servent de faire valoir pour donner la réplique à Takeshi Kovacs et à l'accompagner dans ses délires violents d'où les morts gores à répétition… Et ne parlons pas du whodunit bancal !
On aurait pu avoir un super partie de cherchez le traître à la "Quand les Aigles attaquent"... Oui mais non


On tease sur de la SF militaire cyberpunk, mais :
Comment a commencé le conflit entre le Protectorat et Joshua Kemp ? Mystère.
Quels en sont les tenants et les aboutissants ? On n'en saura rien.
Quelles en sont les évolutions ? 2 ou 3 trucs balancés au détour des dialogues.
Quel en est le dénouement ? On n'en saura rien du tout.
Bref cela sert presque de décorum pour justifier quelques scènes d'action.
Si le carnage de la plage est totalement illisible, le duel entre les 2 commandos du vide lui a de la gueule (heureusement sinon on tombait dans le Foutage de Gueule justement).

On tease sur le la SF space-op cyberpunk, mais :

Là aussi on frôle le Foutage de Gueule…

Richard Morgan lance plein de pistes qu'il n'exploite pas et pose plein de questions auxquelles il ne répond jamais vraiment, avant de tout balancer dans les 20 dernières pages à grand coup d'intuitions diplos fort opportunes pour retomber sur ses pieds. Et pendant les ¾ des romans il faut se farcir les bad trips incompréhensibles du narrateur, des scènes pornographiques et des scènes d'ultraviolence qui bien plus encore que dans "Carbone Modifié" semblent ici sortir de presque nulle part. C'est quand même bizarre de voir débouler des « bouffe-moi le cul ! » et autres joyeusetés.

On met en avant des points visiblement hyperimportants ou hyperinutiles, qui seront réutilisés des dizaines voire des centaines de pages plus tard, et en plus exploité à la va vite… Et finalement je ne suis pas arrivé à savoir si c'est très bien ou très mal construit. Car si on se met à reconstruire le puzzle ce n'est pas très logique voire pas très cohérent.

Niveau cohérence scénaristique, on frôle quand même le nanar de luxe hollywoodien. Ou alors l'auteur a largement céder à la tentation du plaisir de complique. Parce que finalement cela ressemble à un script cyberpunk de luxe pour la série Stargate.

Encore une fois on baigne dans une amoralité étouffante que rien ne vient contrebalancer. Dans l'espace intersidéral ultralibéral, on retrouve sans surprise des commissaires politiques et des camps d'internement pour ceux qui critiquent le gouvernement et les corpos.
Étonnement il semble qu'il y ait fort à faire : révolution religieuse sur Sharya, révolution anarchiste sur Harlan, révolution socialiste sur Sanction IV… Tout va pour le mieux dans la trentaine de mondes habités par l'humanité car le Protectorat et le Cartel veillent sur la destinée manifeste des crevards carriéristes et des pervers narcissiques.


A la fin, j'avais pris l'antihéros narrateur en grippe : il m'a fait l'impression d'un parfait connard qui se sent au-dessus du lot car ancien diplo avec aucune valeur et aucune conviction. Là je suis très refroidi pour le tome 3, d'autant plus que "Terre de Héros" est de la même eau…Mais je gage volontiers qu'on peut adorer ce que j'ai détesté (encore que les défauts du tome 2 étaient déjà présents dans le tome 1 : trop de grimm & gritty, des flous artistiques dans la scénarisation et des grosses ficelles dans la narration pour retomber sur ses pieds).
Reste quand même des scènes vraiment marquantes avec le marché aux âmes, les nanobots lovecraftiens, le terrible anatomiseur…
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