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EAN : 9782072874208
848 pages
Éditeur : Gallimard (03/01/2020)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 62 notes)
Résumé :
Riche propriétaire terrien du Kentucky, Henry Forge dédie sa vie à la recherche de la combinaison génétique idéale pour créer le cheval parfait, une machine de course imbattable et grandiose. Digne héritier d’une famille autoritaire habituée depuis des décennies à posséder, commander, dominer, il fait tout plier à sa volonté, la génétique comme sa fille unique, Henrietta, à qui il transmet son obsession. Dans une ville voisine, Allmon Shaughnessy, un jeune homme noi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Josephine2
  24 mars 2019
Une grande fresque familiale aux Etats-Unis, qui tourne autour des chevaux, de territoires conquis à la sueur du front, à un travail acharné pour trouver le moyen de « créer » le meilleur cheval qui soit, quitte à écraser tout sur son chemin pour aboutir à ce projet fou. Les femmes de cette famille en feront les frais, ainsi que les Noirs qui en font partie, considérés comme des esclaves et des moins que rien, encore aujourd'hui.
Les époques se mêlent, s'entremêlent, livrent petit à petit les drames des Maîtres et des Esclaves, Blancs et Noirs, que ce soit hommes ou chevaux, où tout se mêlent, sangs-purs et sangs mêlés, obsession de la perfection allant jusqu'au-boutiste.
Une écriture incisive, belle, pour une oeuvre dure, amère, où le bonheur n'existe pas ou lorsque les personnages sont prêts à le toucher, ce n'est que pour l'effleurer. iI s'envole tout aussi vite vers d'autres contrées.
L'auteure nous offre un livre dense, qui se mérite, il faut prendre le temps de se plonger dedans. Ce livre restera dans les annales.
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Verdure35
  16 août 2019
Un vrai grand roman américain, 650 p serrées aussi chez Gallimard, et je pense la traduction de Mathilde Bach qui n'affadit en rien , au contraire, le texte initial de l'auteur qui publie là son second roman.
Le Kentucky, l'Ohio, sont les frontières de cette saga qui se déroule sur 3 générations, et à laquelle aucun ingrédient ne manque pour retenir le lecteur, l'essouffler, l'ébouriffer même.
Une famille noire, une blanche, une pauvre, une riche, des amours interdites bien sur, l'esclavage, et les dures lois de la ségrégation, la nature, les prairies à perte de vue, des élevages de chevaux de course, un brasier tel que l'a vu Scarlett en d'autres lieux...
Bref, un superbe roman .
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VALENTYNE
  25 février 2020
De la fin des années 40 au début des années 2000
Kentucky-Ohio
Nous faisons la connaissance d'Henry quand il a 10 ans. Il a fait une grosse bêtise et son père lui flanque une correction mémorable, devant un employé (noir) du ranch.
Six ans plus tard, Henry est devenu un jeune homme qui déteste son père et qui se venge de façon ignoble de ce même employé de son père ... la vengeance est un plat qui se mange froid ... qu'est-il advenu du petit garçon de dix ans ?
Cette famille est une famille typique de Sud dans les années 50.
La ségrégation est pour eux tout à fait nécessaire et voir des noirs pendus au arbres ne leur fait ni chaud ni froid. « l'homme blanc est selon eux supérieur » et les noirs juste bons à rester serviles et être traité comme du bétail.
L'histoire se poursuit ensuite avec la jeunesse de la fille d'Henri, Henrietta.
A la fin de la première partie elle a environ 25 ans, elle dirige l’écurie de courses avec son père et rencontre, lors d'un entretien d'embauche, Allmon, un jeune homme noir, qui dit s'y connaitre en chevaux, il sort de prison.
La deuxième partie raconte l'histoire de ce jeune homme à Cincinnati Ohio depuis ses quatre ans jusqu'au début de son séjour en prison.
Voici pour les personnages. Pour le style c'est âpre, rude, direct...La vie n'a pas été facile pour Henrietta (ni pour Allmon) et l'on se prend à espérer que ces deux là vont pouvoir se libérer de leurs chaînes respectives ... mais peut on se libérer d'une enfance maltraitée...
Pour tout dire, je m'attendais à un livre autour des champs de courses un peu comme le paradis des chevaux de Jane Smiley... Pour ceux qui l'ont lu le livre est plus proche de My absolute Darling de Gabriel Tallent (parfois insoutenable...mais très bien écrit)
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Sevlipp
  26 mai 2020
J'ose le dire ; je suis soulagée d'avoir achevé ce livre et pouvoir le refermer.
Je suis mitigée sur ce que je ressens car j'ai pris peu de plaisir à cette lecture.
En effet, c'est glauque voire souvent dérangeant mais paradoxalement il y a de la poésie dans le texte et c'est magistralement bien écrit.
C'est l'épopée d'une famille de grands propriétaires dans le sud de l'Amérique ; on se balade entre les époques et, bien sûr, il y a l'esclavage et ses stigmates encore actuels en toile de fond.
Mais qu'est-ce-qu'il est difficile de s'attacher à ces personnages dont l'histoire, celle de leurs ancêtres et leurs cicatrices marquent tellement leur destin.
Est-ce que la fin va mettre un peu de lumière dans cette noirceur et toutes ces déchirures ? Je vous laisse le soin de le découvrir si vous allez jusqu'au bout de ce roman exigeant et hypnotique.
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liberliber
  04 juin 2019
Violence, fureur, frénésie, force, sauvagerie... « Le sport des rois », finaliste du Pulitzer, est un roman où les passions tristes animent les principaux protagonistes, notamment ceux qui portent le patronyme de Forge. On le lit parfois en apnée, la boule au ventre, porté par l'adrénaline des courses de chevaux qui réveillent nos instincts les plus primaires.
Dans la famille Forge, il y a le grand-père John Henry, héritier d'une longue lignée venue s'installer dans le Kentucky pour y exploiter les vastes espaces. Samuel, l'aïeul, « avait grandi sur les pentes abruptes de Virginie ». Flanqué de son esclave « que tout le monde appelait Ben bien qu'il ait été nommé Dembe par une mère dont il n'avait plus aucun souvenir », il découvre la terre qu'il avait toujours espéré trouver.
Tyrannique, John Henry élève son fils John dans le respect des ancêtres et de valeurs qui font la part belle à un darwinisme mal interprété. le racisme, la misogynie, la pureté de l'espèce, le goût du pouvoir et de l'argent, le mépris pour les Yankees et la supériorité de l'homme blanc, « mesure de toutes choses », voilà les principales conceptions qui préoccupent le pater familias.
C'est dans un rapport d'amour-haine envers son géniteur que le garçon va se construire. Quant aux relations avec sa mère, elles sont gâtées par la neurasthénie de la très belle Lavinia, elle aussi maltraitée par le despote.
Fasciné par les chevaux, il décide, contre l'avis de son père, de se lancer dans l'élevage. Sa production devra être parfaite grâce à une sélection rigoureusement menée. Et c'est la course hippique, « sport des rois », dans laquelle ses poulains et pouliches vont s'illustrer, qui attestera la réussite de son projet.
Cette passion pour « la plus noble conquête que l'homme ait jamais faite » dixit Buffon (on pourrait ajouter après la femme comme le pensent les mâles Forge), il la transmettra à sa fille adorée Henrietta, la descendante de Samuel, cet homme « porté par une nature conquérante, une inextinguible soif d'espace ». Malgré la mainmise de son père, Henrietta va, comme John l'a fait avec John Henry, tenter de s'opposer pour conquérir sa liberté. A chaque fois qu'il tiendra des propos racistes et qu'il lui demandera de tenir son rang, elle se rebellera.
En parallèle, Allmon, né d'un père blanc et d'une mère noire, grandit dans un environnement de misère qui souligne combien les Etats-Unis sont un pays impitoyable pour ceux qui n'ont rien. Surtout s'ils sont malades comme l'est Marie, sa mère.
Il connaîtra la prison avant d'atterrir chez les Forge auréolé de son expérience de groom et d'une grande ambition.
Arrêtons-là le résumé de ce roman américain monstrueux par le déchaînement de folies, de tragédies et de sentiments exacerbés qu'il évoque : rancoeur, jalousie, culpabilité, arrogance, religiosité...
Par certains aspects, « Le sport des rois » fait penser à « Autant en emporte le vent » de Margaret Mitchell avec Henrietta dans le rôle de Scarlett. Avec une écriture à la fois poétique, crue, charnelle, sensuelle, émouvante et aux notes parfois fantastiques, C.E. Morgan nous entraîne au rythme effréné du galop dans une Amérique où les traces d'une genèse fondée sur la violence de la conquête et de l'esclavagisme sont toujours prégnantes. L'auteure décrit avec beaucoup de justesse le monde de ceux qui sont fascinés par le cheval, cet animal à la morphologie parfaite et dont le dévouement pour celui qui l'a élevé et formaté frise l'abnégation. A moins qu'il n'ait envie de remporter une course juste pour le plaisir de gagner. C'est le cas de Hellsmouth, une magnifique jument à la génétique irréprochable qui rappelle Ruffian morte sur un champ de courses, façonnée par un démiurge qui n'est pas Dieu mais se prend pour lui. Par le biais de la fiction, l'auteure américaine interroge les questions de la transmission, du pouvoir, du conditionnement et de la liberté de choisir sa vie en faisant fi de son éducation et de son milieu d'origine. Qu'on soit un humain ou un cheval (le plus bestial n'est pas celui auquel on pense), la réponse n'est pas vraiment optimiste... Dans ce processus de domination, la nature n'est pas épargnée. « Même les plus vieilles montagnes du monde » n'échappent pas à cette volonté de tout détruire. « Le sport des rois » est un grand roman.
EXTRAITS
- Elle se laissait finalement caresser par celui qui l'avait brisée, ses yeux immenses cherchant dans la terre les morceaux épars de celle qu'elle était en entrant dans ce manège.
- Pourquoi, pensait-elle, ne pouvait-on laisser les choses exister sans les déranger ?
- Personne ne vint, parce que personne ne vient jamais.
- Les morts se changent en fables pour pouvoir continuer à vivre.
- Un cheval, ce n'est rien d'autre que quatre jambes et un élan de mort.
- Elle comprit alors qu'il n'y avait pas de devoir, que des choix, et le choix était le plus lourd des fardeaux.
- le pur-sang est une hybridation tardive, une bâtardise ? C'est pour ça qu'ils sont si forts.
- Et les chevaux sont de si beaux vestiges.
- Rien au monde ne vaut davantage que l'oubli de sa propre souffrance.
- On ne peut pas lutter contre la façon dont on a été élevé.
- Probablement que la plupart des gens ne valent pas vraiment le détour tant qu'ils ont pas été abîmés.
- Mieux vaut toucher les sommets et s'y brûler que de ne jamais les effleurer. Elle le sait, je le sais, et quiconque doté d'un peu de courage le sait aussi. Cette pouliche a plus de couilles que vous tous réunis.
- Certains sont nés pour être rois, d'autres se contentent d'être des perles brodées sur les manches du roi. C'est peut-être dans le sang.
- Si l'on fermait tous les champs de courses, (…) les chevaux continueraient quand même de faire la course les uns contre les autres dans la plaine. C'était inévitable, imparable, car leur sens de la compétition était inné. Comparés à l'ambition naturelle des animaux, les plus grands rêves des hommes n'étaient rien d'autre que des machinations malhabiles.
Lien : http://papivore.net/litterat..
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critiques presse (6)
LaLibreBelgique   12 mars 2020
Après avoir publié Le sport des rois en 2019 - titre qui a récolté un beau succès critique et public -, Gallimard propose en traduction française un roman antérieur de C.E. Morgan : Tous les vivants (All the Living, 2009). Après une ambitieuse fresque familiale, on découvre avec bonheur C.E. Morgan dans une veine plus intimiste.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaLibreBelgique   28 juin 2019
De sa plume cérébrale et précise, C.E. Morgan mène son récit tambour battant, entremêlant la trame principale avec des éclats de contes et de légendes. Du tumulte des vies retracées aux plus vils penchants humains, personne n’échappe à sa sagacité.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaCroix   29 mars 2019
L’Américaine C. E. Morgan fait le portrait sur plusieurs générations de deux familles, l’une blanche, l’autre noire, dans un Kentucky rural et raciste.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Bibliobs   14 février 2019
Voici donc, à la fois anachronique et ultramoderne, épique et intime, étouffant et survolté, pur-sang et sang mêlé, le grand roman américain d'aujourd'hui.

Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde   06 février 2019
Point n’est besoin d’être soi-même cavalier, amateur de milieux hippiques, familier des champs de courses, pour se lancer dans Le Sport des rois, de C. E. Morgan [...] Mais loin de se laisser réduire au seul monde des écuries et des paddocks, le deuxième roman de l’Américaine [...] se caractérise au contraire par son extrême luxuriance de thèmes.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LePoint   06 février 2019
Une exceptionnelle épopée américaine en noir et blanc sur plus de trois générations et sur fond d’élevage de pur-sang : lisez Le sport des rois.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
baradoz56baradoz56   16 juin 2019
Henry fulminait, se mordait les joues tout en soutenant le regard de son père. Sa mère les ignorait l’un et l’autre, elle s’était fermée, les yeux rivés sur la fenêtre. Henry bouillait de rage durant tout le trajet, mais lorsqu’ils arrivèrent enfin à la maison, John Henry ne coupa pas le moteur, il ne se gara pas non plus le long du mur. Au lieu de cela, il continua sur la route qui longeait les frontières du domaine. Il fit signe à sa femme de rentrer sans eux, elle glissa donc de son siège et se retrouva plantée bêtement au milieu du chemin. Henry se refusa à la regarder, il se figurait très bien ses épaules basses, face à John Henry poursuivant sa route. Personne ne se retourna sur Lavinia, seule sur le chemin, figure solitaire serrant dans ses mains une pochette jaune vif, le visage ombragé par la voilette qui lui couvrait le front.
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LaBiblidOneeLaBiblidOnee   01 septembre 2019
Car la justice est une chose parfaite, mais la justice ne commande pas les actions des hommes. Jésus ne va pas te forcer la main. Il se contente de vivre en toi, tel un espoir, de te montrer son visage jour après jour, c'est toi qui dois décider si tu veux que ta vie ait les attraits de la justice, bien qu'il ne t'apparaisse jamais nulle part, ou si tu veux que ta vie ait les attraits de la célébrité, des jolies choses, de l'argent, et tout le reste. La plupart des gens choisissent les jolies choses et l'argent, parce qu'elles sont là, à portée de vue et de main. Pourtant, ce sont les choses qu'on ne peut pas voir qui comptent le plus. Elles remplissent on esprit et ton coeur. Ces choses parfaites, comme la justice.
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littleonelittleone   05 décembre 2019
Les hommes bombaient leurs torses de pingouins, jouant les élégants devant les femmes, offrant verres de vin et bouteilles de Coca, agitant leurs mégots avec des airs savants sur une science qu'ils avaient étudiée à la va-vite pour le premier samedi de mai. Au derby, tant qu'il y avait une femelle dans les alentours, chaque mâle était un expert.
(p. 195)
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LaBiblidOneeLaBiblidOnee   01 septembre 2019
Soyons des sacrificateurs, mais non des bouchers, Caïus.
Nous nous élevons contre l'esprit de César ;
Et dans l'esprit des hommes, il n'y a pas de sang.
Oh, si nous pouvions atteindre l'esprit de César,
Sans déchirer César ! Mais, hélas !
Pour cela il faut que César saigne ! Aussi, doux amis,
Tuons-le avec fermeté, mais non avec rage ;
Découpons-le comme un mets digne des dieux,
Mais ne le mutilons pas comme une carcasse bonne pour les chiens.

[Extrait de "Jules César" de Shakespeare
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Laurence_nowandzenLaurence_nowandzen   15 avril 2019
Elle pensa aux pinsons ..., aux kiwis en cage; aux bernaches à tête d'épingles ... et elle pensa au dernier minuscule pigeon voyageur, à son fardeau inconnu, à cette mort dans une servitude bizarre. Puis elle finit par penser à elle-même. Quel était son souhait dans ce monde répliqué à l'infini ? Elle comprit alors qu'il n'y avait pas de devoir, que des choix, et le choix était le plus lourd des fardeaux. le devoir c'était bon pour les prêtres et autres idiots.
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