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Cédric Perdereau (Traducteur)
ISBN : 2352943795
Éditeur : Bragelonne (18/03/2010)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 38 notes)
Résumé :
« Couillu, brutal et sans compromis, Morgan prend les clichés de la Fantasy, les hache menu et leur fout le feu. »
Joe Abercrombie *****

« C'est de loin, de très loin, meilleur que tous les autres romans de Fantasy que vous lirez cette année. »
Deathray *****

II y a dix ans, l'alliance des hommes et des Kiriaths a repoussé les terribles Écailleux. Qui se souvient maintenant des héros de cette guerre ?
Ringil vit en ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Alfaric
  13 octobre 2013
"Rien que l'Acier" de Richard Morgan est un solide récit de dark fantasy, bien trash comme il faut. J'ai plutôt bien apprécié le style sans concession aucune sensé coller à la sordide réalité d'une société bien sombre. L'univers de Richard Morgan est d'ailleurs truffé de réminiscences de bon aloi, essentiellement moorcockienne
Les 3 personnages principaux sont à des années lumières des héros, adolescents ou non, bien propres sur eux : ils sont toxicomanes, nymphomanes ou les 2 à la fois !!!
3 soldats vétérans, 3 héros de guerre rejetés par les leurs : le 1er parce qu'il est homosexuel, le 2e parce qu'elle est une immortelle métisse, le 3e parce qu'il incarne le changement dans une société hyper-traditionaliste.
Après tout le ramdam que les anglo-saxons ont fait autour du livre, force est de constater que ce n'est pas le livre ultime qui va tout chambouler en fantasy comme on a voulu nous le faire croire… Mais si Richard Morgan remet le couvert, je le suivrais d'autant plus que sa prose très couillue fera contrepoids à la mièvrerie qu'on retrouve trop souvent en Fantasy…
LES + :
- Ringil, noble à la peau pâle et aux yeux rouges à la fois hédoniste et tourmenté n'est pas sans rappeler un certain Elric de Melniboné
- les confrontations entre Dame Archeth et Sa Munificence Jhiral Hkiran II : les dialogues courtisans à double sens sont d'autant plus croustillants qu'on ne sait jamais si l'Empereur est très intelligent, très décadent ou les 2 à la fois…
- la visite de Trelayne, ses marais, ses quartiers marchands, ses pots de vins, ses complots, sa pègre, ses bas-fonds…
... trop tôt interrompue par les fils de l'intrigue !
LES - :
- le 1er chapitre tout pourri (un combat dans un cimetière contre des mites géantes…)
- la vulgarité des dialogues : Ringil et ses interlocuteurs ne peuvent pas aligner 2 phrases sans sortir pute, putain, enfoiré, enculé… Je ne sais pas si en VO on a "fuck" et "motherfucker" à tout bout de champ mais l'auteur a vraiment lâché le lest avec les injures / insultes…
- la crudité des scènes homosexuelles en particulier et des scènes de sexe en général : on a l'impression que Ringil et Egar passent plus de temps à baiser qu'à résoudre leurs nombreux problèmes ! (c'est une marotte de l'auteur : Morgan's style quoi !)
- certains chapitres sur le passage dans les limbes des dwerdas, un peu fades et nébuleux à mon goût
- la désagréable impression qu'il manque 1 ou 2 chapitres d'Egar pour bien tout comprendre sur la fin…
- une construction bancale : on est un peu floué car on nous a vendu 3 personnages, mais en fait la très grande majorité du récit tourne autour de Ringil… les chapitres d'Archeth sont là pour nous donner des explications sur les enjeux, et les chapitres sur Egar se justifient par la présence d'un deus ex machina bien utile sur la fin (à moins que la suite nous amène d'autres éléments ?)
Les connaisseurs auront reconnu les forts emprunts à "Erekosë" (les Kiriaths, les Aldrains…) Pour résumer, assez plaisant mais pas renversant pour autant !
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boudicca
  27 avril 2012
Après ses précédents grands succès dans le domaine de la science fiction, voilà que Richard Morgan s'attaque avec « Rien que l'acier », premier tome de sa trilogie « Terre de héros », à la fantasy. Et malheureusement il ne s'agit certainement pas de la meilleure idée qu'il ait eu... L'auteur nous propose de suivre au fil du roman les parcours de trois protagonistes : Ringil, un guerrier solitaire et torturé exilé par sa famille pour ses penchants sexuels, Archeth, jeune femme possédant le prestigieux statut de conseillère de l'empereur et dernière représentante de son peuple, les kiriath, et enfin Egar, un nomade des steppes et chef de son clan au sein duquel son autorité ne cesse d'être contestée un peu plus jour après jour. le lecteur oscille ainsi entre le point de vue de ces trois seuls personnages, or tout ce petit monde est bien trop peu attachant pour que l'on se passionne vraiment pour l'histoire qui, en ce qui me concerne, ne m'a que très rarement (pour ne pas dire jamais) emballée.
J'ai ainsi peiné pendant la grande majorité du roman à voir où voulait vraiment en venir l'auteur tant l'intrigue a une fâcheuse tendance à se disperser et tant les protagonistes manquent souvent de profondeur et de subtilité. J'ai également eu beaucoup de difficultés à m'immerger dans un univers à propos duquel on ne nous donne que peu de renseignements, à tel point qu'aucun lieu ou paysage précis ne me reste en mémoire au terme de ma lecture. le style de R. Morgan est pourtant loin d'être désagréable bien qu'il semble ici avoir pris un malin plaisir à accumuler les scènes de sexe inutilement crues davantage dans le but de provoquer le lecteur que de faire avancer l'intrigue qui en aurait pourtant bien besoin. L'ouvrage souffre en effet à mon sens de petits problèmes de rythme qui m'ont, à plusieurs reprises, amené à me demander si j'allais oui ou non faire l'effort de terminer ma lecture. Je suis certes têtue, mais pas au point de continuer avec les prochains volumes de cette trilogie qui n'est de toute évidence pas pour moi.
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Bruno19
  19 novembre 2010
Roman reçu dans le cadre de Masse Critique "literrature de l'imaginaire"
Re-lisons et résumons le quatrième de couverture:
Il y a 10 ans les hommes et les kiriaths (qui c'est?) ont bataillé et repoussé les terribles écailleux (qui? surement des espèces de créatures à écailles). Aujourd'hui nous allons suivre 3 des héros de cette guerre passée: Ringil, Egar le tueur de Dragon (ah il y a aussi eu des dragons pendant cette guerre?) et Dame Archeth une Kiriath laissée là quand les Kiriath sont repartis (où? pourquoi? comment? pourquoi l'ont ils laissée?). Ils vont se retrouver tous les 3 à combattre une nouvelle menace incarnée par les Dwendas, un peuple de créatures légendaires qui vivent dans un monde parallèle au leur.
Voilà schématisé, les réflexions que l'on se fait tout au long du livre. On débute dans l'histoire sans rien connaître aux tenants et aux aboutissants et il n'y a aucune vrai référence à tous ces événements passés si ce n'est les remarques, dialogues ou pensées des personnages. C'est un parti-pris naratif certe déjà utilisé par d'autres (par exemple Glen Cook dans les anales de la Compagnie noire) mais qui est difficile à manier sous peine de perdre le lecteur et j'avoue avoir parfois eu du mal à suivre.
Car essayer de reconstituer à la fois l'histoire du monde et le passé de trois individus très disparates ne facilite pas les choses: trop de références à des événements et des personnages inconnus pour lesquels il faut imaginer les non dits et réassembler les histoires.
Un peu d'explication aurait été nescessaire, sans nescessairement être trop descriptif.
Ensuite, attention: le choix de l'auteur est de faire un récit parfois un peu hard. Notamment sur le sujet du sexe. Sur trois personnages principaux 2 sont homosexuels (pourquoi pas, en plus la parité est respectée puisque ce sont un homme et une femme) et le troisième hétéro mais un brin obsédé. Mais si ce choix ne me choque pas, si une histoire peut avoir des scènes plus ou moins explicitement sexuelles, certaines me sont apparues ici sans intéret pour l'histoire ou dans certains cas très explicites sans nescessité non plus: la même scène prise à la fin (les deux partenaires etendus dans le même lit après leurs ébats dialoguant: l'interet etant le contenu du dialogue) aurait suffit à donner les info, renseigner le lecteur sur les relations entre les personnages et leurs moeurs. J'ai parfois eu la même impression qu'en regardant un film où une scène de sexe semble uniquement là pour répondre à une sorte de cahier des charges ou appater le chalan.
Enfin, la plupart des thèmes me sont quand même apparus comme une reprise d'oeuvres antérieures de Fantasy: des héros à la "légende" de Gemmel, un récit à la Glen Cook ("la compagnie noire") en moins réussi, une évocation d'anciens peuples disparus comme les elfes quittant la Terre du Milieu du "seigneur des anneaux"...
Un roman pas franchement désagréable, pas franchement loupé,....mais pas franchement exaltant.
Le titre semble évoquer une série "terre de héros" donc une suite qui pourra peut être tranformer ces débuts en quelque chose de plus aboutit. A voir
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Goupilpm
  10 mars 2016
On connaissait jusqu'ici Richard Morgan pour ses romans de science fiction comme Carbone Modifié, Furies Déchaînées et Black Man. On y avait découvert notamment son goût pour le cyberpunk et les intrigues rythmées et compliquées. Avec Rien que l'Acier il se lance dans une trilogie de fantasy.
En cassant les codes de la Fantasy, l'auteur nous amène un petit vent de fraîcheur dans ce petit monde souvent bien propre sur lui, avec ses héros adolescents pré-pubéres prêts à sauver le monde sur la foi d'une vieille prophétie... Si vous saturez de la Fantasy bourrée d'Elfes, de Nains, de magiciens et du jeune héros puceau qui sauve le monde,cet ouvrage ne pourra que vous intéresser. On y trouve un peu de Gemmell pour l'action et du Glen Cook pour le cynisme du héros.
Soyons honnêtes: dans le genre fantasy, il n'y a pas de véritable révolution en terme de schéma: des personnages isolés qui se retrouvent en groupe pour réaliser une quête. Mais ce premier tome sort de l'ordinaire à plusieurs niveaux: on prend l'histoire en route, comme on plongerait dans un film dont on a loupé le début. On découvre l'univers, le contexte social, politique et religieux au fur et à mesure, par les yeux et les paroles des personnages. Cette progression est intéressante du point de vue du lecteur.
Rien que l'Acier est un roman qui démarre fort, plein d'action et sans temps mort, puis l'histoire et les personnages se mettent en place et on se rend vite compte que l'auteur a décidé d'offrir quelque chose de différent. L'histoire se révéle sombre, sanglante.
Rien que l'Acier est un roman de Fantasy pour adultes avec des descriptions de scènes d'amour homosexuelles ou hétérosexuelles ; des scènes qui font parties du roman et de l'intrigue.
Rien que l'Acier est un roman qui va attirer ceux qui aiment l'héroïc-fantasy avec ses combats nombreux et décrits de façon très réaliste.
Avec une intrigue particulièrement riche et mystérieuse, l'histoire révèle son lot de surprises. L'univers est décrit de façon précise et intéressante. Si le monde mis en place par Richard Morgan est plutôt classique pour un univers de fantasy, ce premier tome de la trilogie Terre de Héros, vaut surtout pour ses personnages. Chacun d'eux à une face sombre contre laquelle il doit lutter et aucun n'est vraiment un exemple.
Des personnages, en dehors du héros, assez classiques. Des personnages qui ne sont pas des saints et dont leurs zones d'ombre empiètent largement sur ce qu'il subsiste de bon en eux. Des personnages qui ne sont pas inintéressants pour autant, leur histoire personnelle gardant suffisamment de mystère pour accrocher le lecteur.
Le personnage principal, ancien héros de la dernière, a le malheur d'être homosexuel dans un monde qui ne l'accepte guère. Il ne doit d'ailleurs qu'à sa noble naissance de ne pas avoir fini en prison ou torturé à mort sur la place publique. Des fardeaux qui en font un héros plus complexe qu'il n'y paraît au premier abord.
Ensuite, c'est le style de l'auteur qui détonne : il n'épargne rien à ses héros ni à ses lecteurs, tout y passe : violence, sexe, on a parfois l'impression que l'auteur en fait trop pour montrer qu'il fait un livre différent. le roman est construit comme une enquête, ce qui rend l'intrigue complexe. le style d'écriture est intéressant, plus élaboré que celui de David Gemmel, il s'orne de quelques formes intelligentes, qui distingue l'écriture de Morgan des autres auteurs du même genre. Pour la narration, l'auteur a fait le choix de narrer les aventures croisées de trois personnages.
De part sa violence extrême, un langage cru et des actes sans concessions, Rien que l'Acier est une fantasy brute de décoffrage à ne pas mettre entre toutes les mains. S'il s'agit d'une fantasy plutôt classique, le roman est dépourvu des clichés habituels du genre, pas de grand méchant prêt à conquérir le monde mais des pays aux régimes variés dont les inter-actions suffisent à générer conflits, guerres commerciales, meurtres, corruptions, perversions... Rien que l'Acier est un roman qui amène un vent de fraîcheur dans le petit monde de la fantasy souvent bien propre sur lui.
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BlackWolf
  04 janvier 2013
En Résumé : J'ai passé un sympathique moment de lecture avec le premier tome de ce cycle de Fantasy de Richard Morgan. L'auteur nous offre une histoire pleine d'action, de violence et de sexe et cherche à sortir des sentiers battus de la Fantasy. Mais voilà l'auteur cherche tellement à offrir des idées différentes qu'au final il ne se rend parfois pas compte que son récit se révèle linéaire. de plus certaines idées sont mal gérées par l'auteur et il se laisse parfois aller à la gratuité surtout sur certaines scènes de sexe qui n'apportent rien. Ce qui n'empêche pas à l'histoire de posséder une énergie captivante. L'univers se révèle sombre, violent et cynique, mais voilà il l'est tellement qu'il en devient oppressant pour le lecteur. Même chose pour les personnages, certes ils sont denses, complexes et travaillés, mais ils se révèlent parfois tellement froids qu'on a du mal à s'attacher à eux. le style de l'auteur est simple et incisif et ne manque pas de punch ce qui fait qu'on se laisse glisser à travers l'histoire. Un premier tome avec quelques bonnes idées et des défauts qui me donne quand même envie de lire la suite, mais dont j'attendais plus.
Retrouvez ma chronique complète sur mon blog.
Lien : http://www.blog-o-livre.com/..
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critiques presse (1)
SciFiUniverse   02 septembre 2011
Richard Morgan peut s'enorgueillir d'être aussi bon écrivain en SF qu'en fantasy. A ceci près qu'il réécrit les codes et casse les stéréotypes avec une jouissance à peine voilée. On n'a plus qu'à attendre la suite avec patience.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Dude76Dude76   29 novembre 2010
Archeth lança de la main gauche, planta son poignard dans l'œil droit de celui qui brandissait l'épée. C'était Céleste, plus fin que le autres, impatient, livide dans le soleil. Il s'enfonça jusqu'à la garde. L'homme recula en chancelant avec des couinements d'enfant brûlé. Lâchant son épée, il griffa son visage et l'objet en métal usé qui en dépassait. Archeth suivit le lancer avec un cri, et déjà elle tenait Rieuse, légère et basse, dans la main droite. Le deuxième butor de la Citadelle sursauta au bruit qu'elle fit, paniqua comme le reste de la foule et abattit son gourdin. Il ne parvint qu'à assommer son compagnon blessé. Archeth se pencha en arrière et saisit l'arme, suivant l'élan du coup, porta l'homme jusqu'au sol et lui trancha la gorge avant qu'il puisse réagir.
Elle se redressa à moitié, couverte de sang. Vit l'Invigilateur-Avocat immobile quinze mètre plus loin, au milieu des spectateurs en fuite, une main autour du bras d'Élith. Il regardait sans y croire le cadavre de ses hommes et la femme noire couverte de sang qui les dominait.
Les trois autres soldats barrèrent la rue, sorte de cordon de sécurité autour de leur maître et de la captive. Deux épées, un autre gourdin. Celui avec le gourdin portait également une arbalète, mais accrochée dans son dos. Par terre, l'homme qui avait Céleste dans l'œil s'était blotti dans la poussière et pleurait.
De la main gauche, par réflexe, Archeth tira Sans-Quartier du fourreau contre ses reins.Elle avança à grands pas, Rieuse dressée et pointée contre eux.
- C'est mon invitée que vous avez là, lança-t-elle. Morts ou vifs, vous allez me la rendre.
La rue s'était dégagée - impossible de croire qu'elle avait été si encombrée quelques secondes plus tôt. Archeth avançait, piétinait de ses bottes les détritus au sol. Sans-Quartier étincela quand elle le leva dans le soleil. Les soldats échangèrent des regards crispés.
- Êtes-vous folle ? (l'Invigilateur-Avocat avait retrouvé sa voix, quoique pas encore son timbre. Son visage noircit de rage quand il cria.) Comment osez-vous entraver l'œuvre sacrée de la Révélation ?
Elle l'ignora, regarda plutôt les trois soldats.
- Sacrée ? leur demanda-t-elle d'un ton chargé de dégoût. Parmi les sept tribus, un invité est sacré. Vous le savez, ou au moins vos ancêtres le savaient. Lequel d'entre vous veut mourir le premier ?
- Va chier, salope, dit l'homme au gourdin d'un ton hésitant.
- Maman, cria soudain l'homme allongé à terre. J'ai mal, je ne vois plus rien : Où es-tu ?
Archeth lui adressa une sourire froid comme la glace en hiver.
- Vous voulez le rejoindre ?
- Cette catin kiriathe est une abomination, un affront à la Révélation, hurla l'Invigilateur-Avocat qui avait trouvé une tonalité un peu plus profonde. Il est de votre devoir sacré de l'abattre sur-le-champ? Prendre sa vie est un acte saint.
Le blessé poussa un sanglot inarticulé, puis retomba dans des pleurs impuissants et faibles. Archeth attendit.
L'homme à l'épée, sur sa droite, fut le premier à craquer. Il se lança en avant avec un hurlement incompréhensible: Rieuse la frappa à la gorge au deuxième pas. Il tomba en s'étranglant dans son sang. Tueur-de-Spectres apparut dans la main droite d'Archeth avant même que l'homme ait fini de tomber. L'homme au gourdin, qui s'était lancé à la suite de son camarade, s'arrêta net en voyant le poignard. Ou la garde de Déchant, encore dans la botte d'Artech. Ou les deux. Artech croisa son regard, lui sourit de nouveau. Il lâcha son arme et prit la fuite.
Le dernier soldat hésita un instant, puis détala dans la foule avec on ami.
Archeth prit une longue et profonde inspiration. Terminé.
L'invigilateur se tenait debout, Élith effondrée à son côté, et criait à Archeth, aux spectateurs et apparemment à tous les habitants de cette ville de pécheurs de se jeter [i]à genoux[/i], de se prosterner devant sa majesté de la Révélation, de se repentir maintenant avant qu'il soit ...
Archeth se planta devant lui et lui trancha la gorge avec Sans-Quartier.
Il recula de quelques pas chancelants et tomba dans les bras de la foule. Le sang bouillonna le long de la plaie, se déversa sur sa poitrine et trempa sa robe. Sa bouche continuait à articuler, débitant sans doute le reste de son sermon, mais aucun son n'en sortait. Archeth s'agenouilla à côté d'Élith, vérifia qu'elle n'était que droguée, et d'une substance sans danger. Elle respirait bien. Archeth eu un dernier regard pour l'Invigilateur, autour de qui la foule se regroupait pour regarder ses derniers spasmes d'agonie, puis elle retourna au soldat qui avait Céleste plantée dans l'œil. Il était encore vivant, et quand elle s'accroupit à côté de lui pour reprendre le poignard, il lui effleura les mains et miaula faiblement. Elle posa une paume contre son front, pour assurer son geste, et il sourit comme un bébé à ce contact.
Quand elle retira Céleste, il mourut.
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Dude76Dude76   27 novembre 2010
Il ne savait pas dans quelle mesure cette désorientation était induite par Seethlaw pour le dominer, et quelle partie était la réaction ordinaire des humains après un moment passé dans les marches aldraines. D'une façon ou d'une autre, c'était assez horrible. Les paysages et les intérieurs qu'il croyait réels fondaient soudain sans prévenir, s'écroulant autour de lui comme des murs de cire creusés de lumière qui scintillait froidement comme le clair de bande sur une eau lointaine, et une impression s'être exposé au vide qui lui donnait envie de se recroqueviller dans un coin pour pleurer. Des silhouettes qui ne pouvaient pas être là allaient et venaient, se penchaient sur lui et lui délivraient des conseils aussi fragmentaires que cryptiques, chacun avec l'intimité froide de serpents qui siffleraient à son oreille. Il en connaissait certains, d'autre véhiculaient une impression de semi-familiarité cauchemardesque qui laissait penser qu'il aurait dû les connaître, aurait [i]pu[/i] les connaître, si sa vie avait été même marginalement différente. Eux en tout cas affectaient de le connaître, et c'est la logique onirique de leur certitude qu'il en vint à redouter le plus, car il était à peu près sûr de sentir des aspects de lui-même se détacher ou changer en réaction.
- [i]Si c'est vrai[/i], pontifiait Shalak par un chaud soir de printemps dans le jardin derrière l'échoppe, [i]s'il est avéré que les royaumes aldrains se tiennent en dehors du temps, ou du moins dans les bas-fonds le long de ses rives, alors les contraintes du temps ne doivent pas s'appliquer à ce qui s'y déroule. Réfléchis-y un moment. Ne pense pas à ces conneries des marais, sur les jeunes hommes séduits par les donzelles aldraines, qui passent une nuit avec eux et les renvoient à la maison quarante ans plus tard. Ce n'est pas le plus grave. Une absence de temps présuppose une absence de limites quant à ce qui peut se passer à n'importe quel moment. On vivrait un million de possibilités différentes en même temps. Imagine la volonté qu'il faudrait pour survivre à ça. Le paysan humain de base perdrait la tête aussitôt. Réfléchis-y[/i], répéta-t-il en se penchant assez près pour murmurer. [i]Fais un bisou, Gil.[/i]
Ringil tressaillit. Shalak trembla et disparut. Ainsi qu'une grande partie du jardin derrière lui. Flaradnam arriva par l'espace flou que cela laissa, s'assit en face de Ringil comme si c'était la chose la plus naturelle au monde.
- [i]Oui, Gil, mais si je m'étais comporté comme ça à la passe des Gibets, où cela nous aurait-il menés ? Je ne serais jamais revenu en un seul morceau.
- Comporté comment ? [/i](Ringil secoua la tête, comme engourdi, en regardant les trait anthracite devant lui.) [i] Tu n'es pas revenu, 'Nam. Tu n'es jamais allé à la passe des Gibets. Tu es mort que la table d'opération.[/i]
Flaradam fit la grimace, comme si on venait de lui raconter une plaisanterie de très mauvais goût.
- [i] Arrête ! Alors, qui a mené la charge à la Passe, si ce n'était pas moi ?
- Moi.
- Toi ?
- Oui ! Moi ! [/i](Il criait.)[i] Tu étais mort, 'Nam, bordel ! On a laissé ton cadavre aux lézards.
- Gil, qu'est-ce qui t'arrive ? Tu ne vaspas bien.[i]
Et ainsi de suite.
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Dude76Dude76   09 novembre 2010
La Chambre des Confidences était un radeau couvert d'une tente, fait de bois rares et de soie, ancré au centre d'un bassin fermé de cinquante mètres de diamètre, dont les seules fenêtres se situaient dans le toit. L'eau tombait en cascade le long des murs de marbre soigneusement sculptés de la pièce, rendant toute écoute impossible, et les eaux du bassin étaient peuplées de pieuvres particulièrement intelligentes qu'on nourrissait souvent de criminels condamnés. Ce qui se disait dans la Chambre des Confidences n'était destiné qu'aux oreilles auxquelles l'empereur faisait toute confiance, ou à celles qui n'en sortiraient pas. Et, en ces temps incertains, il n'était pas toujours facile de savoir à quel groupe l'on appartenait.
Archeth observa avec une indifférence droguée les coups d'œil furtifs que lançaient au bassin les deux courtisans supérieurs qui avaient entrepris de l'amener jusque-là. Sous les vaguelettes, il était impossible de distinguer quoi que ce soit avec certitude. Une tache tremblante de couleur pouvait être une pieuvre ou simplement une pierre. Une ligne sous l'eau était un tentacule, ou juste une algue. L'expression des courtisans reflétait chacune de ces incertitudes comme s'ils souffraient de quelque désordre intestinal, et la lumière pâle et ondulante de la pièce conspirait à souligner encore leur teint maladif.
Le visage de l'esclave qui servait de passeur révélait quant à lui aussi peu d'émotions qu'une pierre. Il se savait nécessaire pour ramener l'empereur, et était de toute façon sourd-muet, choisi avec soin, peut-être même mutilé spécialement pour sa charge. Il ne risquait ni d'entendre ni de révéler un secret.
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Dude76Dude76   12 novembre 2010
- Tu ne comprends pas, Gil. (Grâce-du-Ciel afficha un nouveau sourire incertain.) Je n'ai pas dit étaient morts, j'ai dit que seule leur tête est revenue. Chacune vivante, greffée à une souche d'arbre de vingt centimètres de haut. (Ringil le regarda sans répondre.) Vas-y. Explique-moi ça.
- Tu l'as vu ? De tes propres yeux ?
Un hochement de tête tendu.
- À une réunion de loge. Ils ont sorti une des têtes, placé les racines dans un bol d'eau, et, environ deux minutes après, ce putain de truc ouvre les yeux et reconnaît le maître de loge. Ça se voyait à son expression. Il ouvre la bouche, essaie de parler, mais il n'a pas de gorge, pas de cordes vocales, alors on n'entends qu'un cliquetis et les lèvres qui bougent, la langue qui sort, puis ça commence à pleurer, les larmes coulent sur ses joues. Milacar déglutit péniblement.) Après cinq minutes comme ça, ils sortent le machin de l'eau, et ça s'arrête. D'abord les larmes, comme si elles s'asséchaient, puis toute la tête arrête de bouger, ralentit comme un vieux qui meurt dans son lit. À part que la tête n'est pas morte. Dès qu'on remet de l'eau... (Il eut un geste impuissant de la main?) Ça recommence, pareil.
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Dude76Dude76   12 novembre 2010
- Le Comité de morale publique n'a jamais dépendu de Kaad pour trouver son venin. Il existe une haine générale dans le coeur des hommes. Tu as fait la guerre, Gil, tu devrais le savoir mieux que personne. C'est comme la chaleur du soleil. Des hommes comme Kaad sont simplement des personnalités locales, comme des lentilles pour concentrer les rayons du soleil sur des brindilles. On peut briser une lentille, mais cela n'éteint pas le soleil.
- Non, mais ce sera plus difficile de déclencher un incendie.
- Pendant un temps, oui. Jusqu'à la prochaine lentille, ou le prochain été caniculaire, et les feux reprennent.
- Tu deviens un peu fataliste sur tes vieux jours, mon con. (Ringil désigna les lumières des autres maisons.) À moins que ce soit lié à tes nouveaux quartiers de résidence?
- Non, c'est l'âge. Quand on vit assez longtemps, on apprécie davantage la valeur du temps qui reste. Assez longtemps pour reconnaître la fausseté d'une croisade quand on est appelé pour la mener. Par les dents d'Hoiran, Gil, tu es la dernière personne à qui je devrais avoir besoin de le dire. Tu as oublié ce qu'on a fait de ta victoire ?
Ringil sourit, sentit l'expression couler sur son visage comme du sang versé. Un réflexe, pour se barricader contre cette vieille douleur.
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