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Critique de Takalirsa


Takalirsa
  23 mai 2020
Guéguerre de parents d'élèves dans la cour de l'école.
L'auteure aiguise notre curiosité d'entrée de jeu avec l'évocation d'un mystérieux décès (meurtre?) lors d'une soirée quiz (« Un parent a trouvé la mort ») organisée dans l'enceinte de l'école maternelle de Pirriwee. Mais qui est mort ? Et pourquoi ? le roman est un long crescendo de tension jusqu'à ce drame final. le récit est centré sur Madeline, Celeste et Jane, mais chaque chapitre se clôt sur les commentaires d'autres parents et de l'inspecteur chargé de l'enquête.

L'élément déclencheur, ce sont les accusations portées sur le petit Ziggy, élevée par sa maman célibataire fraîchement débarquée dans la ville, Jane. Jane jure un peu dans le petit milieu bourgeois de Pirriwee (« On ne s'en prend pas aux gens riches et beaux »), et c'est la première thématique évoquée par le roman : les préjugés liés à la condition sociale. Et il y en a des potins et autres médisances entre tous ces parents « enclins à se juger les uns les autres » ! Les « femmes carriéristes et ambitieuses comme Renata » méprisent facilement les femmes au foyer des autres familles. Pourtant elle n'échappera pas au scandale.

C'est une des thématiques essentielles de l'histoire : les secrets qui se cachent au sein de ces familles idéales (« Globalement, nous formons une famille normale, aimante, heureuse »)… en apparence. Si Madeline a pris Jane en affection, c'est en partie parce qu'elle a été mère célibataire elle aussi : elle a dû élever seule Abigail quand Nathan l'a quittée et ce ne fut pas simple. Ce qui n'est pas simple non plus pour elle aujourd'hui, c'est de gérer le retour de son ex-mari dans sa vie : Abigail semble nettement préférer les week-ends chez son père… et sa belle-mère parfaite, Bonnie (« Bonnie était soit une caricature, soit une extra-terrestre »). Celeste aussi se sent souvent mauvaise mère avec ses jumeaux débordants d'énergie ! Ainsi il est beaucoup question de culpabilité dans l'éducation des enfants. En public, on laisse entendre que l'on gère (« Beaucoup de parents se vautraient volontiers dans l'autosatisfaction »), mais dans le huis clos de la vie familiale, c'est autre chose… Ce qui fait peur à Jane, c'est que son fils Ziggy ait hérité de certain trait de caractère de son père, cet homme dont elle refuse de parler ni même de prononcer le nom. Quel traumatisme a-t-il causé chez elle ?

Celui de Celeste est clairement énoncé dès le départ, même si elle-même ne l'avouerait pas : son mari la violente. Les violences conjugales sont au coeur de l'intrigue mais on ne réalise pas tout de suite leurs ramifications sur tout le reste (« Vous seriez surpris du nombre de disputes a priori insignifiantes qui se terminent dans un bain de sang »). le roman semble parfois un peu long car il est centré sur l'amitié qui se lie entre les trois femmes. Cependant la fin, détonnante, inattendue, révèle tout le tissage minutieux de l'auteure autour de ces événements anodins qui, dans un certain contexte, deviennent explosifs au moment (et avec qui) on s'attend le moins. Petit conseil : soyons « un peu plus gentils les uns avec les autres » car on ne mesure jamais vraiment l'impact des paroles sur les gens… y compris soi-même.
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