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ISBN : 2818934133
Éditeur : Bamboo Edition (09/09/2015)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 226 notes)
Résumé :
La Première Guerre mondiale vide une petite île bretonne de ses hommes. Il ne reste plus que les enfants, les vieux et les femmes. Parce qu'il a un pied-bot, Maël n'est pas mobilisé. Il devient le seul homme, jeune et vigoureux, de l'île… bientôt facteur, bientôt amant…
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Critiques, Analyses et Avis (81) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  18 novembre 2015
28 juin 1914. L'Archiduc François-Ferdinand et sa femme sont assassinés par un terroriste serbe. Cet événement n'affecte en rien les habitants de cette petite île bretonne, de même que cette guerre qui semble faire rage sur le continent. Elle paraît si lointaine cette guerre. Et pourtant, le maire ne tardera pas à recevoir une lettre l'informant que tous les hommes, entre 20 et 50 ans et en bonne santé, ainsi que les chevaux et les denrées, sont réquisitionnés. Les hommes doivent quitter l'île dès le lendemain mais ne s'inquiètent pas outre mesure, persuadés que le conflit ne durera pas longtemps et qu'ils seront revenus pour les moissons. Parce qu'il a un pied-bot, Maël reste sur l'île. Les hommes laissent ainsi derrière eux des mères, des filles et des épouses qui devront se débrouiller seules. On va alors réquisitionner le jeune homme pour tout autre chose : lui qui a un vélo, il sera le facteur de l'île...
L'on se doute un peu de la tournure des événements dès lors que ce jeune Maël sera seul sur cette île avec toutes ces femmes, la plupart esseulées et déplorées. Pour lui, c'est évidemment une aubaine, lui qui a toujours été rejeté à cause de son handicap, lui sur qui les femmes ne se retournaient guère, lui qui se faisait railler. Sur son vélo, il va en parcourir des kilomètres et se rendre dans toutes les maisons, même les plus isolées, pour apporter des nouvelles du front. Maël va ainsi découvrir les plaisirs de la chair et devenir le confident de ces femmes. Didier Quella-Guyot nous offre un album riche, étoffé et original à la fin surprenante avec des personnages attachants et des textes soignés. Un récit captivant servi par une palette de couleurs variée et un trait fin et élégant. Sébastien Morice nous offre ainsi de magnifiques paysages bretons.
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Titania
  30 octobre 2016
Ce joli roman graphique insulaire pur beurre salé, nous raconte la grande guerre sur une île bretonne dont tous les hommes dans la force de l'âge ont été mobilisés. Avec des couleurs douces et un beau texte, l'auteur nous raconte les petits arrangements avec la vie des femmes seules et Maël , le jeune homme au pied bot promu facteur et qui de ferme en phare distribue le courrier tout en séduisant ces dames. Seul coq dans le poulailler, le fils Grehat s'enhardit et triche. La tentation est grande de jouer alors, sur les bonnes ou mauvaises nouvelles, quitte à en inventer ou en supprimer pour gagner les faveurs des unes ou des autres.
Elle est plus complexe que vous ne l'imaginez cette histoire qui se déroule souvent dans le foin des granges. Elle nous parle aussi des horreurs de la guerre qui émane du courrier des hommes. C'est aussi une incursion dans le quotidien d'un autre siècle.
L'issue est bien évidemment inattendue et tout aussi immorale que ce qui précède. Toutefois le plus gros scandale, c'est la mort absurde des hommes par milliers sur le front, qui devient de plus en plus absurde que le conflit s'enlise, comme cette anecdote terrible de l'instituteur fusillé pour insoumission parce qu'il avait pris la défense d'un homme puni. Ce paysan finistérien n'avait rien compris, il ne parlait que breton.
Un bon moment de lecture, entre marivaudage, humour léger, tragédie humaine et une fin digne des meilleurs polars .
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Erik35
  25 janvier 2018
C'EST LUI, LE CHEF...!
C'est l'histoire d'une petite île de Bretagne, lointain confetti de la France Républicaine, cette mère supposée bonne mais très oublieuse de ses enfants les plus excentrés lorsqu'il s'agit de leur apporter les bienfaits de la civilisation. L'histoire d'une île que vous rechercherez infructueusement, qui ressemble tour à tour à Sein, à Molène, à Batz, à d'autres encore, sans être exactement aucune d'elles...
C'est l'histoire de cette petite île du bout du bout de la fin de la terre - Finis Terrae - à l'écart du monde et du temps, un petit morceau d'humanité au large des côtes, un fragment de roc et de sable sur lequel vit une de ces petites communauté de femmes, d'hommes et d'enfants qui ont pris l'habitude de ne compter que sur eux-mêmes, face aux éléments souvent menaçants...
C'est l'histoire de cette petite île, vers les débuts apparemment tranquilles de ce siècle de fureur et de sang, avec son instituteur, débonnaire et pacifiste convaincu, homme de gauche à n'en point douter, devenu maire parce qu'on suppose qu'il en faut bien un et que c'est l'homme qui sait ; un curé, bon homme mais jaloux de conserver ses âmes au plus près du Seigneur Jésus Christ et dont on sent qu'il enrage de perdre celles-ci au profit de "la laïque" ; ces hommes tour à tour marins et paysans, ces femmes dures à la tâche et qui font bien plus que seulement seconder leurs époux, n'était que ce monde tourne encore autour du mâle...
C'est l'histoire de cette petite île qui connait, comme partout, son rejeté, son gentil benêt qu'on aime à charrier, qu'on caillasse sans même prendre conscience du mal, enfant, qu'on évite et qu'on moque, homme comme femme, parce qu'il est mal conformé, qu'il est différent, qu'il est mal fichu de nature. Et tant pis si ce jeune homme-là a un prénom de Chef*, de Maître*, puisqu'il s'appelle Maël puisqu'aux yeux de tous, il n'est encore rien...
C'est donc l'histoire d'une petite île sur laquelle, avouons-le, il ne se passe pas grand chose, jusqu'à ce que...
... Jusqu'à ce que cette République très lointaine se rappelle, et avec quelle force, avec quelle violence, à tous ses enfants, ne laissant derrière elle que femmes, enfants, vieillards et estropiés ! Il s'en est ainsi fallu qu'un couple princier meure à l'autre bout de l'Europe pour que cette dernière sombre dans l'horreur sans nom que l'histoire et les hommes garderont en mémoire bien après qu'elle se fut achevée, un jour de Novembre 1918. Il en est un cependant pour qui la guerre va tout changer, tout apporter et de la meilleure manière qui soit : c'est ce contrefait, ce boiteux, ce pied-bot simplet presque invisible de Maël ! du statut de quasi sous-homme moqué de tous - à l'exception notable du curé dont il repeint avec art l'église et les décors, et de l'instituteur, par humanisme généreux et sincère -, battu sans raison par un père violent, musculeux, alcoolique, il va passer à celui de facteur et, mieux que simple facteur en temps de paix, à celui de Facteur pour femmes, puisqu'il n'y a plus qu'elles, sur l'île, à recevoir de loin en loin les nouvelles de leurs fils, maris, fiancés qui crèvent à petit feu dans ce mouroir sans nom des tranchés quand ils ne crèvent pas tout à fait d'une balle ou d'un éclat qui ne leur était pas tellement plus destinés qu'à un autre, n'était le vilain sort.
Peu à peu, Maël le timide, Maël le mal-fichu, Maël le simplet se révèle, auprès de ces femmes seules, éplorées mais néanmoins dans la force de l'âge et de leurs sinueux désirs, un compagnon discret, attentif, bienveillant et, auprès d'un nombre de plus en plus important d'entre elles, franchement tendre et aimant ! Les mois passent et la guerre qui ne devait durer que quelques jours, quelques semaines tout au plus, n'en finit pas de n'en pas finir. Maël se prend, hélas, pour un peu plus que ce qu'il est réellement : un pis aller. Agréable, affectueux, reçu avec bienveillance, bien plus fin qu'on ne se l'était imaginé, mais il n'est pas celui qui manque, celui qui est parti voir l'enfer.
Maël se prendrait-il un peu trop pour le Prince* qu'il n'est pas ? Les mois passent, et s'il comprend que la guerre tend vers son achèvement, il refuse d'admettre que cette conclusion sera aussi le point final à cette étonnante aventure, mais comment faire pour revenir à ce point en arrière, une fois que les bonshommes encore vivant, même morcelés, seront de retour...?
C'est un récit tour à tour tendre, poétique, violent, féminin, étrange, dur, drôle et au charme étrangement envoûtant que nous livrent ici Didier Quella-Guyot au scénario et Sébastien Morice au dessin et à la couleur. Derrière une certaine légèreté - celle apportée en même temps que ces courriers parfois totalement revisités par ses bons soins et pour les meilleures des raisons inventées, bien entendu - c'est toute l'âpreté de ces années incroyablement dures, douloureuses, impitoyables, traversées de plein fouet par les convulsions de l'Histoire, que nous content les deux artistes, l'un à la plume, l'autre au pinceau, par petites touches, sans même en avoir l'air.
S'il y a bien quelques petites incohérences ça et là (les femmes de ces marins-paysans totalement désemparées par l'absence soudaine des maris... Comme si leur situation géographique particulière n'avait pas fait d'elle, de tout temps, des sortes d'hommes-bis, prêtes à les remplacer au pied levé, mais sans la reconnaissance sociale. D'ailleurs, le scénariste corrigera de lui-même un peu plus tard cette supposée impossible situation. Plus loin, il y a cette femme de quarante-ans tout juste, celle dont on comprend qu'elle a reconstitué toute cette faramineuse histoire, bien après, mais qui en parait à peine vingt), c'est à une proposition graphique et romanesque de très bonne tenue, esthétiquement ravissante, que nous assistons dans cet album très réussit. Tandis que Didier Quella-Guyot parvient à alterner avec grâce et réalisme des dialogues sentant bon la simplicité populaire d'avec des lettres d'amoureux, forcément plus et mieux écrites, décrivant l'enfer du Grand Massacre Collectif, Sébastien Morice propose une Bretagne tour à tour desséchée par les vents, embruinée de mer, tordue par le soleil, empierrée de falaises, adoucie par ses femmes - pas toutes belles, non, mais toutes au charme indescriptible et profond -, un peu de cette Bretagne magique et reculée, mystérieuse et frontale que l'exotique Paul Gauguin saura si bien magnifier lors de son séjour à Pont-Aven ou qu'un Paul Sérusier, peintre méconnu mais d'une élégance humble et rare, aura transcendé tout au long de son existence, et dont il ne serait pas incroyable de penser que notre dessinateur, avec talent, s'est inspiré. On referme l'ouvrage doucement, tout doucement, de crainte de réveiller quelque démon ancien ou de céder à un long et nostalgique soupir, mais c'est tout de même avec un sourire ineffable que l'on se prend à songer à ce bizarre Facteur pour femmes et à son inattendu, son impossible harem qui ne se savait pas tel... quoique : il ne faut JAMAIS sous-estimer une bretonne !

*Maël viendrait du vieux breton signifiant Chef, Maître ou Prince.
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Ziliz
  28 décembre 2015
Maël, c'était un peu l'idiot du village, à cause de son pied bot et des maltraitances paternelles. Mais ça c'était avant, avant la mobilisation générale en août 1914 qui a chassé tous les hommes valides de cette petite île bretonne. Avant que Maël soit chargé de la distribution du courrier à vélo - il a beau être mal foutu, il est robuste et il sait lire...
Pour les travaux domestiques et agricoles, les femmes et les enfants se débrouillent, en Bretagne on est habitué, les hommes sont souvent en mer plusieurs jours, voire plusieurs semaines d'affilée, on sait faire. Pour la tendresse, les câlins, par contre, à deux, c'est mieux... Alors on le trouve finalement bien mignon, ce petit facteur boiteux, on se consolerait bien dans ses bras, d'autant que le mari au front, on ne l'aimait peut-être pas tant que ça, on ne l'a pas toujours choisi, il ne reviendra peut-être jamais, ou tout cabossé... Maël finit par comprendre ce que les femmes attendent de lui, il prend confiance, et, grisé par le succès, devient même un peu trop hardi, le bougre !
Histoire tour à tour amusante, gentiment coquine, et émouvante. Mais un brin agaçante aussi : Maël cumule les 'mandats', trompe les hommes au front (bon, ils lui en ont fait baver avant en le prenant pour un demeuré, mais quand-même), et réconforte très intimement une femme dont le fils, mobilisé, a le même âge que lui (bof)...
Le récit est joliment mis en images avec un trait fin, des paysages bretons, des regards expressifs, et de superbes déclinaisons de bleu-gris et jaune-orangé. L'intrigue peut sembler s'essouffler et devenir lourdement répétitive une fois qu'on a compris en quoi consistaient les heures supp' de Maël, mais la fin réserve bien des surprises, au-delà des rebondissements attendus.
'Facteur pour femmes', et rien que pour elles... Qu'on ne s'étonne pas si, depuis des décennies, les femmes achètent autant par correspondance ! Les facteurs auraient-ils fait les beaux jours de la Red*ute et des 3S, le succès d'Am@zon reposerait-il sur leurs épaules (sexy) ? ;-)
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berni_29
  23 juin 2018
C'est une île bretonne comme on l'imagine, battue par les vents et les flots, il y a de la bruyère et des chardons qui courent jusqu'au bord des falaises, celles-ci avancent comme des promontoires au-dessus de la mer.
Nous sommes en août 1914. Sur cette île bretonne, tous les hommes valides sont mobilisés pour partir à la guerre. Brusquement, cette île qui vivait un peu éloignée du reste du monde est rattrapée par l'histoire, la Grande Histoire. C'est ainsi que l'instituteur écrit au tableau noir de l'école cette magnifique sentence libertaire : « aucune île n'est à l'abri des continents imbéciles ».
Seuls restent les femmes, les enfants, les vieux et ceux qui sont invalides... Maël aurait l'âge de partir à la guerre, mais il souffre d'un pied-bot. Il reste donc à quai, si l'on peut dire, et devient le seul homme jeune et vigoureux de l'île, parmi des femmes esseulées, transies d'attentes, d'espoir, puis peu à peu de désespoir au fur et à mesure que la guerre va durer...
Lorsqu'on propose à Maël de se voir confier la fonction de facteur de l'île, celui-ci accueille la nouvelle avec enthousiasme. C'est déjà une forme de revanche sur la vie, lui qui était jusqu'à présent moqué, victime du rejet des autres et sans doute en particulier de la gente féminine, à cause de son handicap. Mais sa revanche s'accomplira avec un dessein bien plus dense et complexe...
Un facteur est un passeur. Quand dès lors la guerre vient s'en mêler, nous sentons bien l'importance que revêt ce rôle. Il fait le lien entre ceux qui sont au front et leurs familles, mères, soeurs, épouses qui attendent des nouvelles... Mais au-delà de la fonction primaire de distribuer les lettres des poilus, Maël l'a vite compris, le facteur devient le bienfaiteur qui apporte l'espoir, celui qui écoute, celui qui console, celui sur lequel on trouve une épaule chaleureuse pour poser un chagrin, celui qui prend dans ses bras, les mains consolatrices deviennent peu à peu des caresses et le facteur se fait amant. Parce que ces femmes esseulées, qui attendent patiemment la fin de la guerre, rudes à la tâche, n'en sont pas moins faites de chair et de sang où bat le désir. Maël éveille ce désir chez elles et ces dernières en reconnaissance lui accordent une forme d'apprentissage à l'amour charnel. Point de sentiments, le cœur de ces femmes continue de battre dans la boue des tranchées. C'est juste une parenthèse.
L'histoire de ce roman graphique est originale à plusieurs niveaux. Didier Quella-Guyot, le scénariste et Sébastien Morice le dessinateur ont su avec harmonie composer une BD profonde et sensuelle.
Elle nous offre tout d'abord la vision de l'arrière-pays, loin des tranchées, là où la guerre se vit avec émotion, mais là où la vie continue aussi, c'est le courage des femmes qui vont continuer d'accomplir les tâches qui incombaient à leurs hommes. Ici, elles s'appellent Nolwenn, Simone, Soizig, Clémence… Les dessins ont une saveur désuète. Je les ai trouvés magnifiques. Dans cette naïveté fouettée par les embruns, ils m'ont rappelé des peintures de Paul Sérusier ou de Mathurin Meheut, un trait, une peinture typiquement bretonne, le dessin de Sébastien Morice rajoute une petite pointe teintée d'un érotisme pur beurre salé...
Et puis il y a une intrigue qui se noue au fil des planches.
Cela aurait pu être une gentille bluette, mais voilà que notre facteur de charme, par son succès inespéré, échafaude d'autres plans. Il détient une forme de pouvoir entre ses mains. C'est lui qui transmet les nouvelles du front d'une certaine manière. C'est par lui que passent l'espérance et l'effroi. Il en prend vite conscience... Un autre personnage en lui va alors se révéler, émerger dans la poursuite de son dessein revanchard, un personnage plus dense et ambigu que celui qui semblait se dessiner aux premiers abords, nous éloignant définitivement d'un romantisme désuet et de terroir, dans lequel l'histoire aurait pu totalement basculer. Didier Quella-Guyot réussit à merveille à nous capter sans relâche tout au long du récit.
Enfin, la force du scénario est qu'il se prolonge, par un rebondissement inattendu, au-delà de la guerre 14-18 et de la terre de cette île bretonne battue par les vents et le cri des mouettes... Mais, chut... ! Venez vite jeter votre ancre au bord de ses récifs...
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critiques presse (6)
Telerama   18 novembre 2015
L'homme aime la Bretagne des falaises, des landes et des ­récifs, et ça se voit. Une jolie surprise.
Lire la critique sur le site : Telerama
ActuaBD   09 novembre 2015
Cet album à la réalisation particulièrement soignée sert avec efficacité une chronique attrayante au point de vue original.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BoDoi   21 septembre 2015
Le dessin de Sébastien Morice, d’une grande simplicité, sied parfaitement aux paysages bretons.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Auracan   21 septembre 2015
Un album qui se lit d'une traite, en regrettant presque parfois qu'il n'y ait pas eu quelques pages de plus, tellement on a du mal à quitter tous ces personnages attachants. Indispensable !
Lire la critique sur le site : Auracan
BDZoom   10 septembre 2015
Une profonde réflexion sur le destin des êtres en temps de conflit.
Lire la critique sur le site : BDZoom
Sceneario   07 septembre 2015
Une bien belle histoire, à la fois légère et dramatique, servie par un duo d’artistes complémentaires au faîte de leur talent. Un coup de cœur assuré !
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   22 janvier 2018
«Tantôt la mort murmure à l'oreille des soldats, tantôt elle vocifère. Jamais elle ne s'absente !
Je revois l'Ankou et son suaire et sa faux, c'est presque beau. Ici la faucheuse est couverte de boue et d'excréments. Jamais elle ne s'absente ! Elle roule au loin comme la mer et vient brutalement tout submerger, tout anéantir. Je la guette, je l'épie, mais elle nous ronge, même quand on dort. Mais dort-on ?

Elle imprègne nos vêtements : tout est putride et purulent. Jamais elle ne s'absente !
Je rêve de nos genets et de nos landes, de l'odeur de nos vaches, de la sueur de mon chien.
Je rêve du parfum de ta peau, de tes cheveux...»

[Lettre d'un poilu lu par le facteur à l'épouse du premier]
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ZilizZiliz   31 décembre 2015
« Ma chère Soazig,
Chez nous, sur notre île, c'est vrai qu'on est seuls, mais c'est rien comparé à cette armée de combattants qui doit assassiner pour survivre. Le premier qu'on tue, c'est l'humain qu'on a dans le coeur. C'est pas possible autrement : sinon on se fait sauter avec une grenade pour ne plus voir les copains démembrés, les cadavres mis en pièces... »
(p. 62)
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ZilizZiliz   30 décembre 2015
T'auras droit à deux pantalons, deux képis, une paire de chaussures... Mais évidemment pour toi, une suffira... Enfin tu t'arrangeras ! Tu as aussi une blouse pour l'été et un manteau pour l'hiver... Mais comme la guerre va être courte, tu t'en serviras point ! Et une sacoche, évidemment, tu verras, quand elle est chargée, le sale temps ou les sentiers boueux, tu vas les bénir ! Et comme tu récupères le courrier à envoyer, elle est jamais vide ! Ton prédécesseur faisait ses 10 à 15 kilomètres à pied, mais avec ta bicyclette, tu gagneras du temps !
Ah ! Encore une chose, mon gars ! Il serait bon que tu te laisses pousser la moustache. Une moustache fine et soignée, ça fait le facteur ! Et tu verras, ça plaira à nos bretonnes ! Mais attention, être au service des postes, c'est sérieux ! L'uniforme, on le respecte !
(p. 25)
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missmolko1missmolko1   07 février 2016
28 Juin 1914

L'archiduc Francois-Ferdinand, héritier de l'empire Austro-Hongrois, et son épouse, sont assassinés à Sarajevo par un jeune terroriste serbe.

Un archiduc autrichien, un terroriste serbe, voilà qui n'inspire au large des côtes bretonnes, qu'une profonde indifférence....

Seuls, ici, comptent les tâches journalières, la moisson qui ne va pas tarder, les thoniers en pleine campagnes..... On a du travail et aucune raison de s'alarmer de ce qui se passe dans ce Monténégro que personne ne connaît, ni ne situe...

... Sauf, probablement, Félicien, le seul à trouver qu'au-delà de ces sonorités dépaysantes, qui flattent son goût pour la poésie, il y a quelque chose de préoccupant....

Le «Mont Noir» : voilà qui n'annonce rien de bon.....

Là, sur cet îlot rocailleux abandonné aux frasques du fougueux Atlantique, la possibilité d'un conflit n’effleure même pas les esprits.

Pourtant, la sale guerre va bientôt frapper à la porte d'un coup de crosse de fusil et va la dégonder pour plusieurs années !
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ZilizZiliz   30 décembre 2015
Printemps 1915.
[...] il découvre le plaisir de la chair et celui de l'os, le goût de la peau, de la caresse à la morsure, les coups de rein, les frôlements et les frottements, ce qui fait courir les mâles, ce qui les fait se battre, oubliant qu'à des lieues de son île perdue, d'autres hommes s'écharpent pour des égéries autrement plus sanguinaires, les nations.
(p. 57)
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Sébastien Morice, en interview pour planetebd.com
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