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EAN : 9782207161869
Éditeur : Denoël (17/06/2020)
3.94/5   26 notes
Résumé :
Une réflexion sur les bouleversements sociologiques provoqués par la Covid-19. L'humanité à l'échelle planétaire a été touchée et à tous les niveaux, de l'individu à l'Etat. L'économie, les modes de vie et les comportements ont été modifiés. Le sociologue explique comment cette crise complexe et multiple peut initier une mutation en profondeur de la société.
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Aela
  13 juillet 2020
Edgar Morin vient de fêter ses 99 ans et on lui souhaite encore une longue vie! Ce livre écrit au moment de la crise du Coronavirus nous permet de prendre du recul sur cette crise qui a secoué la Terre entière et de dégager quelques conclusions intéressantes.
Ce court essai nous permet d'avoir un aperçu de sa vie longue et riche.. Après un passé bien rempli de résistant et de communiste, Edgar Morin a été sensibilisé assez tôt à l'écologie dès les années 70, marqué par le rapport Meadows de 1972, du nom de l'enseignant du MIT qui, l'un des premiers, a tiré la sonnette d'alarme sur la dégradation de la biosphère. Cette prise de conscience de l'écologie a été longue, regrette Morin, sans doute en raison d'une culture où la Bible, la philosophie, les sciences humaines ont pendant longtemps, disjoint nature, culture et règne animal.
Après ce préambule Edgar Morin revient sur cette crise que nous traversons et souligne qu'elle met en relief les faiblesses de la France.. pour n'en citer que quelques unes, l'excès de la bureaucratie, une centralisation excessive qui a empêché souvent les Territoires et collectivités locales d'exercer leurs compétences, le parasitage de certains ministères par les lobbies et firmes pharmaceutiques, la suprématie des spécialistes sur les généralistes avec par exemple les restrictions énormes qui ont été imposées aux médecins généralistes pour ce qui est du traitement des malades du Covid.
Une crise qui a, comme le souligne l'auteur, montré l'émergence de certains pays, là où on ne l'attendait pas: il cite le cas du Maroc qui a su s'adapter rapidement, augmenter la capacité en lits de réanimation et fournir assez vite des masques lorsque nous étions encore en pleine pénurie.
Cette crise est l'occasion aussi, et Morin insiste là-dessus, de revaloriser les professions habituellement dévalorisées: enseignants, soignants, caissiers...
Face à ce constat "lourd" il faut bien le dire, Edgar Morin ne propose pas de solution miracle mais il évoque plusieurs axes à prendre en compte:
- favoriser le travail par rapport au capital
- réinventer une nouvelle mondialisation qui s'accompagnerait parfois de "démondialisations" dans les secteurs vitaux comme la santé ou l'alimentation,
- réformer les administrations mais cela impliquera de gérer des transformations humaines et sociales,
- dynamiser la démocratie participative en faisant attention aux dérives que cela peut impliquer: absence des femmes ou des personnes en difficulté, risque de leadership des "forts en gueule"...
- enfin et c'est là que c'est le plus difficile, Edgar Morin propose d'inventer une nouvelle forme d'humanisme, une prise de conscience de la communauté de destin terrestre. Ce serait le message le plus fort, selon lui, de cette crise du Coronavirus.
Comme il le dit si bien, "nous sommes des êtres anthropo-bio-physiques, fils de la Terre." Un des effets de cette prise de conscience pourrait être l'établissement d'un service civique de solidarité.
Bien sûr tout cela n'est guère évident et parfois on a l'impression d'assister à des "voeux pieux" mais les perspectives données sont tout de même intéressantes.
ET enfin, l'auteur nous propose de redessiner une civilisation occidentale qui garderait ses valeurs de pensée critique et autocritique, les principes démocratiques, les droits de l'homme et de la femme mais qui saurait s'ouvrir sur certaines valeurs des civilisations traditionnelles (relation avec la nature, liens sociaux communautaires..)
La démarche d'Edgar Morin est très belle, il arrive à saisir le "positif" (si tant est qu'on puisse parler de "positif") dans cette crise terrible qui secoue le monde entier.
Ce confinement selon l'auteur aurait montré ce qu'il y a de superflu dans nos vies et partant de là, ce pourrait être la voie vers de nouveaux paradigmes.
Je n'avais jamais lu de livres d'Edgar Morin, j'ai apprécié celui-ci qui montre les grandes capacités de synthèse de l'auteur qui nous fait ressortir de manière admirable les tenants et aboutissants de la crise.
Son point de vue est souvent original et montre une grande connaissance des différentes civilisations.
Un petit mot pour terminer et pour souligner que la vie d'Edgar Morin est vraiment exceptionnelle: il a perdu sa maman à l'âge de 10 ans, sa maman étant décédée des suites de la grippe espagnole qui a causé bien plus de morts que celle que nous traversons, épidémie du début du 20 ème siècle et le voici affrontant maintenant presque centenaire l'épidémie de Coronavirus....
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denis76
  17 août 2020
J'aime beaucoup Edgar Morin ( j'aime aussi Edgar Grospiron ; je ne connais pas encore Edgar Allan Poe ... ).
Le corona a permis une pause dans la vie des gens, et beaucoup d'entre nous réfléchissent, et particulièrement les socio-philosophes comme Edgar Morin. Dans cet essai, il analyse ce que le confinement a révélé.
Puis il propose des leçons qu'on peut, qu'on devrait en tirer, des solutions pour que nous, la Planète Terre, Terre Patrie, orientions notre vie dans une nouvelle voie, La Voie d'Edgar.
.
L'auteur pose des questionnements sur la crise, questions que nous nous sommes posés :
Solidarité, valorisation des professions dévalorisées, mais aussi passivité des gros lobbyistes, cloisonnements médicaux, et surtout, fermeture des frontières, nationalismes exacerbés, non-solidarité financière des états entre eux jusqu'au tardif plan européen, constat de la dépendance de fabrication.
Puis il fait un constat sur la mondialisation, interpellée par ce virus mondial.
Morin est mondialiste depuis longtemps, mais avait-il prévu la suprématie de la sphère techno-économique, qui fait plus de mal que de bien ?
L'économie libérale a accru la mondialisation ;
La mondialisation a accru la dépendance des nations ;
La mondialisation a accru la délocalisation et les problèmes de chômage ;
La mondialisation a accru la fragilisation de la santé par rapport aux pays fabricants à coût de main d'oeuvre moins élevée, etc…
.
Et alors, il dit : « Changeons de voie ! «
Le corona a suspendu le temps, la course folle boulot-métro-dodo : saurons-nous préserver ce temps précieux qui a permis de recréer du lien social ?
.
Du coup, l'auteur reprend ses idées développées en 2011 dans « La Voie ».
Je pensais qu'il s'agissait de trucs géniaux, mais la Voie est une sorte d'Utopia de Thomas More, une société de bisounours, de liberté-égalité-fraternité, où la société
mondiale va mieux.
Comment ?
En diminuant le pouvoir des lobbies techno-économistes qui paralysent les progrès sociaux.
Comment ?
Par l'augmentation des pouvoirs des états et la prise de conscience des citoyens.
Je trouve ce double argument bien faible face aux puissants lobbies qui, bien sûr, ne cèderont pas d'un pouce, leur phénoménal pouvoir.
La Voie prévoit un Conseil Mondial de Conscience, avant d'organiser un Pouvoir Mondial de Contrôle ( une ONU avec exécutif ) sur :
-les lobbies ;
Les évasions fiscales ;
La libération de la drogue, pour éviter les trafics ;
Les guerres et les armes ;
La politique migratoire ;
L'écologie, la pollution, l'écoagrologie ;
Les indigènes et les polycompétences ;
La gestion de l'eau ;
La gestion des déchets.
.
Edgar Morin voit l'homme comme un Sapiens-Demens, un homme qui sait ( sapiens ), mais qui fait n'importe quoi ( demens ), et nous devons gérer cette dialectique « raison glacée du cerveau » versus « passions débridées » entraînant les guerres.
.
( Personnellement, j'ajoute un troisième élément, le coeur : pour moi, on oublie le coeur ; l'homme est, non une dualité mais un triangle :
Cerveau-raison glacée de la tête /
Passions démentes du ventre, des tripes style « mangez-le si vous voulez » /
Coeur-poésie-sensibilité-amour ) ;
.
L'analyse fournie dans ce livre est complète, mais la solution proposée me semble faible.
Les quatre étoiles sont surtout dues au style très clair d'écriture d'un homme clairvoyant de 99 ans. Ces quatre étoiles sont aussi dues au bon souvenir que j'ai de mes « années-Morin » :
.
Edgar Morin nous a été présenté, il y a longtemps, par un enseignant fana de lui : Dominique Durand ; celui-ci nous a captivé avec sa pensée complexe qu'il a résumée en patates ( les patates à Durand sont des lianes, à La Réunion ) : les patates qu'il dessinait au tableau avaient plein de flèches qui reliaient différents concepts.
Et c'est finalement ça, la pensée complexe : un thème qui relie plusieurs sciences ou savoirs, faisant émerger une idée, une connaissance, bref, c'est une synthèse, une globalisation. : j'ai fait des patates partout, et même des rosaces : j'ai découvert des interactions passionnantes !
Nous nous sommes mis à lires quelques-uns des livres d'EM, livres aux titres fascinants :
« La Nature de la nature » ;
« La Vie de la vie »…
Et puis, rien qu'à voir sa bouille de vieux sage au sourire de Joconde, on a envie d'en savoir plus 😊
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Mimimelie
  22 mars 2021
C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai lu cet essai d'Edgar Morin. L'humanité que cet homme-là dégage semble lui sortir de tous les pores de la peau !
Je l'ai toujours beaucoup apprécié mais là il m'a fracassée. Cet été, il fêtera ses 100 ans ce petit bonhomme, et j'ai eu l'impression qu'il donnait, dans ce peut-être dernier ouvrage, tout ce qu'il avait encore dans les tripes, d'énergie, de foi et d'espérance pour apporter sa modeste contribution à l'évitement d'un destin funeste pour notre humanité.
Changeons de voie nous dit-il, quand bien même il sait trop bien que le temps que nous nous décidions à agir ne lui donnera pas le plaisir de savoir si nous avons eu la sagesse de l'écouter…
Bouleversant pour moi.
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jmarcio
  13 juin 2021
J'apprécie Edgar Morin. Je ne partage pas ses idées, notamment l'idéologie communiste, mais j'apprécie la personne, toujours cohérent avec lui même. Mais…
Dans la première partie de ce livre, il présente ses réflexions, comment il a vécu et vu la pandémie. Je suis particulièrement d'accord avec lui lorsqu'il dit le besoin de plus de solidarité et de civisme. On vit dans un monde où les gens deviennent de plus en plus égoïstes, ne pensent qu'à leurs droits et où ces valeurs se perdent. C'est ce qui est à retenir de cette première partie.
La deuxième partie, je la considère décevante. le changement de voie proposé par Edgard Morin est la mise en place d'un mode de fonctionnement de la société fondé sur le communisme. Il le dit clairement !
Cette proposition, faite déjà au début de la pandémie, un moment grave, me semble assez déplacé. On ne savait rien encore sur la pandémie et une analyse faite à chaud, et sur quelles bases, m'a semblé plutôt de l'opportunisme pour essayer de caser sa tendance politique comme la solution. Qu'il le pense, c'est une chose, mais qu'il utilise sa notoriété pour le suggérer... ça ne fait pas sérieux.
S'il se base sur le manque de solidarité et civisme pour suggérer cela, il ne me semble pas que ces valeurs soient spécifiques du communisme. Aussi, tant que je le sache, dans un système communiste ces valeurs n'existent pas de façon sincère et authentique : elles sont imposées.
La cerise sur le gâteau vient lorsqu'il suggère de remplacer l'ONU par une organisation avec plus de pouvoirs. Cela ouvre la porte à des dystopies du genre “1984” (George Orwell) ou “Le Meilleur des Mondes” (Aldous Huxley).
Bref, si on enlève sa proposition déplacée d'un communisme mondial et le fait qu'il faut avoir plus de solidarité entre les gens, ce qu'on sait déjà depuis longtemps, il n'y a pas d'information ou réflexion utile dans ce livre.
Depuis que j'ai lu ce livre, plusieurs autres sont apparus, beaucoup plus intéressants, plus d'objectifs et avec moins de militantisme.
Le moment de la réflexion viendra. Il ne faut pas mettre la charrue devant les boeufs ni profiter de la situation pour faire du militantisme. La priorité du moment est d'apprendre sur la pandémie. le militantisme, si sérieux, doit venir après.
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Camille-Gqr
  18 octobre 2020
On doit cet ouvrage à Edgar Morin, sociologue et philosophe.
Dans les mains, on tient un bouquin d'écologie politique décomposé en plusieurs parties.
Un préambule explique le parcours de l'auteur et les expériences qui l'ont influencé et construit. S'en suit un état des lieux de la crise actuelle, ce qui nous a conduit jusqu'ici et les tenants et aboutissants qui composent les évènements auxquels nous faisons face et les défis que nous devons relever. La partie qui suit cet état des lieux présente des perspectives, pose des questions sur les tendances qui se profilent et les directions que nous pouvons prendre. Enfin, l'auteur nous expose un série de solutions que nous pourrions mettre en place.
L'ouvrage ne manque pas de références historiques et d'exemples qui permettent d'illustrer les propos de l'auteur.
Les idées proposées permettent de nous positionner sur un baromètre, qu'on y adhère ou non, parce que cela peut arriver. Ces propositions permettent de se situer sur nos propres sensibilités vis-à-vis de certaines problématiques.
Le message de l'ouvrage n'est pas un appel à la révolution radicale qui serait tout aussi néfaste que de laisser les choses suivre leur court, mais un appel au changement progressif et construit sur base d'une prise de conscience collective, la représentation, la participation de tout un chacun pour revaloriser la solidarité et la responsabilité collective. Je fais parti d'un TOUT qui est Nous. Ensemble nous ne savons pas vers ou nous allons cependant, nous pouvons faire en sorte que la destination soit belle.
Vis-à-vis du Covid-19, il nous offre l'opportunité d'une prise de conscience et nous montre l'étendue des possibles quant au pouvoir d'action du citoyen, c'est ainsi l'opportunité de prendre une tangente pour construire un monde plus Humain.
Le bouquin défend l'écologie sans négliger l'humain qui est vu comme un acteur créateur. Néanmoins, la rapidité de parution suite à la crise covid-19 empêche un recul sur les évènements qui pourrait être utile pour répondre à certaines questions posées.
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
denis76denis76   14 août 2020
Alors que des jeunes de banlieue, des restaurateurs, des ménagères préparaient des repas gratuits pour les démunis,
les premiers de cordée attendaient le plus souvent sur leurs sommets le moment de tirer à nouveau la corde à eux.
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AelaAela   13 juillet 2020
L'augmentation des occurrences des virus est liée à l'agriculture industrielle massive, plus particulièrement l'industrialisation de l'élevage animal. La politique de déforestation entraîne aussi l'apparition des maladies.
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AelaAela   13 juillet 2020
L'économiste de la santé Jean de Kervasdoué a mis en relief les défaillances des ministres successifs et de l'administration de la Santé et a souligné le rôle des lobbies et des divergences d'intérêts, qui ont bloqué toute réforme du secteur. Ajoutons que l'obsession de la rentabilité chez les dirigeants a conduit à des économies coupables pour les hôpitaux et pour la prévention des risques sanitaires.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   24 juin 2020
Les catastrophes nucléaires de Tchernobyl ou de Fukushima secouent quelques temps une opinion qui, droguée par l’immédiat, se rendort.

Préambule. Cent ans de vicissitudes, p. 21-22
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   24 juin 2020
Et comment ne pas nous poser la question qui n’a aucune place dans nos programmes d’enseignement et qui concerne chacun d’entre nous : qu’est-ce qu’un être humain ?

Chapitre 1. Les 15 leçons du coronavirus, p. 33
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