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ISBN : 2757842005
Éditeur : Points (04/09/2014)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Introduction à la pensée complexe
Nous demandons à la pensée qu'elle dissipe les brouillards et les obscurités, qu'elle mette de l'ordre et de la clarté dans le réel, qu'elle révèle les lois qui le gouvernent. Le mot de complexité, lui, ne peut qu'exprimer notre embarras, notre confusion, notre incapacité à définir de façon simple, à nommer de façon claire, à ordonner nos idées. Sa définition première ne peut fournir aucune élucidation: est complexe ce qui n... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
IreneAdler
  29 janvier 2016
Il est loin, très loin des dogmes scientifiques qui prévalent (ou prévalaient ? Les articles du livre datent des années 1980).
Il nous explique très bien le problème des sciences aujourd'hui : elles n'ont pas de vision d'ensemble des phénomènes qu'elles étudient. Il donne l'exemple du cerveau : tandis que la biologie étudie les phénomènes neuronaux, la psychologie étudie le fonctionnement de la pensée. Or dans la réalité, les deux fonctionnent ensemble.
Ce qu'il rejette, c'est le découpage artificiel de la science, mais tellement accepté que chacun pense que le réel est ainsi découpé ; cela a permis de grandes découvertes, mais la science doit se réformer (ou se reformer). Morin voudrait quelque chose de très simple à énoncer, mais de très difficile et pour lui indispensable : la transdisciplinarité scientifique.
C'est un petit livre très intéressant et qui ouvre de grandes perspectives pour les sciences, si elles acceptent de s'ouvrir les unes aux autres. C'est un petit livre qui fait réfléchir, à conseiller à chaque étudiant voulant devenir chercheur.
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rachidben
  10 juin 2018
Voici le genre de texte qui transforme en profondeur nos paradigmes, notre vision du monde ; et c'est justement de quoi traite l'ouvrage. Il se compose d'extraits d'articles et de conférences d'il y a plusieurs décennies, mais est plus actuel que jamais. L'ouvrage n'est pas épais, mais particulièrement riche en concepts et théories, aussi, il est peut-être préférable de l'aborder en ayant déjà un premier niveau de connaissances scientifiques (des textes de vulgarisation scientifique généraliste - Staune ou Bogdanov par exemple - peuvent être un bonne introduction). Par ailleurs, malgré la diversité des domaines auxquels peut s'appliquer sa proposition d'une "pensée complexe", Edgar Morin ne développe que quelques exemples ici et là. Comme le titre le précise, il s'agit bien d'un introduction qui mérite d'être complétée et approfondie, d'abord par une réflexion auquel l'auteur nous invite au quotidien, ensuite dans une immersion dans des publications plus généreuses en démonstrations. Une chose est sûre, ce livre est un classique à mettre entre toutes les mains de celles et ceux qui souhaitent développer une pensée "complexe" : étudiants, chercheurs, scientifiques, philosophes, ou peut-être, pour rester plus fidèle au texte, aux êtres humains, moins segmentés dans la réalité que ces catégories abstraites.
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DamienR
  13 novembre 2011
Dans un langage très accessible, Edgar Morin nous entraîne dans son cheminement vers la complexité comme base fondamentale de l'épistémologie. Ce petit livre est assez agréable à lire car il s'agit d'une compilation de textes relativement courts, au sujet précis. Et pourtant il pourrait être beaucoup plus compliqué... En tout cas sa vision est intéressante, tout en étant tortueuse. Elle est certainement critiquée par le milieu scientifique traditionnel, car c'est celui qui est le plus remis en cause (à cause de sa spécialisation excessive, la réduction des problématiques, mutilation de la réalité...)
Edgar Morin a surtout publié sa "Méthode" (rien que ça ?) en 6 énormes volumes. Alors avant de se plonger dans une telle lecture, on peut déjà se faire une petite idée grâce à cette petite introduction.
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Torticolis
  12 février 2016
Je ne pense pas être capable de reformuler le contenu du livre pourtant je crois en avoir compris le sens qui m'a grandement intéressé. Que tout ceci est complexe !
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Fx1
  03 mai 2014
Un livre court , intelligent , important . En termes trés abordables , ce qui va déplaire a ceux qui se gargarisent avec les auteurs incompréhensibles , Morin expose sa vision de la structure de la pensée , donne les clés pour la comprendre . C'est remarquablement écrit et trés pédagogique .
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
rachidbenrachidben   10 juin 2018
On a beau savoir que tout ce qui s'est passé d'important dans l'histoire mondiale ou dans notre vie était totalement inattendu, on continue à agir comme si rien d'inattendu ne devrait désormais arriver. Secouer cette paresse d'esprit, c'est une leçon que donne la pensée complexe.
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enkidu_enkidu_   08 août 2016
Il y a une telle complexité dans l'univers, il est apparu une telle série de contradictions que certains scientifiques croient dépasser cette contradiction, dans ce qu'on peut appeler une nouvelle métaphysique. Ces nouveaux métaphysiciens cherchent dans les mystiques, notamment extrêmes-orientales, et notamment bouddhistes, l'expérience du vide qui est tout et du tout qui n'est rien. Ils perçoivent là une sorte d'unité fondamentale, où tout est relié, tout est harmonie, en quelque sorte, et ils ont une vision réconciliée, je dirais euphorique, du monde.

Ce faisant, ils échappent à mon avis à la complexité. Pourquoi ? Parce que la complexité est là où l'on ne peut surmonter une contradiction voire une tragédie. Sous certains aspects, la physique actuelle découvre que quelque chose échappe au temps et à l'espace, mais cela n'annule pas le fait qu'en même temps nous sommes incontestablement dans le temps et dans l'espace.

On ne peut réconcilier ces deux idées. Devons-nous les accepter telles quelles ? L'acceptation de la complexité, c'est l'acceptation d'une contradiction, et l'idée que l'on ne peut pas escamoter les contradictions dans une vision euphorique du monde.

Bien entendu, notre monde comporte de l'harmonie, mais cette harmonie est liée à de la dysharmonie. C'est exactement ce que disait Héraclite : il y a de l'harmonie dans la dysharmonie, et vice versa. (pp. 86-87)
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blogocultureblogoculture   19 janvier 2011
Ainsi, le concept d’information présente de grandes lacunes et de grandes incertitudes. Cela est une raison, non pour le rejeter, mais pour l’approfondir. Il y a, sous ce concept, une richesse énorme, sous-jacente, qui voudrait prendre forme et corps. Cela est, évidemment, aux antipodes de l’idéologie “informationnelle” qui réifie l’information, la substantialise, en fait une entité de même nature que la matière et l’énergie, en somme fait régresser le concept sur les positions qu’il a pour fonction de dépasser. C’est donc dire que l’information n’est pas un concept-terminus, c’est un concept point de départ. Il ne nous révèle qu’un aspect limité et superficiel d’un phénomène à la fois radical et polyscopique, inséparable de l’organisation.
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enkidu_enkidu_   07 août 2016
Le sujet est renvoyé, comme perturbation ou bruit, précisément parce qu'il est indescriptible selon les critères de l'objectivisme : « Il n'y a rien dans nos théories présentes de la pensée qui nous permette de distinguer logiquement entre un objet comme une pierre et un sujet comme unité de conscience, lequel nous apparaît seulement comme un pseudo-objet si nous le logeons dans le corps d'un animal ou humain et l'appelons Ego. » Le sujet devient fantôme de l'univers objectif : c'est le « mystérieux X qui défie la description en termes de prédicats applicables à quelque objet contenu dans l'univers ».

Mais chassé de la science, le sujet prend sa revanche dans la morale, la métaphysique, l'idéologie. Idéologiquement, il est le support de l'humanisme, religion de l'homme considéré comme le sujet régnant ou devant régner sur un monde d'objets (à posséder, manipuler, transformer). Moralement, c'est le siège indispensable de toute éthique. Métaphysiquement, c'est la réalité ultime ou première qui renvoie l'objet comme un pâle fantôme ou, au mieux, un lamentable miroir des structures de notre entendement.

De tous ces côtés, glorieusement ou honteusement, implicitement ou ouvertement, le sujet a été transcendantalisé. Exclue du monde objectif, « la subjectivité ou conscience (a été identifiée) avec le concept d'un transcendantal qui arrive de l'Au-delà » (Gunther). Roi de l'univers, hôte de l'univers, le sujet se déploie donc dans le royaume non occupé par la science. À l'élimination positiviste du sujet, répond, à l'autre pôle, l'élimination métaphysique de l'objet ; le monde objectif se dissout dans le sujet qui le pense. Descartes est le premier à avoir fait surgir dans toute sa radicalité cette dualité qui allait marquer l'Occident moderne, posant alternativement l'univers objectif de la res extensa, ouvert à la science, et le cogito subjectif irrésistible, irréductible premier principe de réalité.

Depuis, effectivement, la dualité de l'objet et du sujet se pose en termes de disjonction, de répulsion, d'annulation réciproque. La rencontre entre sujet et objet annule toujours l'un des deux termes : ou bien le sujet devient « bruit » (noise), non-sens, ou bien c'est l'objet, à la limite le monde, qui devient « bruit » : qu'importe le monde « objectif » pour qui entend l'impératif catégorique de la loi morale (Kant), pour qui vit le tremblement existentiel de l'angoisse et de la quête (Kierkegaard). (pp. 55-56)
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enkidu_enkidu_   07 août 2016
Nous vivons sous l'empire des principes de disjonction, de réduction et d'abstraction dont l'ensemble constitue ce que j'appelle le « paradigme de simplification ». Descartes a formulé ce paradigme maître d'Occident, en disjoignant le sujet pensant (ego cogitans) et la chose étendue (res extensa), c'est-à-dire philosophie et science, et en posant comme principe de vérité les idées « claires et distinctes », c'est-à-dire la pensée disjonctive elle-même. Ce paradigme, qui contrôle l'aventure de la pensée occidentale depuis le xviie siècle, a sans doute permis les très grands progrès de la connaissance scientifique et de la réflexion philosophique ; ses conséquences nocives ultimes ne commencent à se révéler qu'au xxe siècle.

Une telle disjonction, raréfiant les communications entre la connaissance scientifique et la réflexion philosophique, devait finalement priver la science de toute possibilité de se connaître, de se réfléchir, et même de se concevoir scientifiquement elle-même (...) la pensée simplifiante est incapable de concevoir la conjonction de l'un et du multiple (uniras multiplex) (...) ainsi, on arrive à l'intelligence aveugle. L'intelligence aveugle détruit les ensembles et les totalités, elle isole tous ses objets de leur environnement. Elle ne peut concevoir le lien inséparable entre l'observateur et la chose observée. Les réalités clés sont désintégrées. Elles passent entre les fentes qui séparent les disciplines. Les disciplines des sciences humaines n'ont plus besoin de la notion d'homme. Et les pédants aveugles en concluent que l'homme n'a pas d'existence, sinon illusoire. Tandis que les media produisent la basse crétinisation, l'Université produit la haute crétinisation. La méthodologie dominante produit un obscurantisme accru, puisqu'il n'y a plus d'association entre les éléments disjoints du savoir, plus de possibilité de les engrammer et de les réfléchir.
(...)
Malheureusement, la vision mutilante et unidimensionnelle, se paie cruellement dans les phénomènes humains : la mutilation tranche dans les chairs, verse le sang, répand la souffrance. L'incapacité de concevoir la complexité de la réalité anthropo-sociale, dans sa micro-dimension (l'être individuel) et dans sa macro-dimension (l'ensemble planétaire de l'humanité), a conduit à d'infinies tragédies et nous conduit à la tragédie suprême. (pp. 18-21)
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Videos de Edgar Morin (69) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Edgar Morin
Frédérique Berthet La Voix manquante éditions P.O.L Chronique d'un été : où Frédérique Berthet tente de dire quelques mots sur "Chronique d'un été", le film de Jean Rouch et d'Edgar Morin à l'occasion de la parution de "La Voix manquante" et où il est question notamment de sociologie et d?ethnographie, de l'histoire du film et de Marceline Loridan-Ivens, de "es-tu heureux?" et de "comme si", de Jean Rouch et d'Edgar Morin, de commensalité et de vérité, de déportation et de micro-cravate, à l'occasion de la parution aux éditions P.O.L, dans la collection TRAFIC, de "La Voix manquante", à Paris le 4 mars 2018 "Quelque chose est en cours. Je sens bien qu?on prend le train en marche, que les trois qui sont là ont dû se parler avant qu?on ne commence à les entendre. Marceline s?affiche en brune dans le noir et blanc. Dans quelques secondes, elle va entrer en cinéma, s?avancer de son corps, de sa voix, vers la mise en scène d?une effraction de l?histoire. Ses bras nus portent un message à peine visible : un matricule bouleversant, qui fait intrigue pour ceux qui la filment en ce 16 mai 1960. Cette histoire rapprochée du film d?ethnographie parisienne Chronique d?un été (Jean Rouch, Edgar Morin, 1960) reconstitue la fabrique d?un personnage féminin qui n?eut pas « les quinze ans de tout le monde ». En intriquant intimité et collectivité, décors naturels et sites fantomatiques, hier et aujourd?hui, je suis partie à la recherche de ce que l?écran condense du manque et de ce que les archives déplient du temps ? le temps d?apprendre à styliser et à dire. Apparaît ainsi, d?entre les pages, la silhouette prémonitoire d?une contemporaine, artiste et témoin de la Shoah. F.B."
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>Philosophie et disciplines connexes>Epistémologie, causalité, genre humain>Epistémologie (Théorie de la connaissance) (74)
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