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Stéphane Durand (Autre)
EAN : 9782330135898
128 pages
Éditeur : Actes Sud (16/09/2020)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Le tissu du vivant dont nous sommes des fils se déchire tout autour de nous, fragilisant nos futurs possibles. Nous le savons, et pourtant le sentiment d’impuissance domine. Pourquoi ? C’est qu’on défend mal ce qu'on comprend mal. Et si nous nous étions trompés sur la nature de la “nature” ? On imagine volontiers le monde vivant aujourd’hui comme une cathédrale en feu. Mais le tissu du vivant, cette aventure de l’évolution qui trame ensemble toutes les espèces de la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
karkarot
  24 février 2021
Baptiste Morizot est un auteur dont on commence à connaître le nom, et à voir les livres en librairies, ou sur les quelques plateaux télé qui parle livres. Il produit les essais, les réflexions et les articles à un rythme élevé depuis quelques temps.
La question en achetant celui-ci, un énième, c'est "sera-ce toujours aussi bien et novateur ?"
La réponse, assez clairement, est OUI.
Bien sûr, l'auteur ressasse quelques thèmes qui lui sont chers, reparle des mêmes idées, redonne ses propositions phares, mais axe son livres sur autre chose que ceux que j'ai pu lire jusque là.
Cette fois-ci il entend déconstruire l'idée que l'on se fait de la nature et rebâtir une nouvelle métaphysique à la fois moins anthropomorphique, gestionnaire et dualiste de cette nature.
Depuis l'antiquité en effet l'homme occidental a séparé nature et culture, Hommes et bêtes, sauvagerie et aménagement par lui apporté, nature inutile et champs productifs.
De là découle aussi notre conception de la protection de la nature, pas forcément la bienvenue, ou plutôt trop manichéenne pour être efficace.
Baptiste Morizot déconstruit l'idée de la protection, de la gestion (type parc à l'américaine dont l'origine est symétrique des réserves d'indiens) et prône plutôt une levée des forçages, des barrages qui font obstacle à l'abondance naturelle du vivant qui n'a besoin de personne pour croitre et multiplier !
Il cite volontiers les livres et actions menés par Gilbert Cochet et son épouse (ré-ensauvageons la France, ou l'Europe ré-ensauvagée), notamment l'initiative récente de l'ASPAS qui a acheté un bout de forêt en Vercors pour en faire une réserve intégrale.
De cette paillette dans la forêt, il tire les fils pour désamorcer les conflits qui ont pu naître, les crispations que cette initiative a engendrée. Ces oppositions sont fausses, la seule qui existe est celle face à l'agriculture et l'industrie insoutenable, qui détruit la nature, c'est à dire nous, puisque nous humains sommes la nature, intrinsèquement liés à tous les autres vivants du globe dont nous sommes.
Nous sommes le vivant qui se défend, voilà un mantra maintes fois répétés par l'auteur au cours de cet essai.
Un slogan convaincant qui donne envie d'agir !
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MrDimitriG
  05 octobre 2020
Morizot continue de dérouler sa pensée. le travail de modification du regard et des égards commencé sur le loup est ici étendu au forêt, à l'agriculture. A notre environnement quotidien. Moins philosophique et plus écologique, le livre a toutes les qualités pour convaincre son lecteur de l'urgence écologique et plus encore, de le convaincre d'agir. Les solutions existent et leur mise en oeuvre est légitime. Au fil des lignes, on se dit que oui, définitivement, il faut avoir confiance dans l'avenir.

J'aurais apprécier une analyse économique et sociologique un peu plus poussée sur l'agriculture, mais cela mériterait un livre à part entière.
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Vinccent
  12 février 2021
C'est en s'appuyant sur un exemple très concret – le projet d'une association d'acquérir une forêt dans le Vercors pour la soustraire à toute intervention humaine – que Baptiste Morizot développe sa pensée. Cette référence constante à ce qu'il considère comme un cas d'école, rend son analyse philosophique très abordable. Il développe son raisonnement de façon concentrique, en revenant à plusieurs reprises sur le même motif, la même idée qu'il aborde sous un angle différent.
Ce qu'il propose : opérer un glissement conceptuel pour passer de l'idée, un peu paternaliste à son goût, d'une « nature à protéger », à une attitude qui relèverait d'avantage d'un sentiment de confraternité avec l'ensemble des êtres vivants, êtres vivants vis-à-vis desquels il nous faudrait faire preuve de plus d'attention, et de gratitude. Faire confiance aux potentialités du vivant, maintenir le feu nourricier de la vie et se tenir prêt à en raviver les braises, quand il le faut, pour contrer les menaces qui l'atteignent.
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Duluoz
  14 novembre 2020
Pour "Raviver les braises du vivant" Baptiste Morizot nous propose en préalable un soigneux et méticuleux débroussaillage...pour maîtriser le feu qui couve.
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critiques presse (1)
Actualitte   09 novembre 2020
C'est cela que, tout au long de ces pages, Baptiste Morizot enjoint à tout un chacun de faire : rechercher toutes les alternatives qui permettent de « raviver les braises du Vivant » en coalisant toutes les forces déjà en mouvement [...] Un livre enthousiasmant !
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
ArmionArmion   15 mars 2021
On peut distinguer ainsi trois types de réensauvagement, à partir de leur positionnement philosophique, souvent inavoué, concernant la place de l'humain dans la "nature". Il y a d'abord le réensauvagement que j'appelle ici "misanthrope". Il postule que toute action et toute présence humaine constituent intrinsèquement une pollution: il repose paradoxalement sur un dualisme absolu, selon lequel les humains sont d'une autre nature que la "nature" [...]. Le réensauvagement que j'appelle "passéiste" repose quant à lui sur l'idée que l'état normatif, intrinsèquement bon, des milieux est celui que manifestaient les écosystèmes avant la révolution néolithique, avec ses implications de mise en culture des milieux et de croissance démographique. Il repose sur l’anthropologie étrange suivant laquelle la seule forme de l'humain qui serait de la même nature que la "nature" serait la forme prénéolithique (figurée par des chasseurs-cueilleurs souvent fantasmés, mais conçus comme vivant "en harmonie" avec la nature) [...]. Elle se retrouve ce faisant à ériger en norme ce que doivent être les écosystèmes, le faciès qu'ils ont eu avant que n'émerge le mythe fondateur de la civilisation, à savoir l'agropastoralisme néolithique [...]. Dans l'approche défendue ici, il n'y a pas de culte de la nature intacte, ou de désir de retourner au Paléolithique: les milieux héritent d'une histoire qui tisse la géologie, le climat, l'évolution, et l'action humaine [...]. Ce réensauvagement solidaire, alors, consiste avant tout à favoriser la régénération de ces fonctionnalités du milieu qui fonctionnent toutes seules.
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VinccentVinccent   07 février 2021
En un mot, le vivant ne "s'effondre" pas. Le vague de cette formule, ses relents apocalyptiques ne font pas justice au vivant (ni à nous : il y a encore de la mégalomanie anthropocentrique dans cette affaire). Non, la biosphère ne "mourra" pas : ce sont des myriades de formes vivantes et de relations entre vivants qui sont en danger, des tissages immémoriaux, et enfin nos relations constitutives avec le vivant actuel (et pas le vivant en soi) qui sont en passe de disparaitre.
p60
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ArmionArmion   16 mars 2021
Nous héritons d'un schème métaphysique qui désamorce toute possibilité de gratitude lorsque le don n'est pas intentionnel, c'est une part de l'héritage monothéiste: tout don qui n'est pas voulu n'est pas considéré comme un don, mais du donné, presque un dû, quelque chose de matériel qui est seulement là pour qu'on s'en empare. Rendre possible la gratitude pour les dons non intentionnels qui nous font vivre, c'est faire sauter un verrou décisif dans notre rapport au monde vivant.
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VinccentVinccent   07 février 2021
On parle souvent de "déconnexion" contemporaine à la nature, en particulier pour les citadins qui en seraient éloignés. Cette formule éculée peut trouver ici un sens consistant : la déconnexion n'est pas un problème d'éloignement géographique, et ce n'est pas non plus un problème d'amour, ce n'est pas que les urbains n'aimeraient pas ou aimeraient moins la "nature" que ceux qui vivraient à son contact. C'est qu'en tant qu'ils vivent dans un milieu marqué du sol au plafond par la main humaine, ils sont plus susceptibles d'oublier comment notre monde tient, ce monde tissé de quatre milliards d'années d'évolution de vivants qui sont partout et le font perdurer. Être déconnecté de la nature, si cette formule à un sens, c'est avant tout cela : s'être éloigné d'une sensibilité quant à qui fait réellement le monde.
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VinccentVinccent   07 février 2021
Au moment de l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, on a vu fleurir sur les réseaux sociaux des mèmes troublants. Il s'agissait de photos de jungles saccagées, de plages salies, de forêts exsangues, de fonds marins pollués, et sous chaque photo était écrit : "Rebuilt this cathedral".
Cette image puissante voulait rendre visible la disproportion des moyens financiers et de la mobilisation entre deux cas de destruction de choses profondément précieuses. Il y a de la justesse dans ce montage. Mais comme dans toute métaphore, cette image est un obstacle à d'autres égards. Car le vivant n'est pas une cathédrale en flamme, c'est un feu qui s'éteint. Le vivant est le feu lui-même. Un feu germinatif.
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Videos de Baptiste Morizot (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Baptiste Morizot
Merci à Baptiste Morizot, aux éditions Actes Sud et WildProject pour cet essai philosophique et politique majeur : "Raviver les braises du vivant : un front commun".
Bon visionnage :)
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