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ISBN : 2330101155
Éditeur : Actes Sud (11/04/2018)

Note moyenne : 4.44/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Depuis les forêts du Yellowstone aux crêtes du Kirghizstan, des steppes du Haut-Var à la terrasse de son appartement, Baptiste Morizot nous invite à partir sur les traces d'êtres hors du commun, souvent mythifiés : les grands prédateurs - ours, loups, panthères des neiges? À travers différents récits de pistage, l'auteur nous propose ainsi de nous "enforester", selon l'expression des coureurs de bois du Grand Nord canadien : porter son attention sur le vivant simult... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Franz
  31 octobre 2018
La Terre au grand air.
La réflexion nourrie par la pratique du pistage de l'enseignant-chercheur Baptiste Morizot est placée dès le préambule sous le parrainage intellectuel du grand anthropologue français Philippe Descola, connu pour ses travaux sur le rapport nature/culture dans les sociétés tribales amazoniennes. Rien d'abscons cependant car si le ton est donné, le style de l'auteur coule de source. Les phrases sont déliées, rythmées, scandées, chargées de sens. Les descriptions des paysages traversés, pour brèves qu'elles soient, sont pour le moins évocatrices, lestées de sensations et poétiques, dans le sens plein du terme. D'emblée, le propos est pertinent, incisif, essentiel. le lecteur se dit qu'enfin une voix claire émerge du désert mental où erre notre civilisation déboussolée, coupée de ses liens nourriciers avec la nature, le « dehors » qu'il faudra bien réinvestir autrement sous peine de se perdre définitivement : « Pourquoi ne pas tenter de bricoler une cosmologie plus aimable… en tissant ensemble pratiques, sensibilité et idées ». Ni idéologique ni utopiste, la réflexion personnelle est constamment enrichie par des observations de terrain. On est donc loin d'un système de pensée dogmatique collé artificiellement sur le vivant mais bien plus proche d'un questionnement existentiel somme toute vertigineux et bouleversant pour peu qu'on s'y penche un peu.
En introduction, l'auteur cherche à dénommer l'acte d'aller dans la nature, le dehors, le bush, le grand air et finalement opter pour un terme de coureurs des bois canadiens du XVIIIe siècle, « s'enforester » : « Que celui qui se laisse enforester… rentre un peu différent de son voyage garou : en sang-mêlé, à cheval entre deux mondes. Ni avili ni purifié, juste autre et capable de voyager un peu entre les mondes et de les faire communiquer, pour travailler à mettre en oeuvre un monde commun ». le premier chapitre est consacré à la rencontre du loup et c'est passionnant à suivre. le loup devient un homme pour l'homme quand les regards se croisent et se dévisagent. Dans le chapitre suivant, la confrontation avec l'ours américain sera l'occasion de se repenser en tant que proie, « viande » dira l'auteur : « un humain est parfois moins digne d'intérêt qu'une souche ». L'ours, omnipotent dans son milieu naturel, peut : « nous restituer notre statut écologique de vivant parmi les vivants, pris dans la grande circulation de l'énergie solaire… ». le 3e chapitre amène au Kirghizistan, dans la réserve naturelle du lac Song Kul et à l'exemple de la panthère des neiges emblématique des lieux, l'auteur apprend la « patience désirante ». Les chapitres suivants vont reprendre les réflexions nourries par l'observation in situ et les étoffer avec un souci constant de clarté et de didactisme.
Une intelligence diplomatique et empathique est nécessaire pour approcher le vivant dans son altérité, les paumes ouvertes mais les sens aux aguets, la peur transcendée et la pensée ouverte, tout un apprentissage autre, davantage chamanique et animiste que rationnel et judéo-chrétien. Il s'agira de « composer des habitats partagés » afin que la cohabitation avec la nature soit possible. Ces récits de pistage où les observations de terrain côtoient des réflexions essentielles ouvrent des voies enthousiasmantes pour approcher avec respect et griserie la nature, déchiffrable en partie quand la patience, l'art et les connaissances naturalistes s'ajustent. Progressivement, l'auteur décentre son questionnement du pistage et l'élargit vers notre animalité fondatrice, sédimentée, des « matrices comportementales » partagées par d'autres animaux et depuis détournées, enfouies mais promptes à surgir quand l'environnement les stimulent. En partageant nos espaces, on enrichit considérablement nos existences.
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RShaka
  03 mars 2019
Je suis assez mitigé pour cet ouvrage. D'un côté, je suis un peu déçu par son côté environnement qui est moins riche que ce que je ne pensais ; de l'autre, la réflexion philosophique initiée et la recherche sur soi, via le côté environnement via la piste animale, qui justifie son titre ainsi qu'un intérêt élevé ; rend cet ouvrage intéressant même si il n'est pas forcément ce qu'on croit.
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8deCarreau
  10 août 2018
Scruter les traces laissées par un ours ou par un vers de terre devient une aventure qui connecte au vivant et qui invite à penser différemment.
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critiques presse (1)
Actualitte   12 juin 2018
Ce bouquin est une ode à la vie. C’est un livre de chevet. C’est un manifeste écologique. C’est un renversement politique. C’est un bouleversement de l’esprit du randonneur.

Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
AventurenaturalisteAventurenaturaliste   13 juin 2018
C'est peut-être un invariant de la rencontre animale : quand on croise un animal sauvage par hasard dans la forêt, une biche qui lève les yeux vers soi, on a l'impression d'un don, un don très particulier, sans intention de donner, sans possibilité de se l'approprier. C'est ce qu'en phénoménologie on appelle un don pur : personne n'a voulu donner, personne n'a rien perdu en donnant, et le don ne vous appartient pas, il pourra se donner à d'autres. On sent monter dedans une improbable gratitude. Juste l'envie de rendre grâce pour cet imprévu aussi beau qui en cet instantexiste et se donne aux yeux.
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AventurenaturalisteAventurenaturaliste   13 juin 2018
Le pistage comme manière d'arpenter donne à voir les limites insoupçonnées de nos pratiques familières de randonnée. Par contraste avec la forme d'attention développée par le pistage, le randonneur apparaît parfois comme un personnage insensible aux autres vivants, un voyageur qui ne verrait que lui en traversant pourtant les habitats enchevêtrés des autres, érigés en son terrain de jeu personnel et de ressourcement spirituel.
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FranzFranz   19 décembre 2018
« Civilisé » signifie que les arrivants, ignorants de l’éthologie et de l’écologie des cohabitants non humains, peuvent y vivre sans la moindre vigilance et en toute innocence (c’est-à-dire ignorance plus qu’insouciance). […] Mais le « civilisé », lui, veut vivre en toute solitude cosmique, sans avoir à être vigilant à son environnement désormais vidé de présences. Sans avoir à le connaître et à négocier avec des puissances animales, végétales, écosystémiques, atmosphériques qu’il considère comme inférieures. (p. 150)
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FranzFranz   19 décembre 2018
Les simples, ce sont les plantes sauvages médicinales, aromatiques ou nutritives qu’on trouve partout dans les friches, les forêts, les interstices de béton et les prairies. Des chercheurs ont découvert à El Sidron les restes d’un jeune Néandertalien, mort il y a quelque cinquante mille ans, dont le tartre dentaire montre qu’il mâchait des bourgeons de peupliers dont les propriétés antalgiques et anti-inflammatoires ont été récemment découvertes par les biologistes. (p. 156)
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FranzFranz   19 décembre 2018
« Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie » [Blaise Pascal, Pensées, Le Livre de Poche, 2000, p. 58], dit Pascal, exprimant par-là l’archétype du sentiment de solitude cosmique des modernes – mais pourquoi toute l’ethnographie des peuples premiers qui vivent encore en cohabitants dans leur communauté écologique n’évoque-t-elle jamais cette angoisse du silence du monde et de la solitude cosmique qui est pour Pascal la condition humaine universelle ? (p. 158-159)
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Videos de Baptiste Morizot (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Baptiste Morizot
À l'occasion du festival 2019 "Oh les beaux jours !" de Marseille, rencontre avec Baptiste Morizot autour de son ouvrage "Sur la piste animale" aux éditions Actes Sud.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2186602/baptiste-morizot-sur-la-piste-animale
Notes de Musique : Youtube Audio Library.
Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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