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EAN : 9782253003052
318 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/12/1971)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 123 notes)
Résumé :
Non, déclare le zoologiste Desmond Morris, nous ne sommes pas une espèce nouvelle née du processus de l'évolution, nous sommes toujours des singes.
Et il le démontre. Eliminant les sociétés primitives encore existantes comme étant " des ratés de l'évolution ", il observe le singe nu moderne, arboricole, sorti des forêts et devenu carnivore, sous l'angle de la sexualité, de l'éducation, de la combativité et de la recherche du confort (où il assimile hardiment ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Krout
  14 novembre 2019
Le singe nu court depuis longtemps, édité en 1967 à plus de 10 millions d'exemplaires en 23 langues d'après wikipedia, l'analyse sans concession et le regard aiguisé porté par le zoologue Desmond Morris appliquant à notre propre espèce les méthodes d'investigation en vogue pour appréhender les modes de vie des autres espèces animales n'ont pas manqué de faire polémique à sa sortie. Ce coup de pied, ô combien salutaire, au complexe de supériorité et à l'arrogance sans borne qui sont nôtres aura tiré les hauts cris de la gent dominant la bien-pensance.

Le poète a toujours raison et en 1962 Jacques Brel chantait déjà Les singes.
https://www.youtube.com/watch?v=xcGsiyJcNGQ

Desmond Morris en fait dans ce bref essai de 275 pages un développement pertinent découpé en 7 chapitres reposant sur de nombreuses sources et plusieurs expériences. Un ouvrage interpellant dont la distanciation force parfois le lecteur à sourire ou à rire pour cacher son malaise, or comme nous l'apprend l'auteur l'action de rire n'est qu'un dérivé de celle pleurer. Reposer sur une méthode scientifique ne signifie aucunement que tous les propos contenus doivent être pris pour paroles de vérité, concept par ailleurs imaginaire. Néanmoins malgré quelques faiblesses, quand nos experts actuels labelisent sans aucun complexe certaines espèces d'invasives et de nuisibles alors que la pire d'entre elle est la nôtre, le choquant appel à une remise en question reste totalement d'actualité.

Qui l'a lu ? Peut-être Eric Zémour mais sa façon de porter la polémique me fait penser après cette lecture au comportement d'un primate sous-dominant rendu particulièrement agressif par son inaptitude à conduire le troupeau. Le danger réside bien évidemment dans l'interprétation. Malgré tout, ayant pris note du désir exploratoire absolu animant les singes nus que nous sommes, je n'hésite pas à en recommander la lecture aux créationnistes, aux djihadistes, aux religieux de tout bords y compris les bouddhistes, aux philosophes, aux sociologues, à la grande famille des psys y inclus les psychopathes, aux féministes, aux végétariens, aux végans, aux dirigeants et aux politiques, pour autant que celles et ceux-ci soient prêts à questionner leurs croyances en toute humilité, ce qui fait du coup beaucoup moins de monde.

Que Le singe nu coure encore pour un temps. Hélas, il copule toujours excessivement ce que l'auteur considérait déjà problématique à une époque où nous n'étions encore que 3 milliards. C'est pourquoi ce livre est aussi cri d'avertissement et vibrant appel à un développement plus qualitatif par l'éducation doublé d'un urgent contrôle des naissances pour éviter famines, pandémies et génocides. Or il faut bien constater que nous faisons face à un double problème pour l'avenir du singe nu, ce sont malheureusement ses populations les moins éduquées qui se reproduisent le plus.

Le mérite d'un tel ouvrage est bien évidemment un appel à la réflexion et au questionnement, il s'agit de courageusement oser regarder la réalité de différents points de vue pour en avoir une meilleure représentation. Corroborant les prévisions de Desmond Morris d'une agressivité exacerbée par une densité d'individus excessive, il est intéressant de noter, comme le signalait récemment la très sérieuse émission le dessous des cartes, qu'en 2018 le nombre de morts dus à des conflits intérieurs, guerres civiles, émeutes … dépassait largement le nombre de morts de conflits entre états. Par ailleurs je me permets d'ajouter en guise de réflexion le lien vers un intéressant article de l'express https://www.msn.com/fr-be/actualite/environnement/11-000-scientifiques-écrivent-que-nous-sommes-trop-nombreux-sur-terre/ar-AAJWMSX?ocid=spartandhp
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lecassin
  04 décembre 2013
Un autre regard sur l'homme : « le singe nu » de Desmond Morris reste l'initiateur et la référence en matière « d'éthologie humaine ». L'auteur, entre autres zoologiste, part dans cet essai romancé de la constatation que ce qui différencie le plus l'homme des autres primates est son absence de pilosité…
Huit chapitres plus tard, dont : « Origines », « Sexe », « Éducation », « Exploration », « Combat », « Alimentation », « Confort », on est convaincu que l'homme est bel et bien un animal, en général et un primate en particulier. Si ce constat est l'évidence même, il fit néanmoins grand bruit au moment de la parution de « The naked ape », en 1967. Il en fait un peu moins de nos jours...rapport sans doute à certaines théories un peu tirées par les cheveux et quelques reprises plus récentes : les éléves ont en quelque sorte dépassé le maître.
Un livre qui se lit comme un roman : c'est drôle, c'est efficace et surtout à relire à une époque où l'homme à tendance à se prendre pour ce qu'il n'est pas…
« Quand on se regarde dans une glace après avoir lu ce livre, on ne se voit plus de la même façon. » (Arthur Koestler).
Grand amateur de Koestler, je ne peux que partager cet avis…
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finitysend
  24 février 2012
Une approche drôle et exceptionnelle ... de bonnes questions ..
Le génie de Desmond Morris a été de lancer une approche de l'anthropologie et de la sociologie en approchant l'espèce humaine non pas sous l'angle de la culture ou d'une position supposée de sommet de l'évolution ... mais : en partant de ce qu'elle est en premier lieu ... : une espèce animale qui possède de nombreux cousins et de singulières particularités ( qui ne sont pas sans conséquences )...
Voici donc un excellent traité de zoologie humaine ( sourire ) ...
Cette approche fut tellement novatrice et sacrilège qu'elle a fait peu d'émules ( officiels ) à ce jour même si elle a grandement contribué à réhabiliter les grands singes et si des sociologues se sont après lui penchés sur notre langage corporel ( qui possède réellement des bases transculturelles et de singuliers points communs avec ceux des autres grands singes )...
L'homme est un animal ...
Quoi de plus légitime que de l'aborder sous l'angle de de la zoologie ... ??
Ces deux monographies ( 2 avec le zoo humain ) sont des ombres qui planent sur et irriguent encore toutes réflexions sur l'homme en tant que animal ( social ou animal tout court ... ) ...
Le livre est divisé en 7 grands chapitres :
Origines, Sexe, Éducation, Exploration, Combat, Alimentation, Confort .
J'adore ce bouquin ..
C'est de la dynamite !
PS : Un seul aspect est problématique : L'auteur commente l'hypothèse du singe aquatique ...
C'est une curieuse théorie qui avait un certain succès dans les années 80 et qui est sans fondement ni intérêt ...
Elle n'a jamais reçue le moindre commencement de reconnaissance de la paléoanthropologie institutionnelle ..
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Luniver
  29 mai 2014
L'homme est un singe comme les autres. Partant de ce constat, Morris s'attache à étudier notre espèce en zoologiste, utilisant la même méthodologie que pour n'importe quelle autre espèce : il passera ainsi en revue la sexualité, l'éducation ou encore l'alimentation.
Ce livre a été écrit en 1967, et manque de bol, la première partie, sur la sexualité, est celle qui a le plus mal vieilli et dans laquelle ressortent visiblement tous les défauts du livre. Morris semble avoir du mal à distinguer culture et « comportement naturel ». L'exemple le plus frappant vient du mariage. Notre espèce est selon lui naturellement monogame, pour preuve le faible nombre de séparation malgré la possibilité de divorce : 0,9 % des couples seulement. Malheureusement, 50 ans plus tard, ce taux correspond aux mariages qui durent plus de 3 ans, mais soit ! Qu'en est-il des autres traditions, comme la polygamie ? Ce sont des inventions de sociétés « arriérées » (sic), qui vont de toute façon disparaître prochainement, et dont on n'a donc pas à tenir compte. Considère-t-il vraiment que tous ces gens partagent un « gène de la polygamie » qui les a conduit dans une impasse biologique ? Ça me semble être une posture peu crédible.
Cette erreur semble être présente dans tout le livre : plutôt que de rassembler un grand nombre de faits et d'essayer d'en tirer des conclusions, l'auteur examine uniquement la société dans laquelle il vit, perdant de vue toutes les autres, et essaie de donner à chaque particularité des justifications biologiques et évolutionnistes. Et on ne peut pas attribuer attribuer à la population mâle dans son ensemble un irrépressible besoin de se retrouver après la chasse uniquement parce que les gentlemans anglais se rassemblent en clubs privés après le travail.
La quatrième de couverture m'a mis un peu le doute en parlant d'humour. N'en ayant vu aucun, je me suis demandé si je n'étais pas passé à côté du propos et que ce livre n'est qu'une bonne plaisanterie caricaturant les essais scientifiques. Visiblement pas, la documentation et les références solides côtoient les interprétations fantaisistes peu étayées (voire pas du tout).
La vulgarisation scientifique, c'est très bien et j'en suis friand, mais ça n'excuse pas le manque de rigueur, et ça ne doit pas devenir un prétexte pour y mettre toutes les hypothèses farfelues qui passent par la tête de l'auteur au moment d'écrire son livre.
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LuluDePanam
  18 mars 2009
Je considère ce livre comme d'utilité publique en ces temps de folies mégalomanes, destructrices, criminelles et insensées de "L'Homme moderne", ce singe nu qui a oublié qu'il était un animal. Ce livre m'a fait du bien, il m'a fait rire de moi-même et il m'a donné des réponses à certains comportements que je n'arrivais pas à comprendre (la guerre par exemple pour ne citer qu'elle). Il m'a aussi conforté dans mon idée que j'avais vraiment raison d'être pessimiste sur notre avenir! Mais je peux désormais en rire car je relativise notre condition, nous venons de tellement loin! Notre espèce animale a évolué de manière tellement spectaculaire! Quand notre heure viendra, nous pourrons effectivement dire que nous avons eu un parcours extraordinaire et une fin de règne vraiment fascinante!
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
KroutKrout   18 novembre 2019
Tôt ou tard nous disparaîtrons, et nous laisserons la place à d'autres. Si nous voulons que ce soit dans un avenir plus lointain que proche, il nous faut alors nous considérer sans indulgence comme des spécimens biologiques et accepter nos limites. Tel est le but de ce livre, où nous sommes délibérément traités de singes nus, pour nous rabattre le caquet. Il est bon de garder un certain sens des proportions et de considérer ce qui se passe juste sous la surface de notre existence.
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DrychDrych   06 janvier 2013
Sur le plan du comportement, les activités religieuses se ramènent au rassemblement d'importants groupes d'individus qui exécutent des manifestations répétées et prolongées de soumission, destinées à apaiser un individu dominateur.... Les réactions de soumission devant lui peuvent consister à fermer les yeux, à baisser la tête, à serrer les mains dans un geste de supplication, à s'agenouiller, à baiser le sol ou même à se prosterner, tout cela fréquemment accompagné de vocalisations gémissantes ou chantantes.
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DrychDrych   06 janvier 2013
Le stade de la formation du couple, appelé généralement stade de la cour, se prolonge de façon très remarquable si on fait la comparaison avec les autres animaux, puisqu'il dure fréquemment des semaines, voir des mois. Comme chez bien d'autres espèces, il est caractérisé par un comportement hésitant, ambivalent, qui implique des conflits entre la peur, l'agression et l'attirance sexuelle. La nervosité et l'hésitation diminuent lentement si des signaux sexuels assez forts sont échangés.
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Lilou08Lilou08   20 décembre 2015
Quand on parle de « combats à mort », on fait allusion, à l’origine, aux activités brutales des carnivores tuant leurs proies. Mais on commet l’erreur de l’appliquer de façon générale à tous les combats entre animaux. Rien ne saurait être plus loin de la vérité. Si une espèce entend survivre, elle ne peut se permettre de laisser massacrer les siens. Il a fallu inhiber et contrôler l’agressivité au sein de l’espèce, et plus les armes utilisées pour tuer la proie sont puissantes et redoutables dans une espèce particulière, plus fortes doivent être les inhibitions empêchant de les utiliser pour régler des querelles avec des rivaux. C’est la « loi de la jungle » quand il s’agit de désaccords territoriaux et hiérarchiques. Les espèces qui ont négligé d’obéir à cette loi sont depuis longtemps éteintes.
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lecassinlecassin   04 décembre 2013
Le singe nu est fier d’avoir le plus gros cerveau de tous les primates, mais il s’efforce de dissimuler le fait qu’il a aussi le plus gros pénis.
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Video de Desmond Morris (2) Voir plusAjouter une vidéo

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