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EAN : 9782290307847
125 pages
J'ai Lu (20/11/2000)
4.01/5   177 notes
Résumé :
Un jeune Américain, employé par une compagnie de navigation, loue une chambre dans une famille japonaise. Rien de plus simple, mais cette histoire se passe à Hiroshima. Et, peu à peu, malgré la pudeur, la fierté et le stoïcisme de ses hôtes, Sam découvrira un à un les secrets des survivants de la bombe : les souvenirs affreux d'une nuit unique dans l'histoire de l'humanité et les peurs atroces qui assombrissent l'avenir. Enfin, tout parle de la mort atomique jusqu'a... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
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1960: 15 ans après la catastrophe d'Hiroshima.

Nous allons vivre cette courte histoire en compagnie d'une famille de rescapés de la bombe et de ses horribles séquelles.

Yuka est une jeune femme de trente ans mariée à Fumio, un comptable. Ils vivent pauvrement dans une petite maison avec leurs deux jeunes enfants et la jeune soeur de Yuka âgée de 18 ans. Ils n'ont d'autre choix que de se marier entre victimes car leur avenir et l'avenir de leurs enfants et encore plus loin, est incertain.

Arrive Sam Willoughby, un Américain venu pour affaire. Il décide de prendre pension chez eux plutôt qu'à l'hôtel mais il va découvrir petit à petit les horreurs laissées par la bombe comme ces pensées blanches déposées sur le fleuve où tant de victimes se sont jetées pour échapper à la ville en feu.

C'est un très beau roman, moins violent que certains documentaires mais quasi insoutenable car on sait que c'est vrai toutes ces horreurs.

Et pourtant, il faut bien que des romanciers, des témoins en parlent pour éviter que de tels faits se reproduisent.

Quand on pense qu'un petit élève l'avait lu en compagnie de sa maman en CE2, c'est quand même un peu trop fort pour son âge, je pense. Il m'avait apporté le livre et je lui avais laissé le soin me le raconter sans le lire. il insistait beaucoup sur le symbole des pensées blanches sur le fleuve.

Je l'ai seulement lu quasi 20 ans après. Lecture très marquante !

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Court roman en transit destiné à retourner vers son propriétaire, j'ai profité de son bref passage en mes murs pour tenter de retrouver le parfum doux/amer des fleurs d'Hiroshima.

J'ignorais qu'il avait fait l'objet d'une réédition près de quarante ans après sa première parution aux éditions "J'ai lu".

À l'époque, j'avais 15 ans et les lectures imposées par l'école me réjouissaient autant qu'elles me pesaient : Lire, oui ! Mais à mon rythme et sans avoir à exécuter ce fastidieux travail d'analyse qu'il fallait de surcroît rendre dans un délai imparti.

Les fleurs d'Hiroshima faisait partie de la liste et c'est avec une certaine émotion que je me suis plongée à nouveau dans le récit d'Edita Morris.

De nos jours, la littérature japonaise jouit d'un succès certain.

Souvent servie par une plume délicate et poétique, elle se veut l'expression d'une culture à la fois raffinée et ancestrale.

Edita Morris n'était certes pas japonaise mais sa volonté de dénoncer les injustices l'a amenée à côtoyer ce peuple si attaché aux convenances et à la bienséance qu'il en viendrait presqu'à s'excuser d'exister.

Elle a eu à coeur de dénoncer les conséquences du bombardement atomique du 6 août 1945 et d'attirer l'attention mondiale sur le sort réservé, 15 ans après, aux rescapés de la catastrophe.

Stigmatisés par les nouveaux habitants de la nouvelle Hiroshima, ils tentent de cacher les séquelles physiques et psychologiques dont ils sont victimes.

Cancers, malformations, stérilité s'ajoutent au choc post-traumatique et leur laissent entrevoir un avenir bien sombre.

Dans ce petit livre, elle donne la parole à Yuka, jeune trentenaire, qui fait découvrir à son hôte américain une triste réalité qu'il était loin de soupçonner.

Un récit où la pudeur tente maladroitement de dissimuler une souffrance atroce et honteuse.

Bientôt disparaîtront les derniers "hibakushas", victimes irradiées, et plus personne ne pourra témoigner.

Leur crainte légitime est que cette monstrueuse expiation qu'on leur a fait subir ne tombe dans l'oubli.

Avec eux, crions encore aujourd'hui : "Plus jamais Hiroshima" !

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Quand Sam Willoughby, un jeune américain en voyage d'affaires, vien s'installer dans sa chambre d'hôte, Yuka met tout en oeuvre pour que son séjour soit le plus agréable possible. Il veut s'imprégner du mode de vie japonais, elle veut lui faire sentir qu'il est accueilli en ami. Mais malgré la sérénité et la douceur de vivre qui y règne, Hiroshima, dans les années 60, n'est pas le petit paradis qu'elle lui fait entrevoir. Pour épargner la sensibilité de son hôte, Yuka doit déployer des trésors d'ingéniosité. Il faut lui cacher les ravages de la bombe, passés et présents. Ne pas lui parler de ce 6 août 1945 où elle a vu sa ville en feu. Dissimuler ses brûlures sous les manches amples d'un joli kimono. Taire que son mari est rongé par les radiations. Omettre que, comme des milliers d'autres irradiés, sa soeur ne pourra jamais épouser l'homme qu'elle aime, condamnée à mettre au monde des enfants difformes, que ses propres enfants sont en danger, que partout dans la ville, des hommes, des femmes, des jeunes, des vieillards, vivent en paria, chassés des bains publics, assignés aux travaux les plus durs, condamnés à la solitude. Pourtant, au fil des jours, des liens se nouent entre la jeune femme digne et joyeuse et l'américain naïf et curieux de tout qui va ouvrir les yeux sur le drame d'Hiroshima.

Une histoire forte et sensible qui montre toute l'abnégation du peuple japonais qui accepte les souffrances avec fatalisme et dignité. L'horreur de la bombe, ses conséquences sur le long terme sont bien rendues à travers le destin de cette famille touchée de plein fouet. Cette population sacrifiée qui s'est relevée sans haine et sans reproches force l'admiration. Malheureusement, le propos est desservi par un ton à la limite du niais. Cette lecture devrait s'adresser plutôt à de jeunes lecteurs car Edita Morris a su aborder ce drame effroyable avec simplicité, sans choquer, mais de façon suffisamment explicite. Un beau message de fraternité, de paix et d'amour.

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Ca fait longtemps que ce petit roman m'attend et je regrette d'avoir attendu autant pour le découvrir. Quinze ans après le bombardement de Hiroshima à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la ville se reconstruit ainsi que ses habitants mais certains sont plus touchés que d'autres...

C'est Yuka, la narratrice qui raconte l'arrivée d'un Américain dans sa ville, elle l'accueille de belle manière tout en cachant les sombres côtés de son existence. J'avoue qu'au début sa façon d'être aux petits soins pour lui et d'essayer de dissimuler les catastrophes qu'ont générés cette bombe était un peu irritante même si je l'ai assez vite assimulé à de la pudeur japonaise de l'époque. Les éléments se mettent assez vite en place et on comprend toute la détresse de cette famille... J'avoue que l'exquis des sentiments et les événements anciens résumés m'ont vite serré la gorge. Quelle horrible catastrophe cette guerre et ses bombes ! A quoi les dirigeants pensent-ils en envoyant des projectiles mortelles sur des populations innocentes ? Il existe tant d'injustices qu'il est impossible de toutes les lister ici mais Les fleurs d'Hiroshima est un bel hommage d'Edita Morris à toutes ces victimes.

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Souvenir de lycée et toute première incursion dans l'univers japonais.

Nous sommes quinze années après la bombe à Hiroshima. Sam, un jeune Américain, se rend dans cette ville dans le cadre de son travail. Il loue une chambre auprès d'une famille japonaise. C'est son regard qui nous fera entrer dans le quotidien post-atomique. On le voit, avec une certaine naïveté, ouvrir les yeux sur les réalités et les conséquences catastrophiques du bombardement.

Derrière la pudeur toute japonaise, derrière les sourires polis, la bombe est toujours présente. Elle martyrise les chairs et les esprits. C'est sous les kimono que se cachent les cicatrices des brûlures et des irradiations.

Avec beaucoup de sobriété et une écriture empreinte d'une pudique sensibilité, Editha Morris raconte le Japon d'Hiroshima. Lu à quinze ans, j'en garde un souvenir profond et émouvant, sans pathos ni mièvrerie, sans colère ni rancune. Une très belle découverte à faire.

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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation

Oh § Il y a des années que je n'ai pas couru ainsi. Je vole littéralement dans notre rue sans lumière et je traverse le terrain vague où chaque matin j'amène mes vieilles amies, Nakano-san et Tamura-san. Le vent a défait mes cheveux qui me balayent le visage et m'aveuglent. Je poursuis ma course, à bout de souffle à chaque pas, courant toujours...

... Et, brusquement, j'ai l'impression de ne plus être seule, que partout autour de moi, il y a des fantômes. Il y a quinze ans, je courais ainsi dans les rues au milieu de la foule éperdue, et pendant quinze ans, ils ont continué à courir dans ma tête. Cette nuit, ils me poursuivent avec leurs visages carbonisés, avec des lambeaux de chair arrachés de leurs épaules. Je les reconnais. Ce sont eux que je vois dans mon cauchemar. Cette fille au visage rongé par les flammes, cet homme qui porte sa femme morte sur son dos, ils couraient avec moi ce jour-là. Ici, c'est un groupe d'écoliers écroulés, les uns sur les autres, tous morts. Là, c'est un chien, les pattes prises dans l'asphalte fondu. C'est ce qui nous attend tous si nous ne courons pas assez vite. Vite, vite, ou nous serons rôtis vivants. Il faut aussi que je retrouve maman. Loin devant moi, j'aperçois la ligne noire du fleuve et des ombres qui plongent dans ses eaux. Comme des torches vivantes, les cheveux en flammes, les femmes s’élancent du rivage en grappes serrées. Est-ce que maman est parmi elles ? Où est maman ? Où est-elle ?

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- Pourquoi sont-elles toutes les trois habillées de la même façon? me demande Sam-san.

Ce sont des orphelines. Elles portent l'uniforme de l'orphelinat, dis-je, en espérant que mon pensionnaire ne poserait plus de questions aussi embarrassantes. (Mais il y a tant de choses gênantes à Hiroshima).

- Qu'est-ce que c'est, ce bouquet de fleurs qui descend la rivière, Yuka-san?

- Un bouquet? (Je sens mon visage se glacer). Ce sont des fleurs fanées qu'on a jeté à l'eau.

...

- Ce n'est pas vrai, s'écrie-t-il enfin, 'est vraiment un bouquet.

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- Est-ce que beaucoup de jeunes filles au Japon s'appellent Ohatsu?

Petite sœur lui explique alors la légende d'une jeune fille d'autrefois, appelée Ohatsu, qui se donna la mort par désespoir d'amour. A cause de ce geste romantique, elle est honorée depuis des siècles.

- Se tuer par amour ! Eh bien alors, c'est bien japonais, ça ! s'exclame l'américain. Petite Ohatsu, est-ce que vous feriez ça ? Est-ce que vous vous tueriez par amour ?

- Oh ! oui, bien sûr, bien sûr ! s'écrie ma petite sœur avec passion.

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Ils sont peu nombreux, les soixante-dix-mille cent cinquante morts d'Hiroshima, au regard des trente-huit millions et quelques centaines des milliers de morts présumés de la Dernière Guerre mondiale. Mais comme les carbonisés d'Oradour, comme les fusillés de Châteaubriant ou de Philippeville, ils pèsent plus lourd que tous les autres dans la conscience criminelle des hommes. Certains ont été punis. D'autres le seront encore.

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Maeda-san est semblable à un jardin, à un petit jardin rempli de fleurs précieuses. Chaque jour, il défriche une nouvelle parcelle de lui-même, la bêche, la désherbe et l'arrose et sème de nouvelles fleurs. Privé de soins, dit Maeda-san, l'esprit devient une terre sauvage infestée de serpents venimeux et envahie de ronces.

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