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Critiques sur Home (238)
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brigittelascombe
  09 octobre 2012
S'il y a un livre à lire, en cette rentrée littéraire surchargée, c'est Home, Home comme maison et retour aux sources. Home comme homme à une lettre près, home comme symbole du moi en psychologie, cette individualité que personne n'a le droit de souiller, humilier ou détruire.
Ce moi, détruit par les horreurs de la guerre de Corée, Franck Money, ancien combattant noir médaillé mais traumatisé par un lourd secret, ira le retrouver at Home, en Géorgie, en délivrant Cee, sa soeur mourante des griffes démoniaques de son employeur le docteur Beau.
Toni Morrison (professeur d'université,éditrice, romancière, a reçu le Prix Nobel de littérature en 1993 pour l'ensemble de son oeuvre et le prix Pulitzer Fiction en 1988 pour Beloved) signe avec Home un chef-d'oeuvre d'humanité.
L'action se déroule dans les années 50, après la guerre de Corée. Toni Morrison alterne le voyage de Franck qui revient chez lui avec ses souvenirs passés entre sa liaison avec une ambitieuse costumière, son amour protecteur d' ainé pour sa soeur trop crédule et fragile, l'indifférence parentale, la haine grand-maternelle et les traumatismes de la guerre.
Il va apprendre à ses dépens que malgré le fait qu'il vienne d'une "armée où la ségrégation a été abolie", "la coutume est aussi réelle que la loi et peut être tout aussi dangereuse".
Ici, un révérend blanc l'aide, mais reste méfiant. Là, les toilettes publiques lui sont interdites.Là bas, au cours d'une émeute, on insulte,on lapide, on humilie,on estropie,on fouille au corps,on vole. Plus loin on pratique encore l'eugénisme sous le couvert d'une plaque médicale hautement qualifiée.
Toni Morrison,dans ce roman poignant bouleverse son lecteur car elle dénonce les droits de l'homme gravement enfreints, le racisme et les trafics d'enfants (durant la guerre de Corée) ou les combats d'hommes traités comme des chiens; mais elle bouleverse en démontrant que la violence entraine la violence et rend inhumain.
Ce livre est une ode à la paix, à l'humanité que chaque être humain doit retrouver au fond de lui si on l'a bannie.
C'est beau car écrit avec les mots du coeur, c'est beau comme une main qui se tend pour redresser l'homme mis plus bas que terre.
Toni Morrison est une GRANDE ECRIVAINE, et, après lecture on comprend que son prix Nobel était amplement mérité.
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carre
  12 juillet 2014
Go Home !
Toni Morisson est l'une des plus grandes plumes afro américaines. « Home » le montre aisément. Dans un court récit, on suit le retour vers chez lui , pour visiter sa soeur Cee gravement malade, de Frank Money vétéran noir de Corée. Reprenant des thèmes chers et forcément douloureux (ségrégation, insertion sociale etc.), elle livre un récit remarquable. Morisson sonde avec une grand justesse les pensées de Frank, homme passablement chamboulé par ce qu'il à vécu en Corée.
Morisson va à l'essentiel, ne s'embarrasse d'aucun superflu, Lu d'une traite (150 pages), on en sort groggy devant la force narratrice de son récit. Un très grand bouquin.
Si Morri sonne, n'hésitez pas à ouvrir votre porte et votre coeur. Quand à moi, devant un si navrant jeu de mots, je la prends (la porte).
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Lolokili
  01 février 2013
J'ai bien conscience de faire tâche parmi les louanges qui ont encensé Home dès sa parution. Car si j'ai aimé le ton incisif et pénétrant de Toni Morrison, je suis par contre restée en marge de l'histoire et de ses protagonistes. Evocations par trop elliptiques et structure narrative déconcertante ont entretenu ma frustration, m'empêchant d'appréhender ce bref récit dans toute son intensité (ce doit être mon côté basique...)

Premier Morrison pour moi. Je ne désespère pas.


Lien : HTTP://MINIMALYKS.TUMBLR.COM/
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YvesParis
  31 janvier 2013
Je n'avais jamais rien lu du Prix Nobel de littérature 1993
Peut-être par manque d'intérêt pour une écriture qui me semblait tourner encore et encore autour d'une thématique - la question noire aux Etats-Unis - qui, tout en en reconnaissant l'intérêt, me semblait littérairement limitée.
J'ai quelque part dans ma bibliothèque un exemplaire de "Beloved" que je n'ai pas eu le courage d'attaquer - même si j'en ai vu au cinéma en 1999 l'adaptation dispensable.

Le torrent de critiques laudatives qui a entouré la sortie de "Home" m'a quasiment interdit d'en faire l'impasse.
On m'y promettait en 150 pages à peine un condensé de l'oeuvre de Toni Morrison.

Bien m'en a pris !
Car, j'ai été profondément ému par ce livre bref et puissant qui raconte le retour à la "maison" dans les années 50 d'un soldat démobilisé.
A aucun moment, on n'évoque la couleur de sa peau. Il va sans dire qu'il est noir et que sa soeur, balloté entre un mari infidèle et un employeur sadique, l'est aussi.

"Home" a la structure d'une partition de musique de chambre. "Home" louche du côté de "l'Odyssée" et de "Hansel et Gretel".
J'ai presque regretté sa concision et aurais aimé qu'il me laisse le temps de m'emporter.
Du coup, je vais aller lire "Beloved" ...
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mariech
  22 janvier 2013
Home c'est l'histoire de Frank qui revient de la guerre de Corée , le seul survivant , ses deux amis sont morts pendant le conflit , Frank qui ne comprend plus le monde qui l'entoure et n'est plus compris lui même .Il rencontre une jeune femme , ils sont amoureux mais leur amour ne résistera pas à l'apathie de Frank perdu dans ses souvenirs de la guerre , il pense à ses amis et puis se rend compte qu'ils sont morts .Il va commencer un long voyage , il a reçu une lettre étrange qui lui dit que sa soeur adorée Cee est en train de mourir .
Tout est suggéré , c'est par petites touches qu'on se rend compte que pour certaines personnes Frank n'est pas un homme , à la guerre c'est un chien , aux Etats-Unis dans les années 50 , c'est un sous-homme qui n'a pas les mêmes droits , c'est la ségrégation .
Cee trop naïve a travaillé pour un médecin , elle l'a laissé faire toutes sortes d'expérience sur son corps , elle sera sauvée par Frank qui arrivera à temps pour la sauver , presque trop tard , elle sera soignée par un groupe de femmes efficaces mais sans aucune empathie ' Regretter n'arrangerait rien , s'en vouloir non plus , mais réfléchir , peut-être . Si elle ne respectait pas elle-même , pourquoi quelqu'un d'autre devrait-il le faire ?
C'est cette partie du livre que j'ai le plus aimée , c'est un bel hommage des noirs américains des années 50 , qui ' Nettoieraient , cuisineraient , serviraient , surveilleraient , blanchiraient , désherberaient et tondraient .
Mais surtout un beau portrait de femmes qui n'ont aucun droit , mais qui ont compris qu'elles pouvaient rester dignes ' Quelque part au fond de toi , il y a cette personne libre dont je parle .Trouve là et laisse la faire du bien en ce monde '
Femmes admirables que rien ne peut abattre malgré l'adversité , elles travaillent sans arrêt , ne gaspillent rien , elles cousent , tricotent , cuisinent mais ne rêvent jamais , comme si elles étaient conscientes qu'elles avaient besoin de toutes leurs forces pour survivre ;
Je ne connaissais pas l'auteur , et son style m'a un peu déroutée mais ce qui m'a plu c'est sa concision , si peu de mots pour dire beaucoup , je lirai d'autres livres de cet auteur pour mieux la connaître .
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palamede
  11 juin 2016
C‘est le retour « à la maison » du jeune soldat après la traumatisante guerre de Corée. Il quitte Seattle pour Lotus en Géorgie où il doit retrouver sa soeur malade. La route est longue et difficile pour un jeune Noir dans l'Amérique ségrégationniste des années 50, et en chemin les souvenirs qui affleurent ne sont pas toujours agréables. Heureusement que le Green Book, le guide de voyage des Noirs, est là pour lui indiquer les bonnes étapes.

Dans ce court roman (une fois n'est pas coutume) Toni Morrison aborde avec concision et brio des thèmes qui lui sont chers : elle pointe le racisme érigé en règles sociales et s'intéresse au sort des plus faibles et des démunis. Sa lutte est celle d'une militante qui dénonce la domination des Blancs sur les Noirs, des hommes sur les femmes, la chasse aux sorcières du maccarthysme, un combat visant la réhabilitation des victimes de toutes formes d'oppression.
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le_Bison
  09 novembre 2012
Les Matchs de la rentrée littéraire 2012.

Ma première participation a un tel évènement, retransmission mondiale et at home. L'engouement est là mais suis-je prêt à monter sur le ring et affronter des adversaires sans doute plus prestigieux que moi. Je me prépare, je m'entraîne. Un régime astreignant à base de céréales (surtout du malt au pouvoir énergisant et euphorisant incontestable), je n'oublie pas une hydratation sans modération, car je sens déjà les perles de sueur couler sur mon front…

Face à moi, Cassius Clay ou son grand-frère. Mon objectif : rester sur le ring et ne pas tomber KO dès le premier coup de gong. Serais-je à la hauteur de l'évènement ? le trac, la pression (mais la pression a du bon, j'aime la pression sous toutes ses formes, j'aime les pressions). Je ne reviens pas sur les choix proposés, il y avait du lourd, du très lourd pour ce match – c'est un combat pas une réunion Tupperware. Pour ma part, j'ai décidé d'aller sur le terrain de Toni Morrison avant de rentrer à la maison. Home.

Frank Money est un vétéran noir de la guerre de Corée. Il a réussi à rentrer en vie alors que ses camarades ont succombé dans la jungle. Peut-il refaire sa vie ? Il le pense, il le croit. L'Amérique a changé, du moins l'espère-t-il ? C'est alors que sa soeur Ycidra dite « Cee » l'appelle au secours. Un SOS lancé dans une bouteille à la mer qui va plonger Frank dans le doute et l'obliger à un voyage à travers le Sud et le passé.

« Home » commence par une vision presque fantasmagorique : deux enfants assistent à un combat entre des chevaux, et à la mise en terre d'un cadavre, à la sauvette. Je ne comprendrai cette histoire que bien plus tard, à la toute dernière page du roman. Mais de cette entrée en scène découle toute l'obsession et la peur de Frank Money. Sa vie sera marquée à tout jamais de ce qui pourrait ressembler à un cauchemar et que l'enfer de la Corée n'a fait qu'entretenir. D'ailleurs, une fois le livre achevé, je relis cette première page. Elle est l'essence même du roman de Toni Morrison.

Je découvre donc l'écriture de Toni Morrison. J'ai passé pas mal de temps avec Jim, ce bon vieux Jim homonyme dont sa musique m'enlace encore des nuits et des jours. La musique de Toni place ses sonorités dans le jazz version be-bop. Question d'époque aussi, certainement, question de racines aussi. Celles de Toni sont afro-américaines avec tout ce que cela entraîne : l'esclavage, la ségrégation, le racisme et la misère. le Sud profond de l'Amérique où les moeurs ne sont pas les mêmes notamment à l'encontre de la « communauté » noire (entre guillemets de bien-entendu, parce que pour fédérer une communauté, il faut des êtres, des hommes, des âmes ; mais là-bas, les nègres sont loin d'appartenir à cette catégorie).

L'Amérique de Frank est celle d'avant l'ère Kennedy. Mais c'est aussi celle du douloureux maccartisme. Chaque ère a sa part d'ombre et de lumière. Il ne valait mieux pas être nègre, mais il ne valait mieux pas être un coco, non plus. Sud natal ou Nord adopté, je découvre ce pays bien différent de l'Amérique d'Obama, fraîchement réélu ou déchu (réponse ce soir). Barak et Toni. Comme avant, Malcom et Martin Luther. Et Rosa Parks, surtout Rosa Parks.

J'ai survécu au premier round. Je suis chaud, la foule m'encourage, m'harangue. Je suis debout, encore. Nul doute que je remonterai à nouveau sur le devant de la scène. Je n'ai pas la ceinture dorée du champion, mais je continuerai sur la voie Toni Morrison. le gong retentit. Est-ce la fin du match ? Non, j'entends derrière une musique, une trompette s'élève, celle de Dizzie Gillespie, un saxo s'envole, celui de Charlie Parker, le piano gronde, celui de Thelonious Monk, la contrebasse frappe, celle de Charles Mingus, la batterie cogne, celle d'Art Blakey. le roman de Toni Morrison s'achève sur cette musique noire, chargée de sueur et de liberté, sur ces notes de be-bop.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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Eric75
  11 novembre 2012
Toni Morrison trempe sa plume dans l'efficacité pure. Cent cinquante pages seulement suffisent à Toni Morrison pour dérouler avec virtuosité une histoire emblématique et originale, puisant dans les thèmes pourtant bien rebattus de l'Amérique des années 50, tels que la ségrégation raciale et le maccarthysme.
Cette histoire est racontée à deux voix. Celle de Toni Morrison et celle de Frank Money, le personnage principal, qui se permet d'interrompre le récit et d'interpeller l'auteur dans de courts chapitres de transition : « Décrivez-moi ça si vous savez comment... »
La construction du récit est subtile. Retour au pays d'un vétéran de la guerre de Corée. Flash-back et visions oniriques. Souvenirs d'enfance. Plusieurs personnages entrecroiseront leurs parcours secondaires au récit principal de Frank Money pour former une trame particulièrement solide. Particulièrement amoché, Frank cherche à se reconstruire et à retrouver sa dignité. Un moyen possible est d'exorciser son passé, un autre est de voler au secours de sa soeur dont il a reçu un appel de détresse. Arrivera-t-il à temps ?
Toni Morrison ne laisse rien au hasard, tel personnage évoqué de façon désinvolte au détour d'une phrase ressurgira plus tard dans le récit, tel début de témoignage se trouvera ensuite corroboré ou désavoué, lorsque les souvenirs cesseront d'être refoulés, tel comportement étrange pourra plus tard trouver sa justification dans un épisode oublié de la petite enfance. Attention, les indices sont parfois ténus et peuvent échapper à la vigilance. Home est le résultat d'une écriture exigeante, où toute trace de superflu et de flou artistique a été éliminée. D'une force inouïe, les scènes racontées dans Home imprimeront à jamais des images indélébiles dans l'esprit du lecteur. Chaque phrase devient une grenade dégoupillée. Vous voilà prévenus.
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Titania
  16 février 2018
Toni Morrison m'a attirée dans son monde, une oeuvre importante, des titres en un seul mot, Jazz, Beloved, Delivrances, Home, Sula…une approche originale de l'Amérique noire, par l'intermédiaire de personnages ordinaires qui disent leur monde, leurs blessures, et comment ils se reconstruisent aussi.

Home, c'est l'histoire de Franck, soldat noir qui revient de Corée, souffrant de stress post traumatique. Il traverse l'Amérique depuis la côte ouest pour regagner Lotus une localité minuscule de Géorgie, d'où il était parti avec ses copains, pour fuir la misère. C'est l'histoire d'un homme presque étranger dans son propre pays, qui arrive à destination après de multiples péripéties, grâce à des personnes généreuses que le destin a placées sur son chemin.

Toni Morrison nous raconte cette histoire de résilience en nous faisant découvrir par touches ses personnages et leur famille . Ce n'est pas un manifeste politique, mais la dénonciation n'en est que plus forte. On approche au cours de ce récit, la réalité humaine cruelle de la ségrégation, puisque nous la partageons avec Franck et ses fantômes, avec Cee, avec Lily…comme l'impossibilité d'acheter une maison, les places séparées dans les bus et dans les hôtels , les expulsions arbitraires, les cagoules, les meurtres impunis, les conséquences abominables des théories eugénistes de quelques savants fous.

Comment exister comme un être humain debout quand tout se ligue contre vous ? Toni Morrison nous montre au travers de ces destins fracassés la force des liens et des solidarités des communautés qui réparent et protègent ce que la loi ne fait pas.
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Kittiwake
  23 septembre 2012
Pas de fioritures, pas de tergiversations : le lecteur est immédiatement plongé dans une mare d'eau glacée, et les ondes créées par cette chute vont peu à peu assembler les éléments du décor. Au lecteur de surnager et de saisir l'information, jamais gratuite, toujours glissée dans un contexte dramatique.

Beaucoup de violence, mais comment pourrait-il en être autrement au sein de cette Amérique des années cinquante, où la population afro-américaine (pour utiliser le terme politiquement correcte de notre époque), envoyée au casse-pipe dans de lointaines contrées asiatiques, est traitée à son retour moins bien que des animaux? C'est le portrait d'une Amérique, cruelle, inhumaine, que la beauté des paysages ne parvient pas à farder.

La construction, très condensée, fait alterner des souvenirs, en flash-back , qui peu à peu permettent d'élucider la complexité des relations entre les personnages, et le récit de Franck, ancien combattant qui se raccroche à la vie, obnubilé par la protection de sa jeune soeur.

Toni Morisson utilise une écriture percutante, au service de ce récit sans concession,
d'une grande intensité dramatique, ne laissant aucun répit au lecteur au cours de ces 120 pages.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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