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ISBN : 2264047984
Éditeur : 10-18 (22/05/2008)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 113 notes)
Résumé :
Héritier de la tradition orale et des légendes africaines, Le Chant de Salomon est un retour aux sources de l'odyssée du peuple noir.

Mêlant burlesque et tragique, entre rêve et réalité, cette fresque retrace la quête mythique de Macon Mort, un adolescent désabusé parti dans le Sud profond chercher d'hypothétiques lingots d'or. Mais le véritable trésor qu'il découvrira sera le secret de ses origines.

Sur un air d'éternité, Toni Morriso... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  10 septembre 2018
J'ai été emballé par le début de ce roman, La chanson de Salomon, avec cette rue Pas-Rue-du-Médecin, appelée ainsi par dérision, puis j'ai été intrigué par ce vendeur d'assurance qui se jette du haut d'un hôpital, causant cette pauvre femme enceinte (fille dudit médecin de la fameuse rue) à devenir la première de couleur à accoucher à l'intérieur de l'hôpital. Début prometteur. Je me disais que son auteure, Toni Morrison, avait beaucoup d'imagination et, pour une lauréate du sérieux prix Nobel, ne craignait pas de jouer avec le ton humoristique. Mais, pas la suite, je me suis senti un peu perdu. le nouveau-né sera éventuellement surnommé Laitier (pas parce qu'il distribue du lait, non ! cherchez plutôt du côté d'un allaitement maternel prolongé) car, dans ce patelin de Caroline du Nord, tout le monde doit porter un surnom. Et le plus étrange est le mieux. Ainsi, on a droit à Mort, Corinthiens Un, etc. Un petit lien avec les Évangiles aide aussi, comme Pilate et Agar.
C'est que La chanson de Salomon est une grande fresque historique sur le peuple noir, cherchant à retracer ses origines et à trouver son identité. Ainsi, tous ces liens avec les Saintes Écritures mais aussi avec les légendes africaines, avec traditions orales, servent à l'accentuer. Et, pour y arriver, tout y passe : déracinement, esclavagisme, désoeuvrement, haine raciale, amour et folie, chasse au trésor, etc.
Écrit ainsi, c'est assez vendeur. Toutefois, l'intrigue est toute aussi étrange que les noms des personnages. J'oserais même dire embrouillée. Par moments, ça semblait si décousu que j'éprouvais de la difficulté à m'y retrouver. Puis, à d'autres moments, mon intérêt reprenait et tout semblait avoir du sens à nouveau. J'ai vécu de tels épisodes plusieurs fois. À cause de cela, je n'ai pas été aussi sensible aux qualités littéraires, poétiques et symboliques du roman. Peut-être est également à cause de la plume de Toni Morrison ? J'avais l'impression qu'elle forçait trop l'inclusion de certains passages qui semblaient peu apporter à la trame principale. Dans tous, les cas, le dénouement rassemble tous les éléments qui me paraissaient disparates en un tout cohérent, il était trop tard pour moi : j'avais presque oublié le début de cette histoire et les raisons qui m'avaient poussé à en continuer la lecture. Dommage. Il va sans dire que ce n'est pas une lecture légère.
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bilodoh
  23 juillet 2014
Un roman puissant, dramatique, des vies de familles Noires aux États-Unis au cours du vingtième siècle, brossées par la Nobel de littérature 1993.

Ce sont les drames des familles éclatées par les bouleversements de l'histoire, tourmentées par les secrets et par les tragédies qu'on cache aux enfants, mais qui laissent quand même leurs empreintes sur les jeunes âmes.
C'est la difficulté de retrouver ses racines, de définir son identité et ses rapports avec les autres, à travers l'héritage des ancêtres esclaves affranchis ou des victimes de racisme.

C'est la pauvreté, c'est aussi le pouvoir de l'argent, mais qui est peut-être un pouvoir des Blancs, qui modifie l'appartenance à la communauté.
Ce sont des personnages forts, parfois teintés d'humour, mais pas vraiment sympathiques… des femmes, victimes de l'amour ou bravant le carcan social, des hommes résignés ou combatifs devant le destin.

Un grand roman, mais une atmosphère sombre, pas tout à fait une lecture de plage…

Un bémol, j'ai été un peu agacée par la traduction des noms des personnes. Même s'il s'agit d'un nom commun, j'aurais préféré qu'on ne change pas «Milkman» ou «Dead», comme on ne traduirait pas James Brown par Jacques Brun...
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LiliGalipette
  23 mars 2014
Macon Mort, dit Laitier, est le fils de Macon et Ruth Mort, petit-frère de Magdalene et de Corinthiens Un, neveu de Pilate. Dans la famille Mort, on choisit les prénoms des nouveau-nés en ouvrant la Bible. Laitier fait ses premières armes amoureuses auprès de sa belle cousine Agar qui est folle de lui. le garçon travaille pour son père et l'aide à encaisser les loyers de ses différentes propriétés. Macon Mort Père est un investisseur immobilier ambitieux. Il est aussi noir, ce qui lui vaut de nombreuses inimitiés au sein de la communauté. « Chaque nègre que je connais veut être cool. On a le droit de rester maître de soi, mais on peut jamais être maître des autres. » (p. 169) Laitier rêve de trouver le trésor familial, fait de lingots, et prétendument caché dans le sud du pays, mais en fait de trésor, ce sont les origines et l'identité de sa famille qu'il va découvrir, les patronymes retrouvés constituant un arbre généalogique extraordinaire, métissé et plein de promesses.
Toni Morrison parle une nouvelle fois du peuple noir et il est impossible de ne pas ressentir l'amour qu'elle lui porte et la peine qu'elle tente de soulager. Elle parle de racisme, des crimes du Klan, des animosités entre nègres et de la justice noire. « Il n'y a pas de Blancs innocents, parce que chacun d'eux est un tueur de nègre potentiel, et peut-être un vrai. » (p. 222) Comme des contes venus d'une terre brûlée et lointaine, l'histoire de Laitier et des siens regorge de légendes et de magie pour expliquer le déracinement d'un peuple. Il est question d'un homme qui vole, d'os gardés dans un sac, de potions qui avivent le désir. le passé est omniprésent, mais il ne hante pas le présent : au contraire, il le soutient et le justifie, chaque noir étant inconsciemment en quête de ses origines pour comprendre son futur. L'ascendance tronquée par l'esclavage est finalement soignée par la sève d'une branche qui, bien qu'arrachée et replantée dans une terre étrangère et hostile, porte des fruits nombreux et vigoureux. L'identité noire américaine peut finalement s'écrire et elle s'incarne dans le chant de Salomon, à la fois comptine et jeu d'enfants lourds de sens.
Le style de Toni Morrison est toujours aussi chantant et énigmatique. Il est fait d'errances entre passé et présent, d'ellipses et d'espoir. S'il n'est pas toujours aisé de se situer dans un espace-temps, il faut se laisser emporter par le récit qui sait où il va. Il faut faire confiance à Toni Morrison : c'est à dessein qu'elle perd son lecteur, mais elle ne lui lâche jamais la main.
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ladesiderienne
  30 décembre 2013
CHALLENGE NOBEL 2013/2014 (8/15)
Ne me laissant pas décourager facilement, me revoilà avec un autre roman de Toni Morrison alors que je ne l'avais que peu appréciée dans "Un don", livre lu aussi dans le cadre de ce challenge.
Deuxième rencontre donc, avec cette auteure et je peux déjà dire que "le courant est mieux passé" sans pour autant atteindre l'osmose totale.
Si je veux distinguer la forme du fond, je dirais que chez Toni Morrison, la première est toujours aussi compliquée. Même si cette fois-ci, ma lecture en a été moins perturbée, la façon d'écrire, le style ne rendent pas la compréhension du récit aisée. Les fréquentes références au passé ont fait que j'ai eu du mal à me situer dans le temps.
Pour ce qui est du fond, encore une fois, difficile de rentrer dans l'histoire, en particulier à cause de l'abondance et l'étrangeté des surnoms des personnages (même la rue a son surnom !). Quand j'ai enfin compris que tous ces descendants d'esclaves étaient en fait à la recherche de leur propre identité, le brouillard s'est un peu dissipé.
Dans les années 60,dans une petite ville du Nord des États-Unis près des Grands Lacs, Macon Mort (nom attribué à son père au bureau des affranchis à l'abolition de l'esclavage) est un des rares Noirs à avoir réussi : il est propriétaire de plusieurs logements qu'il loue à des plus pauvres que lui. Au sein de sa famille, par contre, c'est le fiasco complet. Il en veut à sa femme, fille de notable, à qui il doit sa reconnaissance sociale. Il est fâché avec sa soeur Pilate pour une sombre histoire de trésor dérobé. La mésentente règne et parfois les coups.
Son fils, nommé aussi Macon Mort mais surnommé "Laitier" à cause d'un allaitement maternel qui a duré plus que de raison, l'aide à encaisser les loyers et traine, désoeuvré, dans les rues. Fuyant le climat de haine raciale auquel adhère son meilleur ami et l'amour passionné, proche de la folie, que lui voue sa cousine, le jeune homme part pour le sud à la recherche de l'hypothétique trésor de sa tante mais c'est surtout la trace de ses ancêtres et leurs vrais noms qu'il veut retrouver. Son passé refera surface grâce à une comptine transmise de génération en génération et chantée par des enfants : "Le chant de Salomon". Comme dans "Un don", l'explication du titre du roman se fait dans les dernières pages.
Accepter la part de magie, très présente, liée aux légendes africaines, aidera à comprendre ce récit et particulièrement la fin, qui parle d'un problème récurrent chez les afro-américains, la quête de ses origines.
Pour résumer, entre 2 étoiles + et 3 étoiles -, je note d'un 11/20.
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zabeth55
  01 juin 2013
Macon Mort, c'est son nom et aussi celui de son père, est en quête d'identité.
Ce roman, véritable saga, retrace sa vie, nous plongeant dans l'univers de la population noire aux Etats-Unis, après la guerre de Sécession.
Les personnages sont hauts en couleur, l'histoire intéressante.
L'écriture est belle, malgré quelques répétitions qui alourdissent un peu le récit.
Par contre, j'ai un peu décroché sur la fin, beaucoup plus mythique et confuse.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
mcd30mcd30   07 mai 2018
Quand il pensait à elle, il ne ressentait plus aucune excitation et son sang ne galopait plus dans sa nuque ou dans son coeur.
Elle était la troisième bière. Pas la première, celle que la gorge reçoit presque avec des pleurs de reconnaissance ; ni la deuxième qui confirme et prolonge le plaisir de la première. Mais la troisième, celle qu'on boit parce qu'elle se trouve là, parce que ça ne peut pas faire de mal, et parce que quelle différence ça fait ?

P. 134
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SachenkaSachenka   10 septembre 2018
«Appartenir», c'est un vilain mot. En particulier si on l'applique à quelqu'un qu'on aime. L'amour, ça ne devrait pas être comme ça. As-tu déjà vu comment les nuages aiment une montagne? Ils l'entourent ; parfois on ne peut même plus voir la montagne à cause des nuages. Mais je vais te dire, si on monte au sommet, qu'est-ce qu'on voit? La tête de la montagne. Les nuages ne recouvrent jamais sa tête. Sa tête passe à travers les nuages parce qu'ils la laisse passer ; ils ne cherchent pas à l'envelopper. Ils laissent la montagne garder la tête haute et libre, sans rien pour la cacher ou l'aveugler.
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mcd30mcd30   24 avril 2018
Macon reçut un tel choc d'avoir été agressé qu'il fut incapable de parler. Après tant d'années au cours desquelles il avait inspiré le respect et la peur partout où il posait le pied, après tant d'années au cours desquelles il avait été l'homme le plus grand dans toutes les réunions, il avait fini par se croire invincible. Maintenant, il marchait à quatre pattes le long du mur et regardait un homme aussi grand que lui - de quarante ans plus jeune.
Tout comme le père était agité de sentiments contradictoires en marchant à quatre pattes le long du mur - humiliation, colère et à son corps défendant une certaine fierté de son fils -, le fils lui-même ressentait ses propres contradictions. Il y avait la douleur et la honte de voir son père s'effondrer devant n'importe quel homme - même lui.

P. 101
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bilodohbilodoh   03 juillet 2014
La déception que lui inspiraient ses filles retombaient sur elles comme de la cendre, ternissait leur teint de beurre et étouffait le rythme de leurs voix qui perdaient leurs accents enfantin, (...) La façon avec laquelle il lacérait leur grâce, leur esprit et leur amour-propre était l'unique émotion de leurs journées.
(10/18, p.21)
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SachenkaSachenka   08 septembre 2018
«J'ai épousé ta mère en 1917. Elle avait seize ans et vivait seule avec son père. Je ne te dirai pas que j'étais amoureux d'elle. À l'époque, ce n'était pas une chose que les gens exigeaient comme maintenant. On attendait qu'il se conduisent l'un vers l'autre de façon civilisée, honnête et... et claire. On faisait confiance aux gens en croyant qu'ils étaient ce qu'ils disaient, parce qu'il n'y avait pas d'autre moyen pour survivre. Ce qui comptait quand on prenait une femme, c'était qu'on soit tous les deux d'accord sur ce qui comptait.»
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