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Anne Wicke (Traducteur)
ISBN : 2267020327
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (16/04/2009)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 267 notes)
Résumé :
« Situé deux cents ans avant Beloved, Un don évoque, dans la même prose lyrique et verdoyante qui caractérisait son précédent roman, le monde beau, sauvage et encore anarchique qu'était l'Amérique du XVIIe siècle.


Toni Morrison a redécouvert une voix pressante et poétique qui lui permet d'aller et venir avec autant de rapidité que d'aise entre les mondes de l'histoire et du mythe, entre l'ordinaire de la vie quotidienne et le royaume de la fab... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (64) Voir plus Ajouter une critique
bina
  31 août 2012
Toni Morrison est une auteure que je ne connaissais jusqu'à présent que de nom. Les premières pages m'ont un peu déstabilisée, ne sachant pas qui s'exprimait ainsi, avec autant de force.
''Belle femme qui a déjà eu la variole et la rougeole...Beau négrillon...''Ces annonces plongent le lecteur dans le contexte de l'esclavage.
Le roman retrace la vie de Jacob, fermier et négociant. Son parcours montre petit à petit la réussite de ses affaires, qui ne sont pas sans lien, semble-t-il, avec la canne à sucre dans les Barbades. Et pourtant, autour de lui, Jacob ne semble pas encourager l'esclavage, mais loin des yeux...
La narration se construit par couches successives. Nous suivons par alternance les points de vue de des femmes de la maison. La jeune esclave Florens, Sorrow, une blanche rescapée psychologiquement perturbée, Lina, la dernière survivante d'une tribu indienne. Et Rebekka, venue épouser Jacob, qui recherchait une épouse pour tenir une ferme.
Au fil du récit, les personnages prennent de l'épaisseur, et petit à petit on voit se dessiner la vie à la dure, les liens entre les personnages, les hiérarchies dans cette société sur laquelle les Blancs ont pris le pouvoir et l'exerçait sur d'autres hommes. Les récits de ces 4 personnes se rejoignent et se complètent lorsque toutes sont sous le même toit.
j'ai découvert aussi grâce à ce livre la situation de certains Blancs en situation de quasi esclavage pour payer leurs fautes ou celles de leurs proches.
Le récit s'ouvre sur la narration de Florens, et laisse entendre qu'elle a du sang sur les mains. Il se clôt aussi avec son point de vue, et l'explication du titre. Pourquoi sa mère, esclave noire, a-t-elle voulu donner sa fille pour que leur maitre, senhor, puisse régler sa dette?
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ninosairosse
  15 septembre 2016
Ne pas faire d'amalgame, ce n'est point un livre sur l'esclavage...mais sur la servitude.
Dans ce roman de Toni Morrison, on trouve des esclaves plus libres que des hommes libres (religions, rites,batailles...) l'un est un lion dans la peau d'un baudet, l'autre un baudet dans la peau d'un lion...
Recevoir le pouvoir de dominer autrui est chose difficile mais s'emparer de force de ce pouvoir est chose erronée... Si le début n'est pas sans nous rappeler Faulkner W. (le bruit et la fureur où sans nous prévenir d'aucune sorte, il nous transporte dans l'esprit quelque peu torturé d'un débile), Tony Morrison réussit la même prouesse mais dans l'esprit de plusieurs personnages toutes origines confondues mais esprits tout aussi torturés par ce don de clairvoyance .
Enfin pour nous parler des étoiles avec tant d'éloquence, pour récompenser ce style d'écriture, je lui attribue un 4* :" le ciel était paré d'étoiles lointaines posées sur une toile aussi sombre et lisse que la robe de son cheval".
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MarieC
  18 décembre 2012
Il arrive parfois (trop rarement) que l'on repose un livre en se disant qu'il vous habitera toute votre vie. Que vous vous répéterez régulièrement certaines de ces phrases, car elles expriment, en quelques lignes, une vérité que vous n'auriez jamais réussi à formuler. Que les thèmes abordés touchent à l'universalité de la condition humaine et que ce texte est décidément, à lire et à relire. Eh bien, "le don" est pour moi un de ces romans là, bien difficile à chroniquer, car il entre d'emblée dans l'intimité de mes sentiments.
Le livre est constitué de plusieurs monologues qui s'entrecroisent : celui de Florens, esclave offerte par sa mère en paiement d'une dette de son maitre, celui du colon américain, maitre un peu malgré lui de Florens, celui de Lina, esclave africaine dans cette petite famille, celui de Sorrow, pauvre folle traumatisée, qui a rejoint cette drôle de communauté, celui de la maitresse, jeune européenne envoyée se marier aux Amériques par des parents qui n'ont pas envie de la doter... Des personnages détruits par la vie, l'esclavage ou la misère, qui ont reconstruit leur propre équilibre à leur manière, réinventé leur monde, et dont les visions confrontées font apparaitre la dramatique incompréhension entre les hommes. Car le don, dans ce roman est bien ambigu : une mère qui donne son enfant à un maitre, une mère qui donne une chance à son enfant, une femme qui se donne, qui donne son amour à un homme qui ne veut pas le recevoir ?
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Titania
  18 février 2018
À la fin du 17ème siècle, en Virginie, dans une des 13 colonies, on est à peu près un siècle avant la déclaration d'indépendance des Etats-Unis.
Toni Morrison nous raconte dans ce contexte une histoire de femmes, de celles qui ont fondé un pays, dans la douleur et la terrible égalité de la servitude.
C'est une autre histoire de l'esclavage qui nous est contée là. En effet, débarquaient dans les colonies des gens qui ne l'avaient pas vraiment choisi, condamnés de droit commun, fils et filles vendus pour ne plus être à charge de leurs familles au pays, main d'oeuvre exploitée, non payée, et brutalisée comme les esclaves africains, dans les plantations de tabac.
Dans un pays immense, s'affrontent aussi les communautés religieuses qui ont fui des persécutions en Europe. Ça ne les a pas rendues plus tolérantes. On chasse les sorcières, et on refuse des sacrements et de l'aide à qui ne partage pas le même clocher.
Autour de Rebekka qui a fait la traversée pour épouser Jakob, le commerçant, se regroupent Lina, la servante amérindienne, Sorrow , la métisse naufragée, Florens la petite esclave africaine donnée par sa mère . Une drôle de famille à l'écart d'une communauté, où se jouent des solidarités, de l'entraide dans les travaux de la ferme, des tragédies, des jalousies aussi.
On découvre le destin de ces personnages de l'intérieur de l'univers de chacune, leur regard sur le monde, et les hommes, avec une très belle langue, un certain lyrisme. La dramaturgie met en place nombre d'énigmes qui se résolvent patiemment de la complémentarité des récits.
C'est du grand art, une belle construction, un très beau texte, pas simple, certes, mais avec aussi un éclairage original sur l'histoire de l'esclavage, et les violences faites aux femmes.
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bilodoh
  10 septembre 2014
Un roman dans l'Amérique du XXVIIe siècle, pas vraiment un récit historique, mais une galerie de portraits et d'émotions fortes.

Une Anglaise venue de la misère et la saleté des villes, une enfant noire dont la mère se souvient de l'Afrique, une Amérindienne dont la tribu est disparue, une fille rescapée d'un bateau fantôme, toutes ces femmes sont recueillies par un homme, un orphelin devenu commerçant, un homme bon qui voit en elles des orphelines à secourir.

Les chapitres présentent les points de vue et les histoires de chacun à tour de rôle, des destins de femmes, des amours et des naissances, des maladies et des morts.

Les romans Toni Morrison sont toujours sombres, une écriture concise qui va toujours droit au but, droit au coeur…
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critiques presse (1)
Lecturejeune   17 février 2012
Lecture Jeune, n°131 - septembre 2009 - C'est à la fin du XVIIe siècle, dans une Amérique naissante et chaotique, alors que racisme et esclavage ne se confondent pas encore, que se déroule le nouveau roman de Toni Morrison (prix Nobel de littérature 1993). Dans ce contexte historique bien particulier où les esclaves peuvent être noirs, blancs ou indigènes, l'auteur mène une réflexion sur la signification de la « servitude » en suivant Florens, une jeune fille donnée par sa mère à Jacob Vaark dans l'espoir de lui offrir une vie meilleure. À la voix principale de Florens, que l'on voit passer, au fil du roman, du statut d'esclave à celui d'esclave de la passion, se mêlent, comme autant de variations sur la notion de servitude, les voix des autres habitants du domaine Vaark : Rebekka, la femme de Sir choisie par arrangement, Lina, la gouvernante totalement dévouée, ou encore la bien nommée Sorrow, la sauvage simple d'esprit aux étranges pouvoirs.
Au-delà de la réflexion sur l'esclavage, on retrouve les thématiques chères à Toni Morrison, comme celle de la maternité : Florens est hantée par sa mère, a minha mae, qui revient de manière obsédante lui expliquer qu'elle ne l'a pas abandonnée, mais a tenté de lui faire « don » d'une vie meilleure. Le roman est servi par la magnifique plume de Toni Morrison (totalement respectée par la traduction d'Anne Wicke), maniant les beautés de la langue avec une incroyable fluidité et une grande poésie, réussissant ainsi à faire surgir la beauté fulgurante de l'horreur du quotidien. Marianne Joly
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (63) Voir plus Ajouter une citation
caro64caro64   06 juin 2010
La pluie elle-même devint une chose tout à fait nouvelle : de l'eau propre sans aucune trace de suie qui tombe du ciel. Elle joignait les mains sous son menton et contemplait des arbres plus hauts qu'une cathédrale, du bois de chauffage si abondant que cela faisait rire, puis pleurer. Elle n'avait jamais vu des oiseaux pareils, ni bu de l'eau fraîche coulant sur des pierres blanches visibles.
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caro64caro64   06 juin 2010
Ils avaient jadis pensé qu'ils formaient une sorte de famille parce qu'ils avaient créé ensemble un compagnonnage à partir de l'isolement. Mais la famille qu'ils imaginaient être devenus était fausse. Quel que fût ce que chacun aimait, recherchait ou voulait fuir, leurs avenirs étaient séparés et imprévisibles. Une seule chose était certaine, le courage seul ne suffirait pas. Sans les liens du sang, il ne voyait rien à l'horizon pour les unir.
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ladesiderienneladesiderienne   31 octobre 2013
Sir et Mistress croyaient qu'ils pouvaient mener une vie honnête de libres-penseurs, et pourtant, sans héritiers, tout leur travail ne valait guère plus qu'un nid de moineau. Leur isolement progressif des autres avait produit une intimité égoïste et ils avaient perdu le refuge et la consolation que peut procurer un clan. Baptistes, presbytériens, tribu, armée, famille, il fallait bien quelque chose pour faire un cercle et protéger de l'extérieur. La fierté, se disait-elle. Seule la fierté leur avait fait penser qu'ils n'avaient besoin que d'eux-mêmes, qu'ils pouvaient modeler ainsi la vie, comme Adam et Eve, comme des dieux venus de nulle part et uniquement redevables à leurs propres créations. Elle aurait dû les prévenir, mais sa dévotion la mettait en garde contre une telle impertinence. Tant que Sir était en vie, il était facile de voiler la vérité : ils ne formaient pas une famille - même pas un groupe de gens pensant de la même façon. Ils étaient des orphelins, tous autant qu'ils étaient.
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ninosairosseninosairosse   14 septembre 2016
"Nous n'avons pas besoin d'une autre maison, lui dit-elle. Et certainement pas d'une maison de cette taille." Elle était en train de le raser, et elle parla alors qu'elle venait de finir.
"Il ne s'agit pas de besoin, ma femme.
- Et de quoi s'agit-il, je te prie ? " Rebbeka nettoya les dernières traces de mousse sur la lame.
" De ce qu'un homme laisse derrière lui et de ce qu'il est.
- Jacob, un homme n'est rien d'autre que sa réputation.

p107
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bilodohbilodoh   10 septembre 2014
Ils laissaient leurs porcs brouter la côte de l’océan, la transformant ainsi en dunes de sable sur lesquelles rien de vert ne pousserait jamais plus. N’ayant aucun lien avec l’âme de la terre, ils tenaient absolument à en acheter le sol, et, comme tous les orphelins, se montraient insatiables. C’était leur destinée que de chiquer le monde et de recracher des horreurs qui détruiraient tous les peuples premiers.
(p. 68)
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Videos de Toni Morrison (35) Voir plusAjouter une vidéo
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INTEGRALE - T. Morrison, C. Taubira, B. de Caunes, M. Brunet, J-M. Delacomptée, G. Faye.
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