AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 9791096785858
Éditeur : Something Else Editions (21/10/2017)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Septembre 1758. Les Anglais ont semé la désolation dans la région de Saint-Malo sans réussir à s'emparer de la ville corsaire. Ils ont laissé derrière eux des cadavres et des blessés. On retrouve un survivant sur une plage. Est-il Anglais ? Est-il Français ? N'écoutant que son bon c?ur, Hervine le fait conduire dans sa famille et le soigne. À son réveil, l'homme, qui parle un français impeccable, ne se souvient plus de rien, du moins c'est ce qu'il prétend...
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Solysbooks
  03 février 2018
Pour commencer, soyons clairs, il y a longtemps que je n'avais pas lu un roman ou une romance historique de cette qualité : outre le français qui est parfait (il n'y a aucune faute et est d'un niveau assez élevé), Rose Morvan maîtrise parfaitement son sujet et son époque. Quant à l'intrigue, elle est parfaitement dosée pour que l'on passe par différentes émotions et à la fin de ce tome, forcément, on n'a qu'une envie : lire la suite. Concernant les personnages, il y a les bons et les méchants (et même de trèssssssssss méchants) et c'est peut-être le seul petit bémol que j'aurais, c'est que je n'ai pas vraiment réussi à m'attacher totalement à leurs personnalités pour différentes raisons dont je vous reparlerai par la suite (ou plutôt dans la chronique du tome 2 car là, je ne veux pas trop vous en révéler sur ces personnages)
Mais comme toujours, laissez-moi vous raconter le début de l'histoire : le récit commence dans la région de Saint Malo en septembre 1758 : c'est la guerre entre les Anglais et les Français et bien évidemment, les habitants de cette région sont forcément en première ligne. Nous faisons très vite connaissance avec Hervine Abgrall, notre héroïne, qui semble être une jeune femme ayant un caractère affirmé mais possédant aussi une intelligence certaine et une instruction inhabituelle pour l'époque. Comme la plupart des habitants de son petit village de Saint-Briac et les membres de sa famille, elle déteste les habitants de la Perfide Albion et bien sûr, a des tas d'a priori sur eux. Cependant, les premiers événements qui nous sont racontés, semblent lui donner raison puisque lors d'une attaque, ils vont mettre à sac la ville et notamment la maison de ses parents. Son père est un orfèvre et un dinandier hors-pair et sa réputation n'est plus à faire dans la région. Sur les conseils de la jeune femme, ils n'ont le temps que de se cacher (avec la plupart des autres habitants) et surtout de cacher leurs plus belles pièces, préservant ainsi la majeur partie de leur fortune (celle-ci devant être en partie utilisée pour doter la jeune fille, lors de son mariage, comme c'était l'usage à l'époque) Mais quand ils reviennent chez eux, ils ne peuvent que constater les dégâts : tout est dévasté ou presque et il leur faudra du temps et surtout de l'argent pour reconstruire l'atelier, les maisons du village et panser les plaies. Et c'est Hervine qui se charge de cette mission, en bonne Catholique qu'elle est, détail hyperrrrrrrr important pour la suite de l'histoire (qui plus est, elle a passé 4 ans dans un couvent : elle est donc éduquée comme les gens de la haute société qu'elle a fréquentés) et tous les habitants lui font confiance et la respectent pour ce qu'elle est. Elle recense alors ce dont tous ont besoin et va voir l'un des nobles qu'elle connait, l'un des plus grands corsaires de Saint Malo, pour lui demander de l'argent afin de reconstruire Saint-Briac au plus vite. Elle va, à cette occasion, rencontrer l'un des personnages les plus importants du roman, Urien de Saint Pern, le fils du bailli (sorte de juge de l'époque qui avait le droit de vie et de mort), un homme qui lui et nous fait froid dans le dos, dès le départ. Vous savez, c'est le genre de personnages qu'on va détester sans même que l'on sache encore pourquoi. On sent que cette rencontre sera importante pour la jeune femme car il semble s'intéresser d'un peu trop près à elle et ne s'en cache d'ailleurs pas, la mettant franchement mal à l'aise. Elle n'a pas l'expérience pour ce genre d'individu et l'on se dit que si elle venait à tomber entre ses mains, ce serait l'horreur pour elle.
Malgré tout, elle repart chez elle avec l'assurance que les riches familles de Saint-Malo viendront en aide à ceux démunis de son village. Or, quelques jours après, son frère la réveille car une nouvelle fois, on a besoin d'elle et on la demande : la mer a rejeté des corps sur la plage et l'un d'entre eux, certes mal en point, est encore en vie : elle prend donc la décision, ne sachant pas qui il est et n'ayant aucun indice sur son identité française ou anglaise, de le faire porter chez elle afin de le soigner. Une fois encore, c'est son éducation catholique qui la pousse à lui offrir l'hospitalité et ne la fait pas assez se méfier. de plus, il semble que même évanoui, il ne la laisse pas indifférente.
Qui est donc ce naufragé? d'où vient-il? Est-il un "gentil" ou un "méchant"? évidemment, c'est cet homme-ci qui donne son titre à ce tome et pour le savoir, bien sûr, il vous faudra lire ce roman ;)
Vous l'avez compris, avec l'entrée de ce troisième personnage important, l'intrigue est vraiment lancée et l'on se demande qui il est et quel rôle il aura dans la vie d'Hervine. Mais la jeune femme (ou devrais-je dire la jeune fille) est une fervente catholique, pratiquante, éduquée dans un couvent (donc, elle ne sait rien de la vraie vie) et est totalement endoctrinée par sa foi et cela aura une influence majeure pour la suite de l'histoire. Fort heureusement pour elle (et pour nous) elle a des parents remarquables, qui ont confiance en son jugement, elle est instruite (ce qui est remarquable pour l'époque, là-encore, parce qu'elle en sait plus que la norme) et c'est une jeune femme qui a un caractère certain : cela lui permettra d' affronter ce qui l'attend. Pour le siècle des lumières, elle est la jeune fille quasi parfaite (en plus, elle est très très jolie) et forcément, elle attire les convoitises et ils seront nombreux à vouloir la posséder ou l'épouser.
Moi, je l'avoue, dans ce tome, elle m'a souvent agacée : son côté bigote, et donc les réactions qui en découlent, m'ont souvent énervée : bien sûr, on est au XVIIIème siècle, elle a été éduquée pour réagir et penser ainsi, mais cela m'a quand même énervée plus d'une fois : il y a cette dualité entre son intelligence (en plus, elle est instruite) et sa foi (qui est une bonne partie du roman, à la limite du fanatisme, mais dans le sens étymologique du terme) et je me disais souvent " mais bon sang, elle ne va pas réagir?!" Ce côté m'a vraiment dérangée (même si encore une fois, elle est fidèle à bon nombre des jeunes filles de cette période) et c'est en partie pour cela que je ne m'y suis pas totalement attachée. En revanche, c'est une belle et bonne personne que l'on ne peut qu'aimer (non non, ce n'est pas antithétique avec ce que je viens de dire) puisqu'elle est prête à tout pour tous ceux qui lui sont chers, quitte à mettre sa propre vie et ses aspirations en jeu.
Volontairement, je ne vous dirai rien sur ce naufragé mystère... mais sachez juste qu'il est le genre de personnage que l'on apprécie à bien des égards.
Quant au troisième personnage principal, Urien, lui est, tout ce que l'on peut détester chez un homme. Mais c'est surtout dans le deuxième tome qu'il révélera réellement qui il est. Donc, vous n'en saurez pas plus aujourd'hui.
Frustrant, hein? alors qu'habituellement, je parle davantage des personnages mais là, forcément, je me dois de me taire pour garder le mystère...
Sachez que les personnages secondaires sont à l'image de ces trois-là : il y a les "bons" comme la famille d'Hervine ou encore le bon médecin (moderne pour l'époque celui-ci) qui viendra en aide à notre mystérieux personnage (et qui m'a bien plu celui-ci) ou encore les "méchants" ou les jaloux" que je vous laisse là encore découvrir, pour ne pas révéler l'intrigue (promis, dans ma chronique du tome 2, je développerai davantage cette partie, comme je le fais habituellement) mais ne venez pas la lire avant d'avoir lu ce tome-ci! ;) sinon, vous aurez forcément des révélations , vous voilà prévenus. ;)
Mais comme je vous l'ai dit, ce qui fait la richesse et la qualité de ce roman est d'abord l'écriture de Rose Morvan : la dame a rédigé son texte dans un français parfait : outre la richesse du vocabulaire (j'ai appris plusieurs mots, moi ^^ en même temps, le contexte historique et religieux breton du XVIIIème siècle ne m'est pas familier du tout), le récit est écrit sans aucune faute (ahhhhhhhhh que cela fait du bien de voir la concordance des temps respectée et donc de revoir des imparfaits du subjonctif parfaitement employés). de plus, il est évident qu'elle maîtrise parfaitement son sujet et son époque, il y a donc un vrai travail de recherches, sans doute impressionnant pour coller au mieux la réalité. Enfin, les références littéraires aussi ne pouvaient que me plaire.
Bref, je vous le redis, on est ici face à un roman historique haut de gamme et soyons clairs, on n'en a plus vraiment l'habitude. Il mériterait une meilleure publicité. J'espère donc que ma chronique vous poussera à aller le découvrir. N'ayez pas peur de sa grande qualité : il n'est pas élitiste pour autant, comme on peut parfois en trouver (et donc, soyons honnêtes, s'ennuyer). Non, non, c'est du haut de gamme mais pas barbant ou ennuyeux lol bien au contraire : la preuve, j'ai enchaîné directement avec le tome 2 ;)

Lien : http://solysbooks.blogspot.f..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
AlexianeTh
  08 janvier 2018
« Rose Morvan écrit depuis son adolescence, mais elle a franchi le cap de l'édition en 2014, seulement. Dans ses tiroirs, dorment encore des histoires rédigées dans des cahiers, et depuis elle ne peut plus s'arrêter.
Très attachée à sa Bretagne, – dont une partie coule dans ses veines –, à ses tempêtes, à son histoire et à ses légendes, elle situe l'intrigue de certains de ses romans dans cette région. Elle trace surtout des portraits de femmes qui se battent pour s'imposer, vivre leurs envies, et leurs amours, être heureuses tout simplement.
Qu'il s'agisse de contemporain, de l'historique, ou bien de l'érotique et du conte, Rose Morvan, amoureuse de la langue et de la littérature françaises, travaille les mots, leurs sonorités pour qu'ils enchantent les lecteurs. »
Le premier tome de Passion interdite est très loin d'être le premier roman de Rose Morvan. Cette fois, et comme glissé dans ce petit descriptif de l'autrice trouvé sur un célèbre site, miss Morvan nous propose l'histoire de la belle Hervine, en Bretagne, plus précisément à Saint-Briac, près de Saint-Malo.


La France est en guerre avec l'Angleterre ; le conflit n'épargne pas les côtes bretonnes. Hervine et sa famille : deux frères et ses parents, dont le père est dinandier, subissent les clairons des canonniers et les pillages. Peu de temps après l'un d'eux, ayant causé bon nombre de ravages dans leur cher village, un naufragé est rabattu sur la plage par la marée. Seul survivant, gravement blessé, Hervine décide de le soigner … Mais cet homme semble dissimuler bon nombre de secrets et être prêt à tous les mensonges pour les préserver. A moins qu'il ne soit question que de sa propre survie …


Rose Morvan met en scène une héroïne type Mary-Sue : parfaite en tous points, incroyablement belle, dévote … Aucun défaut. Ses faiblesses correspondent à ces anciens romans où les protagonistes féminins s'évanouissent dès qu'une émotion ou une situation les dépasse ou s'enfuit à toutes jambes, jupons sous le bras, pour se cacher, non sans déclencher dans son sillage une petite poursuite romanesque. C'est un code qui, aujourd'hui, peut nous paraître incongru, voire un peu lassant, mais qu'elle maîtrise néanmoins et assume. Hervine est une « rosière » fervente défenderesse de la foi catholique ; sa vie est régie par cette foi, ce qui peut avoir tendance à nous agacer – comme l'est Alain, le héros masculin. C'est une particularité qui tend à évoluer, être heurté par différentes opinions et les mentalités (type, celles des Lumières au vu de l'époque)


Quant à Alain, c'est un gentilhomme des plus plaisants, sans défauts lui aussi : un peu un Marty-Stue, mais bien moins prononcé qu'Hervine.
En soi, le contexte se prête beaucoup à ce type de personnages où la galanterie, la bienséance, la vie aristocratique très protocolaire, ect façonnent l'existence de ces héros et leur mode de vie ; rien d'étonnant, donc. En mettant un pied dans ce roman, à une telle époque, il faut accepter de se prêter au jeu et, de fait, s'immerger au mieux dans l'ambiance proposée. Dans tous les cas, qui apprécie Orgueil et préjugés, Les Hauts de Hurlevent, Autant en emporte le vent pourra sans doute y trouver son compte…. Parce qu'il y a un point très plaisant à aborder.
L'écriture.


Un grand bravo à Rose Morvan pour sa qualité écrite, son éloquence littéraire et tout le soin apporté à son verbe. C'est un réel plaisir de plonger au XVIIIème siècle avec tout le respect du vocabulaire présent que ce soit dans les dialogues et la narration. C'est soutenu, propre, maitrisé … Un régal de lecture, de curiosité lorsque l'on bute sur un mot méconnu nous poussant à en découvrir la définition … Il n'y a aucune incohérence entre la temporalité, le contexte, les personnages et la narration : tout se consolide et respecte son fond et sa forme. Nous pouvons même nous retrouver à murmurer quelques phrasés pour mieux en apprécier la musicalité, la pertinence et faire un petit saut dans le temps histoire de quelques mots. Ce n'est pas pour autant une lecture difficile ou élitiste : c'est un bon niveau ; d'un niveau qui se perd aujourd'hui, surtout dans le genre historique.
Cette qualité d'écriture soutient et sert très bien les joutes verbales qui nourrissent en grande partie l'intrigue de ce premier tome. Il n'y a pas de combat à l'épée épique, de grands discours héroïques, cape au vent … Non, dans ce premier opus, tout est dans la réserve et les confrontations morales et diatribes, bien qu'il y ait tout de même la présence de quelques actions modestes qui permettent à l'histoire de retrouver un nouveau souffle, de nous extirper d'une petite somnolence tranquille.


S'il peut y avoir un regret, ce serait peut-être un petit manque au niveau de la relation d'Hervine et Alain : cette croissance dans les sentiments, le début de tout que l'on ne fait qu'effleurer et qui aurait sans doute mériter quelques pages supplémentaires pour mieux en comprendre la profondeur, la sincérité.
Attention, amis lecteurs, adeptes de l'érotisme et de la sensualité, ne vous méprenez pas : ici, pas de vulgarité, de sexe brute, voire écoeurant. Tout est dans la finesse et les baisers volés. Amis lecteurs, adeptes du romantisme et des mots doux, galants et élégants, ce livre est pour vous.
Une passion interdite est un livre qui se lit plutôt vite et se termine sur un cliffhanger promettant de nouvelles aventures dans un prochain opus. Une fin frustrante, mais non moins efficace pour pousser le lecteur à guetter la sortie du prochain tome.
Lien : http://surlesailesdunlivre.f..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Artelode
  09 décembre 2017
J'ai été littéralement emballée par ce roman et n'ai qu'une envie : lire la suite. le tome 2 paraîtra en janvier 2018…
Un peu d'histoire
Rose Morvan excelle dans le genre de la romance historique (ce qui n'est pas le cas de certains dont je n'ai pu terminer le livre tant la mièvrerie m'excédait…). Plonger dans l'Inde du XVIIIème siècle avec La Perle de Pondichéry, paru chez Gloriana Editions en décembre 2016, avait déjà été un vrai plaisir ! Il en est de même pour le premier tome d'Une passion interdite.
Si le naufragé de Saint-Cast et le joli conte oriental diffèrent en ce qui concerne le « dosage » entre Histoire, réalisme et imaginaire, on y retrouve certaines références historiques communes puisqu'il s'agit de la même époque.
Que s'est-il passé à partir du 3 septembre 1758, date à laquelle démarre l'intrigue ?
La guerre de Sept Ans, qui oppose le royaume de France au royaume d'Angleterre (problèmes liés aux colonies américaines et à la Succession d'Autriche), sévit depuis environ deux ans. le 3 septembre 1758, les troupes anglaises, suite à leur échec à Saint-Malo quelques semaines auparavant, débarquent par milliers sur la plage de Saint-Briac. le mauvais temps les oblige à mettre leurs navires à l'abri (pointe de Saint-Cast). Quelques jours plus tard, repoussés par les Français, après avoir pillé, détruit les villages traversés, assassinés nombre de villageois, violés des femmes, les Anglais s'apprêtent à rembarquer. Mais au Guildo, des volontaires les attendent de pied ferme. La bataille de Saint-Cast a lieu le 11 septembre 1758. La défaite est cuisante pour les Anglais, des centaines de morts jonchent les côtes bretonnes…
Une peinture sociale
Dans le cadre de la fiction, à travers dialogues et descriptions, l'auteure réussit à nous livrer une foule informations. Sont évoquées la place des femmes dans la société, la religion, les sciences, la philosophie, la médecine… Alors, on grince des dents, on rit jaune en imaginant cette époque pas si lointaine que cela. Ce qui est intéressant, c'est que, au-delà de l'humour et de l'ironie que l'on pointe à travers l'écriture de l'auteure (et que j'adore !), la critique vient aussi de certains personnages eux-mêmes. Ils nous emmènent avec eux dans une forme de résistance. Et l'on refuse de voir Hervine Abgrall, notre héroïne, soumise à un quelconque modèle religieux, féminin, social ou amoureux… Ce qui n'est pourtant pas chose facile…
"— le curé a mis des idées abominables dans la tête d'Hervine, si vous saviez !
— Oh, j'imagine très bien. C'est de cette manière qu'il tient les femmes de la paroisse. Il n'aimerait pas que notre évêque apprenne qu'il y a des adultères et des pécheresses dans Saint-Briac. Qui plus est Hervine a été élue rosière du village et il s'en flatte. C'est un titre très disputé dans le diocèse. Selon moi, il cherche à monter dans la hiérarchie du clergé. Je doute qu'il y arrive, il n'est pas assez retors pour comploter auprès de plus malins que lui. C'est un homme bon, qui s'occupe de ses ouailles, mais il n'a pas l'intelligence des grands. Il peut embrumer par la superstition des esprits immatures et mal formés, pas des gens comme moi ou comme vous. Vous me semblez exercer votre raison."
Constellation de personnages
Deux peuples qui s'affrontent, un naufragé, une femme… Tous les ingrédients sont réunis pour nous conter l'histoire d'un amour impossible. Une réécriture de la Petite Sirène ? Oui, en quelque sorte, probablement même. Car Hervine va devoir affronter mille et uns obstacles, braver les interdits liés à cette deuxième moitié du siècle des Lumières, s'armer de courage pour se découvrir elle-même et assumer son amour pour un homme nullement considéré comme un parti « acceptable ». Hervine vit dans une famille certes aimante mais aussi porteuse des idées et des valeurs de l'époque. Son père est dinandier, connu et reconnu dans la région. Il se doit donc de tenir un rôle, de respecter la hiérarchie, même si cela lui coûte parfois. Hervine, elle-même très appréciée des habitants de Saint-Briac, doit alors choisir un époux à la hauteur. Naturellement, elle semble suivre les traces de ses parents. Et les soupirants ne manquent pas…
Au cours de l'intrigue, la jeune femme se rend au manoir de Saint-Servan, où elle deviendra la dame de compagnie de la mère d'Urien de Saint-Pern, le fils du bailli de Saint-Malo. Elle y découvre un tout autre monde. Toute une histoire que ces riches personnages affublés de leurs belles parures ! Réussira-t-elle à ne pas succomber au charme des étoffes soyeuses et colorées, à la promesse de monts et merveilles ?
J'ai adoré l'ensemble des personnages. Ils sont tous, sans exception, très bien campés. Si le récit est focalisé sur le personnage d'Hervine, on a l'impression d'évoluer à leurs côtés – ou plutôt aux côtés de chacun. On a l'impression de ressentir pleinement l'amertume, la jalousie et la vanité de certains, l'amour et la bienveillance des autres, les différences de castes… Ces discordances rendent le roman pleinement vivant !
Une très belle écriture, un cadre parfaitement cohérent, une intrigue passionnante avec son lot de rebondissements et de suspens, que demander de plus ? Une réussite !
Lien : http://lecalepindunelectrice..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
LilouLandofbooks
  06 décembre 2017
Je ne connaissais pas du tout l'auteur, et c'est la couverture qui m'a immédiatement attiré l'oeil. Elle me semblait pleine de promesses.
Nous découvrons donc Hervine, habitant à Saint-Cast. Une jeune femme croyance, considérée comme la rosière du village, impliquée dans la vie commune et considérée comme étant la bonté incarnée.
Après une attaque menée par les Anglais, qui ont pillé le village, deux naufragés sont découvert sur la plage. Un seul à survécu, même s'il est grièvement blessé, et encore inconscient. Hervine se voit confier la mission de veiller sur lui, le temps qu'il se remette. Sans qu'elle comprenne pourquoi, elle si chaste et fidèle à ses croyances, elle se retrouve immédiatement attirée par cet inconnu qui repose dans son grenier.
J'ai trouvé le contexte historique très intéressant et c'est notamment cette connotation retrouvée sur la couverture qui m'a attirée. le style est agréable, même si un peu moins abouti par moment, et je me suis sentie transportée dans l'histoire au bout de quelques pages seulement.
J'avoue avoir ressenti une certaine frustration sur la fin, notamment parce que j'espérais davantage vibrer dans une romance plus poussée entre les personnages, mais je ne doute pas que la suite nous gâteras à ce niveau-là !
Ce premier tome est donc une jolie romance historique à découvrir !

Lien : http://landofbooks-chronique..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
autres livres classés : roman historiqueVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
1535 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre