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Cécile Arnaud (Traducteur)
ISBN : 2070420140
Éditeur : Gallimard (07/05/2010)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 66 notes)
Résumé :
" Il y a presque toujours dans la vie un moment clé, un point divisant le temps entre un avant et un après, un accident ou une histoire d'amour, un voyage ou peut-être un décès ".

Ainsi commence le récit que fait Gabriel, dix-sept ans, de l'été qui changea le cours de sa vie. Renvoyé du pensionnat, il s'installe à Manhattan chez son frère Spencer, qui a renoncé à la carrière diplomatique pour la bohème littéraire. Enivré par sa liberté toute neuve, Ga... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
mumuboc
  01 mai 2019
Le passage de l'enfance à l'âge adulte est toujours une période difficile où il faut quitter le monde insouciant de l'enfance et se confronter à la réalité de la vie. Pour Gabriel Gibbs ce passage va coïncider avec le décès de son père, le renvoi de son lycée et la vie en commun avec son frère aîné de 10 ans, Spencer. Pour certains de telles épreuves auraient pu paraître insurmontables, mais pour Gabriel c'est un vent de liberté et de découverte qui va souffler. Il a le sentiment de vivre un rêve éveillé.
A vivre aux côtés de Spencer qu'il admire et vénère, qu'il envie pour son indépendance et ses relations, il va découvrir une vie de bohème dans le Manhattan des années 1950, dans une sorte de légèreté et de frivolité, n'ayant comme but que la journée qui s'annonce, observant la faune qui l'entoure et voyant émerger parmi celle-ci un visage féminin, une allure, une apparition qui va devenir une obsession. Lillian Dawes !
Dans cet environnement où les deux frères évoluent grâce à l'héritage de leur père, il n'est pas de mise de se préoccuper du lendemain, pour Spencer il n'est question que de son premier ouvrage à écrire et pour Gabriel il s'agit d'errer dans la ville, de rendre visite à droite et à gauche car son plus grand plaisir est finalement d'observer et de comprendre le monde où il vit désormais : ses règles, ses codes, les attitudes à avoir.
Et Lillian Dawes allez-vous me dire ? Oh je ne l'oublie pas, mais cette femme est pendant une partie du roman qu'une image floue que le jeune homme croise d'abord par hasard puis il se lance dans une sorte de traque afin de savoir qui est cette femme qui l'obsède, qui l'intrigue par son mystère et sa beauté. Tout le monde connait Lillian Dawes mais personne ne sait réellement qui elle est, ce qu'elle fait, tout le monde tombe sous son charme mais elle semble l'ignorer. Elle est là où on ne l'attend pas, dans les bras d'un danseur, puis en salopette d'ouvrier sur un chantier.
Qui est-elle vraiment ? A-t-elle un but ? Pourquoi porte-t-elle plusieurs identités ? Aventurière, espionne ? Toutes les pistes sont envisagées par le jeune homme qui est fasciné par l'aura de la jeune femme. N'est-elle qu'un songe, un fantasme ou finalement qu'une opportuniste ?
Katherine Mosby mêle habilement la superficialité de cette société et ses codes et l'univers que Lillian à créer autour d'elle, une sorte de manipulatrice qui a compris comment fonctionne la société et qui l'utilise pour trouver des réponses à ses questions.
L'auteure évoque avec une écriture très féminine, très précise la vie à Manhattan, les lieux et les conventions, le ton est léger en apparence mais elle scrute et analyse et ce qui m'a particulièrement intéressée c'est la relation fraternelle de Spencer et Gabriel, très forte malgré une apparente distance.
On pourrait penser que l'arrivée de Lillian Dawes va être un obstacle et va bouleverser cette harmonie, devenir un objet de convoitise pour chacun ? Katherine Mosby s'attache à ne rien révéler avant les derniers chapitres, voire dernières pages. le passage de l'adolescence à l'âge adulte se fera en douceur, avec des désillusions, des pertes mais sans drame. Même la disparition d'une tante aimée se fera avec une sorte de clin d'oeil, une dernière pirouette envers les biens pensants, la famille et la société.
J'ai passé un agréable moment de lecture, entre les frères Gibbs, avec Spencer l'apprenti écrivain, silencieux, sombre mais bienveillant avec son jeune frère, lui laissant une certaine liberté « surveillée ». On retrouve toutes les figures habituelles d'une famille bourgeoise avec les « coincés » et les « affranchis » en particulier avec le personnage des tantes Lavinia et Grace.
Je me suis installée au milieu de cette histoire, dans cette vie de bohème, comme spectatrice, où rien ne semble important, où seul compte le moment présent et la création, j'ai regardé et écouté Gabriel découvrir le monde des adultes, découvrir que même dans sa famille, sous le vernis apparaissaient des zones d'ombre.
J'ai aimé l'écriture efficace de Katherine Mosby, elle possède un charme fou et colle parfaitement au récit. Elle donne à presque tout ses personnages une face brillante (je pense à tante Lavinia, Clayton et Hadley) puis peu à peu les vrais visages apparaissent sous le vernis et se révèlent mais sans jamais devenir détestables.
Un seul petit regret, la véritable identité de Lillian m'a un peu déçue car je l'ai trouvé un peu « tirée par les cheveux » mais cela ne m'a pas gâchée mon plaisir. Ce fut un moment entre parenthèses, doux et chatoyant, un peu à la manière de Gatsby le Magnifique, où sous les paillettes plane le mystère.
Elle me raconta une longue histoire, étrange, poignante et familière, dans le sens où tout récit qui nous touche fait résonner une mélodie déjà connue mais cachée dans notre coeur, attendant d'être jouée par telle phrase particulière ou telle image et qui, une fois exprimée, prend sa place dans le lieu indéfinissable de l'âme. (p279)
Lien : https://mumudanslebocage.wor..
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Bookycooky
  15 mars 2015
J'ai adoré,surtout le personnage de Lillian Dawes,un personnage décrit à merveille,un personnage qui te rend heureux!
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luCa
  02 septembre 2010
Femme charmante, femme aimante, femme amante, femme aimée. Lorsque deux chemins se croisent, on est d'abord surpris de découvrir l'être dont on n'espérait plus ou ne soupçonnait pas l'existence. Puis on s'y perd, on s'y accroche. Une perte heureuse, une drogue magnifique. le visage nous hante, nous suit. On se souvient du moindre détail, la couleur de ses cheveux, ses yeux, ses lèvres, son sourire; et la manière qu'elle a de nous regarder, d'agir, ses tics, ses gestes, ses paroles. On plonge dans cette eau merveilleuse, chaque phrase devient proverbe, chaque mot étincelle. Comment expliquer cette alchimie étrange et fantastique, ce mélange étonnant et plaisant de sens, d'envies de désirs ? C'est drôle mais les discours sur l'amour paraissent toujours mielleux, clichés, imbibés de rêves et de beauté. Mais ce qui est drôle aussi, c'est que l'amour, le vécu, pas celui avec un grand A, mais le simple, le proche, ne s'en éloigne pas trop. de toute façon, on n'y comprend rien. On ne peux l'expliquer, le système complexe de neurones du cerveau n'en revient pas lui-même. La seule chose dont on est sûre, c'est qu'elle est là, réelle. Lillian. Je n'ai jamais été autant séduite par une femme d'un roman. C'est dire si la prose de Katherine Mosby vous embarque, vous entraîne dans cette quête, ce voyage sans retour. Gabriel et Spencer auront la chance de la connaître et d'en tomber amoureux. Pour le meilleur (et pour le pire.)
Son chemin donne l'impression d'être tout tracé. La mort de son père, le Pensionnat, l'arrivée chez son frère Spencer, la rencontre avec Tante Lavinia, Clayton Prather, Heather et enfin Lillian. On dirait qu'une main divine s'est posé délicatement sur son front, le guidant à travers joies et peines, jusqu'à cette femme. A la fois candide et innocent, cette rencontre va le forger. Il paraît plus mature, plus adulte. Il pense à Lillian sans arrêt, et ne veut partager son secret, de peur d'écorcher la belle image rayonnante. Mais Spencer va lui aussi emprunter ce chemin. Au cours d'un week-end intense, délicieux de surprise, de rencontres, de relations, il va, lui aussi, tomber sous le charme de la femme qui, entre ces deux êtres doux, intelligents et marginaux, décidera de se lancer. Gabriel voit qu'elle lui échappe. Mais il faut savoir être raisonnable, il n'a que 17 ans. Son frère est plus apte à la rendre heureuse, et à combler ses attentes. Mais tout ne sera pas si facile …
« Sous le charme de Lillian Dawes ». Oui, complètement. Envoûtante et enchanteuse, revenant sans cesse, déifiée, au travers du regard admiratif de Gabriel et amoureux de Spencer. Au-delà de l'histoire, c'est un discours poignant sur la naissance de l'Amour, les découvertes de la Vie. Une écriture intelligente et mélodieuse, qui esquisse, au fil des pages, à la fois ces personnages simples, si simples, si attachants, protagonistes d'une fable aux tons sépias, granuleux, comme un trésor que conserverait un Antiquaire; et cette jeune femme, vers qui tout semble converger. Un point de fuite d'un dessin réaliste et pittoresque, qu'on aimerait accrocher aux murs, à la vue de tous. Un roman que j'aimerais faire lire à tout le monde, juste pour que, eux aussi, soient « Sous le charme de Lillian Dawes »
Lien : http://bookkingdom.wordpress..
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Akeera
  28 mars 2012
Un petit roman sans prétention mais délicieusement agréable à lire, frais, malicieux, classe et rétro, à l'image de ses héros, et plus particulièrement de la fameuse Lillian Dawes après qui court notre jeune héros.
Gabriel à 17 ans, vient de se faire renvoyer de son pensionnat et est envoyé à New York chez son frère Spencer pour partager sa vie de bohème durant un été plein de surprises. Celle qui les laissera tous les 2 changés à jamais s'appelle Lilllian Dawes, une jeune femme gracieuse, mystérieuse et insaisissable qui fera irruption dans leurs vies par hasard pour y laisser son empreinte à jamais.
Ce n'est pas tant l'histoire en elle-même qui vous laissera rêveurs mais l'écriture de Katherine Mosby, tout simplement géniale! Ses personnages prennent vie devant nos yeux ébahis, et bougent d'une manière drôle et très expressive qui m'a immédiatement rappelé les personnages des dessins animés de Sylvain Chomet (les Triplettes de Belleville, L'illusionniste). Une adaptation de ce roman dans cet esprit serait juste magnifique...
Les personnages font vraiment la force de ce livre, colorés, vivants, expressifs et surtout très attachants! Mention spéciale pour Lillian Dawes, mix surprenant entre la grâce de Audrey Hepburn et le côté fantasque et malicieux de Mary Poppins, en bref un cocktail détonant, et l'originale et loufoque tante Lavinia qu'on aurait tous envie d'avoir dans sa famille!
Bref, un beau roman à lire au printemps en écoutant pousser les fleurs ;-)
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magireve
  18 mai 2018
A l'instar de Breakfast at Tiffany's, de Truman Capote, Sous le charme de Lillian Dawes nous présente des personnages en quête d'eux-mêmes dans cet immense bric-à-brac qu'est le New York des années 1950. Renvoyé du pensionnat, Gabriel, dix-sept ans, forge sa personnalité dans les rues. Soudain, pareille à Holly Golightly, Lillian Dawes surgit subitement dans son existence, entourée de mystère. Gabriel commence alors son éducation sentimentale, auprès de cette curieuse femme aux multiples visages et dont la véritable identité n'a de cesse de lui échapper. On est littéralement envoûté par ce roman qui nous entraîne dans une époque révolue, où semblait régner un climat d'insouciance: on retrouve des allusions à la chanteuse Ella Fitzgerald, ainsi qu'à la resplendissante actrice Veronica Lake. le style est sobre, agréable et limpide, c'est un vrai plaisir de lire cet ouvrage empreint de nostalgie. L'intrigue est bien construite, et les personnages sont bien explorés. Toutefois, le rythme est quelque peu lent, et certains passages sont rébarbatifs, étant donné qu'ils alourdissent la progression du roman, ce qui fait que le lecteur reste sur sa faim.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
soukeesoukee   15 juillet 2010
Les gens ne sont pas des noix qu'on ouvre d'un coup. Apprendre à connaître quelqu'un est un plaisir à savourer, comme du chocolat. On ne peut pas l'avaler tout rond, il faut le laisser fondre lentement afin que le palais en goûte chaque infime nuance.
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mumubocmumuboc   01 mai 2019
Elle me raconta une longue histoire, étrange, poignante et familière, dans le sens où tout récit qui nous touche fait résonner une mélodie déjà connue mais cachée dans notre cœur, attendant d'être jouée par telle phrase particulière ou telle image et qui, une fois exprimée, prend sa place dans le lieu indéfinissable de l'âme. (p279)
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soukeesoukee   15 juillet 2010
Le passé a aussi peu de consistance que le futur : hypothétique et faussé, romancé par un millier de forces déformantes et filtré par le voile trompeur de l'émotion.
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ClubromanhistoriqueClubromanhistorique   23 juin 2014
Si j'avais eu la bonne idée de consulter Spencer, il m'aurait sans doute rappelé qu'on ne peut véritablement connaître une personne qu'à l'instant présent. Le passé a aussi peu de consistance que le futur : hypothétique et faussé, romancé par un millier de forces déformantes et filtré par le voile trompeur de l'émotion. De plus, nous sommes par nature en mouvement, et nous nous transformons imperceptiblement en d'autres êtres qui ne partagent que les apparences superficielles de nos précédentes incarnations.
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ClubromanhistoriqueClubromanhistorique   23 juin 2014
- D'après moi, commença-t-elle lentement, les gens prennent de nouveaux noms dans l'espoir que, grâce au pouvoir de création verbale, ils deviendront des gens nouveaux, comme si, en vivant un mensonge, on pouvait lui donner corps, le rendre vrai.
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