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EAN : 9782809712780
128 pages
Éditeur : Editions Philippe Picquier (07/09/2017)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 53 notes)
Résumé :
Depuis qu’elle a quitté son boulot pour se marier, San s’ennuie un peu à la maison. Surtout que son mari, à peine rentré le soir, joue les plantes vertes devant la télévision. Parfois San se demande si elle ne partagerait pas la vie d’un nouveau spécimen d’être humain. D’ailleurs, en regardant bien, il y a quelque chose qui cloche. Les traits du visage de son mari sont en train de se brouiller. Un processus étrange et déroutant est en route…
Une écriture déli... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  18 septembre 2017

Tout part d'un jour où San triant par hasard des photos emmagasinées dans l'ordinateur, remarque que le visage de son mari et la sienne se ressemblent comme deux gouttes d'eau, "cela avait quelque chose d'inquiétant." Là voici lancée dans l'investigation de "l'inquiétant" et nous lectrices et lecteurs à sa suite....ca va nous emmener loin.....
San est femme au foyer, sans enfant, vivant depuis quatre ans avec un homme censé être son époux , un homme qui n'a envie de penser à rien en rentrant chez lui et se shoote aux programme de variétés télé et jeux vidéos, voulant entraîner sa femme à sa suite. Une relation de couple, qui hormis la séance d'agitation à sens unique sous le plumard, en reste là. Bien que cet énergumène, "ce spécimen humain" lui devient de plus en plus étranger, San n'essaie pas de fuir ce mariage dilué dans le flot de la vie quotidienne, "j'avais toujours laissé les hommes se repaître de moi". Une relation qui se voudrait être fusionnelle, devient aliénante pour finir anthropophage, mais.... San trouvera la sortie, une sortie en beauté ("Ce qui était étrange, c'est que mes partenaires cherchaient tous à me servir de terreau. Et cela finissait toujours de la même façon, je sentais mes racines menacées de pourriture à cause du terreau et je me dépêchais de briser le pot pour m'en extirper de force.")
Une superbe satire du mariage que l'auteur termine avec une magnifique chute tout en douceur avec une touche surréaliste. Ce petit livre de 128 pages a reçu le fameux prix Akutagawa 2016, le Goncourt japonais.

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diablotin0
  03 novembre 2017
Quel drôle de livre !
Motoya Yukko ne fait pas l'apologie du mariage c'est le moins que l'on puisse dire. Avec une dimension onirique, poétique et même surréaliste, Motoya Yukiko nous montre à travers le couple de San et son mari , la difficulté de rester soi et de ne pas se faire « manger », « vampiriser » par l'autre. Avec des images très suggestives, elle nous montre combien il est difficile de ne pas se perdre dans une relation et de rester soi-même lorsque l'on est en couple.
La fin peut être interpréter de différentes façons et je vous laisse le soin d' imaginer votre fin, elle dépendra sans doute de votre expérience du mariage !
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rabanne
  31 mai 2020
Attirée par la jolie première de couverture, c'est mon premier livre acheté en librairie depuis le début du déconfinement.
Un court récit (106 pages), loufoque et satirique, sur la vie de couple et le mariage.
Il y est question de routine, d'ennui, de fatalisme, d'un mimétisme étrange, voire inéluctable, et de transcendance des sentiments.
Une plume singulière, figurative et poétique, teintée également d' "ironie douce". (NB : les critiques littéraires ont parlé de surréalisme)
Une lecture ma foi surprenante, et une découverte plutôt plaisante.
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Osmanthe
  12 juillet 2019
Court et étrange roman que ce Mariage contre nature. San est mariée depuis quatre ans avec un homme qui gagne très bien sa vie. Elle a ainsi fait le choix d'arrêter de travailler pour s'occuper du foyer. Elle n'a pas d'enfant, et son mari a divorcé de sa première femme parce que dit-il, il ne se sentait pas lui-même. Le roman s'ouvre sur un constat déroutant et même inquiétant aux yeux de San, qui vient de visionner des photos de son couple : « Un jour, j'ai remarqué que nos visages, à mon mari et à moi, se ressemblaient comme deux gouttes d'eau. » Dès lors, elle va s'évertuer à comprendre ce qu'il se passe en auto-observant son couple au quotidien, nous faisant ainsi partager leur vie commune à travers ses yeux, à la fois éberlués, consternés, inquiets, las, mais sans se départir d'une dose d'humour et de beaucoup de patience…
Pour réduire un peu l'enfermement de cette vie conjugale trop bien réglée, San est également entourée, outre de son chat Zoromi, de son frère Senta et de sa belle-soeur Hakone, et de sa vieille voisine Kitae, préoccupée par le sort de son chat vieillissant Sansho, qui pisse partout et devient bien encombrant. San s'interrogeant, elle les consulte. Si Senta a l'air bien rationnel, trouvant naturel de partager des mimiques avec son conjoint, Kitaé se remémore une histoire vécue de convergence des apparences, particulièrement étrange, entre une femme et son mari…Il faut bien dire que cette femme est un peu folle, à vouloir aller abandonner Sansho dans la montagne, ce qui finira par se faire avec la complicité réfractaire de San.
Son mari travaillant apparemment beaucoup dans l'entreprise qui l'emploie, San assume toutes les tâches domestiques pendant qu'il reste dans le canapé à regarder la télé, et surtout à jouer sur sa tablette tactile, qu'il ne lâche bientôt plus. Il se fait servir son manger et sa petite bière comme un pacha, ayant l'air d'une sorte de pantin sans volonté et sans énergie, obnubilé par ses jeux. Il se laisse porter par cette vie doucereuse avec une femme à la fois docile et qui assume. Il se sent lui-même. Il dit recevoir des sms bizarres de son ex-femme. San craint un retour de flamme avec elle. Manifestement son mari ne va pas bien. Et puis il y a ce déplacement bizarre sur son visage, de sa bouche, de son nez, de ses yeux, comme si ce visage familier se brouillait, se transformait, était instable. Que se passe-t-il donc ?
La narratrice nous plonge dans une observation clinique de son couple et de son mari. L'atmosphère n'est pas d'un grand romantisme, leur relation apparaît mécanique et sans tendresse. C'est tellement vrai qu'on ne connaîtra jamais le prénom de son mari dont elle parle sans cesse ! L'ambiance est de plus en plus bizarre, au point qu'elle le déshumanise peu à peu, elle parle de « chose qui lui tient lieu de mari » à plusieurs reprises…et même lorsqu'un jour sans crier gare elle le trouve aux fourneaux à faire la cuisine pour eux deux, s'étant mis en arrêt de travail, et qu'elle trouve le résultat convaincant, elle ne lui dit pas et retombe vite les jours suivants dans l'inquiétude en le voyant reproduire systématiquement et le geste, et le même plat de friture dont elle sent qu'il finira par l'écoeurer. Pourtant, quel bonheur de se laisser servir, surtout que bientôt ce sera les courses, le linge… ! Alors, elle se laisse faire, au point que les rôles sont comme inversés…San profite du canapé et de la télé, prend 7 kilos, et cette sorte de « vis ma vie » dans le couple semble rapprocher jusqu'aux apparences physiques entre eux…jusqu'à la surprise finale, complètement inattendue et qui bascule dans une sorte de fantastique poétique !!!
Motoya s'y entend pour nous faire balancer entre éléments rationnels, rassurants, avec d'ailleurs un ton souvent de dérision et d'humour, et un coté dérangeant et inquiétant. Il s'agit certes sans doute de présenter la grande misogynie qui règne chez l'homme japonais trop heureux de profiter de la soumission de sa femme, d'illustrer l'érosion (parfois rapide) des sentiments dans le couple, mais il y a aussi au fil des pages une réelle interrogation qui naît sur la véritable nature du mari : on finirait presque par penser aux nouvelles fantastiques de Philip K. Dick et ses personnages truqués ! L'anxiété nous gagne en se demandant qui est vraiment cet « homme » qui se détraque sous nos yeux et qui vit avec San.

Pour ma part, je ne regrette pas d'avoir fait fi des notes étonnamment basses de ses deux publications en français, alors qu'elles ont engrangé plusieurs prix littéraires au Japon. Après avoir apprécié « Comment apprendre à s'aimer », ce « Mariage contre nature » est une très belle confirmation du talent original de l'auteure. Le style est agréable, à la fois simple et d'une très bonne qualité d'expression. Manifestement la traduction de Myriam Dartois-Ako préserve cette qualité, car les effets humoristiques fonctionnent. On déroule les pages avec intérêt et avec une anxiété croissante, jusqu'au dénouement final assez déjanté…
A travers chacune de ses nouvelles productions, Yukiko Motoya s'interroge sur le couple, le mariage et les problèmes qu'ils posent à l'individu : peut-on parvenir à rester soi-même et ne pas être phagocyté(e) par le conjoint, peut-on éviter de ressentir une solitude intérieure ? Et évidemment, plus qu'en filigrane, la place de la femme japonaise dans ce couple. J'aime ce féminisme subtil, à travers un humour pince-sans-rire, sans hargne souvent contre-productive. A la japonaise !
Un vrai talent multiformes, puisqu'elle écrit aussi pour le théâtre, ainsi que des nouvelles (un recueil de onze textes courts vient d'être traduit et édité en anglais). Alors vivement une prochaine parution, aux éditions Picquier peut-être ?
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kuroineko
  28 décembre 2019
Mariage contre nature : LE livre à ne pas offrir à une toute fraîche fiancée!
Motoya Yukiko signe ici un roman singulier, troublant, déroutant... Et la liste des qualificatifs de l'étrangeté pourrait s'étendre longtemps. le format très court et les qualités d'écriture - et de traduction - font que l'ensemble se tient et se tisse sur la fin d'une jolie tonalité poétique.
L'auteure nous parle donc du mariage à travers le récit de la narratrice, San, mariée depuis quatre ans à un employé aux revenus très corrects mais doté d'une flemmagite aiguë et du syndrome du neurone à plat une fois rentré à la maison. Office lady dans une entreprise, elle fut ravie de laisser son travail pour s'installer dans la routine d'une femme au foyer. Comme encore une très forte majorité de Japonaises. Jusque là, rien d'étrange.
C'est lorsque San prend conscience que le visage de son mari et le sien tendent à se ressembler que le virage vers l'inconnu démarre.
Comme chez Murakami Haruki ou chez Ogawa Yoko, on ne rentre pas clairement dans un récit fantastique. C'est toujours ce voile poreux où les marges s'effacent incidemment.
La représentation du mariage qui en ressort ne donne guère envie, il faut bien l'avouer. Motoya Yukiko use d'images fortes pour parler du couple, entre vampirisation, dissolution façon "deux en un" ou entredévoration. Il y a une remise en cause nette et inquiétante de l'institution, avec, en corollaire, une interrogation sur le rôle de chacun dans le couple et l'acceptation du vrai moi.
L'auteure met en scène deux autres couples, l'un plus âgé, Kitae et Arai, deux sexagénaires, et Senta (le frère de San) et Hakone, plus jeunes, non mariés mais ensemble depuis dix ans, pour servir de contrepoint à celui de la narratrice.
Je me suis laissée embarquée par cette drôle d'histoire. Je crois d'ailleurs qu'il vaut mieux démarrer le roman avec l'esprit bien ouvert. Beaucoup plus long, je suppose qu'il n'aurait pas tenu la route et le caractère singulier et les personnages se seraient délités. Avec une centaine de pages, ça fonctionne et offre au lecteur de quoi réfléchir sur sa propre vision de la vie de couple. Et des dernières pages délicates.
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critiques presse (1)
Bibliobs   21 décembre 2017
Dans "Mariage contre nature", la romancière de "Comment apprendre à s'aimer" explore les dures lois conjugales.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
OsmantheOsmanthe   07 juillet 2019
L'histoire de Hakone m'a secrètement remuée.
Parce que jusqu'à maintenant, chaque fois que j'étais devenue proche de quelqu'un, j'avais eu l'impression de vivre une substitution progressive.
Les pensées de l'autre, ses goûts, ses paroles, ses actes supplantaient peu à peu les miens à mon insu et quand je m'apercevais que je me comportais comme si j'avais toujours été ainsi, cela me paniquait. Mes tentatives pour résister étaient vaines. Il ne s'agissait pas seulement de manifestations extérieures.
Les hommes pénétraient profondément en moi, de la même façon que les nutriments du terreau imprègnent les racines. A chaque nouvelle rencontre, j'étais comme transplantée, je changeais de terreau. La preuve en est que je n'avais presque aucun souvenir des jours passés avec les hommes que j'avais fréquentés autrefois. Ce qui était étrange, c'est que mes partenaires cherchaient tous à me servir de terreau. Et cela finissait toujours de la même façon, je sentais mes racines menacées de pourriture à cause du terreau et je me dépêchais de briser le pot pour m'en extirper de force.
Le terreau était-il mauvais, ou était-ce les racines qui posaient problème ?
Quand j'ai décidé d'épouser mon mari, j'ai bien pensé que je m'exposais à la substitution ultime, à l'extinction totale, je ne peux le nier.
Mais aujourd'hui, quatre ans après notre mariage, je n'essayais pas de fuir le terreau qu'était mon époux. Avec l'histoire de la boule de serpents que m'avait racontée Hakone, la question qui m'obsédait s'était enfin clarifiée, me semblait-il.
J'avais toujours laissé les hommes se repaître de moi. J'étais en quelque sorte le fantôme d'un serpent dévoré par plusieurs autres serpents et qui, bien avant de se faire engloutir par son conjoint, avait déjà perdu son corps d'origine. Voilà peut-être pourquoi savoir si celui avec qui je vivais était mon mari ou une chose qui ressemblait à mon mari ne m'importait guère.
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rabannerabanne   30 mai 2020
C'était mon premier mariage, mais lui avait déjà essuyé un échec. Il avait caché ses faiblesses à sa première femme et à force de se donner des airs, il s'était fatigué. Du coup, m'avait-il expliqué avec un grand sérieux, à toi, je veux me montrer sous mon vrai jour ; j'étais ravie.
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OsmantheOsmanthe   10 juillet 2019
"Evidemment, toi, tu es une femme au foyer. Tu ne peux pas comprendre qu'un homme n'ait envie de penser à rien en rentrant chez lui.
- Et à quoi refuses-tu de penser ?"
D'habitude, je laissais glisser, mais là, j'ai posé la question exprès. Qu'il prenne de haut les femmes au foyer m'avait énervée.
"Je n'ai pas envie de réfléchir à la réponse à ce genre de question non plus. C'est pas possible, ça...Si tu n'y joues pas, rends-le-moi."
Il m'a pris l'iPad des mains et s'est replongé dans son jeu. Fuyant le tintement des pièces de monnaie et les bruits de bouche de mon époux qui suçotait sa seiche, j'ai quitté le canapé.
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nounours36nounours36   14 septembre 2017
Les hommes pénétraient profondément en moi, de la même façon que les nutriments du terreau imprègnent les racines. A chaque nouvelle rencontre, j’étais comme transplantée, je changeais de terreau. La preuve en est que je n’avais presque aucun souvenir des jours passés avec les hommes que j’avais fréquentés autrefois. Ce qui était étrange, c’est que mes partenaires cherchaient tous à me servir de terreau. Et cela finissait toujours de la même façon, je sentais mes racines menacées de pourriture à cause du terreau et je me dépêchais de briser le pot pour m’en extirper de force.
Le terreau était-il mauvais, ou était-ce les racines qui posaient problème ? Les hommes pénétraient profondément en moi, de la même façon que les nutriments du terreau imprègnent les racines. A chaque nouvelle rencontre, j’étais comme transplantée, je changeais de terreau. La preuve en est que je n’avais presque aucun souvenir des jours passés avec les hommes que j’avais fréquentés autrefois. Ce qui était étrange, c’est que mes partenaires cherchaient tous à me servir de terreau. Et cela finissait toujours de la même façon, je sentais mes racines menacées de pourriture à cause du terreau et je me dépêchais de briser le pot pour m’en extirper de force.
Le terreau était-il mauvais, ou était-ce les racines qui posaient problème ?
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diablotin0diablotin0   03 novembre 2017
Évidemment, toi, tu es une femme au foyer. Tu ne peux pas comprendre qu'un homme n'ait envie de penser à rien en rentrant chez lui.
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