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EAN : 9782330097547
Éditeur : Actes Sud (07/03/2018)

Note moyenne : 4.49/5 (sur 54 notes)
Résumé :
Éperdument amoureux, Eitan et Wahida confrontent la réalité historique contre laquelle ils tenteront de résister.

Mais les choses tournent mal sur le pont Allenby, entre Israël et la Jordanie : victime d’une attaque terroriste, Eitan tombe dans le coma. C’est dans cet espace-temps suspendu qu’il recevra la visite forcée de ses parents et de ses grands-parents, alors que les chagrins identitaires, le démon des détestations, les idéologies torses s’enfl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
visages
  29 février 2020
Plus qu'un coup de coeur, j'ose parler d'un coup de foudre pour cette pièce de théâtre mais aussi pour la rencontre qu'elle me permet avec son auteur. Wadi Mouawad est comédien,metteur en scène,auteur et actuellement directeur du Théâtre de la Colline à Paris. La postface de Sylvain Diaz est très intéressante pour en apprendre davantage sur cet homme et ses oeuvres. Tous les oiseaux est une pièce bouleversante, déchirante qui peut presque se résumer par le questionnement de Wahida "Faut il à ce point s'attacher à nos identités perdues? Qu'est ce qu'une vie entre deux mondes ? Qu'est ce qu'un migrant? Qu'est ce qu'un réfugié ? Qu'est ce qu'un mutant ?". Wahida écrit une thèse sur Wassam, Léon l'Africain " Diplomate marocain du XVI siècle enlevé et offert au Pape Léon X qui le convertit au christianisme." Eitan prépare lui aussi une thèse en génétique. Ils s'aiment passionnément mais contrairement à lui, elle n'est pas juive...Ils partent ensemble en Israël car Eitan veut faire la lumière sur son père et résoudre un secret familial. Wahida sans le savoir part elle aussi à la recherche de qui elle est vraiment. A travers les six personnages principaux ( Wahida,Eitan,ses parents et grands parents) se joue la question fondamentale de l'identité. Chacun a sa zone d'ombre connue ou méconnue qui une fois dévoilée ne pourra qu'ebranler leur construction. A cette quête intime s'ajoute L Histoire qui elle aussi,interroge l'identité à travers la judéité, le conflit israélo-palestinien, la place du Liban. Plane aussi évidemment la menace terroriste,sa violence son pouvoir séparateur des peuples.
Le texte est splendide et les multiples questions qu'il soulève ne peuvent se traduire par ce simple billet. C'est un texte qui allie un réalisme sans concession et une poésie très humaine, très sensible. Quand je pense que cette pièce s'est jouée dernièrement à Brest et que je l'ai ratée je me maudis!!! A toutes celles et ceux qui comme moi ne sont pas spécialement attirés par la lecture de pièces de théâtre, n'hésitez pas,jetez vous dans cette lecture que vous n'oublierez pas de si tôt !
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RITAB
  30 mars 2020
Eitan est un scientifique juif allemand. Il ne croit pas au hasard. Il compte les probabilités d’occurrence de chaque évènement, le nombre de fois où un livre est consulté, le nombre de livres qui restent sur la table. Et Le Livre, qu’il a vu, vu et revu sur une table, durant deux ans de présence à la bibliothèque.
Le livre prophétique.
Gigantesque mur couvert de milliers de livres, table en bois robuste, lampe en laiton, abat-jour vert-bibliothèque, une femme vêtue de rouge, très belle. Le visage fermé, Wahida planche sur sa thèse. Le livre prophétique est grand ouvert ; elle tourne les pages avec frénésie, se nourrit de la vie de Hassan El-Wazzan, capturé par des pirates siciliens et offert au pape Léon X, qui le convertit au christianisme. Les deux, Léon X et Léon l’Africain, diplomate marocain du XVIe siècle, se sont mutuellement respectés.
Eitan et Wahida tombent amoureux. La machine à fantasmes se met en marche.
Vite rattrapée par la machine à broyer.
« Malgré l’amour dont j’ai été entouré, malgré les soins et les attentions de parents d’autant plus merveilleux que rien ne les préparait à affronter la tempête qui a dévasté leur existence, je dois dire que j’ai grandi dans la detestation… Or ce sentiment de la détestation est en étroite relation avec l’écriture. » nous écrit Wajid Mouawad, le metteur en scène et directeur du théâtre « La Colline » dans le fascicule de présentation.
Et c’est avec une intensité qui frise le démembrement – du spectateur bien entendu – que l’histoire d’amour entre Eitan et Wahida, une histoire entre un juif et une arabe, se fait, se défait, se refait entre New-York et Israël avec une explosion de mots, de grandes tirades qui nous hissent au sommet de nos idéaux.
Wajid Mouawad fait bouillir la marmite des histoires intimes et universelles, nos guerres intimes et universelles, nos luttes intimes et universelles. Tous les sangs qui coulent dans nos veines, musulman, juif, chrétien, nos histoires, les secrets de familles, tout ce qui entretient les non-dits est ratissé, la terre est retournée, binée, les morts déterrés.
Nos histoires et nos origines.

Tout explose. Wajid Mouawad orchestre sa mise en scène en multipliant les points de vue, les luttes intergénérationnelles. Chaque personnage, Souheila Yacoub (Wahida), Jérémie Galiana (Eitan), Jalal Altawil (Wazzan), Leora Rivlin (Leah), Judith Rosmair (Norah), Raphael Weinstock (David), Rafael Tabor (Etgar), Darya Sheuzaf (Eden, l’infirmière) a un rôle qui en impose par son caractère, sa sensibilité. Par ses mots, sa langue. Et à chaque fois avec une intensité foudroyante. Et c’est réellement exténuée que j’ai quitté la salle avec l’impression d’avoir vécu mille vies à la vitesse d’un drame.
La pièce orchestrée avec un rythme vertigineux alterne drame humain, attentat, crise familiale, et on rit. On rit quand un artiste, patient de la mère psy, créateur de tableaux à base de son sperme (et hop, une petite diatribe contre les œuvres contemporaines egocentriques et vides) nous livre une de ses angoisses. On rit également quand la grand-mère – l’un des plus beaux rôles – lance une remarque sarcastique. La même grand-mère détachée et acariâtre au début de la scène finit par faire tomber son armure. Très touchante Leah.

Wajdi Mouawad, chrétien maronite libanais, travaille son sujet, riche de sa propre quête d’identité, depuis le Liban où il est né, qu’il a précipitamment quitté quand il avait huit ans. Les thèmes de l’exil, de la haine héritée, des secrets de familles, du masque social, des amours contrariés, si chers en littérature, remueront même les plus blasés, tous que nous sommes plongés dans une actualité qui charrie tellement de drames et d’images que notre sensibilité en est anesthésiée. Nous en ressortons vivifiés, revigorés, pleins de nos idéaux de jeunesse, prompts à combattre à nouveau les idées reçues qui tels des ressorts, bien ancrés dans notre éducation, rebondissent à la moindre difficulté, même quand on les a vigoureusement enfoncés.
Cette pièce de théâtre, c’est quatre heures de spectacle, et l’on ne voit pas le temps passer, à l’exception de quelques longueurs dans la deuxième partie, assez vite oubliées puisqu’il faut bien respirer. Au milieu de cette explosion de drames humains, les éclats de rage des gardiens de nos traditions – père, mère – cette sphère intime qui nous fige et nous aliène est au cœur de tout, semble nous dire cette pièce. Et c’est là que pointe l’espoir, car espoir il y a puisque les amours contrariés sont la plus belle alchimie génétique qui puisse exister.
Dans ce chaos, très peu de pauses. Autour de la table s’alternent repas mouvementés, convalescence et incessantes disputes. Mais il y a beaucoup de poésie notamment grâce à Hassan Ibn Muhamed el Wazzän (Léon l'Africain qui parlait sept langues). Ce rôle est joué par l’envoûtant Jalal Altawil, un acteur syrien d’une très grande sensibilité, d’une très grande beauté. Sa langue arabe est poétique, lancinante. Il nous raconte l’histoire de l'oiseau amphibie.
Une mention spéciale au sujet du mythe, peu développé en général, de la femme arabe. Etonnante performance venant de la part d’un homme, Wajid Mouawad. La beauté arabe telle que véhiculée dans l’imaginaire par les orientalistes ou pendant la période de colonisation dans les nombreuses cartes postales qui circulaient à l’époque, c’est une femme que l’on embrasse de force, qui offre un physique avec une bouche pulpeuse, des formes avantageuses. Un exotisme prêt à l’emploi. Pour s’extraire du démon de la haine, l’espace d’un égarement. La tirade que nous livre Souheila Yacoub dans la deuxième partie avec les traits creusés, une voix vibrante, le corps tremblant, est absolument sublime. Aux âmes sensibles, quelques mouchoirs seront nécessaires, ce qui, il faut l’avouer est plutôt rare au théâtre.

Remarque : Le théâtre affiche complet mais j’ai réussi à acheter un billet à un revendeur quinze minutes avant la représentation dimanche dernier.
Lien : https://lapagederita.blogspo..
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sophronie
  21 mai 2020

Magnifique texte sur la quête d'identité, le destin, l'amour. Il puise dans des ressorts mythologiques en y mêlant des accents poétiques.
Leah et Etgar ont changé le destin de David. Il n'a jamais su qu'il n'était pas leur descendant, ni de leur religion. Eitan, son fils, venu depuis les Etats-Unis à la recherche de la vérité sur son père est touché par un attentat. David et Norah, le mère d'Eitan, débarquent en Israël....
C'est l'heure des règlements de compte. Eitan est "visité" par sa famille pendant son coma. C'est l'heure des révélations. Elles changeront le cours de l'histoire de ces personnages aux liens obscurs.
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limonadoudou
  10 novembre 2018
J'ai eu la chance de voir cette pièce jouée au théâtre le 16 octobre, et l'ayant adorée, je me suis empressée d'en acheter le texte pour la relire. D'une durée de près de quatre heures, elle peut sembler longue, mais il se trouve que je n'ai pas vu le temps passer. Cette pièce de Wajdi Mouawad présente la particularité d'être écrite en plusieurs langues (l'hébreu, l'arabe, l'anglais et le français), ce qui permet de tenir compte des identités très fortes de chacun des personnages. En effet, c'est une pièce dans laquelle la question de l'identité a une importance capitale.
Il me semble que c'est une pièce qui traite de manière très pertinente le sujet du conflit israélo-palestinien, en montrant l'impact qu'il peut avoir sur des personnes de différentes religions et de différentes origines (puisque Eitan est un jeune homme juif et allemand et Wahida une jeune Arabe. cependant, tous deux vivent à New York, aux Etats-Unis, et c'est le lieu de leur rencontre). En nous présentant un couple et une famille qui se déchire, en abordant les traditions, le sentiment d'identité et d'appartenance à un groupe religieux ou ethnique, c'est le conflit terrible qui scinde en deux parties ce pays que nous montre Wajdi Mouawad.
J'ai énormément aimé la lecture de cette très belle pièce après l'avoir vue.
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afoan
  19 février 2020
Tous des Oiseaux est une pièce absolument incroyable, aussi bien à lire qu'à voir ou même à jouer. Non seulement j'ai eu la chance de la voir, mise en scène par Mouawad lui-même mais j'ai également le privilège de la jouer avec ma classe de terminale spécialité théâtre. J'ai donc pu parcourir l'ensemble de l'oeuvre, ce qui ne m'a jamais lassé.
C'est une pièce qui traite d'un sujet d'actualité difficile, le conflit israélo-palestinien au travers de personnages complexes et humains. C'est une pièce touchante, à la fois drôle et triste mais elle est surtout bouleversante. Mouawad arrive à aborder de multiples thèmes comme l'amour, l'identité, la mort, la famille, la religion etc avec subtilité.
Difficile de ne pas être touché par les émotions que la pièce nous transmet. Une oeuvre qui bouleverse et qui nous fait nous questionner.
Une vraie aventure émotionnelle et intellectuelle.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
sophroniesophronie   21 mai 2020
Les oiseaux vont et viennent de chaque côté de ce mur, quand ils sont là-bas, ils sont là-bas, quand ils sont ici, ils sont ici. Qui saurait dire le contraire ? Il existe pourtant des oiseaux quantiques, à la fois là-bas et ici, apparus comme nous à l'instant du Big Bang, et qui volent toujours au midi des deux mers. Je te le jure ! Je serais fou de me plaindre. Deux ans de bonheur. Pour quelqu'un comme moi, quelle chance ! Depuis cette descente d'escalier, chaque seconde passée était une seconde de gagnée puisque je la passais avec toi, et même celle qui passe là, si amère, et là, et là. De toi j'ai tout pris comme un cadeau, chaque caresse, chaque baiser et tous les jours, je te jure, je me suis tenu prêt pour ce moment où tu allais me quitter. Je l'ai attendu comme on attend la mort : un jour ça va arriver. Mais on a beau se tenir prêt on ne tient rien, et la mer Morte, je vais l'avaler entière tout à l'heure quand tu vas te lever et que tu vas t'éloigner.
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limonadoudoulimonadoudou   14 janvier 2019
De toute façon ça ne sert à rien de s'en faire parce que les choses ne vont jamais comme on aimerait. N'est-ce pas ? Tout est déréglé et personne ne peut plus rien prévoir. Avant, les fermiers engendraient les fermiers, les rois les rois et les ouvriers les ouvriers. Tu naissais dans un monde et tu ne le quittais pas, sauf pour mourir. Alors que maintenant… celui qui dit "adieu" finit par revenir et celui qui dit "au revoir" on ne le revoit plus. Il a fallu l'anéantissement de mon monde pour qu'un bateau me conduise ici.
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sophroniesophronie   17 mai 2020
- Ne rigolez pas, c'est très sérieux ! Je ne vois pas d'autres explications... Jusqu'à l'instant T du Big Bang, notre matière devait être déjà enlacée à celle de ce livre en un point infiniment plus petit qu'une tête d'aiguille. Entrelacée d'une manière si inconcevable qu'il a fallu le Big Bang pour nous séparer et 1,3 milliards d'années pour nous réunir dans cette bibliothèque, vous, moi et le livre, à nous faire ressentir au-delà du temps et de l'espace la sensation initiale du lien. Bon, je dis ça, je ne voulais surtout avoir l'impression de vous draguer...
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KamilleBKamilleB   07 janvier 2020
Vous ne l'aurez jamais. David ne voit rien, n'entend rien de ce que les autres ressentent pour lui. En mal ou en bien. Il n'y a que ce que lui ressent. David croit avoir raison sur tout, pas par orgueil, mais par entièreté. Et c'est pour ça qu'on l'aime ! Un monstre, un monstre ! Merveilleux et insupportable monstre et, comme tous les monstres, s'il s'écroule il va tout emporter avec lui !
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Videos de Wajdi Mouawad (35) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Wajdi Mouawad
// EN DIRECT // AUTOUR DU LIVRE TOUS TÉMOINS DE NAJAH ALBUKAI Avec Najah Albukai, Philippe Claudel, Nancy Huston, Laurent Gaudé, Jérôme Godeau, Bernard Lavilliers, Farouk Mardam-Bey & Wajdi Mouawad Musique : Dominique Mahut (percussions), Najah Albukai (guitare et oud), Nancy Huston (piano) Mise en scène de Wajdi Mouawad Lecture, musique & projection des dessins
Soirée à l'occasion des dix ans de la révolution pacifique syrienne et en collaboration avec l'exposition des dessins de prison de Najah Albukai, dessinateur syrien, à la galerie Fait et Cause, par l'association Pour Que l'Esprit Vive.
Lorsque, en août 2018, Libération consacrait cinq pages aux dessins de Najah Albukai, incarcéré et torturé par le régime syrien, Sarah Moon, Michel Christolhomme et Béatrice Soulé ont ressenti le besoin de partager leur sidération devant la violence de ces dessins autant que devant le talent de l'artiste. Et la nécessité que cette oeuvre soit exposée, éditée et accompagnée. Ils ont donc sollicité des auteurs pour écrire librement en résonance avec l'émotion suscitée par ces dessins, témoigner contre l'horreur et évoquer les dérives nées d'une révolution à l'origine totalement pacifique. Car la Syrie est devenue la métaphore de ce que Farouk Mardam-Bey appelle la syrianisation du monde.
Lectures des textes de Santiago Alba Rico, Mohamed Berrada, Laurent Gaudé, Philippe Claudel, Jérôme Godeau, Nancy Huston, Farouk Mardam-Bey, James Noël, Wajdi Mouawad
Pour poursuivre la soirée, rendez-vous à 20h30 sur la chaîne YouTube et la page Facebook du Mucem pour leur événement “Syrie. Mémoire vivante”, un débat accompagné en lecture et musique par le duo Catherine Vincent & Mohamed al Rashi. Avec Sana Yazigi (fondatrice du site Mémoire créative de la révolution syrienne), Agnès Levallois (spécialiste du Moyen-Orient et des questions méditerranéennes) et Yves Aubin de la Messuzière (diplomate, expert du monde arabe). Plus d'infos https://www.mucem.org/programme/syrie-memoire-vivante
À lire – Tous témoins, dessins de Najah Albukai accompagnés de textes d'une vingtaine d'écrivains, sous la direction éditoriale de Farouk Mardam-Bey, co-édité par Actes Sud et l'association Pour Que l'Esprit Vive et la galerie Fait et Cause, Actes Sud, 2021.
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