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EAN : 9782742741120
211 pages
Éditeur : Actes Sud (03/01/2003)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 70 notes)
Résumé :
Pour son quatorzième anniversaire Wahab reçoit en cadeau la clef de l'appartement de sa famille. Le soir, au retour de l'école, sa surprise est grande quand il entre et ne reconnaît plus le visage de sa mère. Le jour où il devient un homme est aussi celui où le réel se disloque sous ses yeux. Alors que commence pour Wahab une terrible initiation aux mensonges du monde, il s'enfuit de la maison et fait une fugue qui le transporte au-delà de lui-même, là où l'onirisme... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Meps
  01 novembre 2020
Quand je réfléchis aux auteurs contemporains qui me touchent le plus (Wajdi Mouawad et Beata Umubyeyi Mairesse), je remarque un point commun, ils ont tous les deux vécus un des drames de l'Humanité de ce XXème siècle où j'ai grandi, respectivement la guerre au Liban et le génocide rwandais. Si j'essaye de l'analyser, je dirais qu'ayant vécu une enfance privilégiée, protégé de la violence des hommes, j'ai besoin de toucher du doigt les enfances qui y ont été le plus exposé, celles pour qui la confrontation à la violence a été immédiate et brutale.
Ce livre est le premier roman de Mouawad, écrit entre ses pièces Littoral et Incendies, et donc rempli des mêmes thématiques que sa tétralogie du Sang des promesses : rapport au pays d'origine, interrogations sur les liens familiaux, sur la mort et sur ce qu'elle nous oblige à devenir.
La construction est centrée sur l'adolescence du personnage principal, écrite à la troisième personne et encadrée par l'enfance et le jeune adulte, à la première personne. Si on compare avec son second roman Anima écrit 5 ans plus tard, on sent un auteur encore en recherche, qui éprouve le besoin de guider le lecteur (ou de se cadrer lui-même) en énonçant littéralement les guides pour la lecture. le changement d'angle (première à troisième personne) est ainsi littéralement annoncé dans le texte, comme une invite pour que le lecteur le remarque, si jamais il ne l'avait pas fait. C'est presque maladroit mais touchant. de même, le narrateur fait parfois le bilan de son récit en énonçant une sorte de résumé pour qu'on soit bien sûr de ne pas avoir manqué les étapes importantes. Les ficelles de la narration sont à nu et le marionnettiste ne cherche pas à nous illusionner.
Ce premier roman est aussi beaucoup plus autobiographique que le second... comme beaucoup de premiers romans. Les exils, les événements familiaux que vit le narrateur sont ceux de l'auteur. Malgré ce canevas très personnel, Mouawad parvient comme toujours à nous parler directement et personnellement. Cette métaphore des visages qu'on ne reconnait plus, qui ne l'a pas vécu intimement ne serait-ce que quelques secondes, face à la glace, ce sentiment d'étrangeté de se retrouver devant un inconnu qui est pourtant soi. Mouawad s'en saisit et l'étire pour en faire l'élément très original de sa narration, dont le sens réel ne nous est révélé que dans le dénouement, avec des ficelles pour le coup bien moins évidentes.
Mouawad se met totalement à nu dans ce roman et explore sa folie et ses angoisses. Il nous invite ainsi à venir partager les nôtres, puisque nous sommes frères humains, bien imparfaits mais plus humains encore d'être conscients de cette imperfection. Comme souvent avec les auteurs qui nous touchent vraiment, le voyage n'est pas vraiment tranquille mais nous trouve plus conscients de nous-mêmes une fois arrivé à destination.
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visages
  26 juin 2020
Ce premier roman n'est pas officiellement une autobiographie mais le jeune Wahab ressemble bien à son créateur ! Tous deux sont nés au Liban et tous deux ont vécu l'exil pour échapper à la guerre. Tous deux conservent des images traumatiques et tous deux se tournent vers l'art pour y chercher expression et compréhension de leur histoire. J'ai retrouvé les thèmes chers à l'auteur: l'exil,la quête d'identité,la guerre,la violence,les rencontres qui peuvent sauver du néant par un sourire,un regard...S'ajoute peut être plus fortement ici un autre type d'exil,celui du passage de l'enfance à l'âge adulte. La construction de ce roman me fait penser à un tableau de Picasso. Tout paraît incohérent,sans dessus dessous,et pourtant quelle richesse ! Tout y est mais il faut reconstituer le puzzle... J'ai aimé la poésie et l'univers onirique dans lequel Wahab évolue en se débattant avec ses 14 ans qui métamorphosent sa famille. Cet univers devient violent, le vocabulaire brutal et même vulgaire lorsque la colère fait surface avant de pouvoir retrouver le visage de sa mère.
Mon intérêt et même mon attachement pour W.Mouawad se confirme par cette lecture. Son écriture singulière et pleine de nuances,de variations et de subtilité donne naissance à des textes vraiment profonds et captivants.
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LZ
  10 octobre 2015
Première lecture d'un roman du libano-québecois Wajdi Mouawad. Après le choc Incendies au cinéma , ma curiosité était fortement titillée. Une langue très belle, ciselée, douce et violente à la fois. Une maîtrise de la simplicité et de la complexité sous la plume.
Visage retrouvé, c'est l'histoire de Wahab, petit libanais. Qui raconte sa vie d'enfant heureux sous le soleil du Liban. Puis son autre vie, en exil au Canada. La guerre est passée par là.
Un roman qu'on dévore, tiraillé par le destin de ce garçon, dont l'identité est malmenée. Dont la vie toute entière est malmenée… Wajdi Mouhawad a le don de nous scotcher à son histoire et celle de ses personnages. le choc est rude mais on persiste, on veut savoir la fin. Même si on pressent qu'elle sera inévitablement difficile…
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ChristelleC
  04 février 2012
Visage retrouvé, est une oeuvre puissante.
Mouawad réitère le thème de la quête d'identité, et de la recherche de soi.
Wahab, le personnage, ne reconnaît plus sa mère le jour de ses 14ans: c'est un monde qui est bouleversé, qui ne tient plus debout, et qui l'amène même à dire à un ami "Voilà mon secret: je suis fou".
Le point de départ de ce roman est lorsque Wahab, âgé de 7 ans, voit un autobus rempli brûler: cette vision d'horreur provoque un traumatisme. (ce fait est tiré de la vie de l'auteur, il s'agit d'un bus au Liban en 1975).
Il va alors se chercher, et va faire une fugue car il pense que c'est la solution: il ne supporte plus sa famille, et surtout sa mère. Les personnages qu'il rencontre lors de son périple vont lui apprendre beaucoup de choses, et permettre de vivre avec le visage perdu de sa mère.
Une quête initiatique bouleversante, remplie de la violence de la guerre et du choc subit.
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freesia31
  04 août 2010
Après avoir été séduite par sa tétralogie le sang des promesses (Littoral, Incendies, Forêts, Ciels), je me lance dans la lecture de son premier roman...
Ecriture qui mêle deux formes narratives : le récit à la première et à la troisième personne. On suit la vie familiale de Wahab, jeune garçon qui fête ses quatorze ans et on découvre à travers ses yeux ses peurs, ses joies, et sa vision du monde qui change.
Une histoire un peu longue avec des phrases parsemées de métaphores, de poésie mais on retrouve le style de Wadji Mouawad avec le glissement de points de vue, les rapports entre les hommes, ses thèmes de prédilection (la quête d'identité, des personnages à la recherche de leurs origines,...) et "le reflet de sa propre existence".
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
MepsMeps   31 octobre 2020
Le temps, à coups d'obus, a fini par passer, sortir de son embouteillage de douleur, il s'est anesthésié, il a congelé ses souvenirs. Le temps est une poule à qui l'on a tranché la tête. C'est mieux comme ça. Il passe, mais je ne me souviens plus de rien. Je ne fais plus attention à rien. Je suis un enfant irresponsable. Demain, on prend l'avion. Un pays lointain et pluvieux m'attend. Je voudrais tellement ne plus dire "je", ne plus m'occuper de rien. Je voudrais tellement que quelqu'un dise "il" pour moi. Qu'on me débarrasse.
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freesia31freesia31   05 août 2010
Jamais une nuit n'avait passé si vite ; jamais il ne s'était à ce point oublié, à ce point abandonné à la douceur de la nuit, à ses voyages chloroformisants, abandonné à ce lieu où ni la peur ni le temps n'avaient accès. Cela n'était ni l'oubli, ni l'évanouissement, ni même le sommeil profond, cela était le bonheur.
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matthieu-wadouxmatthieu-wadoux   28 juin 2014
J'ai sept ans (...) Ma mère m'énerve. Sa présence me rappelle que je suis toujours à la maison et non pas dans l'hyperespace. C'est pas grave. Mes yeux la transforment aussitôt, elle et sa planche à repasser, en un gnome spatial horrible à écailles de morue et à yeux de mouche. Et je fonce, et je pédale, libre comme l'air. Calme-toi et roule moins vite, me hurle le gnome à la planche à repasser, et moi, courageux comme pas un, je lui répond que le venin informe qui lui sort de la bouche ne saura pas m'arrêter dans ma mission.
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EveToulouseEveToulouse   06 février 2014
Quand notre mère est en train de mourir, ça nous donne certains droits. En manœuvrant bien, on peut en tirer un max d'avantages. Ça touche tout le monde, ça ébranle quand on dit que notre mère est en train de mourir et qu'on a seulement 19 ans. Dans les yeux des autres, nous devenons porteurs d'un destin particulier : lui, c'est quelqu'un, disent les gens à voix basse, sa mère est en train de mourir. Ça impose le respect.
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mickkellymickkelly   14 octobre 2014
Eteins la lampe de chevet je te prie, elle m'empêche de voir la nuit.
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Videos de Wajdi Mouawad (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Wajdi Mouawad
Dans les années 50, la jeune Alice (Alba Rohrwacher) quitte la Suisse pour le Liban, contrée ensoleillée et exubérante, pour devenir nounou. A Beyrouth, elle a un coup de foudre pour Joseph (le dramaturge Wadji Mouawad), un astrophysicien malicieux qui rêve d'envoyer le premier libanais dans l'espace. Mais après quelques années heureuses, c'est le début de la guerre civile...
Chloé Mazlo s'est inspiré des souvenirs de sa grand-mère pour concevoir son premier long métrage. La jeune cinéaste, César du meilleur court métrage d'animation pour Les petits cailloux en 2015, utilise avec brio l'artifice du tournage en studio et la poésie du stop motion (animation image par image) dans cette chronique familiale attachante, inventive et surprenante, qui trouve le bon équilibre entre fantaisie et mélancolie.
Sous le ciel d'Alice, sélectionné à la Semaine de la critique 2020, doit sortir en salles le 21 avril 2021 – si, bien sûr, les cinémas ont enfin obtenu l'autorisation de rouvrir leurs portes d'ici là. Découvrez sa bande-annonce, en exclusivité pour Télérama.fr.


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