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EAN : 9782020005784
187 pages
Seuil (01/02/1970)
3.38/5   4 notes
Résumé :
Quatre études où Mounier cherche moins à faire oeuvre de critique littéraire qu'à proposer une lecture dynamique, nous révélant l'orientation et les voies qu'empruntent ces écrivains, tout en les confrontant à sa propre pensée et à ses propres choix.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
CzarnyPies
  30 octobre 2021
Quand j'ai commencé mes études du premier cycle à l'université de Toronto en 1982, mes professeurs considéraient Malraux, Camus, Sartre et Bernanos comme ayant été les importants écrivains francais les plus importants des cinquante années précédentes. La lecture ce livre de souvenirs de Mounier a suscite des bons souvenirs d'une bonne époque de ma vie. En plus, j'ai trouvé que Mounier a brillamment expliqué pourquoi on tenait ces auteurs en très grand estime.
Tous les quatre étaient des auteurs engagés qui avaient participé activement à la résistance française contre l'occupation nazie. Bernanos auquel on colle l'étiquette royaliste s'opposait aux Allemands parce qu'il pensait que c'était son devoir en tant que Catholique. Comme tel, il était dans le même camp que Mounier. Les trois autres en tant que mécréants étaient des adversaires intellectuels de Mounier qui avaient du trouvé d'autres raisons pour justifier leur opposition au fascisme.
Pour Malraux, c'était au début une continuation de son engagement dans la cause communiste qui avaient commencé pendant les années 1920 quand il était un combattant communiste en Chine pendant leur guerre contre le Kouo-Min-Tang de Tchang Kaï-chek. Malraux était toujours communiste au début de la deuxième grande mondiale mais avant la fin, il s'est rallié au Gaullisme quand il a constate que ' le régime policier totalitaire n'apparaît plus sur l'État communiste comme un accident de circonstance, mais comme une métamorphose essentielle et irréversible." (p. 55)
Mort en 1950, Mounier ne savait pas que Malraux allait rester fidèle au Gaullisme pour le reste de ses jours. Il prévoyait plutôt d'autres changements d'allégeances politiques chez Malraux qui ne croyait en rien à part son statut de surhomme Nietzschéen ("Tout Nietzsche vibre en lui". (p. 31)) qui voulait participer à tous les combats. Aux yeux de Mounier, Malraux ne savait pas croire en quoi que ça soit, il savait seulement "choisir son ennemi." (p. 56) Comme écrivain, Malraux avait le grand défaut qu'il était capable de "peindre les hommes seulement à la veille de leur mort ?" (p. 32)
Albert Camus, selon Mounier, était un écrivain qui s'était fait prendre dans le piège de son propre absurdisme. " Car l'homme absurde n'est pas un homme libéré, c'est un homme cerné. Il n'y a pas d'au-delà. Il n'y a pas de lendemain." (p. 66) Camus croyait que la naissance, la vie et la mot étaient tous dénués de sens. Donc, la seule issue qui se présentait à l'homme, c'était 'la situation active de révolte où il s'engage devant elle." (p. 70)
À cause de son rejet absolu de l'espoir, Camus était très limité dans ses thèmes littéraires: "Le sujet immédiat de l'Étranger, du Malentendu, de Caligula, ce n'est pas l'amour, ce n'est pas l'aventure, c'est le crime ." (p. 90) En d'autres termes, parce qu'il ne croyait en rien, Camus devait s'interroger sur la question: c'est quoi le mal dans le meurtre.
Mounier marque moins de points contre Sartre que dans le cas de Malraux et de Camus. Il constate seulement que les positions de Sartre sont diamétralement opposées à celle de l'Église catholique: ""Le chrétien l'avènement du Royaume de Dieu. Sartre n'en attend rien." (p. 116)
Le chrétien vit toujours dans l'espoir et la joie parce qu'il peut voir le visage du Dieu dans le visage de son prochain. Pour, l'existentialiste Sartre, l'enfer c'est les autres. En plus chaque individu participation dans l'oppression de ses semblables:
Tout au contraire. le pour soi, regardant le pour soi, le transforme par son regard même en en-soi." En termes plus simples, pour Sartre, je ne puis me tourner vers l'être d'autrui sans le figer, lui voler son monde et bloquer sa liberté, en faire un objet à ma merci. (p. 121)
Mounier admire énormément Georges Bernanos qui croit dans la présence active de Dieu dans notre monde. Dieu est toujours près nous quand nous luttons contre Satan. Nous combattons à force égale avec le Diable parce que comme enfants de Dieu nous sommes aussi des êtres surnaturels: "Oui, si l'on entend une fois de plus que la sainteté n'est pas l'exceptionnel, qu'il y a des millions de saints dans le monde, connus de Dieu seul," ... " Comme le surnaturel divin, le surnaturel démoniaque n'est qu'exceptionnellement l'exceptionnel. ... Notre Église n'est pas une gendarmerie spirituelle. Notre Église est l'Église des saints " (pp. 142-146)
La seule reproche que Mounier fait est Bernanos est qu'a force de décrire des combats héroiques de ses personnages avec le Diable, que les petites prières de tous les jours jouent un role aussi dans la guerre contre le mal: "Bernanos a méconnu, oublié ou simplement négligé les médiations et observances de tous jours qui restent toujours nécessaires ." (p 157)
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
JacobBenayouneJacobBenayoune   09 novembre 2013
La première pente de l'esprit est de ramener l'inconnu au connu.
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JacopoJacopo   27 août 2018
Les années confuses de l'occupation ont brouillé les naissances littéraires. L'Étranger nous est arrivé dans l'ombre portée par l'Être et le Néant, et cet encombrement de l'histoire a fait longtemps de Camus, devant l'opinion, un écrivain d'idées, une sorte d'illustrateur à la pointe sèche de ce monde de l'absurde que l'on voyait les philosophes traiter jusqu'alors en larges compositions murales. Le public aime bien les écrivains d'idées. Il n'est pas aisé de saisir dans son évidence enveloppée et illogique l'univers à l'état naissant que propose une oeuvre lyrique ou romanesque.
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JacopoJacopo   27 août 2018
Un pessimisme ne saurait connaître d'expression plus absolue. Et cependant, les oeuvres de Malraux s'appellent les Conquérants, l'Espoir, la Lutte avec l'ange. De ce désespoir à cette frénésie (et parfois à ce chant) d'action, y a-t-il un hiatus le hiatus suprême d'une oeuvre hachée de fissures étanches, - ou quelque passage secret ? Nous conduit-il à l'humanisme de l'action, ou à l'affirmation méprisante des forts ?
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JacopoJacopo   27 août 2018
Il semble que la conclusion la plus logique à la découverte de l'absurdité universelle soit le suicide. Toute la dialectique du Mythe s'efforce, on le sait, de démontrer que cette logique est une fausse logique. Son erreur est de croire que refuser un sens à la vie, c'est la même chose que juger qu'elle ne vaut pas la peine d'être vécue ; que l'intérêt à la vie est la même chose que le prix de la vie.
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JacopoJacopo   27 août 2018
Bernanos n'aimait pas les théologiens, mais sa théologie était sûre. « On ne fait pas au surnaturel sa part », il savait que cela voulait dire deux choses. La première, que le surnaturel n'est pas un secteur réservé de miracles et de prestiges, mais l'humble lumière de la vie divine cherchant, dans la plus humble créature, le plus insignifiant de ses gestes.
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Vidéo de Emmanuel Mounier
https://www.editions-harmattan.fr/livre-empowerment_et_finance_la_democratie_au_service_de_l_investissement_socialement_responsable_francois_faure-9782343216836-68436.html
L'investissement socialement responsable est largement méconnu du grand public. Pourtant ce même public est conscient de l'impact environnemental et social des décisions d'investissement. Mais le lien entre les choix personnels d'épargne et l'impact environnemental et social est faible. La règlementation complexe rend encore plus obscur le chemin qui va du sentiment de responsabilité aux choix d'investissement responsable. Cet ouvrage est un plaidoyer pour une évolution de l'article L.214-9 du Code monétaire et financier dans le sens de l'élargissement de l'objet social des OPCVM. Il développe les arguments économiques, financiers et philosophiques pour inscrire dans la loi les intérêts environnementaux, sociaux et de participation démocratique à la gestion de l'épargne des citoyens en sus de leurs intérêts financiers. C'est une prise au sérieux de l'interpellation par l'encyclique Oeconomica et pecuniare quaestiones sur la sortie de la financiarisation de la société associée à la vigilance démocratique de la philosophie d'Emmanuel Mounier.
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