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Antoine Mouton (Autre)
EAN : 9782376650164
208 pages
La Contre Allee (06/11/2020)
3.93/5   7 notes
Résumé :
Dans Chômage monstre, son précédent texte paru à La Contre Allée en 2017, Antoine Mouton s'interrogeait sur la façon dont on pouvait "habiter" un corps que l'on a longtemps prêté à un emploi, un corps et une langue que l'on a trop longtemps désertés.
Poser problème s'inscrit dans la continuité de cette réflexion. On y retrouve ce questionnement à propos de la difficulté d' être et d'exister en-dehors des injonctions multiples et normatives du quotidien. Une ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
D'utilité universelle, clef de voûte, ces morceaux d'architecture sont à lire et relire mainte fois. Se rappeler à l'infini de cette trame dévouée aux rois des trottoirs. Des égarés dans le labyrinthe des solitudes. Claquant, puissant, sombre mais si beau ; lampe de poche dans la toile touée des éperdus, des silencieux. Ces fragments signent le sociétal, péril des sans-noms. Antoine Mouton est ici, pose pierre après pierre, la Babel des écorchés vifs. Il déploie les mots sur les maux, réchauffe les frigorifiés, ceux qui sont recroquevillés dans les sentiers piégés par les inégalités, l'ubuesque du monde, les écueils où le chômage est la seule sortie de secours. « 10 h 09 : J'ai travaillé de travers on m'a viré. J'ai fait demi-tour y avait rien de l'autre côté. J'ai refait demi-tour pour vérifier y avait rien non plus… 10h 12 : J'ai pas vraiment d'exigence, j'ai bien vu que derrière les mains tendues la plupart du temps y a pas de bras. » Antoine Mouton joue avec les mots, saut dans la flaque. « 10 h 17 : Mais personne n'est jamais revenu riche de l'île de Pré-Karité. » 12 h 32 est le lever de rideau, levier et certitude. le passage citadelle d'un chantier à polir. L'autre, soi, l'indifférence, porte qui claque et les paroles regain d'un auteur éveillé et attentif. « 12 h 32 : Combien de fois vous êtes-vous artificiellement remonté le moral sans vous remettre en question ? 12 h 36 : Vous oubliez facilement ce qui ne vous concerne pas directement ? » On reste entre ce rocher de Sisyphe, ce trou noir, la vulnérabilité et les contre-chants. Antoine Mouton déroule le tapis, minute après minute, le choc est violent. Il est la vie, ce qui se passe entre les murailles, fissures de notre contemporanéité qui tourne le dos à l'intégrité et à la dignité. « Tout ce qu'on ne sait pas de Mouss » est un cri dans la nuit. « 17h 41 » et les cloches sont le glas. On pleure, couverture de laine, flocons de neige, cristaux sanglots. Que cette litanie est grave, profonde et sinueuse, l'humanité macrocosme Mouss à 17 h 51. « L'ordre de Malte est dans la rue signifiait : l'hôpital n'est pas loin, conduis-moi jusque-là. Je n'ai pas voulu l'entendre. » Je voudrais vous dire l'importance de ce livre éclat. Je retiens ce sablier, regarde le sable s'écouler. Chacune des syllabes est un outil. Un grain de sable démultiplié. Les photos subrepticement figent les alphabets d'honneur, liant entre les heures et ses semences « 21 h 11 : Nous n'aurons pas donné de solution mais nous aurons peut-être posé un problème plus vaste. » « Poser problème » est une urgence de lecture. Offrez ce livre à chacun de vos amis. Glissez le dans chacun de vos doutes. Puisez le grave, cet écho qui resurgit, pavlovien, pour changer les couleurs à jamais. « 2 h 00 : On fait de la naissance un sens unique mais on naît bien des fois. » Je suis fière de l'avoir lu, de le détenir, de le posséder (double-sens) comme une flamme. Les Editions La Contre Allée ont compris. Cette pépite est : il est 5 h 32. « C'est le solstice d'hiver les premières fenêtres s'allument… » Pour vous lecteurs !
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Pendant toute une journée, l'auteur interroge son monde et poursuit le fil de ses réflexions, entre adresse amoureuse et étude des mystères et étrangetés du corps. Il développe des histoires bizarres qui flirtent avec le surréalisme et le symbolisme. Et les photos qui ponctuent l'ouvrage sont à l'avenant : désaxées, floues, penchées.

L'auteur s'en donne à coeur joie avec la mise en page , la ponctuation et parfois avec la conjugaison. le texte est éminemment poétique, parfois onirique et résolument hermétique. Et, à mon sens, parfaitement inaccessible.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
« Pourquoi est-il si facile de vivre sans se comprendre et si difficile d’aimer ce qu’on ne connaît pas du tout ? Est-ce qu’on est aveuglé par les questions qu’on a sous les yeux ? Est-ce que les poches qui se forment sous nos yeux au fur et à mesure que nous vieillissons sont pleines de questions irrésolues ? Où se cachent les exclamations ? Dans la tête ? Dans le ventre ? Est-ce que les questions et les exclamations peuvent cohabiter ? »
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« quand on écrit, on touche on exerce une pression sur ce qui ne se voit pas sur ce qui ne se dit pas.. on relâche légèrement la main pour s’assurer que le mot est resté vivant l’assassinat est une pratique courante en littérature mais les textes encadavrés restent vifs leur existence ne dépend pas des mots dont ils sont jonchés ils risquent seulement d’être un peu moins visibles »
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« j’ai perdu l’ouvre-boîte il est dans ta tête mon amour tous les problèmes sont dans ta tête mais toutes les solutions aussi la vie est si bien faite qu’on n’a presque plus besoin de la vivre »
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« Aujourd’hui j’ai parlé à une peau. Elle a rougi, j’ai eu du bol. Ce n’est pas tous les jours qu’on fait effet. »
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Videos de Antoine Mouton (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antoine Mouton
Avec douze écrivains de l'Anthologie Avec Anne le Pape (violon) & Johanne Mathaly (violoncelle) Avec Anna Ayanoglou, Jean d'Amérique, Camille Bloomfield & Maïss Alrim Karfou, Cyril Dion, Pierre Guénard, Lisette Lombé, Antoine Mouton, Arthur Navellou, Suzanne Rault-Balet, Jacques Rebotier, Stéphanie Vovor, Laurence Vielle.
Cette anthologie du Printemps des Poètes 2023 proposent 111 poètes contemporains et des textes pour la plupart inédits. La plus jeune a 20 ans à peine, le plus âgé était centenaire. Tous partagent notre quotidien autour de la thématique corrosive des frontières. Leurs écrits sont d'une diversité et d'une richesse stimulantes. Ils offrent un large panorama de la poésie de notre époque. Avec notamment des textes de Dominique Ané, Olivier Barbarant, Rim Battal, Tahar Ben Jelloun, Zéno Bianu, William Cliff, Cécile Coulon, Charlélie Couture, Jean D'amérique, Michel Deguy, Pauline Delabroy-Allard, Guy Goffette, Michelle Grangaud, Simon Johannin, Charles Juliet, Abdellatif Laâbi, Hervé le Tellier, Jean Portante, Jacques Roubaud, Eugène Savitzkaya, Laura Vazquez, Jean-Pierre Verheggen, Antoine Wauters…
Mesure du temps La fenêtre qui donne sur les quais n'arrête pas le cours de l'eau pas plus que la lumière n'arrête la main qui ferme les rideaux Tout juste si parfois du mur un peu de plâtre se détache un pétale touche le guéridon Il arrive aussi qu'un homme laisse tomber son corps sans réveiller personne Guy Goffette – Ces mots traversent les frontières, 111 poètes d'aujourd'hui
Lumière par Iris Feix, son par Lenny Szpira
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