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ISBN : 9782226215239
Éditeur : Albin Michel (18/08/2010)

Note moyenne : 2.46/5 (sur 13 notes)
Résumé :
1973. Une famille dans la banlieue ouest de Paris. Père radiologue, mère au foyer, deux ados dont la narratrice. La mère, une jolie femme qui aime porter un vison, jambes dénudées, en fumant des blondes, s'en va sans un mot... La vie reprend : triste ennui des villes nouvelles où rien n'arrive jamais. Seule ouverture, les week-ends chez une amie boulevard Raspail, puis des cours de photo. Et un jour, l'adolescente voit sa mère dans une manifestation de femmes. Début... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  22 novembre 2012
Dans les années 1960-1970, il n'était pas rare que madame reste à la maison pour élever les enfants, si monsieur "gagnait bien sa vie". C'est le cas de la mère de Dominique, dans ce récit : femme au foyer dans une banlieue huppée, snob, lectrice assidue, désoeuvrée et déprimée. Jusqu'au jour où elle disparaît, abandonnant mari, fille de quinze ans et fils de dix-sept. le père (radiologue) se fait papa-poule avec ses deux ados, ce qui n'empêche pas Dominique de s'autonomiser, de prendre un nouveau cap, déjà en changeant de prénom : elle sera désormais Nathalie. Elle mûrit, s'interroge sur les raisons de la fuite de sa mère, qu'elle éclaircira peu à peu en découvrant la féminité post soixante-huitarde et "la vie adulte"...
Un roman gris, lent, placé sous le signe de l'attente, car la famille ne cesse d'espérer le retour de cette femme en fuite. A tel point que le lecteur a le temps de se poser des questions très diverses sur ce qui a pu lui arriver, le père sachant visiblement ce qu'il en est, mais pas les enfants.
Des réflexions intéressantes sur l'adolescence, les relations mère-fille, l'amour maternel, le désarroi d'une jeune fille mal-aimée et abandonnée, les revendications féminines/féministes sur l'indépendance, dans les années 70 en particulier.
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Zazette97
  04 septembre 2010
Sorti en librairie depuis le 19 août, "La vie adulte" est le second roman de l'écrivaine française Virginie Mouzat dont le précédent opus "Une femme sans qualités" était paru l'an dernier.
1973. Dominique a 15 ans. Dans un quartier résidentiel à l'ouest de Paris, elle partage son quotidien avec un frère aîné, un père radiologue et une mère imprévisible, oisive et qui se soustrait volontiers à ce double rôle de mère et de femme au foyer que sa position de femme et les normes de la société tendent naturellement à lui faire endosser.
Sans laisser de mot, la mère quitte le domicile familial du jour au lendemain, un geste qui fera l'effet d'un ultime coup de grâce porté à un portrait de famille déjà bancal.
Dominique s'interroge. Pour quelle raison sa mère est-elle partie?
Narratrice de ce court roman, Dominique est une jeune femme en devenir dont le récit se partage entre les anecdotes vécues durant l'enfance et les épisodes marquant son accès au statut de femme.
Elle brosse le portrait d'une mère en retrait du cocon familial, lunatique, fantasque, constamment affublée d'un manteau en vison imbibé d'un même parfum, un fantôme dont l'esprit vogue vers une identité de femme, cet ailleurs que sa fille tente de se représenter.
Entre son frère de plus en plus absent et un père qui tente de compenser à sa manière, Dominique garde ses questions en suspens, guettant le retour de cette mère dont elle sent pourtant qu'elle ne reviendra pas.
A mesure que la jeune fille entre dans la vie adulte, ses interrogations se déplacent de la mère à la femme pressentie comme étrangère à sa propre vie.
Roman intimiste, "La vie adulte" apparaît tel une double quête où les interrogations de la narratrice autour des motifs entourant le départ de sa mère se confondent avec le questionnement que suscite en elle le passage à la vie adulte.
Phrases courtes, tout en retenue. Ambiance lourde, chargée de symboles et d'effluves rappelant sans cesse la figure de cette femme absente à qui l'instinct maternel fait défaut.
Si "La vie adulte" s'inscrit dans une époque soucieuse de faire reconnaître le droit aux femmes à pouvoir disposer librement de leur corps, Virginie Mouzat nous donne à penser que la question de la multiplicité des rôles assignés à la femme dans la société reste toujours d'actualité.
Lien : http://contesdefaits.blogspo..
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crazyprof
  07 octobre 2010
Mon avis :
Une ballade toute en finesse dans une adolescence des années soixante-dix. Un magnifique roman qui nous plonge au coeur de la difficulté à devenir adulte, difficulté à grandir sans mère et avec un père présent et aimant mais dont on voit les défauts. Virginie Mouzat nous raconte aussi combien il est difficile de devenir femme quand la mère est absente.
J'ai trouvé que le personnage principal du livre était certes l'adolescente narratrice mais surtout cette mère qui a disparu, qui a nié sa maternité en abandonnant ces deux enfants et dont on devine le parcours pour se sortir de ce pavillon de banlieue perdu au bout d'une route peu fréquentée qu'elle a probablement vécu comme étouffant, presque certainement même comme une prison dont on doit s'échapper.
J'ai beaucoup aimé ce livre qui m'a captivé et dans lequel l'auteur fait preuve d'une grande finesse psychologique et de style, avec une écriture que je qualifierais d'impressionniste, toute en petites touches suggérant plus que décrivant parfois. Un seul regret, le manque d'épaisseur et de présence du personnage du grand frère, esquissé mais sans relief nie vie réelle.
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Lencreuse
  08 septembre 2010
Dominique a 15 ans. En fait, elle ne veut plus qu'on l'appelle Dominique, désormais ce sera Nathalie. Un changement de nom comme un changement de peau à l'heure où le corps se cherche, où la jeune fille se construit malgré la faille. Celle creusée il y a quelques mois par le départ de sa mère. Elle a quitté la maison dans son vison qu'elle aborait comme une seconde peau, emportant à peine quelques affaires et ne s'embarrassant pas d'adieux. Mais était-elle encore vraiment là? Elle les avait déjà quittés, mari et enfants, s'enfonçant "dans la lecture et les migraines", filant des journées entières à Paris, pour finalement un jour ne jamais revenir. En cherchant à comprendre cette mère, la narratrice met en lumière le conflit entre la vie sociale - celle attendue d'épouse, de mère, de femme au foyer - et les aspirations d'une femme qui veut être monde, participer à sa marche. Dans les années 70, la marche du monde, en tout cas celle de la France, se mêle à celle des femmes qui descendent dans les rues en revendiquant le droit de choisir leur maternité. A travers ce portrait de femme, agaçante parfois, contradictoire aussi, c'est celui de toute une génération que dresse Virginie Mouzat. La narration presque haletante nous plonge dans les interrogations d'une jeune fille qui tente de trouver sa place entre un frère que rien ne semble affecter et un père écrasé par le départ de sa femme et qui tente de composer. Un roman agréable à lire malgré quelques longueurs qui interroge sur les choix féminins et la difficulté d'être épouse, mère et femme.
Lien : http://lencreuse.over-blog.com
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vdujardin
  26 avril 2012
Je ne sais pas... le récit se fait à la première personne dans la bouche de l'adolescente, oscille entre le poids de l'absence de la mère, des conquêtes féminines (à peine suggérées) du père, mais aussi de la vie de la banlieue, où il faut toujours une voiture... L'arrêt de bus est à un kilomètre, par un chemin plein de dangers (les agriculteurs inquiétants, le voisin qui la ramène en voiture, l'homme qui un jour se masturbe devant elle, ...). La place de l'amie est à peine esquissée, elle va passer le week-end chez elle, suivra comme elle des cours de photographie, mais de cette amie, on voit surtout le père et la nouvelle amie de son père. J'aime, j'aime pas? Je dirais entre les deux, trop d'esquisses, rien n'est approfondi, comme un arrière goût d'inachevé...
Lien : http://vdujardin.over-blog.c..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   21 novembre 2012
A quelle seconde [ma mère] a-t-elle décidé de partir ? J'imagine qu'un jour, c'est venu comme un vertige. Ca s'est déclaré à elle, parce qu'une voix a résonné dans sa tête. (...) Elle avait allumé une cigarette. Et puis elle a plongé lentement, en secret, au-dedans d'elle-même. Son corps mince est resté là, figé, mais son esprit, tout son être en fait, a basculé dans le vide, une formule rêvée, une formule utopique, idéale de la féminité. Immersion progressive dans le silence, dans l'intrigue de sa naissance, dans la question de sa place, dans le fatras des ambitions fanées de son mariage, son "ménage", disait sa mère, dans l'anti-destin que constituaient ses jours et ses nuits. Quel souvenir garde-t-elle de nous, de ce temps maternel qu'elle a décidé de suspendre, d'avant l'étiolement, d'avant la fuite ? (p. 48-49)
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ZilizZiliz   22 novembre 2012
Elle disait mon prénom [Dominique]. Ce prénom choisi par elle avant ma naissance, renié en son absence, renié dès le début de sa fuite. Ce prénom choisi dans le doute, parce qu'elle ne savait pas si elle attendait une fille ou un garçon, parce qu'elle ne voulait peut-être ni d'une fille ni d'un garçon, ce prénom laissé ensuite, par paresse, faute de mieux. (p. 133)
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ZilizZiliz   21 novembre 2012
(...) ma grand-mère avait offert à mon frère sa première mobylette. Il m'avait confié que les trépidations de la selle provoquaient chez lui, les premiers temps, des érections suivies d'éjaculations répétées. Puis il avait rougi, s'apercevant qu'il me parlait, à moi, sa soeur de deux ans sa cadette, deux ans, autant dire un gouffre. Au moment d'enfourcher sa mobylette, j'avais été un peu dégoûtée. (p. 59)
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ZilizZiliz   21 novembre 2012
J'ai compris qu'il savait que je mentais, c'est ce qu'exprimait sa main sur mon bras. "Pauvre petite fille", c'était le message. Raconter n'importe quoi à quelqu'un, c'est le transformer en n'importe qui. (p. 79)
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Zazette97Zazette97   04 septembre 2010
Partout il me semblait que j'étais seule, sans mon père. Mais avec elle, ma mère. Prégnance de son image, de son fantôme en fourrure, jambes nues, à l'angle des allées, dans les galeries, sur une marche d'escalator. Trace de Chamade. Pouvoir des absents.
Partout, je surprenais une femme qui ne m'aurait pas vue mais que j'aurais suivie, jusqu'à sa voiture puis jusque chez elle. J'aurais découvert par surprise le cadre de sa nouvelle vie.
Mon père était là, à mes côtés, je le sentais qui voulait prendre ma main mais je n'étais plus une petite fille, sa petite Dominique, sa petite Dom. p.44
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