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ISBN : 2811239928
Éditeur : Milady (20/10/2017)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 128 notes)
Résumé :
« J’ai cru que c’était la fin du monde. J’ai cru que rien de bon ne pourrait plus m’arriver. Je ne mangeais plus, je ne sortais plus. Je ne voulais plus voir personne. Mais j’ai survécu. Contre toute attente, j’ai fini par surmonter l’insurmontable et, petit à petit, la vie m’a paru vivable. »
Paris, 1916. Sophie Lefèvre doit prendre soin de sa famille alors que son mari part pour le front. Quand la ville tombe entre les mains de l’armée allemande, au milieu ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (61) Voir plus Ajouter une critique
Sourisetdeslivres
  25 octobre 2017
Le roman commence en 1916, à sainte -Péronne, une ville occupée par l'armée allemande située dans la Somme.
Nous suivons Sophie, Hélène et Aurélien, les 2 soeurs et frère qui tiennent « le Coq rouge », un hôtel restaurant familial.
Sophie a dû quitter Paris au début de la guerre quand son mari, le peintre Edouard Lefèvre, s'est engagé comme soldat avec le mari d'Hélène.
Ainsi, les 2 soeurs se retrouvent et font tourner, malgré les réquisitions, le manque de produits, leur hôtel restaurant.
C'est le lieu de rassemblement de tous les anciens du village, ils y viennent volontiers pour éviter de se retrouver seuls en ces temps si durs, discuter avec Sophie et leurs voisins.
Sophie est une femme forte, elle tient la famille ; Hélène, sa soeur ; pourtant aînée a bien plus de mal à supporter la guerre, l'absence de son mari et les privations qu'ils endurent ; Aurélien, 14 ans, un jeune homme qui voudrait bien botter les fesses des Allemands, mais qui est encore trop jeune pour s'engager ; Mimi et petit Jean, les enfants d'Hélène.
La vie de Sophie et de sa famille va changer quand le Herr Kommandant Hencken signale à Sophie que, dorénavant, il viendra dîner tous les soirs au restaurant du Coq rouge avec ses soldats.
Bien que Sophie soit furieuse d'être obligée d'accueillir sous son toit et en plus cuisiner pour eux alors que leurs estomacs crient famine elle s'y résout ; comprenant qu'elle n'a pas le choix pour protéger sa famille.
Le Kommandant est subjugué par une toile d'Édouard, un portrait qu'il a réalisé de Sophie, Édouard faisait partie de l'école de Matisse.
Peu à peu, les tensions entre le Herr Kommandant et Sophie s'apaisent, ils savent bien l'un et l'autre que ce sont deux êtres humains dans des camps opposés d'une guerre meurtrière des deux côtés.
Quand Sophie apprend qu'Édouard est prisonnier, elle va lui demander de l'aide, mais les intentions de l'allemand sont-elles aussi pures que celle de Sophie ?
Dans la deuxième partie du roman, nous sommes à Londres en 2006 on rencontre Liv, une jeune femme de 30 ans, veuve depuis 4 ans d'un célèbre architecte, David Halston.
Elle peine à se remettre du décès de son mari, pigiste de métier, la vie est très onéreuse, elle a du mal à joindre les deux bouts pour conserver « la maison de verre », comme on l'appelle, que son mari avait construite.
La maison et un tableau est tout ce qu'il lui reste de feu son époux.
Le tableau ; n'est bien sûr que le même qu'en 1916 en France, « Les yeux de Sophie ».
Comment ce tableau a pu arriver entre les mains de Liv, quels liens ces deux femmes d'époques différentes ont-elles en commun ?
Si j'ai vraiment eu beaucoup plus d'empathie pour Sophie et que j'ai préféré les passages se déroulant en 1916, les parties concernant Liv ne sont pas moins intéressantes.
Les deux femmes ont beaucoup plus en commun qu'un simple tableau.
La vie de Liv, elle, sera aussi bouleversée par une rencontre, celle de Paul McCafferty.
Rencontré un soir par hasard dans un bar à un moment où ils souffraient tous les deux de la solitude. Ce qui aurait pu devenir une belle relation est vite tué dans l'oeuf.
Liv va perdre toute confiance quand elle apprend que Paul travaille pour une société qui s'occupe d'enquêter sur les oeuvres d'art volées pendant les deux guerres afin de les restituer à leur propriétaire or, « Les yeux de Sophie », fait partie d'une enquête.
Les héritiers d'Édouard veulent le récupérer.
Chose impossible pour Sophie, c'était un cadeau de David lors de leur voyage de noces en Espagne. Un objet qui la relie à son mari, peu importe sa valeur, c'est affectif pour elle.
Comme je vous le disais ; j'ai vraiment préféré les parties traitant de Sophie, j'ai trouvé plus de longueurs dans les passages sur Liv.
Sophie et son histoire m'ont passionnée.
Je l'ai admirée, plainte. Elle m'a ému et donné des leçons de courage.
Liv, même si elle a en commun l'amour du tableau comme Sophie, pour ces deux femmes cette peinture est un lien de leur mari, je l'ai trouvée plus faible que Sophie.
Elle évolue au cours du procès, mais je ne suis pas parvenue à complètement m'attacher à elle.
Par contre, à Paul et son frère Greg, oui. Ainsi qu'à la vieille dame à qui David avait acheté le tableau en Espagne.
La deuxième partie n'est pourtant pas dénuée d'intérêt, les rebondissements sont nombreux.
On se replonge dans l'histoire de l'art, dans les spoliations des Allemands envers les juifs ; on y parle non seulement de la Première Guerre, mais aussi de la seconde et de tous les tableaux et objets d'art que Goering avait volés aux juifs et autres prisonniers de guerre.
L'héroïne du livre est vraiment Sophie ; pas uniquement, lors des chapitres où elle est la narratrice ; son âme habite le tableau.
Quiconque le regarde s'en aperçoit, dans son cas, je m'y suis complètement identifiée, voulant en savoir plus sur son histoire, sur ce qu'il lui était arrivé à elle, mais aussi à Édouard, Édith, la fille de Liliane que Sophie avait recueilli.
J'aurais voulu tout connaître de cette femme au grand coeur, folle amoureuse de son ours russe comme elle le surnomme.
Un personnage qui m'aura fait rire, l'épisode du cochon pour ceux qui l'ont lu, qui m'aura fait frémir pour les risques qu'elle prend et qui m'aura fait pleurer pour les épreuves traversées, mais qui m'aura aussi fait lever la tête et bien fait comprendre que l'amour est plus fort que tout, plus fort même que la guerre.
Attention, il ne s'agit pas uniquement d'une romance même si les deux femmes sont amoureuses de leurs époux, mais bien d'expliquer le lien entre elles et ce mystère autour de ce tableau « les yeux de Sophie ».
L'alternance de temps dans la deuxième partie peut parfois être moins limpide que dans la première, mais Jojo Moyes mêle quand même habilement passé et présent.
Je n'avais plus lu l'auteure depuis « Avant toi » qui fut un énorme coup de coeur et m'aura fait verser toutes les larmes de mon corps.
Ce n'est pas le cas pour celui-ci, mais j'y ai retrouvé sa nostalgie dans l'écriture.
2 femmes qui se télescopent dans le temps, Sophie va se lier d'amitié ou au moins de politesse envers l'ennemi, le Herr Kommandant et Liv va se lier avec Paul qui est à la fois son ami/amant, mais aussi son ennemi.
J'ai aussi vu la relation d'amitié Sophie/Liliane en miroir avec l'amitié de Liv et Mo.
Le coeur qu'elles ont toutes deux sur la main ; Sophie aidera toujours les plus fiables lors de la guerre ; Liv secourt tant qu'elle peut une sans-abri qui vit en bas de chez elle.
Elles partagent aussi ce regard du tableau, par toujours, mais à des moments importants de leurs vies.
2 femmes à la fois différente et pourtant qui se reflète dans le temps.
L'auteure aborde des thèmes universels comme l'amour ; la valeur de l'art qui est différente selon du point de vue d'où l'on se place ; mais aussi des thèmes comme : les comportements humains en temps de guerre, les relations entre occupants et occupés, les relations fraternelles, la loyauté, la main tendue, etc.

Qu'il est important de voir que le monde est constitué de couleur et de beauté avant qu'une guerre ou un décès ne décolore tout en gris et en tristesse.
Les yeux de Sophie de Jojo Moyes - roman contemporain, romance - 480 pages, 18.90 € - Édition Milady, collection Milady Litte, en librairie le 20 octobre 2017
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Ladybird123
  10 août 2018
Je sais, je suis très sévère sur ma critique de ce dernier opus de Jojo Moyes. C'est que Jojo m'ayant habituée à beaucoup de fraîcheur et tout plein d'optimisme (primordial pour survivre tout de même), Les yeux de Sophie, c'est une vraie déception de mon côté.
Peut-être connaissez-vous ces romans jeunesses « le livre dont vous êtes le héros », et bien pour faire bref, disons qu'ici c'est un peu « le tableau dont vous êtes le héros ». Et qui sera le grand vainqueur ? Mystère, mystère, pour cela poursuivez longuement les 564 pages pour le découvrir.
Les yeux de Sophie, c'est ce tableau peint par un homme épris, de sa dulcinée française peu avant la première guerre mondiale. Ce tableau nourrit toutes les convoitises, il représente pour tout qui portera ses grands yeux sur lui un lien très privilégié.
On suit donc Sophie pendant la guerre avec un certain intérêt. L'amour sage du mari (Édouard) ou l'amour décousu de ce commandant allemand pour Sophie y parsème la première partie.
Première partie que j'ai appréciée même si cela change des styles privilégiés par Jojo Moyes. Il y a de l'intrigue, des faits historiques durant l'occupation qui se lisent avec grand intérêt. La deuxième partie s'arrête elle, en 2006 sur Liz, londonienne. Endeuillée depuis 4 ans de son mari, elle peine Liz. À avancer, épurer ses dettes, être raisonnable, et voilà que l'on retrouve surtout le Tableau.
Que de détails, que de longueurs, que de pages pour rien.
Certainement que ce roman trouvera son public car l'histoire est intéressante, ce Tableau en guise de lien sur deux époques distinctes a du bon mais pour moi Jojo c'est la tendresse, les bons sentiments, la pause bien être et sur ce roman, c'est un flop pour moi. Je me serai mieux amusée avec les héros de mon fils.
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FleurDuBien
  01 novembre 2017
MA-GNI-FIQUE roman !!
Je viens de le terminer, bouleversée.
Je l'ai dévoré, comme tous les autres Jojo Moyes, que j'adore, mais là elle nous offre son plus bel opus.
Les histoires d'amour de ce grand livre sont touchantes à l'extrême.
Sans ne rien dévoiler de et des intrigues de ce livre, il s'agit tout de même de l'épineux sujet de la restitution des oeuvres d'art par les allemands, oeuvres pillées pendant la 1ère guerre mondiale. C'est très bien documenté, on apprend pas mal de choses.
Mais l'essentiel de ce livre magnifique ne réside pas dans ces faits historiques, certes importants pour bien comprendre l'époque, mais, pour moi, la beauté est à chercher ailleurs.
Et cet ailleurs, c'est au travers de ces destins tous admirables et respectables que nous le trouvons, que nous le dénichons au travers de la vraie VIE de ce roman sublime et extraordinaire, cet ailleurs nous est offert par Jojo Moyes, si décriée, si rejetée et pourtant une si belle plume !
D'ailleurs à ce propos, je n'ai aucun problème avec le fait que ses romans soient édités chez Milady. Je n'ai jamais compris cette quasi haine pour cette grande auteure. Je les ai tous dévorés avec un plaisir non dissimulé.
Avec une jouissance incroyable, j'ai donc adoré cette nouvelle aventure de Jojo Moyes, sans culpabilité aucune. Il y en a qui sont addics à l'ultra violence et à Mr Obertone : chacun ses goûts. Perso, je préfère l'Amour...
Les sentiments sont décrits à la perfection, les personnages ont tous une intériorité incroyable, l'auteure sait admirablement faire se mouvoir ces personnages si attachants, si complets, si beaux.
L'histoire est sublime, mais je ne peux (veux) pas la raconter.
Livre magique, livre rare, livre à ne pas rater surtout.
J'aI, par contre, préfèré les époques plus reculées, celles de la 1ère guerre mondiale. le personnage du Commandant allemand amoureux du tableau est formidablement brossé, de même que sa relation plus qu'ambiguë avec Sophie.
Alors oui, il y a certes beaucoup d'amours dans ce livre, mais il n'y a sûrement et certainement qu'un seul Amour, vous savez bien, le vrai, l'unique, le seul.
Celui que certains espèrent, celui que certains redoutent.
Un bien beau livre, on l'aura compris.
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camati
  02 octobre 2017
Comme d'habitude, je préfère le titre original "The girl you left behind", à double sens contrairement au titre français.
Dans ce roman, alternent deux époques et deux lieux principaux: la France occupée au milieu de la première guerre mondiale durant toute la première partie puis des chapitres de cette époque s'intercalent au cours de la seconde partie qui se situe à Londres en 2006, soit 90 ans plus tard.
La première époque nous montre la vie de deux soeurs, Sophie, l'héroïne, et Hélène, dont les maris sont au front ou peut-être prisonniers ou morts. Elles tiennent un restaurant dans une petite ville occupée par les Allemands. Ce qui m'a le plus intéressée dans ce microcosme, c'est le comportement des Français; presque tous les cas de figure y sont présents: les héros, les lâches, les résistants, les forts, les faibles. Et surtout les revirements d'opinion et les jugements à l'emporte-pièce basés sur les apparences, car il est plus facile de critiquer, de juger, que d'agir et de mettre sa vie en péril. Bref des comportements de temps de guerre.
J'ai eu plus de mal à accrocher au début de la seconde partie; peut-être ce saut brutal de 90 ans m'a-t-il gênée? mais aussi je n'ai pas vu l'intérêt de certains passages tels que ceux où apparaît le père de Liv, l'héroïne de la seconde époque, une jeune veuve qui vit à Londres.
Le fil conducteur au cours des deux périodes, c'est un tableau - un sujet décidément à la mode ces temps-ci, et du coup pas très original, cf L'improbabilité de l'amour et le Chardonneret. Ce tableau est le portrait d'une femme, Sophie, mentionnée plus haut,par son propre mari; cette peinture ne laisse personne indifférent voire bouleverse des vies.
"Les yeux de Sophie" va disparaître, changer plusieurs fois de mains, pour réapparaître dans les années 2000, suscitant des querelles, à l'image de Sophie par le passé. Il y aura même procès en cette période où les descendants des familles spoliées pendant la guerre cherchent à récupérer les oeuvres d'art ou biens de valeur qui leur ont été volés par les Allemands pendant la première guerre (ou les Nazis lors de la seconde).
Liv a le sentiment que Sophie lui parle et va, poussée par le procès (car on veut lui reprendre le tableau acheté légalement), aller à la découverte de cette femme, morte depuis longtemps.
Elle va en même temps redécouvrir l'amour avec Paul, qui est à la fois son ami et son ennemi. Rien n'est simple, les apparences encore une fois trompeuses.
Avant de lire ce pavé de 658 pages, je ne connaissais de cette auteure qu'une courte nouvelle "La liste de Noël" dont j'avais aimé le propos, la concision, bien que n'étant pas très attirée par ce format. Alors peut-être est-ce la longueur -devrais-je dire certaines longueurs- qui a tempéré mon enthousiasme. La lecture en est cependant agréable et fait passer un bon moment, tout en soulevant des questions intéressantes, certaines (en ce qui concerne le tableau) déjà présentes dans l'Improbabilité de l'Amour et le Chardonneret telles que les rapports entre l'art et l'argent, ce qui fait la valeur d'un tableau, le sens même attribué à ce mot "valeur". Et d'autres sur la guerre, les rapports entre occupants et occupés, les comportements humains en temps de guerre, le jugement d'autrui, les apparences et ce qu'elles peuvent cacher.
En conclusion, un roman intéressant et agréable à lire mais que je ne rangerai pas sur l'étagère des grands auteurs de ma bibliothèque.
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abookcatcher
  04 octobre 2017
Jojo Moyes est évidemment une auteure dont j'avais beaucoup entendu parler notamment à travers son best-seller Avant toi mais je n'avais lu aucun de ses titres avant Les yeux de Sophie. Lorsque j'ai parcouru le catalogue Netgalley, mon oeil a tout de suite été attiré par cette couverture que je trouve très jolie, avec des couleurs qui m'ont fait penser à l'automne ce qui m'a donc donné envie d'en savoir plus. En regardant rapidement le résumé, je me suis rendu compte que ce livre avait tout pour me plaire : Première guerre mondiale, France, histoire de famille… Je n'ai donc pas hésité longtemps avant de me plonger dans cette lecture !
Ce roman est divisé en deux parties, deux histoires qui se rejoignent. Dans la première, on se retrouve plongé au coeur de l'histoire, en 1917, dans un petit village du Nord de la France, sous l'occupation allemande. Ici, on fait la rencontre de Sophie, une jeune femme qui tient avec sa soeur Hélène un hôtel dénommé le Coq Rouge. Ces deux jeunes femmes ont vu leurs maris respectifs partir sur le front et très vite, on va se rendre compte que Sophie est une femme extrêmement forte. J'ai eu un immense coup de coeur pour cette héroïne à laquelle je me suis profondément attachée. Il faut dire qu'elle représente tout ce que j'aime retrouver chez une héroïne de roman : courageuse, intelligente, un brin intrépide. Il est à mon sens difficile de ne pas l'apprécier. Malgré le chagrin qu'elle ressent à l'idée de peut-être ne jamais revoir son mari, Edouard, son amour la rend plus forte et la guide pour mener tant bien que mal cette vie en temps de guerre. J'ai aimé la façon qu'a l'auteur de décrire le lien d'amour qui existe entre ces deux personnes, sans pour autant tomber dans quelque chose de niais à souhait. C'est un amour simple, pur, sincère. Chaque jour, on sent que Sophie agit guidée par cet amour. Chacune de ses décisions est prise par amour. Même si certains choix qu'elle fait peuvent nous désarçonner et peuvent être difficiles à comprendre, j'ai trouvé qu'ils étaient parfaitement bien amené si bien qu'en tant que lectrice, j'ai réussi à me mettre à la place de la jeune femme, et à la comprendre. Comprendre ses motivations. Comprendre ses choix. C'est quelque chose que j'apprécie et que je retrouve trop peu souvent dans des romans : réussir à comprendre la psychologie d'un personnage et arriver à me mettre dans sa peau à tel point que je me mets à ressentir ses émotions.
A ce niveau, j'ai trouvé le roman rondement bien mené. Je n'ai eu aucune difficulté, durant cette première partie, à imaginer la vie de ce petit village pris sous le coup des allemands. J'ai aimé suivre le quotidien des différents personnages, qu'ils soient occupés ou occupants. L'auteure a très bien illustré le fait qu'à l'époque, il n'en fallait pas beaucoup pour que les suspicions s'élèvent, pour qu'une réputation soit ruinée suite aux rumeurs de collaboration. de même, Jojo Moyes a parfaitement retranscrit le climat général qu'il régnait à cette époque, la peur, l'insécurité, la violence…
Dans cette même partie, on va aussi suivre l'histoire du côté allemand, avec le Kommandant, un homme imposant, instruit, autoritaire. J'ai aimé l'alchimie qui s'est progressivement opérée entre Sophie et cet homme, sans que cela ne soit trop rapide, trop tiré par les cheveux. J'ai énormément apprécié les rapports qu'ils ont pu avoir. L'auteure m'a fait oublier qui était supposé être l'ennemi, pour me faire comprendre qu'au final, ce sont tous des Hommes, avec des sensibilités, des passions, des sentiments. J'ai aussi beaucoup aimé la psychologie de ce personnage, que j'aurais peut-être aimer voir un peu plus développée car il m'a beaucoup intriguée.
Et puis, le coeur de l'histoire m'a aussi beaucoup plu. Les yeux de Sophie, c'est en fait un tableau, un portrait de Sophie réalisé par son mari artiste, et qui fait le lien entre les deux parties de l'histoire. C'est avec ce tableau que la vie de Sophie va être bouleversée, et c'est aussi ce tableau qui va, des années plus tard, créer d'importants troubles dans la vie d'une autre jeune femme, à Londres.
C'est ainsi que l'on arrive dans la deuxième partie de l'histoire, où l'on rencontre Liv, une jeune femme torturée qui n'a franchement pas été gâtée par la vie. Un jour, sa vie va prendre un tournant inattendu à cause (ou grâce?) au tableau Les yeux de Sophie. Lorsque Liv se retrouve dans une affaire de restitution d'oeuvres d'art volées par les allemands durant la guerre, elle va tout faire pour comprendre ce qui a bien pu se passer en 1917 et pourquoi, aujourd'hui, on lui réclame un tableau que son défunt mari lui a offert lors d'un séjour en Espagne et qui représente, aujourd'hui, tout ce qui lui reste. Même si j'ai un peu moins accroché avec le personnage de Liv, j'ai par contre adoré la quête qui se met en place dans la seconde partie du roman, et j'ai vraiment beaucoup accroché à l'histoire, ayant vraiment eu envie de savoir ce qu'il était advenu de Sophie après qu'on l'ait quittée en 1917, et quelle était l'histoire que cachait finalement ce tableau.
Sans vous en dire plus sur l'histoire en elle-même, je peux vous assurer qu'elle vaut le détour. J'ai réellement été conquise par l'intrigue du début à la fin, et par la plume de Jojo Moyes. En début de lecture, j'ai eu un peu peur de retrouver le côté un peu bateau des romans qui traitent d'un sujet comme la Première guerre mondiale, et au final j'ai été agréablement surprise. L'histoire m'a beaucoup touchée et je l'ai trouvée très bien ficelée. Les personnages sont attachants, très bien construits. le côté enquête de la deuxième partie était vraiment très prenant, alternant les moments de l'histoire entre le monde actuel et celui de Sophie des années en arrière. J'ai aimé l'alternance des points de vue et des époques ce qui permettait d'avancer petit à petit dans l'histoire et d'en comprendre l'issue. Même si certaines révélations étaient prévisibles à mon goût, je n'en reste pas moins bouleversée par la beauté de ce roman, sa dureté parfois. J'ai ressenti une multitude d'émotions au fil des pages, et c'est ce qui est pour moi le plus beau dans la lecture. le pari est amplement réussi pour Jojo Moyes, et je ne peux que vous conseiller de vous plonger à votre tour dans cette sublime histoire dès sa sortie !
Lien : https://abookcatcher.wordpre..
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
mimo26mimo26   16 octobre 2018
Saint-Péronne, octobre 1916

Je rêvais de nourriture. Baguettes croustillantes à la mie d’un blanc virginal, encore fumantes à la sortie du four, et fromage affiné, le coeur coulant vers le rebord de l’assiette. Bols remplis à foison de raisin et de prunes, sombres et odorants, leur parfum emplissant l’air. J’étais sur le point de tendre le bras pour attraper un fruit quand ma soeur m’arrêta.
— Fiche-moi la paix, murmurai-je. J’ai faim.
— Sophie. Réveille-toi.
J’avais déjà le goût du fromage sur la langue. J’allais prendre une bouchée
de reblochon, en étaler sur un gros morceau de ce pain chaud, puis gober un grain de raisin. Je goûtais déjà l’intense saveur sucrée, sentais l’arôme
puissant…
Mais voilà que la main de ma soeur sur mon poignet m’en empêchait. Les
assiettes commencèrent à disparaître, les parfums à se dissiper. J’esquissai un geste dans leur direction, mais les mets s’effacèrent les uns après les autres, telles des bulles de savon qui éclatent.
— Sophie.
— Quoi ?
— Ils ont pris Aurélien !
Je me tournai sur le flanc et cillai à plusieurs reprises. Ma soeur portait un
bonnet de coton, comme moi, pour ne pas prendre froid. Dans la faible
lumière de sa chandelle, je ne vis que son visage blême, ses yeux agrandis par la peur.
— Ils sont avec Aurélien. Dehors.
Dans mon esprit embrumé, les idées se firent plus claires. À l’extérieur, on
entendait des hommes crier ; leurs voix résonnaient dans la cour pavée, et les poules s’agitaient dans le poulailler, poussant des piaillements perçants. Il faisait nuit noire, l’air crépitait sous la menace. Je m’assis dans le lit en tirant sur ma chemise de nuit, puis bataillai pour allumer la bougie sur ma table de chevet.
Dépassant Hélène en trébuchant, j’allai me poster devant la fenêtre et
regardai en contrebas les soldats éclairés par les phares de leur véhicule. Mon frère cadet, les bras serrés autour de la tête, essayait de se protéger des coups de crosse qui s’abattaient sur lui.
— Que se passe-t-il ?
— Ils sont au courant pour le cochon.
— Quoi ?
— M. Suel a dû nous dénoncer. Je les ai entendus crier depuis ma chambre.
Si Aurélien ne leur dit pas où est le cochon, ils l’embarqueront.
— Il ne parlera pas, décrétai-je.
Un hurlement de notre frère nous fit tressaillir. À cet instant, je reconnaissais à peine ma soeur : elle paraissait vingt années de plus que ses
vingt-quatre ans. Je savais que la même peur devait se lire sur mon visage.
Nos pires cauchemars étaient en train de se réaliser.
— Il y a un Kommandant parmi eux. S’ils le trouvent…, chuchota Hélène
dont la voix se brisa sous le coup de la panique. Ils nous arrêteront tous. Tu
sais ce qui s’est passé à Arras. Nous servirons d’exemple. Qu’adviendra-t-il
des enfants ?
Je réfléchis à toute vitesse, le cerveau engourdi par la crainte que mon frère
ne parle. Je m’enveloppai dans un châle et m’approchai de nouveau de la
fenêtre, sur la pointe des pieds, pour risquer un coup d’oeil dans la cour. La
présence d’un Kommandant indiquait que nous n’avions pas seulement affaire à des soldats ivres cherchant à soulager leur frustration en aboyant quelques menaces et en distribuant des coups : nous avions des ennuis. Par son intervention, il nous signifiait que notre crime était pris très au sérieux.
— Ils vont le trouver, Sophie. Ce n’est plus qu’une question de minutes.
Ensuite…
La voix d’Hélène grimpa dans les aigus.
Le vide se fit dans mon esprit. Je fermai les yeux un instant, puis les
rouvris.
— Descends, dis-je. Plaide l’ignorance. Demande-lui ce qu’Aurélien a fait
de mal. Parle-lui, distrais-le. J’ai besoin d’un peu de temps avant qu’ils
entrent dans la maison.
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gabrielleviszsgabrielleviszs   30 août 2018
Elle ne peut pas lui avouer que ce n’est que la moitié de l’explication. Voici une vérité que personne ne vous dit quand vous perdez votre mari : de même que, épuisée, vous passerez votre temps à dormir, ou qu’un jour vous ne voudrez tout simplement pas ouvrir les yeux parce que survivre à une nouvelle journée vous paraîtra un effort herculéen, vous ne pourrez pas vous empêcher de haïr vos amis. Chaque fois qu’une connaissance se présentera à votre porte ou traversera la rue pour vous serrer dans ses bras et vous dire qu’elle est tellement, si affreusement désolée, vous la regarderez, ainsi que son époux et ses minuscules enfants, et la férocité de votre jalousie vous surprendra. Comment se fait-il qu’ils vivent et que David soit mort ? Pourquoi Richard, si ennuyeux et commun, avec ses amis de la City, ses week-ends de golf et son manque total d’intérêt pour quoi que ce soit d’extérieur à son univers étriqué et complaisant, a-t-il eu le droit de vivre quand David, brillant, aimant, généreux et passionné, a dû mourir ?
+ Lire la suite
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camaticamati   02 octobre 2017
Voilà de quoi nos vies étaient faites désormais: des insurrections mineures, de minuscules victoires, une modeste occasion de ridiculiser nos oppresseurs.... De petits navires d'espoir flottant sur un océan d'incertitude, de privations et de peur.
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abookcatcherabookcatcher   04 octobre 2017
J’examinai le portrait, et, pendant un bref instant, je me souvins de ce que cela faisait d’être cette fille qui ne connaissait ni la faim ni la peur, habitée seulement par des pensées légères, comme de savoir à quel moment elle retrouverait son mari. Elle me rappelait que le monde était capable de beauté, et qu’avant la guerre mon univers ne se réduisait pas à la peur, la soupe d’orties et les couvre-feux : il débordait d’art, de joie, d’amour. Je le vis dans l’expression que j’arborais. Alors je compris ce que je venais de faire. Edouard m’avait rappelé ma force et mon courage, je pouvais m’en servir pour me battre.

Quand tu rentreras, Edouard, je jure de redevenir la fille que tu as peinte.
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PepparshoesPepparshoes   02 octobre 2017
- Je pense que la beauté se trouve dans l'oeil de l'observateur. Quand mon mari me dit que je suis belle, je le crois, car je sais qu'à ses yeux je le suis.
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Résumé : Louisa est une fille ordinaire qui mène une vie monotone dans un trou paumé de l?Angleterre dont elle n?est jamais sortie. Quand elle se retrouve au chômage, elle accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l?accueil glacial qu?il lui réserve, Louisa va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l?accident qui l?a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Louisa n?a que quelques mois pour le faire changer d?avis.
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