AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2811224920
Éditeur : Milady (16/10/2019)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 197 notes)
Résumé :
« J’ai cru que c’était la fin du monde. J’ai cru que rien de bon ne pourrait plus m’arriver. Je ne mangeais plus, je ne sortais plus. Je ne voulais plus voir personne. Mais j’ai survécu. Contre toute attente, j’ai fini par surmonter l’insurmontable et, petit à petit, la vie m’a paru vivable. »
Paris, 1916. Sophie Lefèvre doit prendre soin de sa famille alors que son mari part pour le front. Quand la ville tombe entre les mains de l’armée allemande, au milieu ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (76) Voir plus Ajouter une critique
NathalC
  09 mars 2019
560 pages de lecture bonheur. Cela faisait un moment que je n'avais pas lu un bon roman. Un roman digne de ce nom. Il y a une histoire, il y a une écriture fluide, facile, correcte de l'auteur, il y a de la consistance, il y a une intrigue, on vit avec les personnages, il y a de l'amour, de l'amitié, le tout dans un contexte historique… Bref, une lecture plaisir dont on a du mal à se détacher.
L'histoire de Sophie est parfaite. On aimerait en savoir plus. Liv, j'avoue qu'elle m'a parfois tapé sur les nerfs, ne comprenant pas son obsession pour ce tableau. Mais sans cela, où serait l'histoire racontée ?
En dehors de ce petit bémol, je recommande aux lecteurs de romans cette histoire de Jojo Moyes. Elle confirme son talent d'écrivain.
Commenter  J’apprécie          621
Eroblin
  05 janvier 2020
Première lecture de l'année que j'ai dévorée avec plaisir, ces « Yeux de Sophie » nous entraînent dans une intrigue qui se déroule sur deux périodes. Saint-Péronne (et non Paris comme le dit le résumé) 1916, Sophie Lefèvre aide sa soeur à tenir l'auberge familiale. La vie est dure d'autant que l'occupation allemande ne laisse rien passer. Parce que le mari de Sophie est un peintre et qu'il a peint son portrait avant la guerre, que ce portrait est admiré par un commandant allemand, Sophie va voir sa vie, sa réputation détruites. Un siècle plus tard, Liv Halston, veuve, se voit contester la propriété de ce même tableau ; les descendants d'Edouard Lefèvre réclament la restitution des « Yeux de Sophie », volé d'après eux par le commandant allemand en 1916. Liv qui est pourtant dans une situation financière catastrophique depuis la mort de son mari, refuse de laisser partir cette ultime preuve d'amour. Mais le procès qui démarre ne va pas en sa faveur.
Jojo Moyès est connue pour ses histoires douces amères, celui-ci ne déroge pas à la règle. Que ce soit Sophie ou Liv, les deux femmes subissent les tragédies avec beaucoup de courage et de force. J'ai bien aimé la période 1916 avec la description de l'occupation allemande dans le Nord de la France –des faits qui ne sont pas souvent décrits dans les romans- les restrictions alimentaires, le chantage des allemands, les déplacements forcés de populations, les arrestations et parfois les condamnations. Sophie est un beau personnage de femme et son histoire m'a beaucoup plu. J'ai moins aimé par contre Liv et la relation convenue qu'elle développe avec Paul McCafferty, le chasseur d'oeuvres volées. Ce qu'il fait pour elle à la fin est trop beau pour être vrai. Ceci dit, c'est un roman qui fait du bien à l'âme.
Challenge Multi-défis 2020
Challenge Pavés 2020
Challenge Plumes féminines 2020
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
Ladybirdy
  10 août 2018
Je sais, je suis très sévère sur ma critique de ce dernier opus de Jojo Moyes. C'est que Jojo m'ayant habituée à beaucoup de fraîcheur et tout plein d'optimisme (primordial pour survivre tout de même), Les yeux de Sophie, c'est une vraie déception de mon côté.
Peut-être connaissez-vous ces romans jeunesses « le livre dont vous êtes le héros », et bien pour faire bref, disons qu'ici c'est un peu « le tableau dont vous êtes le héros ». Et qui sera le grand vainqueur ? Mystère, mystère, pour cela poursuivez longuement les 564 pages pour le découvrir.
Les yeux de Sophie, c'est ce tableau peint par un homme épris, de sa dulcinée française peu avant la première guerre mondiale. Ce tableau nourrit toutes les convoitises, il représente pour tout qui portera ses grands yeux sur lui un lien très privilégié.
On suit donc Sophie pendant la guerre avec un certain intérêt. L'amour sage du mari (Édouard) ou l'amour décousu de ce commandant allemand pour Sophie y parsème la première partie.
Première partie que j'ai appréciée même si cela change des styles privilégiés par Jojo Moyes. Il y a de l'intrigue, des faits historiques durant l'occupation qui se lisent avec grand intérêt. La deuxième partie s'arrête elle, en 2006 sur Liz, londonienne. Endeuillée depuis 4 ans de son mari, elle peine Liz. À avancer, épurer ses dettes, être raisonnable, et voilà que l'on retrouve surtout le Tableau.
Que de détails, que de longueurs, que de pages pour rien.
Certainement que ce roman trouvera son public car l'histoire est intéressante, ce Tableau en guise de lien sur deux époques distinctes a du bon mais pour moi Jojo c'est la tendresse, les bons sentiments, la pause bien être et sur ce roman, c'est un flop pour moi. Je me serai mieux amusée avec les héros de mon fils.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
Sourisetdeslivres
  25 octobre 2017
Le roman commence en 1916, à sainte -Péronne, une ville occupée par l'armée allemande située dans la Somme.
Nous suivons Sophie, Hélène et Aurélien, les 2 soeurs et frère qui tiennent « le Coq rouge », un hôtel restaurant familial.
Sophie a dû quitter Paris au début de la guerre quand son mari, le peintre Edouard Lefèvre, s'est engagé comme soldat avec le mari d'Hélène.
Ainsi, les 2 soeurs se retrouvent et font tourner, malgré les réquisitions, le manque de produits, leur hôtel restaurant.
C'est le lieu de rassemblement de tous les anciens du village, ils y viennent volontiers pour éviter de se retrouver seuls en ces temps si durs, discuter avec Sophie et leurs voisins.
Sophie est une femme forte, elle tient la famille ; Hélène, sa soeur ; pourtant aînée a bien plus de mal à supporter la guerre, l'absence de son mari et les privations qu'ils endurent ; Aurélien, 14 ans, un jeune homme qui voudrait bien botter les fesses des Allemands, mais qui est encore trop jeune pour s'engager ; Mimi et petit Jean, les enfants d'Hélène.
La vie de Sophie et de sa famille va changer quand le Herr Kommandant Hencken signale à Sophie que, dorénavant, il viendra dîner tous les soirs au restaurant du Coq rouge avec ses soldats.
Bien que Sophie soit furieuse d'être obligée d'accueillir sous son toit et en plus cuisiner pour eux alors que leurs estomacs crient famine elle s'y résout ; comprenant qu'elle n'a pas le choix pour protéger sa famille.
Le Kommandant est subjugué par une toile d'Édouard, un portrait qu'il a réalisé de Sophie, Édouard faisait partie de l'école de Matisse.
Peu à peu, les tensions entre le Herr Kommandant et Sophie s'apaisent, ils savent bien l'un et l'autre que ce sont deux êtres humains dans des camps opposés d'une guerre meurtrière des deux côtés.
Quand Sophie apprend qu'Édouard est prisonnier, elle va lui demander de l'aide, mais les intentions de l'allemand sont-elles aussi pures que celle de Sophie ?
Dans la deuxième partie du roman, nous sommes à Londres en 2006 on rencontre Liv, une jeune femme de 30 ans, veuve depuis 4 ans d'un célèbre architecte, David Halston.
Elle peine à se remettre du décès de son mari, pigiste de métier, la vie est très onéreuse, elle a du mal à joindre les deux bouts pour conserver « la maison de verre », comme on l'appelle, que son mari avait construite.
La maison et un tableau est tout ce qu'il lui reste de feu son époux.
Le tableau ; n'est bien sûr que le même qu'en 1916 en France, « Les yeux de Sophie ».
Comment ce tableau a pu arriver entre les mains de Liv, quels liens ces deux femmes d'époques différentes ont-elles en commun ?
Si j'ai vraiment eu beaucoup plus d'empathie pour Sophie et que j'ai préféré les passages se déroulant en 1916, les parties concernant Liv ne sont pas moins intéressantes.
Les deux femmes ont beaucoup plus en commun qu'un simple tableau.
La vie de Liv, elle, sera aussi bouleversée par une rencontre, celle de Paul McCafferty.
Rencontré un soir par hasard dans un bar à un moment où ils souffraient tous les deux de la solitude. Ce qui aurait pu devenir une belle relation est vite tué dans l'oeuf.
Liv va perdre toute confiance quand elle apprend que Paul travaille pour une société qui s'occupe d'enquêter sur les oeuvres d'art volées pendant les deux guerres afin de les restituer à leur propriétaire or, « Les yeux de Sophie », fait partie d'une enquête.
Les héritiers d'Édouard veulent le récupérer.
Chose impossible pour Sophie, c'était un cadeau de David lors de leur voyage de noces en Espagne. Un objet qui la relie à son mari, peu importe sa valeur, c'est affectif pour elle.
Comme je vous le disais ; j'ai vraiment préféré les parties traitant de Sophie, j'ai trouvé plus de longueurs dans les passages sur Liv.
Sophie et son histoire m'ont passionnée.
Je l'ai admirée, plainte. Elle m'a ému et donné des leçons de courage.
Liv, même si elle a en commun l'amour du tableau comme Sophie, pour ces deux femmes cette peinture est un lien de leur mari, je l'ai trouvée plus faible que Sophie.
Elle évolue au cours du procès, mais je ne suis pas parvenue à complètement m'attacher à elle.
Par contre, à Paul et son frère Greg, oui. Ainsi qu'à la vieille dame à qui David avait acheté le tableau en Espagne.
La deuxième partie n'est pourtant pas dénuée d'intérêt, les rebondissements sont nombreux.
On se replonge dans l'histoire de l'art, dans les spoliations des Allemands envers les juifs ; on y parle non seulement de la Première Guerre, mais aussi de la seconde et de tous les tableaux et objets d'art que Goering avait volés aux juifs et autres prisonniers de guerre.
L'héroïne du livre est vraiment Sophie ; pas uniquement, lors des chapitres où elle est la narratrice ; son âme habite le tableau.
Quiconque le regarde s'en aperçoit, dans son cas, je m'y suis complètement identifiée, voulant en savoir plus sur son histoire, sur ce qu'il lui était arrivé à elle, mais aussi à Édouard, Édith, la fille de Liliane que Sophie avait recueilli.
J'aurais voulu tout connaître de cette femme au grand coeur, folle amoureuse de son ours russe comme elle le surnomme.
Un personnage qui m'aura fait rire, l'épisode du cochon pour ceux qui l'ont lu, qui m'aura fait frémir pour les risques qu'elle prend et qui m'aura fait pleurer pour les épreuves traversées, mais qui m'aura aussi fait lever la tête et bien fait comprendre que l'amour est plus fort que tout, plus fort même que la guerre.
Attention, il ne s'agit pas uniquement d'une romance même si les deux femmes sont amoureuses de leurs époux, mais bien d'expliquer le lien entre elles et ce mystère autour de ce tableau « les yeux de Sophie ».
L'alternance de temps dans la deuxième partie peut parfois être moins limpide que dans la première, mais Jojo Moyes mêle quand même habilement passé et présent.
Je n'avais plus lu l'auteure depuis « Avant toi » qui fut un énorme coup de coeur et m'aura fait verser toutes les larmes de mon corps.
Ce n'est pas le cas pour celui-ci, mais j'y ai retrouvé sa nostalgie dans l'écriture.
2 femmes qui se télescopent dans le temps, Sophie va se lier d'amitié ou au moins de politesse envers l'ennemi, le Herr Kommandant et Liv va se lier avec Paul qui est à la fois son ami/amant, mais aussi son ennemi.
J'ai aussi vu la relation d'amitié Sophie/Liliane en miroir avec l'amitié de Liv et Mo.
Le coeur qu'elles ont toutes deux sur la main ; Sophie aidera toujours les plus fiables lors de la guerre ; Liv secourt tant qu'elle peut une sans-abri qui vit en bas de chez elle.
Elles partagent aussi ce regard du tableau, par toujours, mais à des moments importants de leurs vies.
2 femmes à la fois différente et pourtant qui se reflète dans le temps.
L'auteure aborde des thèmes universels comme l'amour ; la valeur de l'art qui est différente selon du point de vue d'où l'on se place ; mais aussi des thèmes comme : les comportements humains en temps de guerre, les relations entre occupants et occupés, les relations fraternelles, la loyauté, la main tendue, etc.

Qu'il est important de voir que le monde est constitué de couleur et de beauté avant qu'une guerre ou un décès ne décolore tout en gris et en tristesse.
Les yeux de Sophie de Jojo Moyes - roman contemporain, romance - 480 pages, 18.90 € - Édition Milady, collection Milady Litte, en librairie le 20 octobre 2017
You might also like:
Lien : http://luciebook.blogspot.be..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
FleurDuBien
  01 novembre 2017
MA-GNI-FIQUE roman !!
Je viens de le terminer, bouleversée.
Je l'ai dévoré, comme tous les autres Jojo Moyes, que j'adore, mais là elle nous offre son plus bel opus.
Les histoires d'amour de ce grand livre sont touchantes à l'extrême.
Sans ne rien dévoiler de et des intrigues de ce livre, il s'agit tout de même de l'épineux sujet de la restitution des oeuvres d'art par les allemands, oeuvres pillées pendant la 1ère guerre mondiale. C'est très bien documenté, on apprend pas mal de choses.
Mais l'essentiel de ce livre magnifique ne réside pas dans ces faits historiques, certes importants pour bien comprendre l'époque, mais, pour moi, la beauté est à chercher ailleurs.
Et cet ailleurs, c'est au travers de ces destins tous admirables et respectables que nous le trouvons, que nous le dénichons au travers de la vraie VIE de ce roman sublime et extraordinaire, cet ailleurs nous est offert par Jojo Moyes, si décriée, si rejetée et pourtant une si belle plume !
D'ailleurs à ce propos, je n'ai aucun problème avec le fait que ses romans soient édités chez Milady. Je n'ai jamais compris cette quasi haine pour cette grande auteure. Je les ai tous dévorés avec un plaisir non dissimulé.
Avec une jouissance incroyable, j'ai donc adoré cette nouvelle aventure de Jojo Moyes, sans culpabilité aucune. Il y en a qui sont addics à l'ultra violence et à Mr Obertone : chacun ses goûts. Perso, je préfère l'Amour...
Les sentiments sont décrits à la perfection, les personnages ont tous une intériorité incroyable, l'auteure sait admirablement faire se mouvoir ces personnages si attachants, si complets, si beaux.
L'histoire est sublime, mais je ne peux (veux) pas la raconter.
Livre magique, livre rare, livre à ne pas rater surtout.
J'aI, par contre, préfèré les époques plus reculées, celles de la 1ère guerre mondiale. le personnage du Commandant allemand amoureux du tableau est formidablement brossé, de même que sa relation plus qu'ambiguë avec Sophie.
Alors oui, il y a certes beaucoup d'amours dans ce livre, mais il n'y a sûrement et certainement qu'un seul Amour, vous savez bien, le vrai, l'unique, le seul.
Celui que certains espèrent, celui que certains redoutent.
Un bien beau livre, on l'aura compris.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          151
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
NathalCNathalC   07 mars 2019
Va sur la terrasse et regarde le ciel pendant dix minutes en songeant combien nos misérables existences sont futiles et dépourvues de sens. Rappelle-toi que notre petite planète finira probablement engloutie par un trou noir, si bien qu'au bout du compte toute cette histoire n'aura aucune importance.
Commenter  J’apprécie          190
NathalCNathalC   05 mars 2019
Peu de clients interrompent leur conversation en présence des serveurs, (…). Un tablier vous donne des super pouvoirs. Celui de l'invisibilité en tout cas.
Commenter  J’apprécie          250
NathalCNathalC   06 mars 2019
Quand on perd un parent, l'imagination tend à le parer peu à peu de toutes les perfections. On se rappelle davantage une série de baisers, de mots aimants, une étreinte réconfortante.
Commenter  J’apprécie          200
NathalCNathalC   04 mars 2019
Il n'y a pas de pire adversaire que votre propre famille ; personne d'autre ne connaît vos plus grandes faiblesses.
Commenter  J’apprécie          320
mimo26mimo26   16 octobre 2018
Saint-Péronne, octobre 1916

Je rêvais de nourriture. Baguettes croustillantes à la mie d’un blanc virginal, encore fumantes à la sortie du four, et fromage affiné, le coeur coulant vers le rebord de l’assiette. Bols remplis à foison de raisin et de prunes, sombres et odorants, leur parfum emplissant l’air. J’étais sur le point de tendre le bras pour attraper un fruit quand ma soeur m’arrêta.
— Fiche-moi la paix, murmurai-je. J’ai faim.
— Sophie. Réveille-toi.
J’avais déjà le goût du fromage sur la langue. J’allais prendre une bouchée
de reblochon, en étaler sur un gros morceau de ce pain chaud, puis gober un grain de raisin. Je goûtais déjà l’intense saveur sucrée, sentais l’arôme
puissant…
Mais voilà que la main de ma soeur sur mon poignet m’en empêchait. Les
assiettes commencèrent à disparaître, les parfums à se dissiper. J’esquissai un geste dans leur direction, mais les mets s’effacèrent les uns après les autres, telles des bulles de savon qui éclatent.
— Sophie.
— Quoi ?
— Ils ont pris Aurélien !
Je me tournai sur le flanc et cillai à plusieurs reprises. Ma soeur portait un
bonnet de coton, comme moi, pour ne pas prendre froid. Dans la faible
lumière de sa chandelle, je ne vis que son visage blême, ses yeux agrandis par la peur.
— Ils sont avec Aurélien. Dehors.
Dans mon esprit embrumé, les idées se firent plus claires. À l’extérieur, on
entendait des hommes crier ; leurs voix résonnaient dans la cour pavée, et les poules s’agitaient dans le poulailler, poussant des piaillements perçants. Il faisait nuit noire, l’air crépitait sous la menace. Je m’assis dans le lit en tirant sur ma chemise de nuit, puis bataillai pour allumer la bougie sur ma table de chevet.
Dépassant Hélène en trébuchant, j’allai me poster devant la fenêtre et
regardai en contrebas les soldats éclairés par les phares de leur véhicule. Mon frère cadet, les bras serrés autour de la tête, essayait de se protéger des coups de crosse qui s’abattaient sur lui.
— Que se passe-t-il ?
— Ils sont au courant pour le cochon.
— Quoi ?
— M. Suel a dû nous dénoncer. Je les ai entendus crier depuis ma chambre.
Si Aurélien ne leur dit pas où est le cochon, ils l’embarqueront.
— Il ne parlera pas, décrétai-je.
Un hurlement de notre frère nous fit tressaillir. À cet instant, je reconnaissais à peine ma soeur : elle paraissait vingt années de plus que ses
vingt-quatre ans. Je savais que la même peur devait se lire sur mon visage.
Nos pires cauchemars étaient en train de se réaliser.
— Il y a un Kommandant parmi eux. S’ils le trouvent…, chuchota Hélène
dont la voix se brisa sous le coup de la panique. Ils nous arrêteront tous. Tu
sais ce qui s’est passé à Arras. Nous servirons d’exemple. Qu’adviendra-t-il
des enfants ?
Je réfléchis à toute vitesse, le cerveau engourdi par la crainte que mon frère
ne parle. Je m’enveloppai dans un châle et m’approchai de nouveau de la
fenêtre, sur la pointe des pieds, pour risquer un coup d’oeil dans la cour. La
présence d’un Kommandant indiquait que nous n’avions pas seulement affaire à des soldats ivres cherchant à soulager leur frustration en aboyant quelques menaces et en distribuant des coups : nous avions des ennuis. Par son intervention, il nous signifiait que notre crime était pris très au sérieux.
— Ils vont le trouver, Sophie. Ce n’est plus qu’une question de minutes.
Ensuite…
La voix d’Hélène grimpa dans les aigus.
Le vide se fit dans mon esprit. Je fermai les yeux un instant, puis les
rouvris.
— Descends, dis-je. Plaide l’ignorance. Demande-lui ce qu’Aurélien a fait
de mal. Parle-lui, distrais-le. J’ai besoin d’un peu de temps avant qu’ils
entrent dans la maison.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Jojo Moyes (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jojo Moyes
Découvrez trois sorties littéraires immanquables de juillet dans notre nouvelle vidéo !
---------------------- Les livres dont on vous parle dans cette vidéo : - La mélancolie du kangourou de Laure Manel : http://bit.ly/2lVmsvz - Paris est à nous de Jojo Moyes : http://bit.ly/2uaoL1B - Darkest Minds T1, Rébellion : http://bit.ly/2IY6qKo
Rejoignez notre Bookclub Bookeen : http://bit.ly/2ASauI7 et ne manquez pas notre article sur les 10 immanquables de juillet : http://bit.ly/2NwA4tS
---------------------- Vous pouvez également venir parler littérature et lecture numérique avec nous sur : - Twitter : https://twitter.com/Bookeen - Facebook : https://www.facebook.com/Bookeen - Instagram : https://www.instagram.com/bookeen_cafe/
---------------------- Musique de fond : I Will Not Let You Let Me Down (Instrumental Version) by Josh Woodward (licence CC) http://bit.ly/2qSEksB
+ Lire la suite
autres livres classés : première guerre mondialeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Avant toi de Jojo Moyes

Quel est le nom de famille de Louisa, l'héroïne ?

Black
Clark
Dark
Back

10 questions
343 lecteurs ont répondu
Thème : Avant toi de Jojo MoyesCréer un quiz sur ce livre
.. ..