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ISBN : 2226312382
Éditeur : Albin Michel (29/10/2014)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 25 notes)
Résumé :
« J'ai voulu me taire... Parfois ce n'est pas la réponse la moins dangereuse. Rien n'irrite autant l'autorité qu'un silence qui la nie. »

Longtemps présumé perdu avant d'être retrouvé et de paraître en 2013 à Budapest, Ce que j'ai voulu taire constitue le dernier volet inédit des Confessions d'un bourgeois. Le récit se construit autour de deux dates : le 12 mars 1938, lorsque l'Allemagne nazie annexe l'Autriche, et le 31 août 1948, lorsque l'écrivain ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
KRISS45
  19 août 2015
Témoignage, confession, mea culpa, analyse politique, "ce que j'ai voulu taire" rassemble tous ces concepts.
En livrant une analyse en profondeur de la société hongroise après la première guerre mondiale, Sandor Marai prend conscience des errements individuels et collectifs des politiciens et intellectuels qui ont conduit le pays à sympathiser avec le nazisme pour ensuite s'engouffrer dans le bolchévisme. Il en éprouve un extrême sentiment de culpabilité qu'il exprime dans ce récit de façon répétitive, obsessionnelle.
J'ai appris lors de cette lecture que ce petit pays à forte identité nationale a subi le joug de l'occupation turque pendant 150 ans, supporté 400 ans de domination Habsbourg, même si Elizabeth d'Autriche soutenait le désir d'indépendance des Hongrois.(le côté le moins guimauve de Sissi, souvenez-vous).
Il déclare :"je suis hongrois, parce que je suis né hongrois, que le hongrois est ma langue maternelle et que tous mes sentiments et mon sort individuel me lient au destin du peuple hongrois".
Impossible de ne pas rappeler les points communs avec Zweig : tous deux appartiennent à la grande bourgeoisie possédante d'Europe centrale, sont des intellectuels engagés, humanistes, bouleversés par les tragédies historiques de leur époque qu'il appelle "les mouvements tectoniques de l'Histoire", et choisissant leur mort au terme de leur exil.
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charlitdeslivres
  27 novembre 2016
Comment vous expliquer que plus je découvre cet auteur et plus je tombe sous le charme de sa plume. L'intelligence qui ressort de ce texte m'emporte, me parle et m'apprend énormément. Une énorme découverte que ce témoignage. Un texte que je recommande vivement à tous les passionnés d'histoire qui souhaiteraient lire un écrit d'un point de vue différent sur la bien triste période de la seconde Guerre Mondiale.
Ici c'est un constat que l'auteur nous livre. Entre 1938 et 1948, il prend le temps de nous raconter son point de vue, en tant que hongrois appartenant à la bourgeoisie, face à l'arrivée de Hitler à Vienne. Ce texte est très prenant car il nous livre un témoignage vu de l'intérieur. On entre directement dans l'intimité de l'auteur et narrateur de ce texte, en nous projetant dans cette période bien trop difficile à imaginer. Sandor Marai est un remarquable écrivain certes, mais il est également un homme brillant et engagé qui dénonce une société qu'il ne comprend plus.
De son point de vue de bourgeois, il traite du sujet avec beaucoup de recul et de profondeur. On est complètement submergé par l'intelligence qu'il use face à la montée du nazisme. de part son rang, il aurait pu comme beaucoup se ranger du côté de Hitler et vivre cette guerre d'une manière complètement différente. La Hongrie a connu bien des invasions avant même l'arrivée de Hitler, mais cette guerre marqua un tournant dans l'avenir du pays. Indexé, forcé à changer de nom, on en apprend énormément sur le pays, la période et toute la société qui a suivit aveuglément ou consentement cet homme bien trop dangereux.
La montée de l'Allemagne nazi est un sujet prédominant dans notre histoire et dans les textes, mais peu de livre nous présente ce point de vue. La haine des juifs et de ce qu'ils représentaient, comme la haine des bourgeois nous est expliquée, avec beaucoup de justesse. Ce texte très bien écrit se lit tout seul malgré l'intensité du sujet. On parcourt cette vie et on est impressionné par cette détermination et ce savoir. Sandor Marai m'éblouit de plus en plus. Autant par cette vive intelligence que par le recul qu'il use dans ses réflexions. Il nous donne sa vision des causes de l'extension du nazisme en Europe. Avec l'avantage de pouvoir nous dresser un portrait complet du côté des allemands, des hongrois ou bien encore des Russes. Ce texte est donc un précieux témoignage qu'il serait important de diffuser pour faire comprendre que l'histoire n'est qu'un éternel recommencement.
Lien : https://charlitdeslivres.wor..
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Pirouette0001
  24 novembre 2014
Ce livre est le troisième volet de l'autobiographie de l'auteur. Ce volume-ci a été retrouvé de manière posthume alors qu'on le croyait perdu. Je n'ai pas lu les deux premiers tomes, mais cela n'a en rien handicapé ma lecture.
L'auteur, qui vit à Budapest, retrace ses sentiments durant les dix ans qui ont suivi l'Anchluss. Il décrit la passivité d'une certaine intelligentsia hongroise, dont il fait partie comme écrivain reconnu, et l'anéantissement de la classe bourgesoise déjà sous le nazisme puis sous l'empire soviétique. Il fuira d'ailleurs son pays en 1949 pour rejoindre les Etats-Unis où il se suicidera en 1989.
C'est un intéressant pan de l'histoire, que je croyais connaître, mais vu d'un tout autre bout de la lorgnette et je me suis rendue compte comme je connaissais mal finalement l'histoire de ces pays dits de l'est, pourtant si proches.
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JeanPierreV
  26 novembre 2017
Il y a quelques mois, par hasard, je découvrais Sándor Márai avec Les Braises et la Soeur ..Et les quelques mots écrits sur la quatrième de couverture de "Ce que j'ai voulu taire" que je feuilletais dans la bac des livres à ranger en rayon de la Médiathèque m'ont interpellé : "Longtemps présumé perdu avant d'être retrouvé et de paraître en 2013..."...
Un hasard, qui fait bien les choses.
Un peu désuet peut-être, assez oublié des médias, Sándor Márai a le charme des vieilles choses, le charme d'un temps révolu, et le regard d'un humaniste, d'un homme sans doute désespéré, qui quitta son pays, la Hongrie en 1948, pour fuir le régime communiste..et se donner la mort en 1989
"Ce que j'ai voulu taire" est à la fois un livre de souvenirs de l'auteur, un livre sur l'histoire politique et la culture de la Hongrie, proche de nous et pourtant assez méconnu, un ouvrage dans lequel il nous livre ses états d'âme, suite à l'Anschluss et à l'invasion de l'armée nazie, suite à l'attitude de son pays pendant la deuxième Guerre mondiale...et à la mainmise de l'URSS et des communistes à partir de 1945. 10 ans de vie de la Hongrie.
Il a le mérite de nous rappeler les conséquences du traité de Trianon qui fit éclater la Hongrie au lendemain de la Première Guerre mondiale, un traité qui dépeça la Hongrie et plaça la ville natale de l'auteur en Tchécoslovaquie, pays qui le considérera comme un déserteur car il refusa d'y effectuer son service militaire.
Il souffrait d'être considéré comme "bourgeois", parce qu'il était un intellectuel. En développant ses idées et en s'appuyant sur l'Histoire de la Révolution française, il démontre tout l'intérêt des "intellectuels bourgeois" pour faire avancer un pays, promouvoir des idées de liberté. Et c'est certainement parce que ces idées, parce que cet apport de la bourgeoisie n'étaient pas partagées par le nouveau régime communiste, parce que lui, intellectuel bourgeois n'étaient plus tolérés qu'il quitta la Hongrie, pour ne jamais y revenir. On perçoit son déchirement.
Au fil des compromissions des élus, des désastres, des occupations et des censures, la Hongrie perdait son âme, son humanisme et sa culture.
bombardements
Un texte fort et visionnaire aussi : "Si l'on voulait développer les moyens de transport, l'information moderne, une industrie mondiale selon des intérêts communs, il fallait créer de plus grands alliances de grandes unités économiques qui pourraient entraîner par la suite des expériences de collaboration politique et idéologique. Si un jour en Europe occidentale, on concevait de plus grands territoires à l'intérieur de mêmes frontières et avec une monnaie commune, cela suffirait pour rendre virtuelles les frontières entre les États et les peuples danubiens ne pourraient résister à l'attraction d'un tel modèle." (P. 114)
Un pays qui a choisi la liberté en 1957 et qui aujourd'hui refuse l'arrivée de migrants

Lien : https://mesbelleslectures.co..
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Bienchen
  02 septembre 2015
Ayant beaucoup aimé ce livre, je ne peux que le recommander. On y apprend beaucoup, mais surtout on entre en conversation avec l'auteur, auteur de charme plus qu'essayiste ou historien.
Ses positions sont sympathiques, justement parce qu'il assume son rôle d'écrivain "bourgeois", ce qui passe finalement mieux aujourd'hui qu'il y a quelques années. Ses positions sont éclairées, nettement antifascistes malgré son nationalisme hongrois.
Sur ce point j'aurais une critique, non à Marai, qui nous fait bien comprendre sa position, mais à la traductrice. Celle-ci, qui n'est pas avare de notes explicatives (utiles) nous fait longtemps attendre avant de nous dire que la Haute-Hongrie n'est autre que la Slovaquie. La plupart des lecteurs français auraient tout de même besoin d'une note!
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critiques presse (1)
Telerama   17 décembre 2014
Un texte puissant, dans lequel Sándor Márai décortique la mort programmée d'une philosophie humaniste broyée par les nazis puis par le régime stalinien.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Pirouette0001Pirouette0001   24 novembre 2014
La mort, l'homme n'y croit pas vraiment (…) : il la craint, l'expérience nous montre qu'elle est inévitable mais, jusqu'à la dernière minute, nous espérons, au fond de notre coeur et de notre subconscient, que nous serons l'exception, que l'on découvrira un remède miracle qui allongera indéfiniment la vie humaine et que, personnellement, nous ne mourrons pas. (…) dans les moments où nous cessons de nous leurrer, où nous avons la certitude absolue que tout se transformera en néant en l'espace d'une seconde et sans espoir de retour, la nébuleuse conscience de la mort émerge des grottes sombres de l'âme et alors, c'est la panique.
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PhilochardPhilochard   01 janvier 2017
Nous parlions littérature et je fus surpris de voir à quel point cet homme savait précisément de quoi il parle. Il savait que Somerset Maugham était "presque" un bon écrivain mais qu'en fin de compte il affûtait ses histoires à l'excès et qu'il calculait ses effets, donc il n'était pas vraiment bon, alors que Virginia Woolf, qui n'était pas facile à lire, était vraiment un bon écrivain parce le lecteur trouvait dans ses écrits cette totalité qu'est la littérature.
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KRISS45KRISS45   19 août 2015
L'écrivain privé de l'atmosphère de sa langue maternelle est un être bégayant, estropié et impotent ! - tant que je vivrai et que j'écrirai, je ne pourrai abandonner l'esprit national hongrois. C'est primordial pour moi.
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JeanPierreVJeanPierreV   26 novembre 2017
Quand on donne au peuple le droit d'exprimer, sans aucune preuve, sur de simples allégations et proscriptions, l'accusation formulée de façon générale selon laquelle telle personne serait «antidémocratique» ou «ennemie du peuple», quand, en pratique, cette accusation implique pour la personne incriminée des conséquences immédiates et quand celui dont on a condamné le nom (simplement en le faisant tourner sur le cylindre d'une imprimerie) est envoyé, sans aucun jugement légal, dans la prison que constituent l'impuissance et l'exil social et économique, le peuple use volontiers de ce droit parce que ce jeu impersonnel n'engage aucune responsabilité individuelle et déclenche chez les anonymes sans aucun pouvoir une grande satisfaction, une sorte d'euphorie. (P. 154)
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LoujineLoujine   04 août 2015
"J'ai voulu me taire. Mais le temps m'a interpellé et j'ai su que c'était impossible. Plus tard encore, j'ai compris que le fait de se taire était une réponse en soi, à l'instar de la parole et de l'écrit. Parfois se taire n'est pas la réponse la moins dangereuse. Rien n'irrite autant l'autorité qu'un silence qui la nie."
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