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Georges Kassai (Traducteur)Zéno Bianu (Traducteur)
ISBN : 2253933740
Éditeur : Le Livre de Poche (26/03/2003)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 116 notes)
Résumé :
La fin de l'empire austro-hongrois et ses prolongements crépusculaires ont inspiré des écrivains majeurs comme les Autrichiens Joseph Roth, Stefan Zweig ou Arthur Schnitzler. Il faut y ajouter le Hongrois Sàndor Marai (1900-1989) qui, aujourd'hui, est enfin reconnu comme un immense écrivain européen.
L'Héritage d Esther, publié en 1939, rassemble en un bref récit tout ce qui fait l'art de Marai. Retirée dans une maison qui menace ruine, engourdie dans une sol... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Fortuna
  19 juin 2016
C'est l'histoire d'une rencontre qui n'a pas eu lieu, d'une passion qui n'a pas éclos, entre deux êtres que tout séparait, deux existences ratées, l'une dans l'attente et la frugalité, l'autre dans le mensonge et l'excès. Mais qui peut affirmer que si Lajos, l'aventurier, l'homme sans morale, le comédien, et Esther, femme raisonnable, peu sûre d'elle, résignée devant l'adversité, s'étaient unis, leurs vies auraient été meilleures ?
La tragédie en effet est inscrite au coeur des êtres ; nous comprenons vite qu'il n'y avait pas d'issue. Que les vingt ans de fade tranquillité qu'Esther a dérobé à son destin n'étaient qu'une parenthèse. Que quoi qu'il arrive Lajos aurait été séducteur, menteur et voleur, incapable d'offrir le bonheur à une femme pas plus qu'un avenir à ses enfants. Un être fait de rêves et d'intentions mais incapable d'affronter la réalité. Et les conséquences de ses actes.
Ainsi, vingt ans auparavant, après avoir séduit Esther, il avait épousé sa soeur Vilma. Peur des responsabilités ? Fuite devant une relation qui l'engageait ? Puis il avait éprouvé des regrets, la sensation de se fourvoyer, le désir de retourner vers celle qu'il croyait aimer. Mais trop tard, sans compter sur la malédiction de la jalousie...la haine qu'il avait installée entre les soeurs. Après la mort de Vilma dont il a eu deux enfants, s'en est suivi une vie de bohème et d'arnaques. Jusqu'au jour où il revient pour s'emparer du dernier bien d'Esther.
Ce passionnant roman de Sándor Márai est une puissante étude de l'âme humaine qui nous tient en haleine jusqu'à la dernière page, une confrontation entre deux personnages qui garderont leur part de mystère, une réflexion sur ces êtres qui viennent perturber l'ordre établi en le menaçant de destruction mais sans rien proposer en retour. Lajos est une incarnation du nihilisme, symbole d'un monde qui tombe dans le chao. C'est le deuxième ouvrage que je lis de cet auteur et j'attaque le troisième sans tarder. Une magnifique découverte !
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brigittelascombe
  22 janvier 2013
"Après 20 ans d'absence, Lajos revenait chez lui....il devait quelque chose à tout le monde-argent, promesses, serments!"
Esther, la narratrice, trois ans après l'ultime escroquerie de l'homme qu'elle a jadis aimé, qui s'est marié à sa soeur dont il est veuf au présent, raconte comment il l'a "dépouillée de tous ses biens" lors de leurs retrouvailles après une longue séparation.
Sandor Marai, écrivain hongrois du XX° siècle,à l'écriture flamboyante,sait faire monter crescendo la tension dramatique car la violence couve sous les cendres du passé de ce premier amour ravageur sur fond de rivalité (on pense à son roman: le premier amour). Il se base (comme pour Braises) sur la confrontation de deux êtres qui se sont perdus de vue et utilise (comme dans La Conversation de Balzano) le personnage d'un séducteur sans scrupules.Voilà un beau portrait de fourbe "dépourvu du sens des réalités", "dépensant sans compter", conscient de sa supériorité, désinvolte,fanfaron,farfelu,menteur...un vrai danger surtout pour une vieille fille esseulée et toujours amoureuse!
Quel talent pour analyser la relation complexe qui unit deux êtres! Un talent qui évoque celui de Stefan Zweig dans le voyage dans le passé.
"Le monde est un théâtre" disait Shakespeare et ce Lajos là est un sacré comédien, un manipulateur sûr de son pouvoir qui sait trouver la faille de l'autre pour l'assujettir.
Comment une femme saine d'esprit, peut-elle se laisser à nouveau bafouer ?
Il suffit de lire L'héritage d'Esther pour comprendre que l'amour est parfois un sortilège envoutant. Est-ce ainsi que les gourous soumettent leurs disciples?
C'est triste et nostalgique car l'amour est échec et désillusion mais c'est beau car Esther, sans écouter sa raison donnera tout jusqu'à son héritage!
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sandrine57
  02 janvier 2012
Lajos est de retour! Il a annoncé par courrier son arrivée prochaine et Esther ne se fait aucune illusion. Cet homme, qui 20 ans plus tôt lui a tout pris, revient pour achever son oeuvre et prendre la dernière et seule chose qu'elle possède encore: sa maison. Alors elle se penche sur son passé pour savoir pourquoi elle s'est laissée dépouiller ainsi par cet escroc au charme irrésistible et pourquoi elle va cette fois encore sans doute céder à sa requête.
Court -environ 150 pages- L'héritage d'Esther est un roman simple et beau sur l'amour irrépressible d'une femme pour un homme qui ne le mérite pas. Ça peut sembler banal dit ainsi mais c'est compter sans Sandor MARAI qui semble avoir le don de transcrire les sentiments les plus profonds de façon succincte mais intense. Il nous raconte le face-à-face passionnant et passionné entre une Esther vieillissante et résignée et un Lajos qui n'a rien perdu de sa superbe ni de sa verve. Chez MARAI, l'amour est une malédiction qu'il est inutile de vouloir combattre. le coeur d'Esther a battu, et bat toujours, pour Lajos malgré ses mensonges, ses trahisons et sa disparition. Il l'a dépossédée de tous ses biens et encore une fois il vient pour prendre mais c'est ainsi, ce qui a été commencé doit être achevé, c'est là tout le sens de la malédiction.
Une écriture au charme désuet et une étude approfondie de la psychologie des personnages font de ce petit livre un petit bijou à découvrir.
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le-mange-livres
  26 octobre 2012
D'abord, il y a ce titre énigmatique - et pour une fois une couverture bien choisie.
"Quelle terrible loi, pensais-je ! et j'en eus la chair de poule. Je m'endormis ainsi, frissonnante, hébétée, la fausse bague au doigt, comme si, parvenue à l'ai libre après un long séjour en un lieu fermé, j'eusse été brusquement saisie jusqu'au vertige par une brise forte et cruelle, par le coup de vent de la réalité."
Esther se fait vieille. Elle a choisi de vivre solitaire et presque recluse après l'immense déception que lui causât, de longues années auparavant, l'amour de sa vie, Lajos. Après vingt ans d'éclipse et malgré ses trahisons répétées, le talentueux séducteur et brillant dilettante, ruiné, fait son retour, pour affronter Esther dans une ultime passe d'armes. Au soir de leur vie et dépouillés de leur superbe, enfermés dans leurs rôles, les deux personnages se mesurent dans un face-à-face s'inscrivant dans un huis clos de plus en plus étouffant, qui fait resurgir les sentiments et les ressentiments du passé.
Pas un mot de trop dans cette fable de la cruauté et de la désillusion. Véritable petit bijou littéraire, L'héritage d'Esther est un concentré de l'immense talent de Marai, trop peu lu. L'auteur hongrois met ici en oeuvre un travail d'une précision d'orfèvre, dont toutes les pièces s'emboîtent avec une perfection diabolique. le ton est d'une justesse inégalée, et les sentiments saisis dans une complexité vertigineuse et dans la sobriété d'un style épuré. Servi par une unité de temps et de lieu, et sous-tendu de dialogues ciselés, l'Héritage d'Esther en devient presque théâtral. du grand, du très très grand Marai.
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
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indira95
  23 juin 2017
Je viens de lire voire relire les chroniques des différents bloggeurs sur ce court ouvrage de Sandor Marai. Je partage l'avis unanime qui voit en L'héritage d'Esther un pur concentré du talent de cet écrivain hongrois que j'affectionne tout particulièrement. L'ultime confrontation entre Esther, la vieille fille bafouée vivant recluse et Lajos, l'homme de sa vie, l'amant éternel qui n'hésita pas à la trahir 20 ans plus tôt en épousant sa soeur, résume à elle seule tous les thèmes chers à notre auteur : le poids du passé et la nostalgie qui en découle, la désillusion sur l'amour perçu comme une souffrance inévitable plutôt que comme une quête salvatrice, la trahison et les regrets afférents. Des thèmes loin d'être joyeux vous en conviendrez mais qui sous la plume de Marai, prennent une intensité dramatique incontestable qui coupe le souffle. Et bien que ce roman ne soit pas le plus marquant à mon sens, il n'en demeure pas moins une belle réussite.

Quand vous disposerez de quelques heures, plongez-vous dans l'histoire d'Esther qui après 20 années de survie, être désincarné aux sentiments couvés, se retrouve une dernière fois face à Lajos, le bellâtre, le vil et dilettante amour d'une vie, venu la dépouiller de son dernier bien, sa maison. Si fierté et dignité il y eût, elles ont depuis lors disparu pour ne laisser place qu'aux ultimes assauts d'égoïsme d'un homme que rien n'a jamais arrêté, pas même l'amour qu'il voua véritablement à Esther. Et Esther, l'amoureuse bafouée, acceptera une dernière fois encore, l'insulte suprême faite à ses sentiments.

Fable cruelle que ce roman intense aux notes d'amertume.

Lien : http://www.livreetcompagnie...
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
kabikabi   30 avril 2016
- Où sont tes limites, Lajos ? Dis-je enfin.
Les yeux papillotants, il regardait la cendre de sa cigarette.
- Drôle de question ! Quelles limites ? S'enquit-il d'une voix hésitante.
- Quelles limites ? Répétai-je. Je pense que tout homme possède une limite intérieure qui sépare le bien du mal, une limite que rend possible les relations entre les êtres humains. Mais toi, tu n'as pas de limites.
- Ce sont des mots, dit-il, en esquissant un geste comme s'il s'ennuyait. Limites, possibilités. Bien et mal. Ce ne sont que des mots, Esther. As-tu remarqué, continua-t-il, que la plupart de nos actes n'ont aucun sens, qu'ils ne visent aucun but ? On doit les accomplir, même si l'on n'en tire ni profit ni plaisir. Si tu jettes un œil sur l'ensemble de ta vie, tu es bien obligée d'admettre que tu as fait beaucoup de choses pour la seule et bonne raison que tu en avais la possibilité.
- Tout ça est un peu trop compliqué pour moi, fis-je, découragée.
- Mais non, voyons ! Déplaisant, tout au plus. Quand on atteint la fin de sa vie, Esther, on se lasse de tout ce qui vise à un but quelconque. Moi, j'ai toujours aimé les actes inexplicables.
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FortunaFortuna   18 juin 2016
Au fond, j'ai toujours été faible. J'aurais voulu accomplir quelque chose sur cette terre - et je crois que je ne manquais pas tout à fait de talent. Mais l'intention et le talent ne suffisent pas. Je le sais désormais. Pour créer, il faut autre chose...une sorte de force ou de discipline particulière, ou les deux à la fois, c'est cela, je crois, qu'on appelle le caractère...
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NeigelineNeigeline   04 avril 2010
Alors que nous étions assis sur le banc de pierre, je compris brusquement – et de façon désespérante – qu’il vient un moment où l’on ne peut plus rien « réparer ». On vit, on rapièce, on rafistole, on construit et quelquefois, on gâche son existence ; puis, avec le temps, on s’aperçoit que cette vie, telle qu’elle s’est constituée de hasards et d’erreurs, est parfaitement inaltérable. Lajos n’y pouvait plus rien. Lorsque quelqu’un surgit du passé pour annoncer, avec des trémolos dans la voix, qu’il veut « tout réparer », on ne peut que le plaindre et rire de ses intentions. Le temps avait déjà tout «réparé» à sa façon particulière, qui est la seule possible.
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AelaAela   13 mars 2011
Les conventions valent peu de chose au regard de la réalité. Vois-tu Esther, les retrouvailles sont -mystérieusement - presque plus excitantes que la première rencontre.. Je le sais depuis longtemps. Recoir un être aimé, n'est-ce pas, comme dans les romans policiers, revenir sur les "lieux du crime"? Je n'ai jamais aimé que toi dans cette vie, même si mon amour a été inconstant, sans rigueur ni exigence, je le sais bien..
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Annette55Annette55   26 décembre 2013
je ne possède plus rien, tranchai- je avec aplomb, et comme malgré moi. _je n'ai besoin de rien, répliqua t- il sans se vexer. Cette fois, c'est moi qui veux te donner quelque chose. Écoute, cela fait vingt- cinq ans que nous ne nous sommes pas vus . Nous n' aurons sans doute pas vingt- cinq autres années à vivre . En vingt - cinq ans tout devient plus clair, plus transparent , plus compréhensible. Désormais, je comprends ce qui s'est passé. Tout cela est répugnant, fis je d'une voix rauque. Répugnant et ridicule.
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Videos de Sándor Márai (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sándor Márai
L' émission "Un livre toujours" vous présente «Les Grands Romans» de Sandor Marai, publié au Livre de Poche (collection Pochothèque).
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