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Georges Kassai (Traducteur)Zéno Bianu (Traducteur)
ISBN : 222619410X
Éditeur : Albin Michel (01/10/2009)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Situé en 1949 à Naples, où Márai passa quelques années avant d'émigrer aux États-Unis, ce roman, largement autobiographique, brosse un tableau plein de vie et d'humour du petit peuple du Pausilippe. Comme égarées dans ce quartier haut en couleur, deux ombres : un couple d'étrangers discrets, jamais nommés autrement que "l'homme" et "la femme". Viennent-ils d'Amérique, d'Angleterre, de Pologne, nul ne sait. Un jour, l'étranger est retrouvé mort au pied d'une falaise.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Kirsikka
  28 octobre 2016
Naples en 1949, la population du Pausilippe, très pauvre, attend que quelque chose se passe dans la chaleur de l'été immobile et étouffant. Un étranger, dont on ne connaît pas la nationalité, certains pensent qu'il est anglais, accompagné d'une femme, apparaît peu à peu comme celui qui pourra sauver le monde. L'attente occupe toute la première partie du livre, Sandor Marai décrit la vie, retrace les conversations, met en scène les relations entre tous ceux qui vivent là.
Puis l'homme est retrouvé mort au bas d'une falaise, une enquête est ouverte et différents témoins parlent de ce qu'ils savent de lui.
Il est très peu question du miracle de San Gennaro, mais plutôt de l'attente du miracle, de la douleur de l'exil et plus encore de la déshumanisation organisée des régimes totalitaires, aussi bien nazi que communiste. Que croire, comment croire encore, qu'est-ce que la foi, comment sauver le monde ?
Un livre étrange, très lent dans sa première partie, philosophique et politique dans la seconde ; les réflexions sur le choix difficile du départ, l'exil et le déracinement, la perte d'identité de ceux qui quittent leur pays pour fuir la destruction de leur esprit, ont une résonance particulière aujourd'hui.
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Corboland78
  06 avril 2016
Sándor Márai (de son vrai nom Sándor Grosschmied de Mára) né en 1900 à Kassa qui fait alors partie du Royaume de Hongrie dans l'Empire austro-hongrois (aujourd'hui en Slovaquie) et mort en 1989 à San Diego aux États-Unis, est un écrivain et journaliste hongrois. La vie de l'écrivain fut itinérante, européenne et quasi-vagabonde dans sa jeunesse pour fuir la Terreur Blanche de 1919, hongroise pendant vingt ans, américaine et italienne après le passage de la Hongrie dans la sphère soviétique et le choix par Márai de l'exil. Au-delà des circonstances politiques, le voyage est un mode d'être pour Sándor Márai. de plus en plus solitaire et difficile matériellement, mais fertile sur le plan littéraire, l'exil mènera Márai de New York à Salerne, en Italie, puis en Californie où il se donnera la mort à 89 ans, quelques mois avant la chute du mur de Berlin. Son roman le Miracle de San Gennaro sera d'abord publié en allemand en 1957, puis en hongrois en 1965.
Le roman se déroule à Naples en 1949. Naples où tous les ans au mois de janvier, le sang de San Gennaro (Saint Janvier) précieusement conservé dans une église, se liquéfie miraculeusement. Un couple d'étrangers s'est installé au milieu du petit peuple du Pausilippe, cette montagne près de la ville. Un jour l'homme est retrouvé mort au pied d'une falaise. Accident, crime ou suicide ?
Ne laissez pas votre imagination galoper, il ne s'agit pas du tout d'un polar même si ce roman baigne dans un certain mystère car tout du long il sera question de révéler la personnalité de cet homme – ni lui, ni la femme ne sont nommés – dont la rumeur publique prétend qu'il voulait sauver le monde tel un nouveau messie.
Nonobstant le découpage du roman voulu par l'écrivain, le bouquin est en deux parties. La première, quasiment un reportage in vivo, nous montre la vie des habitants du quartier au travers de portraits pittoresques et sympathiques, le tripier, le marchand de cacahuètes, le maçon mais aussi le baron, l'amiral ou l'homme amputé des orteils. Tous ont un point commun, la pauvreté et cette misère qui semble mieux se vivre au soleil, favorisant l'optimisme, « de toute évidence, la vie est belle. Elle n'est pas facile, mais, tout compte fait, elle est magnifique. » Chacun attend, sans trop y croire, une sorte de miracle qui le sortira de sa situation. Cette partie – qui n'est pas du tout inintéressante - m'a paru un peu longue car je ne voyais pas où tout cela nous menait et d'ailleurs, je m'interroge encore. A moins que l'auteur n'ait voulu profiter de l'occasion pour consigner des souvenirs personnels de son séjour dans la ville quelques années avant d'émigrer aux Etats-Unis ?
La seconde partie qui débute après la mort de l'étranger va s'avérer beaucoup plus riche en perspectives intellectuelles. le portrait de l'inconnu est dressé par trois témoins, un policier qui lui a longuement parlé et avoue avoir été subjugué par son aura, un prêtre et la femme qui l'accompagna dans l'exil et jusqu'à sa mort. le roman prend alors une tournure grandiose car il permet à Sándor Márai d'aborder de multiples sujets, politique (les dictatures fascistes et communistes), philosophique (la conscience individuelle) et religieux (la rédemption), le tout étant englobé dans le thème principal de cet ouvrage, à savoir le douloureux problème de l'exil et de l'émigration, ce qui nous vaut des pages d'une brûlante actualité et ce constat – une nouvelle fois amer – rien ne changera donc jamais ?
Un très bon roman, peut-être un peu long au début (d'accord je chipote) mais largement compensé par la qualité de la seconde partie.
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Bellonzo
  26 décembre 2013
Valentyne et moi avons lu ce livre de Sandor Marai.Je suis un adepte du grand écrivain hongrois que personnellement j'aurais volontiers nobélisé.Nobel non,mais de haute noblesse d'écriture à mon avis.Septième abord pour moi,la plupart étant chroniqués sur ce blog.Le miracle de San Gennaro est un roman qui surprend,très éloigné de l'univers un peu classique,quand on l'a parcouru comme moi au long de six livres explorant l'histoire personnelle de Sandor Marai,de son pays et de ses combats,de ses exils et de ses espoirs.Cette parenthèse napolitaine dans la vie très cosmopolite de Marai est composée de deux parties tout à fait différentes.
Il a lui-même vécu en Campanie et dans un premier temps nous plonge dans le Spaccanapoli et les douces collines du Pausilippe,peu après la fin de la guerre.Un couple d'étrangers vit comme une anomalie parmi les gens du petit peuple,mais d'eux il ne sera question qu'indirectement dans cette moitié du livre.Il y a là des marchands,des chasseurs bredouilles, tout un monde, pas toujours animé des meilleures intentions envers les marins et les touristes.On a faim à Naples en 1949.Alors certains reviennent d'Amérique,pas vraiment cousus d'or.Les familles y sont nombreuses,les prêtres aussi,souvent faméliques,qui attendent le fameux miracle biannuel de San Gennaro. La religion y tient une grande place,souvent teintée de crédulité.Padre Pio vit non loin d'ici,célèbre dans l'Italie du milieu du siècle pour ses stigmates de la passion du Christ.Outre le miracle du sang liquéfié de Gennaro on y espère d'autres merveilles,la guérison d'un enfant,une pêche prodigue,de l'argent pour la grande traversée.Le ton est à la comédie napolitaine,enfin presque.J'y retrouverais presque mon cher cinéma italien,le petit,pas forcément celui des grands créateurs,mais qui a bien du charme et de la couleur.
L'étranger est retrouvé mort au pied d'une falaise. Changement radical de ton, au revoir la légèreté et le pittoresque.Venu d'on ne sait où, cet étranger était-il le rédempteur dont la rumeur se faisait l'écho? Et quel a été le rôle de la femme qui vivait avec lui?Et que vaut ce messianisme dont paraît-il,on le créditait? La lecture de cette seconde partie du Miracle de San Gennaro s'avère autrement difficile. L'enquête diligentée par le vice-questeur l'est tout autant.Le témoignage d'un moine franciscain qui a beaucoup parlé avec l'étranger et sa compagne (ce n'est pas le terme qui convient) nous éclairera-t-il sur la vérité? le vent,la mer et le Vésuve, omniprésents, ne nous aident guère et j'ai parfois un peu peiné à suivre ces questions presque théologiques.Le hasard a fait que Valentyne et moi avons lu ce livre alors que François d'Assise,très important dans la vie de ce mystérieux étranger, est aussi à la une des journaux,et pas seulement à Naples et à Rome.
le miracle de San Gennaro est un livre très attachant qui m'a semblé un peu plus à distance que Les braises ou Libération, très Mitteleuropa,mais qui amplifie à mon avis l'aura littéraire de Sandor Marai, dont je rappelle la mort volontaire sur une autre côte, californienne celle-là, en 1989.
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VALENTYNE
  01 avril 2013
Dans l'Italie d'après-guerre (1948), la vie s'écoule à Naples, plus particulièrement dans le quartier de Pausilippe. Les gens sont très pauvres mais plutôt joyeux. Ils prennent la vie comme elle vient, restent solidaires, reçoivent avec bonhommie et chaleur le neveu émigré aux Etats Unis, qui revient voir la famille. Ils discutent aux terrasses des cafés, se promènent dans les rues, prient (un peu) dans les églises. Ce livre présente ce quartier pittoresque de Naples, où les gens manquent cruellement d'argent , de nourriture et sont nombreux à être au chômage.
Dans la première partie, tout le monde parle de deux personnages, un homme et une femme, qui viennent de derrière le rideau de fer. Chacun imagine leurs motivations, leurs vies. Mais ils ne parlent pas que d'eux mais aussi des étrangers en général. Certains passages sont très drôles, tout en subtilité, comme celui ci sur les anglais :
"Avez vous remarqué, amiral, que ceux qui, dans notre région, ont une réputation de prophète, gardent le silence ? Je crois que loin d'être prophètes, ce sont tout simplement des anglais un peu fous, les fous sont d'ailleurs nombreux en Angleterre. L'un de mes oncles a fait ses études à Oxford, à une époque où les paysans siciliens travaillaient encore.... Les propriétaires terriens pouvaient alors se permettre d'étudier, contrairement à ce qui se passe aujourd'hui où les paysans refusent de travailler et revendiquent les terres des seigneurs. Bref, mon oncle rapporte que dans certaines maisons de la campagne anglaise, on voit souvent, au premier étage, des messieurs d'un certain âge qui passent leur journée à découper des étoiles avec des ciseaux à ongles dans une feuille de papier mauve. Leurs logeurs ne s'en inquiètent guère : "C'est un hobby", répètent ils . le saviez vous ?
- Oui, je le savais , répondit calmement l'amiral. Un jour, ma flotte s'est arrêtée à Southampton, où je puis vous affirmer que les fous sont tout aussi nombreux.
- Les étrangers qui vivent ici sont des anglais désargentés, insista le baron. Ils sont taciturnes, comme tous ces britanniques un peu loufoques. Il me semble qu'il n'est pas trop difficile d'apprendre à parler anglais. Non, ce qui est vraiment difficile, c'est d'apprendre à se taire en anglais.
- Les Anglais savent très bien se taire en anglais, objecta l'amiral. p71
.
Sandor Marai décrit en quelques phrases et avec humour les croyances et coutumes locales, que ce soit la place des églises "Une napolitaine de bonne famille , ayant reçu une éducation digne de ce nom, ne donnait jamais rendez vous à ses amies ou à ses amants ailleurs que dans une église"( p101) ou de celles des saints : "Les napolitains ne s'adressaient guère aux saints de Rome. Ils n'allaient pas davantage à la capitale pour consulter médecins et avocats. Non, ils voyageaient rarement et quand ils se décidaient, ils choisissaient plutôt comme destination Milan, où ils pouvaient espérer trouver quelque travail. Rome avait la réputation d'une ville extrêmement bureaucratisée où tout, y compris l'accès aux saints patrons, était d'une rigidité administrative".(P 105)
.
En fin de première partie, on apprend que l'homme est retrouvé mort en bas d'une falaise (ceci n'est pas raconter l'histoire puisque la quatrième de couv l'annonce elle aussi). Meurtre, accident ou suicide ? Là n'est pas l'essentiel. L'essentiel est plutôt de comprendre , d' analyser le ressenti de ce que vivent les expatriés politiques (et apatrides). On entendra assez peu parler l'homme, ce que l'on apprend de lui se fait beaucoup par personnes interposées. La femme parlera plus longuement, évoquant leur fuite, leur désir mais aussi leur peur d'émigrer aux Etats unis ou en Australie.
.
J'ai beaucoup aimé ce livre, plus la première partie, haute en couleurs que la deuxième très introspective.
Lien : http://l-echo-des-ecuries.ov..
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monito
  02 novembre 2009
Quelques années après le second conflit mondial, Sándor MÁRAI nous donne à voir de cette Italie défaite la vie de Napolitains tous pauvres, tous hauts en couleurs, tous si généreux dans leur solidarité, dans leurs colères, dans leurs excès et dans leurs différences.
Avant l'exil américain Sándor MÁRAI a manifestement largement aimé son séjour italien.
Introduction à deux confessions autour d'un homme pour qui la rédemption figure la seule issue dans un monde où, après le nazisme, le bolchevisme a rendu toute résistance illusoire.
De très belles pages sur la douleur de l'exil mais aussi de belles analyses sur un monde ébranlé en si peu de temps par tant de cataclysmes, du fascisme au nazisme, du nazisme au bolchévisme pour finir par la bombe atomique.
Plutôt que de devoir renoncer par faiblesse à ce qu'il est, à ce qu'il pense, l'Homme que décrit Márai (et qui finalement pourrait être l'auteur lui-même) ne voit qu'une issue, celle de sauver le monde par son sacrifice personnel. Cette réflexion sur la rédemption, le miracle, le sacrifice et la vanité s'illustre par une vénération non dissimulée de St François d'Assise.
De très belles pages, des formules puissantes, un roman qui ne cesse de réfléchir au plus profond de soi.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
VALENTYNEVALENTYNE   01 avril 2013
- Lorsqu'on écoute les gens venus de derrière le rideau de fer, on peut distinguer deux types de discours. Le premier est accusateur. C'était insupportable, clament-ils. Et lorsqu'on les interroge sur ce qu'ils ne pouvaient plus supporter, ils donnent des réponses tantôt simples, tantôt compliquées. Ils ne pouvaient plus supporter d'avoir été dépossédés de leurs terres, de leurs biens, de leur rôle professionnel. Ou ils ne pouvaient plus supporter les conditions de vie quasi primitives que le régime imposait à ceux qui n'appartenaient pas à la caste des privilégiés. Ou l'état de crainte permanente, l'atmosphère de suspicion générale. La peur , la nuit, chez eux, et le jour, à leur lieu de travail. La méfiance, la délation, l'appréhension qu'ils éprouvaient devant le responsable de l'immeuble. Plus grave, le soupçon entre époux, entre le père et le fils. Insupportables encore le changement, la disparition de leur environnement, la transformation dans leur vie privée et publique, de l'ordre auquel ils étaient habitués. Ils dénonçaient pêle -mêle la monotonie de la propagande officielle, la vacuité des librairies, des cinémas, des théâtres, les slogans que serinaient les postes de radio. L'obligation de croire à toutes ces absurdités, aux mensonges de la propagande officielle. Les défilés, les meetings, l'enthousiasme de commande, les rançons, les impôts, les chantages de toutes sortes, etc. De toutes ces plaintes individuelles, voyez-vous, se dégage une conclusion générale : les réfugiés venus de derrière le rideau de fer et les centaines de millions de personnes qui vivent encore là-bas ont été privés de toute humanité.... en vérité, on leur a imposé une réalité quotidienne à visage inhumain.
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bookloveusebookloveuse   29 janvier 2015
(...) Comment savoir la vérité sur les gens! Il y a trop de pays lilliputiens en Europe et trop de réfugiés! Pas étonnant si certains consuls d'Amérique ou d'Australie se méfient. (...)
_Au Chili, il s'est certainement passé quelque chose, répondit l'agent, inquiet. Le consul a refusé son visa à un acteur lituanien. Pour émigrer a Chili, il faut mesurer a moins un mètre soixante - dix.
Le vice- questeur inclina la tête en signe d'assentiment.
_ Comme Frédéric le Grand, précisa - t -il. Qu'est - il devenu ce comédien lituanien?
_ Il s'est inscrit pour le Canada, mais là aussi sa demande a été refusée. L'examen médical a révélé q'il avait le foie trop dur. On ne peut pas émigrer a Chili quand on ne mesure pas un mètre soixante dix. On ne peut pas aller au Canada quand on a le foie trop dur. Un Russe n'a pu obtenir son visa d'entrée aux Etats-Unis, parce qu'il est né à Saint- Pétersborg. Il n'avait pourtant que deux ans quand il a quitté cette ville avec ses parents...Devant l& commission, il a protesté. Léningrad, ce n'est tout de même pas la même chose que Saint- Pétersourg! a - t- il crié.
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VALENTYNEVALENTYNE   24 mars 2013
Le rédacteur en chef dit :
- Les étrangers n'y comprennent rien. Ils pensent que les napolitains sont croyants, alors qu'il n'en est rien. La vérité, c'est que notre peuple est superstitieux, et cela n'a rien à voir avec la religion. En Calabre, les gens sont peut être encore plus pauvres qu'à Naples, d'une pauvreté plus noire, plus austère que la nôtre. Pas vrai, Michele ?
Le marchand de gemmes et de camées, qui a son atelier à Torre del Greco et son magasin au forum de Naples, dans un coin de la galleria Umbeto, déclara gravement :
- En Calabre, les gens ne croient plus à rien. Même pas au miracle.
- Et naturellement, pas au gouvernement. Pourquoi y croiraient-ils, d'ailleurs ? En trois mille ans, les gouvernements se sont succédés, les uns pareils aux autres, et rien n'a changé. Le peuple le sait, il ne croit plus à rien. Quant au miracle, oui bien sûr, tu as raison, Michele, il n'y croit pas vraiment, mais au moins il ne l'exclut pas entièrement de ses calculs. C'est une éventualité comme une autre.
- Plus exactement, précisa le responsable de la page des courses hippiques, fin connaisseur des chevaux de l'hippodrome d'Agnano, ils parient sur le miracle, comme on jouerait un cheval ou un club au totocalcio.
Ils réfléchissaient.
- C'est vrai, reprit brusquement le rédacteur, comme éclairé par une soudaine illumination. Sans doute parce qu'à Naples, le miracle se produit officiellement deux fois par an. Une fois au printemps et une fois à l'automne.
- Voilà, dit calmement le responsable hippique. Un peu comme les courses de trot.
Ils se penchèrent en avant, attentifs, les yeux étincelants, tenant dans leurs mains leurs minuscules tasses remplies d'un café fort comme du poison et sucré à outrance. Il leur semblait que le responsable de la page des courses venait de dire quelque chose de très important.
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bookloveusebookloveuse   29 janvier 2015
Un homme, un rescapé d'Auschwitz, qui aurait pu se rendre en Israël-pourquoi se suicide -t - il? Le vice-questeur réfléchit.
- Peut - être répondit - il avec lenteur, peut - être parce qu'il avait survécu à Auschwitz, justement.
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bookloveusebookloveuse   29 janvier 2015
Ces gens -là, qui viennent de derrière le rideau de fer, ils tiennent aux accents.(..) Sans doute, dans leur pays, les accents sont - ils importants. Leurs noms portent des accents et d'autres signes, d'ailleurs, sur les voyelles et même sur les consonnes. D'autres signes qui ressemblent à des accents...(...) L'accent fait partie de leur personnalité et s'ils le perdent, c'est un peu comme s'ils se reniaient.
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