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Catherine Fay (Traducteur)
ISBN : 2253129690
Éditeur : Le Livre de Poche (13/10/2010)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 68 notes)
Résumé :
Journal intime d'un homme de 54 ans, professeur de latin dans une petite ville hongroise, en 1910. Il mène une vie monotone et routinière entre ses cours, ses repas et ses soirées au club. Lors d'une cure dans une station thermale de montagne, il trompe son ennui avec ce journal, qui devient le compte-rendu d'une crise imprévisible.
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
quiliravivra
  20 mai 2012
J'ai aimé ce livre car il m'a bouleversé.
L'écriture fouille, dissèque les états d'âme d'un professeur de latin qui , à la cinquantaine, se sent un homme vieux , n'ayant rien vécu et n'ayant plus plus rien à attendre de l'avenir.
C'est le retour sur des lieux de sa jeunesse qui va engendrer chez cet homme le besoin de faire un retour sur lui-même au travers de l'écriture d'un journal intime.
Ce livre fait réfléchir sur les limites de l'introspection.
Au fur et à mesure de la lecture j'ai pensé que l'occasion était donnée à cet homme de trouver un moyen de sortir de sa solitude, de son négativisme en en prenant justement conscience. Et de fait l'homme va peu à peu se métamorphoser physiquement (j'ai adoré ces passages là et je vous laisse les découvrir ).
C'est le côté positif et exaltant de l'introspection.
Mais il y a aussi un autre versant beaucoup plus sombre lié au fait qu'une réflexion excessive sur soi-même peut conduire à un comportement paranoïaque.
A lire pour le portrait psychologique extrêmement juste d'un homme qui à force de se chercher finit par se perdre.

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juliette2a
  08 août 2013
Son premier amour, on ne l'oublie jamais. C'est le titre de ce roman de Sandor Marai, écrivain hongrois du XXème siècle, que j'ai beaucoup aimé !
L'histoire est assez "basique" : un professeur de latin, âgé de cinquante-quatre ans, tient un journal dans lequel il délivre toutes ses pensées, se rappelle ses jours heureux ou malheureux, et nous embarque dans une sacrée aventure !
En effet, le professeur, en proie à une profonde mélancolie, mène une vie ennuyeuse, dans une petite province hongroise. Or, alors qu'il est le professeur principal d'une classe de terminale, il va petit à petit s'intéresser à deux élèves de sa classe, et connaître ainsi l'amour...
J'aime particulièrement le genre littéraire du journal, ce qui permet de s'attacher au personnage principal, et même de s'identifier à lui. C'est ce que j'ai ressenti en lisant cette brillante chronique de la vie mondaine au début du siècle ; finalement, le mode de vie de l'époque n'est pas si différent du nôtre, individualiste et quelquefois hypocrite.
Par ailleurs, la plume de l'auteur est véritablement passionnante, fluide, semblable à celle de Stefan Zweig ; ce n'est donc pas étonnant si j'ai aimé cette lecture...
Ainsi, le Premier Amour a été un très beau livre, simple, sans grande originalité, mais terriblement touchant, grâce à son personnage principal sympathique et humain...
A lire !!
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Aaliz
  25 mai 2012
Se plonger dans le premier amour, c'est partir à la découverte d'un homme à travers son journal. On y côtoie toutes ses pensées des plus nobles aux plus immorales. La forme du journal intime est un procédé souvent utilisé en littérature mais là où Sándor Márai se démarque c'est qu'on a vraiment la sensation de lire un vrai journal intime et non pas une fiction. Les passages où le narrateur se répète, se contredit, sont tellement criants de vérité que ça n'a fait qu'accentuer mes émotions lors de ma lecture.
Il m'a troublée, m'a rendue perplexe, m'a émue, m'a fait de la peine, m'a choquée, m'a horrifiée. Je ne savais plus quoi penser de lui, je le sentais parfois à la limite de la folie et pourtant certains détails m'ont rappelé des évènements et des sensations vécus personnellement et ça n'en est que plus troublant encore.
Ce roman est celui de la solitude d'un homme, un homme qui va chercher et réfléchir à comment en finir avec cette solitude qui lui pèse. C'est aussi l'histoire d'un homme qui réalise peu à peu qu'il est passé à côté de sa vie. Mais il n'est peut-être pas trop tard ?
Je ne sais pas quoi dire de plus, je trouve que concernant l'histoire, la 4ème de couverture en dit assez sans en dire trop, je voudrais donc que ceux qui me lisent s'en contentent comme je m'en suis contentée et qu'ils puissent découvrir ce roman de la même façon que je l'ai découvert.
Je l'ai trouvé très actuel par les thèmes qu'il évoque, je me dis que finalement l'être humain a toujours été confronté aux mêmes questions existentielles quelle que soit l'époque.
J'ai beaucoup pensé au Loup des steppes de Herman Hesse. Mais si le thème principal reste sensiblement le même, le traitement et l'approche sont complètement différents. le loup des steppes est plus philosophique, Harry se met de lui-même à l'écart du monde parce qu'il n'en partage pas les valeurs, il le rejette délibérément. A l'inverse, dans le premier amour, j'ai eu plus l'impression d'une solitude subie. J'ai senti Gaspard parfois très imbu de sa personne et j'attribuais sa solitude à ce trait de caractère, il ne trouve personne assez bien pour lui. Mais dix lignes après, il fait montre d'une telle compassion envers autrui que mes théories en sont réduites à néant.
Bref cette lecture m'a désorientée et m'a beaucoup touchée en même temps. Je suis ravie d'avoir découvert ce grand auteur de talent et je poursuivrai sans aucun doute ma découverte.
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madamelafee
  11 mars 2016
Ce livre m'a fait une forte impression. le personnage principal est un honorable professeur de latin dans une petite ville de province hongroise au début du siècle dernier. C'est un homme dérangeant d'une part parce qu'il mène une vie trop terne à mon goût et d'autre part parce qu'il a du mal à rentrer en communication avec son entourage, même sa gouvernante finit par le déranger.
On se rend difficilement compte au début du récit à quel point ce professeur est bizarre. Il se méfie de tout et de tout le monde. On pense que la cause première est une grosse fatigue. Il part donc quelques temps en villégiature dans une station thermale en montagne et là il décide, pour tromper l'ennui, d'écrire son journal intime.
L'écriture de Marai est claire, déterminée, ses mots s'accélèrent comme le roman. On plonge avec le personnage tout entier dans son état de méfiance soupçonneuse et envahissante. Au fur et à mesure qu'il avance dans son journal où il écrit ses menus faits et gestes de la journée, on lui découvre une pathologie de sous-estimation de lui-même et en même temps une surestimation de lui-même, difficile de savoir où il en est et surtout où cela va le mener.
Tout au long du livre j'ai eu qu'une envie c'était de le raisonner pour l'amener à avoir un regard bienveillant sur les autres et notamment sur ses élèves. Il interprète la réalité pour aboutir à des idées de persécutions, c'est intolérable pour la lectrice que je suis d'admettre ça.
On est constamment en attente de quelque chose, d'un événement qui risque de faire basculer sa vie, mais quoi ?
Que va t-il se passer ?
Sandor Marai signe là un livre violent, dérangeant. C'est la descente d'un homme aux enfers. Tout au long du livre des éléments étranges génèrent des tensions et un suspens impressionnant !!
Du grand art !!
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sylvaine
  22 juin 2011
un professeur de latin vieillissant dans une petite ville de hongrie.
A l'occasion d'un séjour d'été dans une station thermale démodée il rencontre un jeune homme très pauvre qui lui fait découvrir que le mal être qu'il ressent n'est rien d'autre que de la SOLITUDE.
A partir de ce constat il commence à se raconter dans son journal sa vie va basculer quand il va découvrir et l'amour et la jalousie
Sandor Marai nous livre une superbe étude de personnages jeunes ou vieux Je comprends mieux la place qu' occupe cet auteur hongrois sur les tables des bonnes librairies. A goûter sans modération
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
NeigelineNeigeline   13 juin 2010
Maintenant en me forçant encore, je vais écrire le mot "tristesse" : ma tristesse semble s'atténuer. Je n'aime pas ce mot. Je le trouve très sentimental. Cependant si j'analyse ce qui m'arrive depuis mon retour, je ne trouve pas de meilleur terme. Je suis triste, simplement. C'est un état comme un autre. Sans cause particulière. Ce n'est même pas si désagréable. On mange, on boit, on digère et on dort avec. Et pourtant, pendant ce temps, pendant que la vie se déroule, il se passe autre chose en moi. Je suis triste. Pourquoi ? Pour qui ? Je suis incapable de le dire. C'est une tristesse tellement paisible, tellement calme. Il y a quelque chose en elle qui fait du bien. Elle envahit tout. Je dors tristement. Je mange tristement. C'est comique mais c'est ainsi. Que faire ? Je suis triste quand je suis au milieu des gens. Et triste quand je rentre chez moi. Pas "désespéré", pas "indifférent", pas "las de vivre". Non. Triste. Que m'arrive t-il ? (...) Cette tristesse est un sentiment étrange et paisible. Elle contient comme une attente sceptique. Ma journée tout entière en est remplie. Quand on me demande "comment allez-vous ?", impossible de répondre : "Je suis triste." Ce n'est pas une réponse. Mais c'est la vérité. C'est pourquoi je l'écris ici.
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bookloveusebookloveuse   04 février 2015
C'est à travers"le premier amour" que" j'ai fait connaissance" avec Sandor Marai! Ce fut un véritable coup de foudre! J'ai succombé dès le premier instant où j'ai lu la première ligne... le premier paragraphe... la première page..Depuis, je suis devenue une accroc à Marai. Impossible d'être déçu par ce style simple, riche , exubérant, et d'une noblesse qui est à la hauteur de la qualité morale de ses écrits. Il faut de peu à celui ci pour faire de chacun de ses livres , un chef d'oeuvre, mieux, je dirais même un véritable monument.. Marai n'est pas seulement un écrivain..;c'est aussi un artiste...En faisant fi des repères , de la chronologie, des noms dont il ne fait mention qu'en cas de réel nécessité... Marai donne à son oeuvre ce caractère intemporel que on peut difficilement li contester. ...Quant à ce premier amour , pour faire bref...c'est l'histoire d'un homme approchant la cinquantaine qui enfin tombe amoureux..d'une de ses élèves à qui il ne trouvait rien qui dépasse l'ordinaire...cet amour survient en fin d'année scolaire... mais auparavant, les jeunes de la classe , de jeunes gens à la maturité naissante , des garçons dans leur très forte majorité et quelques jeunes filles ont eux, déjà pris une longueur d'avance sur leur professeur... l'amour bat son plein...Le professeur observe, s'interroge, examine chacun de ses élèves...mais tenant de la vieille école et nostalgique de certaines bonnes meours, il a également peur pour le devenir de ses élèves.. le directeur un rêche individu au caractère peu sympathique tient à la réputation de son établissement.. le professeur, ce vieux garçon, qui a beaucoup laissé passé de sa vie.. tient à jouer son rôle jusqu'au bout et préparer ses élèves à un avenir réussi... Mais voilà, à force d'observer ses élèves et se demander le pourquoi du comment, pourquoi ce jeune homme au visage disgracieux tombe amoureux de cette jeune fille brune aux cheveux longs, qui elle non plus n'a rien d'extraordinaire.;Contre son gré ou pas, le prof en vient à la trouver séduisante lui aussi. Il tombe littéralement amoureux. Il fait de son élève masculin un rival redoutable. L'intérêt du livre monte en crescendo..mais la fin est absolument savoureuse...
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quiliravivraquiliravivra   19 mai 2012
Debout devant la glace, j'ai regardé mon visage glabre et je n'ai vu aucune différence. Le changement spectaculaire auquel je m'attendais vaguement n'a pas eu lieu. J'ai plutôt ressenti une sorte de soulagement, comme lorsqu'on répare une faute. Mon visage ne m'a semblé ni nouveau ni étranger. Au contraire, il m'est apparu comme le seul véritable. Comme si l'autre visage, avec la barbe, n'avait été qu'un masque. Comme si j'avais avancé masqué pendant des années. J'ai enfin retrouvé ma vraie figure. Je suis redevenu moi-même.
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AnneliAnneli   27 mars 2013
Les personnes saines et belles s'en défendent, à leur manière. Vous voyez ? C'est là que réside le plus grand secret: la façon dont quelqu'un s'abîme et reste seul. Il parle dans le vide, on n'entend pas sa voix. On ne le comprend pas. Il prend les mêmes chemins que les autres... mais il n'arrive nulle part. Il marche toujours en rond, toujours autour de lui-même. Il y a quelque chose de destructeur en lui. Un troupeau de moutons ne supporterait pas un tel compagnon: ils l'excluraient du groupe. Mais ce n'est pas l'essentiel. Ce qui importe est de savoir quelle faute de tels hommes ont commise ? Où ? Quand ? Nous vivons les uns à côté des autres.
...
Mais à trente-quatre ans, la maladie a déjà miné X. Son chemin s'est écarté des autres hommes. il reste seul. Il ne s'intéresse à rien. Il ne fait confiance en personne.
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myriampelemyriampele   03 décembre 2013
C'est comme si ce vide en moi disparaissait. Comme si j'étais plus frais. Maintenant, en me forçant encore, je vais écrire le mot "tristesse": ma tristesse semble s'atténuer.
Je n'aime pas ce mot. je le trouve très sentimental. Cependant si j'analyse ce qui m'arrive depuis mon retour, je ne trouve pas de meilleur terme.
Je suis triste, simplement.
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