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Catherine Fay (Traducteur)
EAN : 9782253129691
352 pages
Le Livre de Poche (13/10/2010)
3.67/5   90 notes
Résumé :
Journal intime d'un homme de 54 ans, professeur de latin dans une petite ville hongroise, en 1910. Il mène une vie monotone et routinière entre ses cours, ses repas et ses soirées au club. Lors d'une cure dans une station thermale de montagne, il trompe son ennui avec ce journal, qui devient le compte-rendu d'une crise imprévisible.
Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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quiliravivra
  20 mai 2012
J'ai aimé ce livre car il m'a bouleversé.
L'écriture fouille, dissèque les états d'âme d'un professeur de latin qui , à la cinquantaine, se sent un homme vieux , n'ayant rien vécu et n'ayant plus plus rien à attendre de l'avenir.
C'est le retour sur des lieux de sa jeunesse qui va engendrer chez cet homme le besoin de faire un retour sur lui-même au travers de l'écriture d'un journal intime.
Ce livre fait réfléchir sur les limites de l'introspection.
Au fur et à mesure de la lecture j'ai pensé que l'occasion était donnée à cet homme de trouver un moyen de sortir de sa solitude, de son négativisme en en prenant justement conscience. Et de fait l'homme va peu à peu se métamorphoser physiquement (j'ai adoré ces passages là et je vous laisse les découvrir ).
C'est le côté positif et exaltant de l'introspection.
Mais il y a aussi un autre versant beaucoup plus sombre lié au fait qu'une réflexion excessive sur soi-même peut conduire à un comportement paranoïaque.
A lire pour le portrait psychologique extrêmement juste d'un homme qui à force de se chercher finit par se perdre.

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Sachenka
  15 août 2020
Avec un titre pareil, je m'attendais à l'histoire d'amour d'un jeune homme, sa première, à peine sorti de l'adolescence. Toutefois, le roman s'ouvre sur un homme d'âge mûr (et casanier) qui tient un journal. Alors, je me suis dit qu'un événement, les pages de son journal, le ramèneront en pensées à une histoire d'une autre époque, de sa jeunesse. Eh bien non. Deux fois non. Cet homme, le narrateur, passe quelque temps dans un hôtel puis retourne à son travail, dans une ville quelconque de Hongrie. Là, il est professeur au lycée. le temps s'écoule lentement. On découvre ses amitiés (si on peut qualifier ainsi le type de relation distante qu'il entretient avec les gens de son entourage, surtout des collègues) puis ses élèves. On découvre surtout un homme qui a toute l'apparence de la normalité et de la stabilité - du moins, c'est ce que laissent supposer ses observations dans son journal - mais qui cache au fond de lui un je-ne-sais-quoi de troublé.
J'ai ressenti une certaine lassitude vers le milieu du roman. Les choses semblaient s'étirer, sans trop savoir où elles s'en allaient. Les descriptions des faits et gestes des collègues et des élèves, bof. Ce n'était pas mal écrit, au contraire. Après tout, c'est du grand Sandor Marai qu'il s'agit! En effet, je sentais une sorte d'oppression, une aura lugubre qui flottait au-dessus d'eux. Une menace? C'était curieux parce que ça semblait inusité compte tenu du caractère et de l'occupation du narrateur. Je supposais qu'un drame allait suivre. Et, puisque l'écriture était bien, je continuais. Il faut dire que, depuis quelques années, j'ai développé une passion pour la Hongrie, surtout celle de l'Âge d'or de Budapest. En blaguant, je dis souvent que j'ai dû vivre là-bas dans une vie antérieure, si je croyais à ce genre de trucs.
Dans tous les cas, pour revenir au roman, tout se met en branle vers la fin. le narrateur, lors d'une de ses promenades solitaires en soirée, croise le chemin de deux de ses élèves, Madar (qui passe pour son préféré, bien qu'il ne l'apprécie pas beaucoup) et Margit. La relation entre ces deux-là provoquera une obsession chez le professeur : pourquoi cette fille-ci apprécie-t-elle ce garçon-là? Il ne comprend pas et ça devient une idée fixe chez lui. Ajouté aux remises en question d'un homme vieillissant et désillusionné par son entourage et la société, cela crée un roman plus complexe qu'il ne le semblait à première vue. Puis, le dénouement est tout à fait inattendu vient tout ramasser. C'est que l'introspection à laquelle il s'est prêté, au lieu de l'amener à sortir de sa solitude, l'amène plutôt à sombrer vers des comportements négatifs, presque inexplicables. Voire inexcusables. Cette fin compense amplement pour le rythme lent (et habituel) auquel Marai a recouru pour déployer son intrigue. Ce roman ne constitue pas un de mes préférés de l'auteur mais je l'ai bien apprécié.
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juliette2a
  08 août 2013
Son premier amour, on ne l'oublie jamais. C'est le titre de ce roman de Sandor Marai, écrivain hongrois du XXème siècle, que j'ai beaucoup aimé !
L'histoire est assez "basique" : un professeur de latin, âgé de cinquante-quatre ans, tient un journal dans lequel il délivre toutes ses pensées, se rappelle ses jours heureux ou malheureux, et nous embarque dans une sacrée aventure !
En effet, le professeur, en proie à une profonde mélancolie, mène une vie ennuyeuse, dans une petite province hongroise. Or, alors qu'il est le professeur principal d'une classe de terminale, il va petit à petit s'intéresser à deux élèves de sa classe, et connaître ainsi l'amour...
J'aime particulièrement le genre littéraire du journal, ce qui permet de s'attacher au personnage principal, et même de s'identifier à lui. C'est ce que j'ai ressenti en lisant cette brillante chronique de la vie mondaine au début du siècle ; finalement, le mode de vie de l'époque n'est pas si différent du nôtre, individualiste et quelquefois hypocrite.
Par ailleurs, la plume de l'auteur est véritablement passionnante, fluide, semblable à celle de Stefan Zweig ; ce n'est donc pas étonnant si j'ai aimé cette lecture...
Ainsi, le Premier Amour a été un très beau livre, simple, sans grande originalité, mais terriblement touchant, grâce à son personnage principal sympathique et humain...
A lire !!
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Aaliz
  25 mai 2012
Se plonger dans le premier amour, c'est partir à la découverte d'un homme à travers son journal. On y côtoie toutes ses pensées des plus nobles aux plus immorales. La forme du journal intime est un procédé souvent utilisé en littérature mais là où Sándor Márai se démarque c'est qu'on a vraiment la sensation de lire un vrai journal intime et non pas une fiction. Les passages où le narrateur se répète, se contredit, sont tellement criants de vérité que ça n'a fait qu'accentuer mes émotions lors de ma lecture.
Il m'a troublée, m'a rendue perplexe, m'a émue, m'a fait de la peine, m'a choquée, m'a horrifiée. Je ne savais plus quoi penser de lui, je le sentais parfois à la limite de la folie et pourtant certains détails m'ont rappelé des évènements et des sensations vécus personnellement et ça n'en est que plus troublant encore.
Ce roman est celui de la solitude d'un homme, un homme qui va chercher et réfléchir à comment en finir avec cette solitude qui lui pèse. C'est aussi l'histoire d'un homme qui réalise peu à peu qu'il est passé à côté de sa vie. Mais il n'est peut-être pas trop tard ?
Je ne sais pas quoi dire de plus, je trouve que concernant l'histoire, la 4ème de couverture en dit assez sans en dire trop, je voudrais donc que ceux qui me lisent s'en contentent comme je m'en suis contentée et qu'ils puissent découvrir ce roman de la même façon que je l'ai découvert.
Je l'ai trouvé très actuel par les thèmes qu'il évoque, je me dis que finalement l'être humain a toujours été confronté aux mêmes questions existentielles quelle que soit l'époque.
J'ai beaucoup pensé au Loup des steppes de Herman Hesse. Mais si le thème principal reste sensiblement le même, le traitement et l'approche sont complètement différents. le loup des steppes est plus philosophique, Harry se met de lui-même à l'écart du monde parce qu'il n'en partage pas les valeurs, il le rejette délibérément. A l'inverse, dans le premier amour, j'ai eu plus l'impression d'une solitude subie. J'ai senti Gaspard parfois très imbu de sa personne et j'attribuais sa solitude à ce trait de caractère, il ne trouve personne assez bien pour lui. Mais dix lignes après, il fait montre d'une telle compassion envers autrui que mes théories en sont réduites à néant.
Bref cette lecture m'a désorientée et m'a beaucoup touchée en même temps. Je suis ravie d'avoir découvert ce grand auteur de talent et je poursuivrai sans aucun doute ma découverte.
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myrtigal
  17 mars 2021
Après avoir découvert Sándor Márai avec le court roman L'héritage d'Esther il y a quelques mois, que j'avais plutôt aimé, j'ai décidé de poursuivre ma découverte et de m'orienter vers une oeuvre un peu plus longue. J'ai choisi le premier amour car le résumé m'avait beaucoup plu et il montrait surtout que le livre ne tournait pas seulement autour d'une histoire d'amour, contrairement à ce que le titre pouvait faire penser, mais d'abord autour de la solitude d'un homme. (Cela dit l'histoire d'amour est tout de même mentionnée)
C'est donc l'histoire d'un homme de 54 ans, professeur de latin au lycée dans une petite ville d'Hongrie. Un homme fort solitaire, peu sociable et replié sur lui-même, qui décide un jour de commencer une sorte de journal intime, qu'il appelle cahier.
Voilà grosso-modo la trame de l'histoire, car il n'y a littéralement rien d'autre, pas d'action ni de rebondissements ou d'événements marquants. Seulement un homme seul qui parle à lui même jour après jour. C'est lent. Et c'est là je trouve toute la force de ce roman et également la raison pour laquelle il m'a tant plu. C'est beau la lenteur.
J'ai peine à croire de Sándor Márai ait écrit ce roman à 28 ans... une telle capacité de dissection des émotions humaines est absolument remarquable, mais surtout comment peut-on à 28 ans se glisser aussi bien dans l'esprit d'un homme seul de 54 ans ? Prodigieux.
Ce roman m'a plu et ému à bien des égards, mais tout d'abord je me suis attaché au professeur. Cette homme avec sa vie bien rangée, bien calculée et pourtant si vide. Ni famille, ni amis, ni amours, et pourtant il semble à l'aise dans ce mode de vie choisie, uniquement marqué par ses cours au lycée, ses visites au "Cercle" (sorte de club), et ses promenades solitaires quotidiennes. Cependant avant la rentrée scolaire il est parti quelques jours en "vacances" (la première fois depuis 30 ans) dans une station balnéaire, là bas il a fait la rencontre d'un homme singulier, Timar, qui va malgré lui, énormément le marquer et l'émouvoir. Et c'est à la suite de cette rencontre et à son retour chez lui que va commencer une sorte de chamboulement intérieur qui le poussera à continuer à écrire dans son cahier.
On va donc lire tout au long de l'année ses tribulations, ses remises en questions, ses doutes et ses peurs. Mais aussi ses réflexions sur la vie, sur la vieillesse ou sur la mort. Sans oublier ses tracas quotidiens avec ses élèves et ses collègues. On va découvrir un homme extrêmement touchant, plein de tolérance et de bonté, malgré quelques "rudesse" due à son asocialité.
Un homme qui essaie de se comprendre lui même et de mettre des mots sur ses maux.
C'est à plus de deux tiers du roman que l'histoire d'amour commence à se profiler à l'horizon, aussi foudroyante qu'inattendue sur fond de rivalité écolière, elle va finir de chambouler ce cher professeur. Même si le roman aurait pu tout aussi bien se terminer sans histoire d'amour qu'il m'aurait toujours autant plu, mais je dois avouer que ce léger "rebondissement" m'a plutôt scotchée !
Bref, un roman beau, profond et d'une psychologie rare. Un coup de coeur.
J'avais eu l'occasion d'entre-apercevoir le talent de Márai dans L'héritage d'Esther mais là, c'était vraiment autre chose. J'ai plus que hâte de me ruer sur ses autres oeuvres !
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
NeigelineNeigeline   13 juin 2010
Maintenant en me forçant encore, je vais écrire le mot "tristesse" : ma tristesse semble s'atténuer. Je n'aime pas ce mot. Je le trouve très sentimental. Cependant si j'analyse ce qui m'arrive depuis mon retour, je ne trouve pas de meilleur terme. Je suis triste, simplement. C'est un état comme un autre. Sans cause particulière. Ce n'est même pas si désagréable. On mange, on boit, on digère et on dort avec. Et pourtant, pendant ce temps, pendant que la vie se déroule, il se passe autre chose en moi. Je suis triste. Pourquoi ? Pour qui ? Je suis incapable de le dire. C'est une tristesse tellement paisible, tellement calme. Il y a quelque chose en elle qui fait du bien. Elle envahit tout. Je dors tristement. Je mange tristement. C'est comique mais c'est ainsi. Que faire ? Je suis triste quand je suis au milieu des gens. Et triste quand je rentre chez moi. Pas "désespéré", pas "indifférent", pas "las de vivre". Non. Triste. Que m'arrive t-il ? (...) Cette tristesse est un sentiment étrange et paisible. Elle contient comme une attente sceptique. Ma journée tout entière en est remplie. Quand on me demande "comment allez-vous ?", impossible de répondre : "Je suis triste." Ce n'est pas une réponse. Mais c'est la vérité. C'est pourquoi je l'écris ici.
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bookloveusebookloveuse   04 février 2015
C'est à travers"le premier amour" que" j'ai fait connaissance" avec Sandor Marai! Ce fut un véritable coup de foudre! J'ai succombé dès le premier instant où j'ai lu la première ligne... le premier paragraphe... la première page..Depuis, je suis devenue une accroc à Marai. Impossible d'être déçu par ce style simple, riche , exubérant, et d'une noblesse qui est à la hauteur de la qualité morale de ses écrits. Il faut de peu à celui ci pour faire de chacun de ses livres , un chef d'oeuvre, mieux, je dirais même un véritable monument.. Marai n'est pas seulement un écrivain..;c'est aussi un artiste...En faisant fi des repères , de la chronologie, des noms dont il ne fait mention qu'en cas de réel nécessité... Marai donne à son oeuvre ce caractère intemporel que on peut difficilement li contester. ...Quant à ce premier amour , pour faire bref...c'est l'histoire d'un homme approchant la cinquantaine qui enfin tombe amoureux..d'une de ses élèves à qui il ne trouvait rien qui dépasse l'ordinaire...cet amour survient en fin d'année scolaire... mais auparavant, les jeunes de la classe , de jeunes gens à la maturité naissante , des garçons dans leur très forte majorité et quelques jeunes filles ont eux, déjà pris une longueur d'avance sur leur professeur... l'amour bat son plein...Le professeur observe, s'interroge, examine chacun de ses élèves...mais tenant de la vieille école et nostalgique de certaines bonnes meours, il a également peur pour le devenir de ses élèves.. le directeur un rêche individu au caractère peu sympathique tient à la réputation de son établissement.. le professeur, ce vieux garçon, qui a beaucoup laissé passé de sa vie.. tient à jouer son rôle jusqu'au bout et préparer ses élèves à un avenir réussi... Mais voilà, à force d'observer ses élèves et se demander le pourquoi du comment, pourquoi ce jeune homme au visage disgracieux tombe amoureux de cette jeune fille brune aux cheveux longs, qui elle non plus n'a rien d'extraordinaire.;Contre son gré ou pas, le prof en vient à la trouver séduisante lui aussi. Il tombe littéralement amoureux. Il fait de son élève masculin un rival redoutable. L'intérêt du livre monte en crescendo..mais la fin est absolument savoureuse...
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quiliravivraquiliravivra   19 mai 2012
Debout devant la glace, j'ai regardé mon visage glabre et je n'ai vu aucune différence. Le changement spectaculaire auquel je m'attendais vaguement n'a pas eu lieu. J'ai plutôt ressenti une sorte de soulagement, comme lorsqu'on répare une faute. Mon visage ne m'a semblé ni nouveau ni étranger. Au contraire, il m'est apparu comme le seul véritable. Comme si l'autre visage, avec la barbe, n'avait été qu'un masque. Comme si j'avais avancé masqué pendant des années. J'ai enfin retrouvé ma vraie figure. Je suis redevenu moi-même.
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AnneliAnneli   27 mars 2013
Les personnes saines et belles s'en défendent, à leur manière. Vous voyez ? C'est là que réside le plus grand secret: la façon dont quelqu'un s'abîme et reste seul. Il parle dans le vide, on n'entend pas sa voix. On ne le comprend pas. Il prend les mêmes chemins que les autres... mais il n'arrive nulle part. Il marche toujours en rond, toujours autour de lui-même. Il y a quelque chose de destructeur en lui. Un troupeau de moutons ne supporterait pas un tel compagnon: ils l'excluraient du groupe. Mais ce n'est pas l'essentiel. Ce qui importe est de savoir quelle faute de tels hommes ont commise ? Où ? Quand ? Nous vivons les uns à côté des autres.
...
Mais à trente-quatre ans, la maladie a déjà miné X. Son chemin s'est écarté des autres hommes. il reste seul. Il ne s'intéresse à rien. Il ne fait confiance en personne.
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myriampelemyriampele   03 décembre 2013
C'est comme si ce vide en moi disparaissait. Comme si j'étais plus frais. Maintenant, en me forçant encore, je vais écrire le mot "tristesse": ma tristesse semble s'atténuer.
Je n'aime pas ce mot. je le trouve très sentimental. Cependant si j'analyse ce qui m'arrive depuis mon retour, je ne trouve pas de meilleur terme.
Je suis triste, simplement.
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Vidéo de Sándor Márai
Le 29 mars 2014, l'émission “Une vie, une oeuvre” diffusée tous les samedis sur France Culture, était consacrée à l'évocation de l'écrivain hongrois Sándor Márai (1900-1989). Par Laetitia Le Guay. Réalisation : Ghislaine David. Sándor Márai s’est imposé comme l’auteur hongrois le plus lu en France, avec des romans construits comme des thrillers, autour de secrets de famille, d’événements mystérieux du passé (“Premier Amour”, “Les Braises”, “L’héritage d’Esther”, “Les Mouettes”, “La Sœur”). L’ascendant d’un être sur un autre, les limites du langage, l’étrangeté de soi à soi-même et au monde sont des thématiques récurrentes d’un univers romanesque aux récits implacables ; univers à la violence sourde dont la psychanalyse n’est jamais très loin. La vie de Sándor Márai fut itinérante : européenne et quasi-vagabonde dans la jeunesse, pour fuir la Terreur Blanche de 1919 ; hongroise pendant vingt ans ; américaine et italienne après le passage de la Hongrie dans la sphère soviétique et le choix par Márai de l’exil. Au-delà des circonstances politiques, le voyage est un mode d’être pour Sándor Márai, « une appréhension sensuelle du monde », écrit-il dans son “Journal”, « peut-etre la seule vraie passion de ma vie».». De plus en plus solitaire et difficile matériellement, mais fertile sur le plan littéraire, l’exil mènera Márai de New York à Salerne, en Italie, puis en Californie où il se donnera la mort à 89 ans, quelques mois avant la chute du mur de Berlin. Témoin de la disparition du monde du 19e siècle, observateur du destin d’une Europe malmenée par le fascisme puis le stalinisme, Márai médite de livre en livre (“Libération”, “Mémoire de Hongrie”, “Journal”), sur les totalitarismes et l’humain, dans une écriture limpide qui, au fil des années, se condense, pour devenir de plus en personnelle, fragmentaire, poétique. Il reste l’une des grandes voix de la Mitteleuropa, aux côtés de Stefan Zweig ou Thomas Mann qu’il admirait.
Avec la participation de :
Balázs Ablonczy, historien, directeur de l’Institut hongrois de Paris François Giraud, auteur du blog http://sandor-marai.blogspot.com Catherine Faye et Georges Kassai, traducteurs de Sándor Márai en français Gabrielle Napoli, collaboratrice à la Quinzaine littéraire András Kányádi, maître de conférences à l'Inalco, qui a publié sous sa direction “La Fortune littéraire de Sandor Marai” (collectif), Edition des Syrtes, 2012 Daniel Rondeau, écrivain, journaliste, diplomate Ibolya Virág, éditrice, traductrice, spécialiste de littérature hongroise Textes lus par Vincent Németh (ces textes de Sándor Márai sont tirés de) : “Les Confessions d'un bourgeois” “Les étrangers” “Journal” “Ciel et Terre”
Thèmes : Hongrie| 20e siècle| Littérature Etrangère| Presse Ecrite| Daniel Rondeau| András Kányádi| Sándor Márai
Source : France Culture
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