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ISBN : 2757851748
Éditeur : Points (26/03/2015)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 74 notes)
Résumé :
2014. À Athènes, la survie quotidienne est de plus en plus difficile pour les citoyens appauvris et pour les immigrés harcelés. C’est alors qu’un tueur en série jette son dévolu sur des personnalités d’envergure issues de la génération de Polytechnique qui, après s’être rebellées contre la junte militaire, ont eu une carrière fulgurante. Le criminel reprend le célèbre slogan des insurgés de l’époque pour formuler sa revendication : « Pain, éducation, liberté». Qui s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Mimeko
  28 octobre 2016
La situation s'enlise tellement en Grèce en cette année 2014, que le pays a dû sortir de la zone euro......retour à la drachme et bienvenue à son cortège de dévaluations qui égrènent le roman et pour Charitos et ses collègues, suspension de paiement de leurs salaires pour trois mois...démission du gouvernement oblige. C'est dans ce contexte toujours difficile qu'un jeune homme de bonne famille est arrêté en flagrant délit de trafic de drogue. Avocate, Katerina, la fille de Charitos, persuade son père de l'invraisemblance de cet acte; peu de temps après on découvre le père du jeune homme, un ancien de polytechnique devenu homme d'affaires, assassiné, à ses côtés un mot reprenant le slogan des jeunes étudiants patriotes de l'Ecole polytechnique Pain, éducation, liberté. Puis c'est au tour d'un professeur d'université qui est retrouvé sur le parking de l'université, même mise en scène, lui aussi est un ancien de polytechnique....Alors quel est le lien entre ses deux premiers meurtres bientôt suivi par un troisième, celui d'un syndicaliste, comme par hasard, ancien de polytechnique lui aussi.........ces crimes sont-ils des crimes politiques liés à Aube dorée, groupuscule d'extrême droite, des crimes crapuleux, des vengeances qui seraient liées à la famille de chacune des victimes ?
Un troisième volet où, toujours dans un contexte de crise, Charitos doit faire face à des meurtres dont les origines s'inscrivent dans le passé, le slogan Pain, éducation, liberté représentait les valeurs de la lutte estudiantine contre le régime...quarante après, les héros revendicateurs auraient-ils perdu leur âme, l'un devenant homme d'affaires, un autre professeur d'université et le troisième un syndicaliste pas forcément honnête ou intègre ? C'est la question posée dans cette enquête où Charitos doit naviguer entre références historiques, groupuscule d'extrême droite tout en se serrant la ceinture, privé de salaire, une enquête où il navigue entre les trois piliers d'une démocratie : le bien être économique, l'éducation et la liberté d'expression.
Petros Markaris propose de nouveau une étude économique et historique qu'il mêle à une intrigue policière, prétexte à décortiquer la société grecque et à en dénoncer les travers nés dans le passé et qui ont sérieusement sapé le terrain de la société grecque contemporaine.
Ce troisième opus clôt la trilogie mais une quatrième enquête Epilogue meurtrier finalise cette trilogie / tétralogie.
Enquête à suivre donc...
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nameless
  15 juillet 2015
Pain, Education, Liberté était au moment de sa parution en 2012, un roman d'anticipation politique puisque Petros Markaris avait choisi d'en situer l'intrigue au début de 2014, au moment où la Grèce décidait de renoncer à l'euro pour revenir à la drachme. A la lumière des douloureux événements européens encore en cours, on ne peut que s'incliner devant la vision prophétique de l'auteur : - « Je dois vous dire aussi, poursuit le ministre, que les banques resteront fermées le temps d'effectuer un passage en douceur de l'euro à la drachme. Les retraits aux distributeurs de billets sont autorisés pour des sommes ne dépassant pas cinquante mille drachmes, soit cent euros. Je comprends à quel point tout cela est difficile, mais nous n'avions pas le choix ». Aucune réaction. Nous écoutons avec le fatalisme des hauts fonctionnaires qui n'entendent même plus le baratin des ministres - (p.23).
 
Trois hommes sont assassinés. Ils ont en commun d'avoir tous étudié à l'Ecole polytechnique, qui s'est illustrée en 1973, en s'opposant à la dictature des colonels, précipitant sa chute, avec un slogan resté dans les mémoires : « Pain, Education, Liberté ». C'est cette unique revendication qui est retrouvée sur les lieux des crimes. L'enquête pour Charitos s'avère d'emblée complexe et politiquement délicate, car où faut-il chercher un ou des coupables, la signature n'étant pas claire ? Les Grecs savent en effet, que ces révolutionnaires qu'ils ont adulés, ont très rapidement abandonné leurs nobles idéaux au contact de postes importants qui leur ont été confiés. Une vengeance ? Ces crimes sont-ils l'oeuvre de l'extrême-droite, plus que jamais populiste, démagogique, haineuse, provocatrice, qui souhaite déstabiliser le pays en ostracisant notamment, doux euphémisme, les immigrés, pour accéder au pouvoir ? Je note, à toutes fins utiles, que Markaris ne met pas dans le même panier les extrêmes de gauche ou de droite comme on tente de nous le faire gober, comme si l'extrême suffisait à les rassembler.
 
Sous couvert d'un roman policier à l'enquête classique, Petros Markaris analyse avec humanité mais sans complaisance, l'ampleur de la catastrophe économique, sociale, humanitaire qui frappe la Grèce. Dans ce roman où il est beaucoup question de la junte des colonels, il fournit au lecteur quelques pistes de réflexion et de compréhension. Comme tous ses compatriotes, Charitos est lui aussi désormais touché : son salaire de fonctionnaire n'est plus versé depuis 3 mois, il n'utilise plus sa voiture, n'ayant plus les moyens de passer à la pompe. A la maison, il faut toute l'ingéniosité d'Adriani (le bon sens près de chez vous), sa compagne, pour tenter de minimiser les conséquences alimentaires et domestiques du désastre. Katerina, leur fille, est une juriste sans boulot, de même que son compagnon médecin . Tous deux s'investissent dans l'aide aux plus démunis. C'est dans cette solidarité, dans cette entraide collective, dans cette mutualisation des pauvres moyens restant à leur disposition, dans ces tentatives de résistances quotidiennes que Pain, Education, Liberté touche le lecteur en plein coeur, et qu'il donne une lueur d'espoir.

Ce roman est, selon mes critères, une formidable alternative au discours unique-dominant qui nous est servi 24/24h. Il est l'envers du décor, la face cachée, ou plus exactement qu'il ne faut surtout pas montrer, de ce qui est rabâché : “Nous respectons la démocratie”, tout en perpétrant un déni de démocratie sans précédent.
 
Petros Markaris a dédié ce roman à son ami, Théo Angelopoulos, pour qui il a écrit le scenario de l'Eternité et un jour , récipiendaire, à l'unanimité, de la Palme d'Or au festival de Cannes en 1998. C'est autre chose que les foulards Hermès, so ringards de Lagarde, non ?

256 pages que devraient lire Merkel, Lagarde et tous leurs complices.
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bilodoh
  01 juin 2015
Troisième volet de la « trilogie de la crise » en Grèce, un polar qui mélange fiction politique et triste réalité.

Au départ, on sait qu'on est dans la fiction, car le premier chapitre commence par le retour au drachme pour le Jour de l'An 2014 (et aussi le retour à la lire en Italie et au peseta en Espagne). le changement de monnaie ne s'est pas produit, mais les difficultés économiques de la Grèce sont bien réelles et font toujours les manchettes.

À travers le prétexte de l'enquête criminelle, c'est un pan d'histoire qui nous est révélé, l'époque de la chute de la dictature et du changement de garde du pouvoir politique qu'elle a entraîné. Que sont devenus les étudiants qui réclamaient « Pain, éducation et liberté » ?

La vie des Grecs d'aujourd'hui n'est pas facile, car les coupures dans les indemnités sociales touchent plus durement les plus pauvres, ceux qui n'ont pas profité de la corruption pour accumuler des fortunes cachées.

Avec la misère et la désillusion, Markaris met cependant en scène un élément d'espoir, le partage et la solidarité sociale qui, s'ils ne permettent pas de rebâtir l'économie du pays, tentent au moins de protéger les plus faibles et d'éviter les dérives de la violence et de la xénophobie.

Si on va en Grèce pour voir les ruines d'une civilisation disparue, le voyage à Athènes avec Markaris nous amène au coeur de l'effondrement d'une société moderne.
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isabellelemest
  06 février 2016
Dans ce polar, le troisième de la "Trilogie de la crise", Markaris poursuit sa radioscopie de la société grecque minée par le marasme économique qui plonge les couches ordinaires de la population dans la misère.
Cela commence par de la politique-fiction, nous sommes le 1er janvier 2014 et la
Grèce vient de revenir à la drachme, après avoir abandonné l'euro. Les salaires sont suspendus, les caisses sont vides, les retraités manifestent sous les huées des jeunes qui les accusent d'avoir profité du système, les familles se resserrent et retrouvent les réflexes de la pauvreté d'antan, soupe de haricots et légumes pour tout le monde, et encore en puisant dans leur bas de laine. Pas de travail pour les jeunes diplômés, qui organisent donc pour s'occuper des services solidaires et gratuits, cabinet d'aide juridique, asile dans un hôtel squatté pour les retraités sans abri, écoles de langues et de maths pour les enfants des quartiers pauvres.
Mais entre temps des crimes sont perpétrés contre des anciens de la "génération de Polytechnique", celle qui s'était insurgée en 1973 contre la junte des colonels, dans un soulèvement héroïque et magnifié par les régimes démocratiques ultérieurs. Chaque cadavre est retrouvé dans un lieu emblématique des magouilles auquel la victime s'était livrée de son vivant pour exploiter jusqu'à la corde le prestige, les relations et l'influence gagnées lors de ses années étudiantes. Un message téléphonique destiné aux enquêteurs reprend le fameux slogan des insurgés "Pain, éducation, liberté". L'entrepreneur enrichi par les travaux des Jeux Olympiques, adjudication obtenue par des combines, le professeur d'université dans la thèse est un plagiat et les relations syndicales déterminantes pour sa réussite, le syndicaliste professionnel qui fait et défait les carrières, ces trois victimes hautement symboliques d'une génération qui a réussi par les compromissions et l'affairisme sont également détestées de leurs enfants et brouillées avec leur famille.
Alors à qui profite le crime ? A l'extrême-droite et aux neonazis qui menacent immigrants et jeunes engagés dans la solidarité ?
Chez Markaris, les victimes sont bien plus antipathiques que les coupables, car ces crimes sont comme une catharsis par laquelle la société grecque, sa jeunesse et ses forces vives, voudraient punir une génération de profiteurs responsables de la ruine du pays. Markaris poursuit ici sa dénonciation des maux de la Grèce, mais laisse la porte ouverte à l'espoir fondé sur la générosité, l'humour et la solidarité.
Lu en V.O.
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Sharon
  13 février 2015
Le roman a été écrit en 2012, imaginant une Grèce qui aurait renoncé à l'euro pour retrouver le drachme. Politique fiction ? Oui, mais le drame grec est bien réel, et s'inscrit dans son histoire.
Charitos fête le jour de l'an en famille, une famille qui se veut unie en dépit d'un présent peu réjouissant et d'un futur plus confus encore. Son salaire est suspendu pour trois mois – si tant est que ce qu'il touchait jusque là puisse être considéré comme un salaire digne de ce nom. Sa fille, que son ami Zissis, grand résistant dans le passé et le présent, a convaincu de rester au pays, ne gagne aucun salaire. Son gendre est réduit à la portion congrue alors qu'il est médecin. Pour survivre, rien ne vaut l'union – et la simplicité. de France on imagine mal à quel degré de pauvreté sont parvenus les grecs. Conserver sa dignité est une lutte quotidienne pour ceux qui n'ont plus rien.
La crise n'empêche pas les crimes – et le premier meurtre commis touche directement un ancien révolutionnaire, un de ceux qui a résisté lorsque la junte militaire a pris le pouvoir. Mais qui peut en vouloir à ses héros modernes ? Et bien… des personnes qui savent pertinemment que la crise n'est pas arrivée toute seule en Grèce, et qu'il a bien fallu que cette génération, ceux qui sont sur le point de prendre leur retraite, ait participé à ce qui est aujourd'hui la débâcle grecque.
Ce n'est pas que Charitos enquête mollement, non, il fait ce qu'il peut avec les moyens du bord, laissant sa chère voiture au garage parce que, de toute façon, il manque un peu d'essence pour la faire rouler. Il est stupéfait par le fossé qui s'est crée entre les générations, entre les parents et leurs propres enfants, qui tiennent à réussir par leur propre moyen plutôt que de suivre les traces de leurs pères. Et il semble que, parfois, donner des cours à des détenus alors que l'on est soi-même incarcéré soit le début d'une existence réussie.
Pain, éducation, liberté est le portrait d'une génération désabusé, parce qu'elle a déjà tout perdu avant même que sa vie n'ait commencé.
Lien : https://deslivresetsharon.wo..
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
MimekoMimeko   06 octobre 2016
- Comment les choisissez-vous ? demande Katerina à Pavlos
- En principe, nous prenons les vieux. Quand un lit est libre, l'un de nous fait le tour des parcs et des entrées d'immeubles dans les quartiers défavorisés. Quand il voit quelqu'un qui dépasse les soixante ans, il leur propose d'habiter ici. La plupart ne se le font pas dire deux fois. Ces gens avaient une retraite minuscule qui s'est changée en retraite de misère. Nous leur donnons un toit et ils gardent leurs sous pour leurs menues dépenses, un café, des médicaments. Deux fois par mois, Médecins du monde vient les examiner et distribuer les médicaments qu'ils ne peuvent pas se payer.
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SachenkaSachenka   13 décembre 2015
- Papa, tu pourrais venir au bureau? dit Katérina.
- Qu'est-ce qui se passe?
- Rien, je voudrais seulement qu'on discute.
Cela ne me rassure pas du tout : "je voudrais qu'on discute", de nos jours, peut annoncer une caresse, mais aussi une gifle ou même un coup de poing dans le ventre.
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bilodohbilodoh   01 juin 2015
Dans la hiérarchie ecclésiastique on commence diacre et l’on termine évêque, et dans celle de Polytechnique on a démarré simple révolutionnaire pour finir entrepreneur, professeur ou dirigeant syndical, en montant les échelons plus vite que dans l’Église.

(Points, p. 201)
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MimekoMimeko   15 octobre 2016
- Ecoute commissaire. J'ai rejoins les communistes parce qu'ils se battaient pour une société plus humaine. Ils l'ont cherchée pendant soixante-dix ans, mais en cherchant les hommes ils ont perdu les chiffres et ont sombré. Maintenant je vis dans une société qui cherche les chiffres et perd les hommes. Elle va sombrer elle aussi. Quand tu as une grande entreprise et qu'elle sombre, qu'est-ce que tu fais ? Tu sauves ce que tu peux et tu recommences avec une petite boutique. C'est ce que je fais là.
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MimekoMimeko   14 octobre 2016
- Je sors du Conseil des ministres, d'où mon retard, dit-il.
Puis, d'un ton solennel :
- Messieurs, le Conseil des ministres a décidé la suspension des paiements pendant trois mois.
Silence. Il guette nos réactions. Mais quelle réaction attendre d'hommes frappés d'apoplexie, qui ne peuvent même pas remuer le petit doigt ? Les coupes répétées dans les salaires et les retraites n'étaient que le prélude, et voici la grande attaque.
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Vidéo de Pétros Márkaris
Pétros Márkaris - Liquidations à la grecque .À l'occasion du Festival International Quai du Polar, Pétros Márkaris vous présente "Liquidations à la grecque" aux éditions Seuil. Traduit du grec par Michel Volkovitch. Lauréat du prix le Point du Polar européen 2013. http://www.mollat.com/livres/petros-m%C3%A1rkaris-liquidations-grecque-9782021053517.html Notes de Musique : "Morning Emerges From Night" by Ergo Phizmiz (http://www.ergophizmiz.net)
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