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EAN : 9782021382365
Seuil (07/02/2019)
3.53/5   40 notes
Résumé :
Dans ce recueil de huit nouvelles, Petros Markaris nous promène dans le temps et dans l’espace, de la Grèce contemporaine à celle des colonels, de l’Allemagne d’aujourd’hui à celle de 1944, d’Athènes à Istanbul durant les pogroms visant la communauté grecque. Le lecteur retrouve l’hypersensibilité de l’auteur à la question des migrants et de « l’étranger », le dégoût du nationalisme, l’analyse subtile des relations complexes entre Grecs et Turcs tantôt oppresseurs, ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
3,53

sur 40 notes

Je lis rarement des romans policiers, mais Markaris dont j'avais lu “Défense en béton “, il y a quelque temps, m'ayant laissée un très bon souvenir, la parution de ces huit nouvelles récemment publiées, m'ont donnée l'envie de le retrouver.

“Lambros Spakhis.....un écrivaillon qui avait en plus le culot de vouloir devenir académicien “ est retrouvé le crâne fracassé dans son bureau. Markaris débute avec une forte satire des milieux littéraires grecs, mais pas que....il enfonce le clou , “quiconque tente de réussir dans ce pays sans appuis ni relations est un meurtrier en puissance”.

La deuxième nouvelle se passe dans tout un autre milieu, celui des immigrés turcs en Allemagne. Les tentacules de l'islam radical turc opérant comme la mafia, mieux vaut ne pas y aller à contre courant.....Markaris n'y manque pas de décrocher une critique acerbe au nationalisme et racisme des allemands envers les turcs.

Rechangement de décor et d'époque avec les “Trois jours” Nous sommes chez les

Rums, les Grecs d'Istanbul dans les années 50. Une époque compliquée des relations greco-turques. La nouvelle raconte les mésaventures d'un commerçant durant les 3 jours de pogrom de septembre 1955 à Istanbul, déclenché par l'incident d'une bombe lancée à la maison natale d'Ataturk à Salonique en Grèce, conséquence du bazar chypriote. Un progrom personnellement vécu par Markaris qui avait 18 ans à l'époque.

Suivent, le truculent «  le cadavre et le puits », l'émouvant “Ulysse” , le nostalgique grec d'Istanbul qui finit par rentrer au pays, et trois autres nouvelles intéressantes.

Markaris à travers ces histoires de cadavres, qui n'en sont qu'un prétexte, cerne admirablement des conflits politiques, sociaux et culturels dans le temps et l'espace, de la Grèce actuelle à la Turquie des années 50, de l'Allemagne actuelle à celle d'Hitler, analyse les relations complexes entre Grecs et Turcs, tour à tour victimes et oppresseurs, raconte la nostalgie des Grecs de la Ville ( Istanbul ) immigrés en Grèce, pour leur Ville, dénonce la xénophobie des nationalistes en générale que ce soit en Grèce, en Turquie ou en Allemagne, bref prend le pouls d'une Grèce malade surtout avec la dernière nouvelle “Crimes et poèmes “.

Un receuil à forte connotation autobiographique qui traite avec humour et intelligence et un zeste d'intrigue les maux actuels de notre époque, tout en les plaçant dans leur contexte historique. Beaucoup aimé !

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♫Si tu veux couvrir de rose

Tout ce que tu vois en gris

Si tu es vraiment morose

Viens danser le sirtaki

Si tu veux que disparaissent

Tes soucis et tes tracas

Si tu cherches ta jeunesse

Viens danser avec Zorba

Viens danser pour qu'on oublie

Que le jour se lèvera♫

La danse de Zorba - Dalida - 1965

Dos à dos

Dalida, son Zorba

Dors lent dos

Il vous colle à la peau.

Ouvrez grands les bras

Sirtaki ou zeimbekiko

pas le même combat...

Les loups gris

sont entrés dans la bergerie

Cessez de rire

charmant Amir

Ces loups viennent de l'Anatolie.

tous pour un, armez bien

Pogrom, coup de boule

minoritaires d'Istanbul

Arméniens,

juifs et grecs

saignant même les Rum'steaks

les trois Mousquetaires

étaient cats !? Mystère !?

Eminé , Esta minet ?

Minaret , Colonels,

Delphes fait miner

Effusions et minaudons

Conclusions : Effet minet.

Merci masse critique

pour moi nouveau registre

Pour les chypriotes

Exit l'opulance britannique

Pour les pas Tri-hôtes,

Reste misère hellénique

Merci à Markaris

auteur d'envergure

Merci à Seuil, cadre noir

Editeur pour le moins obscur !

Après cette lecture classée Police

sans transition mais avec délice

mon premier Tesson, l'histoire d'Ulysse....

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Merci à Babelio et aux éditions du Seuil pour ce service de presse reçu, de ce recueil de nouvelles d'un auteur grec que je découvre pour la toute première fois, grâce à une dernière Masse critique !

Des nouvelles à suspense, très différentes, sautant d'époque et de pays, en passant par une parodie des milieux éditoriaux grecs, présentant un écrivain égocentrique qui ne rêve que d'une chose: être élu académicien, à n'importe quel prix ! [cf "L'Assassinat d'un immortel"... ]

Un turc à la retraite, ayant acheté pour ses vieux jours une maison dans son pays d'adoption, l'Allemagne, au grand dam de son fils... qui a un contentieux avec ce pays où il a vécu et travaillé , lui-même, et subi des

comportements racistes...! [cf. "En terrain connu" ]

Il est question de la Grèce, de son histoire, de ses difficultés politiques et économiques, mais aussi de façon élargie, de toutes les minorités, dans

d'autres pays...!

Il est aussi largement traité de l'Antinomie entre les Turcs et les Grecs...

ainsi que de tous les méfaits causés par le racisme, les rejets de celui, que l'on décide de classer dans la case terrible d'"Etranger" ...au sein d'une communauté !

Touchée par "L'Arc de Pompéï" qui met en scène un pope , se battant pour apporter quelque soutien aux migrants, victime des intégristes et extrémistes de droite ... Ces précisions pour souligner l'extrême

actualité des sujets abordés pas par Petros Markaris...quelle que soit la période et le cadre géographique choisis !!

Une préférence pour la nouvelle la plus longue, intitulée, "Trois jours"met en scène un événement terrible que j'ignorais: le pogrom antichrétien grec, à Istanbul , en septembre 1955....vécu par l'auteur lui-même, alors âgé de dix-huit ans !

"Il ne voulait pas parler grec en pleine rue.

-Un cousin d'Athènes m'a téléphoné, poursuivit Horozoglou, mais Vassilis l'interrompit.

- Tu ne préfères pas qu'on parle turc ? On va se faire injurier et ça nous mettra de mauvaise humeur. "(p. 76)

Comme souvent dans les recueils de nouvelles, il peut y avoir inégalité du ton , du style et surtout un déséquilibre dans la "dynamique" des histoires. Ce volume de 8 fictions ne fait pas exception; je reste néanmoins ravie d'avoir découvert cet auteur grec, et suis curieuse de découvrir les enquêtes de son personnage, le commissaire Charitos, nous immergeant dans la Grèce contemporaine , avec ses préoccupations, les méfaits, dérapages de la crise économique....mêlant des observations lucides sur les changements sociétaux...

A la suite de ces 8 nouvelles, une postface fort intéressante nous offre des éléments précieux sur l'oeuvre et la vie de Petros Markaris... apportant un éclairage significatif sur ses thèmes de prédilection !

Je renouvelle mes remerciements aux Editions du Seuil ainsi qu'à BABELIO, pour m'avoir permis de lire cet auteur grec...pour la première fois; ce qui m'a rendue curieuse de ses autres écrits...

"Markaris a grandi dans une communauté minoritaire et persécutée, avant de devenir un déraciné, la Grèce où il vit désormais n'étant pas sa terre natale. Ce fut son malheur, c'est aujourd'hui sa chance : l'épreuve l'a rendu hypersensible à la question des migrants et de l'étranger en général "(...) ("Postface p. 182)

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voir lien suivant :

https://www.christianophobie.fr/la-une/istanbul-septembre-1955-pogrom-antichretien-oublie

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Huit nouvelles dont la plus longue Trois jours, donne son titre au recueil. Des nouvelles couvrant une longue période évoquant à la fois la Grèce actuelle, mais également les Rums, ces grecs d'Istanbul qui ont dû s'exiler de Turquie dans les années cinquante. C'est le sujet de Trois jours, récit dans lequel, Vassilis, tailleur Grec à Istanbul, commerçant sans histoire, apprécié du commissaire Turc du quartier, un bon client qui le prévient d'une tuerie imminente contre les Grecs de la Ville. Mais dans les décombres de sa maison, il trouve un squelette...Trois jours évoque la violence contre la communauté qui conduira à l'exil des Grecs en Grèce, un pays qu'ils ne connaissent pas. L'assassinat d'un Immortel s'attache à cet écrivain, à double visage, charmant avec ses collaborateurs et immonde avec sa famille, une nouvelle où l'on retrouve le commissaire Charitos, qui ignore tout de cet auteur censé devenir académicien. Ulysse vieillit seul une des nouvelles les plus poignantes dans laquelle le vieil homme rentre en Turquie, son pays natal, pour y passer sa fin de vie mais où il trouvera une violence nouvelle entretenue par les loups gris, des nationalistes turcs. Tentative tardive est une nouvelle atypique sur le jour de l'attentat contre Hitler le 20 juillet 1944 qui résonne peut-être avec la dictature militaire en Grèce (une interprétation personnelle).

Des nouvelles qui évoquent les sujets actuels tels que le nationalisme, l'immigration, l'exil, la crise, des sujets que Petros Markaris reprend dans ses enquêtes du commissaire Charitos. Des thématiques qui le touchent et qu'il a vécu personnellement, étant issu d'une famille grecque d'Istanbul qui a dû s'exiler en Grèce.

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Cadre Noir, indique la couverture, qui nous présente un meurtrier anonyme sur le point d'accomplir l'irréparable.

La mort est bien présente dans tous ces récits, plutôt burlesque, incongrue, baroque. On est loin de la tragédie grecque à l'antique. La scène de crime sert de prétexte, comme si l'auteur cédait à une vieille manie, pour nous faire plaisir. le trio flic/assassin/victime ne se donne pas la peine de fabriquer une intrigue palpitante. Mieux vaut regarder ce qui se passe à côté de l'enquête.

Une façon comme une autre de se tourner vers ce pays qu'on connaît si mal. Par bribes. Par son folklore, ses paysages uniques, par ses sublimes ruines, son passé glorieux, son présent honteux.

Dictature militaire, corruption, récession économique, tutelle financière et menace de grexit, émigration de plusieurs générations. le pays obligé de vendre ce qui a fait sa richesse. Une population qui doit supporter des conditions humiliantes.

De quoi donner des idées de meurtre. D'ailleurs la mythologie est pleine de crimes, de violence et de combats. Mais les Dieux se désintéressent des hommes. Plus de héros ni d'exploits prodigieux. Rien que la banalité du quotidien, la médiocrité des ambitions , la crainte des puissants, la jalousie des faibles, la laideur des crimes.

"Ne t'en fait pas, on va s'en remettre! Combien de fois ils nous ont mis plus bas que terre pour nous piétiner ? Pourtant on a toujours su relever la tête. C'est comme ça que nous sommes, nous, les Hatzi Yatmaz!

Le Hatzi Yatmaz était un jouet bon marché dont raffolaient les enfants: un pantin bien habillé, souriant, avec un gros ventre à la place des pieds. A l'intérieur se trouvait une petite boule. On avait beau frapper le Hatzi Yatmaz, il se redressait toujours. "

On aimerait que la Grèce renaisse de ses cendres, peut-être justement grâce aux artistes, écrivains, poètes, cinéastes, musiciens, peintres et architectes. Que ceux qui l'ont quittée puissent y revenir et s'y sentir chez eux. Et que ceux qui la visitent voient autre chose que l'Acropole.

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Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation

lundi 5 septembre 1955 [...]

Il s'installa devant le poste de radio et attendit anxieusement les nouvelles de Londres. Il entendit Fatin Rüştü Zorlu, le ministre des Affaires étrangères turc, affirmer que l'insistance des Grecs à demander le rattachement de Chypre à la Grèce était le plus grand obstacle à la sortie de crise, et que la Turquie défendrait toujours les droits de "ses frères, les Chypriotes turcs".

p74

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- Décampez ! hurlait-il en s'accrochant aux grilles. Les loups sont entrés dans la bergerie. Depuis septembre 1955, ils vous font venir ici pour nous terroriser, nous tabasser et nous forcer à fuir. Mais il est hors de question que nous partions ! C'est notre pays, ici ! C'est vous les étrangers : c'est vous qui venez du fond de l'Anatolie !

P141

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- Tes imbéciles de compatriotes ont lancé une bombe dans la maison d’Ataturk à Thessalonique.

Vassilis n’arrivait pas à parler. Il se contentait de hocher la tête, entre indignation et abattement.

- Je ne sais pas ce qui me fait le plus enrager, continua le commissaire. La bombe qu’ils ont lancé dans la maison natale du fondateur de la République turque ou de devoir passer toute la nuit dehors pour tenter de contenir la foule en colère.

Trois jours.

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D'un autre côté, nous nous connaissons de façon superficielle, malgré des effusions exagérées. Vous vous rappelez peut-être ce vieux mot : "minauder". Eh bien dans ce milieu nous minaudons tous.

p169

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Vassilis se moquait bien de savoir si son grand père était un héros ou un lâche.

Ce qui le terrorisait, c'était le retour des jours sombres qui avaient fait de lui un héros ou un lâche et qui avaient plongé sa famille dans une longue période de deuils, cette ronde macabre qui reprenait.

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Vidéo de Pétros Márkaris
Pétros Márkaris - Liquidations à la grecque .À l'occasion du Festival International Quai du Polar, Pétros Márkaris vous présente "Liquidations à la grecque" aux éditions Seuil. Traduit du grec par Michel Volkovitch. Lauréat du prix le Point du Polar européen 2013. http://www.mollat.com/livres/petros-m%C3%A1rkaris-liquidations-grecque-9782021053517.html Notes de Musique : "Morning Emerges From Night" by Ergo Phizmiz (http://www.ergophizmiz.net)
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