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Annie Morvan (Traducteur)
ISBN : 2246498716
Éditeur : Grasset (26/01/1995)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 326 notes)
Résumé :

En 1942, au cours de travaux dans un couvent d'Amérique latine, sont mis au jour les restes d'une adolescente, Sierva Maria de Todos Los Angeles. Sa splendide chevelure mesure vingt-deux mètres de long...

Le romancier du Général dans son labyrinthe aurait-il tiré cette étrange découverte de sa flamboyante imagination ? Réelle ou fictive, en tout cas, elle est le point de départ d'une singulière histoire d'amour, dans le cadre joyeux, coloré, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
  05 décembre 2015
- Alors, qu'en as-tu pensé de ce roman ?
- Pour être honnête, je ne sais pas trop. J'ai été dépaysée. Entre les cocottes en papier qui tombent du ciel, le chien avec un croissant de lune sur la tête et les flatulences de Bernarda... j'oubliais aussi le médecin féru de latin, le curé qui aime une petite de douze ans, dont les parents n'ont que faire, et le marquis qui sèche sous une tombée de fleurs d'oranger, avoue que ça change de ce que je lis habituellement ! Tout était bizarre. Tiens, un extrait :
« Un jour, elle lui demanda s'il était vrai, comme le disait les chansons, que l'amour pouvait tout. C'est vrai, lui répondit-il, mais tu ferais mieux de ne pas le croire. »
Alors ? Avoue que c'est pas banal..
- Mais t'as aimé ou pas ? A te lire, on doute ?
- Je me suis laissée entraîner dans cette histoire avec plaisir. le décor, l'ambiance, les personnages, tout m'a plu et j'ai passé un très bon moment. Finalement, n'est-ce pas le plus important ?
« Les idées n'appartiennent à personne, dit-il. Puis de l'index, il dessina dans l'air une série de cercles continus et conclut : elles virent et voltent, comme les anges. »
Voilà, tu saisis ? C'est ce qui m'a plu dans ce roman. Sa beauté étrange.
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ladesiderienne
  11 mai 2014
CHALLENGE NOBEL 2013/2014 (13/15)
Encore un auteur que ce challenge m'aura permis de découvrir, malheureusement, le charme de son écriture tant vanté dans les nombreux avis de Babelio n'a pas opéré sur moi. Je suis restée totalement hermétique à cette histoire soi-disant passionnelle sous fond d'Inquisition. Amour ? Sûrement pas filial puisque les parents (une mère folle, un père démissionnaire) appliquent à leur fillette le principe suivant : "qui veut noyer son chien l'accuse de la rage". Passion ? Entre une enfant de 12 ans et un prêtre de 36 ans, sous d'autres cieux et en d'autres temps, on aurait appelé cela de la pédophilie. Mais, comme il est dit sur la quatrième de couverture, c'est sans nul doute " l'univers fantastique et rebelle du grand écrivain colombien", qui m'a échappé. Autre reproche, l'histoire est totalement résumée sur cette dernière page, ce qui nuit à la découverte de toute surprise en cours de lecture. 5/20
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hannah851
  25 mars 2016
Au milieu du XVIIIème siècle, à Carthagène des Indes, la jeune Sierva Maria de Todos los Angeles, grandit dans la plus totale indifférence de ses parents, le marquis de Casalduero et de Bernarda Cabrera. Et pour cause, elle n'est pas désirée: fruit du viol de son père par sa mère. Privée d'amour, elle élevée par les esclaves parlant leurs dialectes, se pliant à leurs rites et dormant avec eux. Cependant, tout change lorsqu'elle est mordue par un chien au marché et que le marquis l'apprend. Il faut dire que dans les croyances contemporaines, les chiens sont porteurs de rage et la mort attend souvent les malheureux mordus. Or, Sierva semble avoir survécu. le marquis conscient du miracle sort alors de sa léthargie dans laquelle il s'est installé depuis des années pour l'éduquer et lui offrir l'enfance auquel elle a droit. Mais quelques temps après, Sierva est touchée par un accès de fièvre et le marquis cède aux croyances populaires. Elle est alors à la merci de tous les prétendus médecins et guérisseurs que comptent la ville et qui n'hésitent pas à charcuter son corps pour la soigner. Ses réactions de douleurs sont interprétées comme des actes de folie et de possession. Perdu, le marquis cède aux conseils de l'évêque et la fait enfermer au couvent de Santa Clara. Maltraitée par les soeurs clarisses qui voit en elle un démon, elle ne doit l'amélioration de sa captivité qu'à son exorciste le père Cayetano Delaura. Leur relation se transforme au fil du temps en passion amoureuse rapidement destructive et maudite pour les amants.
Dans ce roman, l'auteur mélange avec habileté et ingéniosité l'histoire et la légende en ancrant le récit dans une ville coloniale en décadence où les populations indigènes sont le véhicule du fantastique, du mysticisme et de l'érotisme. Il aborde également plusieurs thèmes comme la lâcheté du marquis, l'oisiveté de la mère source de tous les vices, les croyances et superstitions religieuses, les inégalités sociales et l'incompréhension entre les esclaves et l'aristocratie créole mais surtout la pratique aveugle de l'exorcisme par la religion catholique qui fait une victime innocente de plus, en la personne de Sierva Maria. En effet, cette jeune marquise choque l'aristocratie locale et les autorités religieuses car elle ne rentre pas dans les codes sociaux de l'époque: menteuse, parlant des dialectes incompréhensibles, se déchainant... Elle ne peut qu'être la manifestation du démon. Personne ne pense à la possibilité que son éducation par les esclaves soit une clé de son attitude hormis le père Tomas de Aquino de Narvaez qui meurt étrangement noyé dans un puits après avoir vu Sierva Maria. Gabriel Garcia Marquez pose aussi un certain nombre de questions théologiques notamment sur l'amour et la foi. Cayetano est le porte-parole de la philosophie de l'auteur puisqu'il cède à l'amour pour comprendre et aider Sierva Maria en ne suivant pas aveuglément ce que lui commande la foi.
C'est un roman marquant emplie d'une écriture poétique, fait de longues descriptions entrecoupées par des dialogues où chaque personnage prend la parole pour exprimer ses sentiments face aux événements.
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Larsen_Sideral
  12 janvier 2017
L'entièreté de l'oeuvre m'a semblé s'enrouler autour d'un motif récurrent : le croissant. Il apparaît sous plusieurs formes, notamment sur le front du chien enragé et dans l'éclipse de soleil. J'y ai tout de suite prêté attention puisque deux lectures de Gabriel Garcia Marquez m'ont appris à attacher de l'importance aux symboles. Or, la forme de croissant caractéristique que prend une éclipse est due à l'obstruction de la lumière par l'ombre et il semble que toute la trame vire volte autour de cette seule allégorie. Une jeune fille abandonnée de tous, seule au monde, qui chante merveilleusement bien et emprunte la voix de oiseaux, est retenue captive sous prétexte qu'elle est possédée par le démon.
Dans un premier temps la superstition, les apparences et la bêtise humaine (l'ombre) aveuglent complètement les personnages qui ne cessent de profaner la jeune princesse païenne. Ensuite lorsqu'un prêtre exorciste est appelé à intervenir, une scène-clé nous permet de décrypter les signes qui se cachent dans tout le roman : le prêtre regarde l'éclipse jusqu'à ce que son oeil en soit meurtri ce qui le contraindra à porter un bandeau. Et tandis qu'il tentera de chasser le démon de la païenne, il ne cessera de voir à chaque instant l'éclipse dont l'image sera restée incrustée dans sa rétine.
Cependant, lorsqu'il en tombe amoureux, l'éclipse s'efface et il contemple pour la première fois la jeune païenne, Siérva Maria, comme il se doit.
Comme d'habitude, c'est très agréable à lire et la beauté se trouve dans la symbolique. Cependant je trouve l'oeuvre moins travaillée et aboutie que ses oeuvres antérieures et je note aussi une profonde similarité à 100 ans de solitude dans la construction puisque l'on ressent aussi le profond sentiment d'éloignement d'un âge d'or à jamais révolu et le plongeon inexorable de l'ensemble de l'univers dans un marécage de goudron dont seules les âmes pures resteront immaculées.
Je retiendrai de ce livre deux éléments :
- Une citation magnifique : « aucun fou n'est fou tant qu'on se plie à ses raisons »
- Un instrument : le théorbe, que je ne connaissais pas et qui est très plaisant à écouter.
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Lilou08
  09 juin 2014
Je continue ma découverte de Gabriel Garcia Marquez, grâce à une amie qui m'en avait prêté trois… chance ! Car j'aime son écriture,… non j'adore… j'ai dévoré ce livre avec un énorme plaisir. Je le place au même niveau que Cent ans de solitude, simplement celui-ci est bien plus court et son écriture peut être un peu plus « accessible » pour ceux qui n'ont pas encore l'habitude de l'écriture si particulière de cet auteur.
On suit la vie de Sierva Maria quelques mois, du jour de ses 12 ans, où elle se fait mordre par un chien qui a la rage jusqu'à son décès. Va-t-elle la développer ou pas, nul ne le sait… mais on vit dans un pays où tout est prétexte aux croyances les plus fantastiques, les plus incroyables, où le réel côtoie intimement l'irréel… La vérité est souvent perdante devant les croyances, les légendes… Sierva Maria est une jeune marquise créole, pas aimée de ses parents et élevée par les esclaves noires… La bêtise et les croyances vont la faire passer pour possédée par le Malin et mener par son propre père dans un couvent, le couvent des emmurées vivantes, jusqu'aux séances d'exorcisme…
À lire… vraiment !
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   01 juillet 2010
Un chien couleur de cendre, une lune blanche au front, fit irruption dans les venelles du marché le premier dimanche de décembre, culbuta les éventaires de fritures, renversa les étals des Indiens et les échoppes de la loterie, et dans sa course mordit quatre personnes qui tentaient de lui barrer le chemin. Trois étaient des esclaves noirs, l'autre Sierva María de Todos los Ángeles, fille unique du marquis de Casalduero, venue avec une servante mulâtre acheter une ribambelle de grelots pour la fête d'anniversaire de ses douze ans.
Elles avaient reçu pour instruction de ne pas franchir la Porte des Marchands, mais la servante s'aventura jusqu'au pont-levis du faubourg de Getsemaní, attirée par la cohue du port négrier où l'on vendait à l'encan une cargaison d'esclaves de Guinée. Pendant une semaine, on avait attendu avec inquiétude un bateau de la Compagnie négrière de Cadix, car une inexplicable maladie mortelle s'était déclarée à son bord. Afin de l'occulter, on avait jeté les cadavres à la mer sans les lester. La houle les ramena à la surface et on les retrouva un matin échoués sur la plage, gonflés et défigurés, avec une curieuse coloration violine. Le navire fut ancré hors de la baie par crainte de quelque fulgurante épidémie africaine, puis la preuve fut faite qu'il s'agissait d'un empoisonnement par ingestion de provendes avariées.
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ladesiderienneladesiderienne   11 mai 2014
A une place privilégiée, à côté de l'éternel" Fray Gerundio", il trouva les œuvres complètes de Voltaire en français et une traduction latine des "Lettres Philosophiques".
"Voltaire en latin, c'est presque une hérésie", dit-il pour plaisanter. (...)
- Je vous pose cette question à propos de ce que vous avez dit de Voltaire, dit Abrenuncio. Sa prose est parfaite.
- Et pour nous, la plus cruelle, ajouta Delaura. Dommage qu'elle soit d'un Français.
- Vous dites cela parce que vous êtes espagnol, dit Abrenuncio.
- A mon âge, et après tant de mélanges de sangs, je ne sais plus très bien ce que je suis, dit Delaura. Ni même qui je suis.
- En ces royaumes, nul ne le sait, dit Abrenuncio. Et il faudra sans doute des siècles pour le savoir."
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AmbagesAmbages   04 décembre 2015
« Je voudrais savoir pourquoi vous me témoignez tant d'égards, dit-il.
— Parce que les athées ne peuvent se passer des curés, dit Abrenuncio. Les patients nous confient leur corps mais non leur âme, et pour tenter de l'arracher à Dieu nous faisons le diable.
— Ce n'est guère conforme à vos croyances, dit Cayetano.
— Je ne sais même pas en quoi je crois.
— Le Saint-Office, lui, le sait. »
Contre toute attente, la pique enchanta Abrenuncio.
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YsengrinYsengrin   16 juin 2016
Alors, coupant court à la panique, il se libéra du limon qui l'empêchait de vivre. Il avoua qu'il pensait à elle à chaque instant, que tout ce qu'il mangeait et buvait avait sa saveur, qu'elle était la vie à toute heure et en tout lieu, comme Dieu seul a le droit et le pouvoir de l'être, et que le vœu suprême de son cœur était de mourir avec elle. Il parla comme il avait récité, avec des mots limpides et enflammés, le regard perdu, quand il eut le sentiment que Sierva Maria s'était endormie. Mais elle était éveillée, ses yeux de biche effarouchée posés sur lui. C'est à peine si elle osa lui demander:
-Et maintenant?
-Et maintenant, rien, dit-il. Je voulais que tu le saches.
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Phebe14Phebe14   01 février 2014
Les jours suivants, ils ne connurent d'instants de paix qu'ensemble. Ils causèrent des douleurs de la passion sans jamais se rassasier, s'épuisèrent en baisers, déclamèrent des poèmes d'amour en versant des larmes de feu, chantèrent à voix basse, roulèrent dans des abîmes de volupté, jusqu'aux limites de leurs forces : exténués mais vierges. Car il avait décidé de respecter ses vœux jusqu'au jour du sacrement, et elle avait accepté sa résolution.
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Videos de Gabriel Garcia Márquez (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gabriel Garcia Márquez
En 2005 a paru Dictionnaire égoïste de la littérature française , immense succès immédiat critique et public. Chroniqué par tous les médias en France et beaucoup même à l'étranger, ce livre qui n?avait pas d?équivalent a reçu cinq prix littéraires. Il est aujourd?hui devenu un classique.  Le Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale est consacré aux littératures des autres pays du monde. Et non pas « étrangers ». Un article l?explique, l?auteur ne croit pas à la notion d?étranger, surtout en matière de littérature. Nous ne sommes pas seuls au monde, et aucun lecteur français n?a été constitué par l?unique lecture de livres français. de même, aucun lecteur n?est constitué par l?unique lecture des livres de son temps. Un lecteur est de tous les temps et de tous les pays. Et c?est ainsi que ce livre comprend aussi bien Eschyle (le plus ancien) que Gabriel García Márquez (le plus récent). Pour « égoïste », cela signifie que l?auteur ne parle que de choses qui, en bien ou en mal, l?intéressent, le passionnent, l?éveillent, et non à partir d?on ne sait quels canons de la littérature.  Le « DELM » comprend, comme son frère aîné, quatre types d?articles : sur des auteurs (Karen Blixen, Jorge Luis Borges, F.S. Fitzgerald, Yukio Mishima, Elsa Morante, Platon, Gertrude Stein?), des ?uvres ( Amant de Lady Chatterley (L?) , Guépard (Le) , Petit Livre rouge (Le)? ), des personnages (Ali-Baba, Lady Bracknell, Mademoiselle Else, le prince André, Arturo Ui?), des notions (« Bonheur », « Enterrements d?écrivains célèbres », « Imagination », « Verbes réfléchis »?). Il a, en plus, des « express » (« Esthétique Express », « Machiavel Express »?). On y retrouvera tous les grands noms célèbres, et on y découvrira des méconnus délicieux. On y trouvera un esthétique, et des anecdotes qui sont peut-être un peu plus que des anecdotes, comme Joyce en train de dicter Finnegans Wake à Beckett qui répond « entrez » à un visiteur, Beckett écrivant le mot par mégarde et Joyce lui disant : « Laissez. » Allègre, partial, drôle, sérieux, brillant, inattendu. Un livre qui donne envie d?en parler avec l?auteur. Venez converser avec Charles Dantzig...
En savoir plus sur le "Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale" : https://www.hachette.fr/livre/dictionnaire-egoiste-de-la-litterature-mondiale-9782246820741
+ Lire la suite
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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