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Annie Morvan (Traducteur)
ISBN : 2253137472
Éditeur : Le Livre de Poche (17/05/1995)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 245 notes)
Résumé :
Une femme prise en auto-stop par l'autobus d'un asile d'aliénés se retrouve internée.
Un Colombien fait le siège du Vatican avec le cadavre imputrescible de sa fille, qu'il voudrait faire béatifier. Dix-sept Anglais sont empoisonnés à Naples par une soupe aux huîtres...
Le romancier de L'Amour aux temps du choléra, prix Nobel de littérature, se révèle aussi doué pour la nouvelle que pour l'épopée.
Chacun des récits de ce livre nous entraîne en q... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Bobby_The_Rasta_Lama
  08 mars 2019
"Le fantastique n'a d'intérêt que parce qu'il surgit du réel et l'enlace."
(S. Rushdie)
Pero qué pasa ? C'est bien du Marquez, et en même temps, comme s'il manquait quelque chose.
Comment dire... ?

Garcia Marquez est un romancier avec un don de Dieu. Un écrivain qui a réussi à créer son propre univers, quelque part entre le fantastique et le réel - et c'est uniquement à vous de voir si vous vous y sentez à l'aise ou pas. Même si, chez certains auteurs, on peut parfois rencontrer une sensation de "déjà vu" ou "déjà lu", ceci ne peut tout simplement pas arriver avec Marquez. Il a toujours su rester que lui-même.
Mais il n'a jamais eu la prétention de devenir un maître incontesté en matière d'histoire courte; et il ne l'est jamais devenu.
Rien qu'en lisant la préface des "Douze contes vagabonds", on peut se rendre compte de la genèse longue et un peu laborieuse de ce recueil. Ce qui peut en partie expliquer ma petite déception.
Dans l'ensemble c'était une belle lecture, mais on est un peu loin du réalisme magique; de l'atmosphère verte et étouffante de Macondo, ou des mirages fantasmagoriques créés par la chaleur qui fait onduler l'air de la côte aride des Caraïbes. Ici, pas de Buendia, ni d'anges qui vivent dans un poulailler...
Les "Douze contes vagabonds" parlent de gens qui sont loin de leur pays : d'un ex-président, en passant par une ex-prostituée, jusqu'aux gens qui ont une mission à accomplir ou de simples touristes.
J'ai plutôt envie de qualifier ces histoires de "tragi-comiques". Au fond, il s'y passe très peu de chose, et leur force se trouve dans la poésie du texte. Mais de penser que Marquez va se contenter d'un beau texte, ce serait le sous-estimer. Il rajoute à chaque histoire une chute surprenante, un peu dans la veine d'Ambrose Bierce.
Parfois le dénouement était un peu évident, ou même décevant ("Epouvantes d'un mois d'août"), mais on se rattrape vite avec les histoires comme "Maria dos Prazeres" (qui parle du dernier client d'une très vieille poule de luxe), ou cette aventure d'un homme qui passe un long voyage en avion à côté d'une belle endormie. Amplement suffisant pour en faire une bonne histoire !
Le thème de "Un métier de rêve" fait penser à Borges; et vu que l'histoire se finit avec un hommage ouvert à celui-ci, ce n'est pas une coïncidence.
Mais ce n'est qu'à la fin que je suis tombée sur deux merveilles - "La lumière est comme l'eau" (la seule qui donne dans le "vrai fantastique" - il suffit de casser l'ampoule, et vous pouvez nager dans la lumière !) et la très fataliste "La trace de ton sang dans la neige", qui vous apprend que la bureaucratie française peut changer bien des destins.
Les "Douze contes" sont assez intimistes - les héros apparaissent et disparaissent dans la foule anonyme - Paris, Naples, Barcelone, Rome - et on les oublie presque aussitôt. Il n'y a pas cette démesure des "Cent ans de solitude", cette tension irréelle de la "Chronique d'une mort annoncée", la prosodie exaltante de "L'automne du patriarche", ni la folie onirique de "Candide Erendira". Peut-être parce que nous sommes en Europe ?
Mais finalement, j'ai trouvé ça bien. C'est peut-être le livre idéal si vous n'avez encore rien lu de Marquez, et si vous souhaitez commencer en douceur. Dans le sens inverse, il reste cette petite sensation de quelque chose qui manque.
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Ambages
  15 juillet 2017
« En Espagne, à Madrid, une ville ancestrale aux étés torrides et aux vents glacials, sans mer ni fleuve, et dont les aborigènes terriens n'avaient jamais maîtrisé l'art de naviguer dans la lumière. »
Un recueil de Douze contes vagabonds. Des contes qui sont différents de ce que j'ai l'habitude de lire. Des contes magnifiques, qui demandent du temps pour en apprécier les subtilités. L'écriture est drôle, poétique, fleurie. En revanche le fond est lourd, sombre, politique aussi, et pour autant, il y a de la magie qui fait qu'on ressort de la lecture avec malgré tout, une touche d'espoir. L'espoir de ne pas commettre deux fois la même erreur, l'espoir de rencontrer une voiture blanche ou de faire un doux rêve, mais certes, pas de trouver un téléphone. C'est agréable de faire un petit tour d'Europe, de découvrir la vie de ces voyageurs, voyageurs du temps pour certains agrippés au charme d'une autre époque, de temps révolus et des voyageurs de l'espace, passant d'un continent à l'autre, d'un monde à un autre. J'avoue avoir beaucoup apprécié « La lumière est comme l'eau ». Comme toujours j'aime quand un auteur renvoie à ses compères, « Un métier de rêve ». Donnant la parole à P. Neruda sortant de sa sieste :
 ''J'ai rêvé de cette femme qui rêve'', dit-il. (...) ''J'ai rêvé qu'elle rêvait de moi, dit-il. - Ça, c'est du Borges'', répliquai-je. Il me regarda, déçu : ''C'est déjà écrit ? - Si ça ne l'est pas, il l'écrira un jour. Ce sera un de ses labyrinthes.'' 
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joedi
  14 juin 2014
Douze contes tous aussi différents les uns des autres dans le style incontestable de Gabriel Garcia Marquez. Il faut trouver la réponse à l'écriture et au choix des contes dans le prologue qu'a écrit l'auteur. Je cite : "Lorsque j'ai commencé "Chronique d'une mort annoncée", en 1979, j'ai constaté qu'entre un livre et un autre je perdais l'habitude d'écrire et qu'il m'était de plus en plus difficile de me remettre au travail. Alors, entre octobre 1980 et mars 1984, je me suis imposé la discipline d'écrire chaque semaine un récit pour des journaux de différents pays, afin de garder la main...
... les douze contes de ce livre. Au mois de septembre 1991 et après deux autres années de travail discontinu, ils étaient prêts à être publiés... Comme j'avais décrit les différentes villes d'Europe où ils se déroulent en faisant appel à ma mémoire et de loin, j'ai voulu mettre à l'épreuve la fidélité de souvenirs vieux de presque vingt ans, et j'ai fait un rapide voyage de reconnaissance à Barcelone, Genève, Rome et Paris.
Ni les unes ni les autres n'avaient plus rien à voir avec le souvenir que j'en avais... Et pourtant, je tenais la solution. J'avais enfin trouvé ce qui me manquait pour terminer mon livre et que le seul cours des ans pouvait me donner : la perspective du temps.
À mon retour, après ce voyage heureux, j'ai récrit tous les contes du début à la fin en huit mois fébriles au long desquels je n'ai eu nul besoin de me demander où finit la vie et où commence l'imagination ...
Prologue écrit à Cartagena de Indias, avril 1992.
— de préférence à une analyse des contes qui sont très courts, j'ai choisi d'évoquer les motivations qui ont amené Gabriel Garcia Marquez à les écrire.
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Gwen21
  09 avril 2014
Recueil de douze nouvelles comme son titre l'indique. Douze nouvelles de longueur et d'intérêt très inégaux, rien de bien transcendant en ce qui me concerne.
Je ne suis pas une adepte du genre "nouvelle" donc ma déception tient sans doute en grande partie à ça. J'ai l'impression qu'il y a un peu de tout (et n'importe quoi) : politique, fantastique, romantisme, absurde... l'auteur aurait sa propre définition du vagabondage, vraisemblablement associée à l'éclectisme.
J'avoue que je suis même passée complètement à côté de certains récits, simplement parce que je ne les ai pas compris ! Seul réel bon point de cette courte lecture, la découverte, grâce au challenge NOBEL, d'une plume sud-américaine dont j'ignorais tout et qui, pour ne pas être désagréable à lire, ne m'a pas aimantée pour autant.

Challenge NOBEL 2013 - 2014
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araucaria
  07 octobre 2019
Voici un recueil de douze nouvelles de longueurs différentes. Ce qui les relient entre elles est généralement leur noirceur. Ces textes sont très bien écrits et entraînent le lecteur en Amérique Latine ou dans diverses villes européennes : Genève, Rome, Paris, Barcelone... dans des aventures dramatiques et sinistres. Un écrivain talentueux, mais un livre à découvrir de préférence lorsqu'on a un moral d'acier.
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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   04 mars 2019
Neruda s'endormit à l'instant et se réveilla dix minutes plus tard, comme les enfants, au moment où nous nous y attendions le moins. Il apparut dans le salon, en pleine forme, le monogramme de l'oreiller imprimé sur sa joue.
"J'ai rêvé de cette femme qui rêve", dit il.
Matilde voulut qu'il raconte son rêve.
"J'ai rêvé qu'elle rêvait de moi, dit-il.
- Ca, c'est du Borges", répliquai-je.
Il me regarda, déçu :
"C'est déjà écrit ?
- Si ça ne l'est pas, il l'écrira un jour. Ce sera un de ses labyrinthes."
A six heures du soir, aussitôt monté à bord, Neruda prit congé de nous, s'assit à une table écartée et commença d'écrire des vers limpides, trempant sa plume dans l'encre verte avec laquelle il dessinait des fleurs, des poissons, des oiseaux en guise de dédicaces à ses livres. Au premier coup de sirène, nous cherchâmes Frau Frida et la trouvâmes sur le pont des secondes au moment où nous allions repartir sans lui avoir dit adieu. Elle aussi venait se réveiller de la sieste.
"J'ai rêvé du poète", nous dit elle.
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Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   06 mars 2019
Appelés d'urgence, les pompiers forcèrent la porte du cinquième étage et trouvèrent l'appartement inondé de lumière jusqu'au plafond. Le canapé et les fauteuils tapissés de peau de léopard flottaient dans le salon à différents hauteurs, parmi les bouteilles du bar, le piano à queue et son châle andalou qui voletait comme une grande raie couleur d'or. Les ustensiles ménagers, dans la plénitude de leur poésie, volaient de leurs propres ailes dans le ciel de la cuisine. Les instruments de la fanfare militaire, que les enfants utilisaient pour danser, flottaient à la dérive parmi les poissons multicolores échappés de l'aquarium, seules créatures vivantes et heureuses dans le vaste marécage éclaboussée de lumière.
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araucariaaraucaria   26 septembre 2019
Je ne revis Margarito Duarte que vingt-deux ans plus tard. Il apparu soudain au détour d'une des venelles secrètes du Trastévère et j'eus du mal à le reconnaître d'emblée à cause de son espagnol malaisé et de son port élégant de vieux Romain. Il avait le cheveu blanc et rare, et toute trace avait disparu du comportement lugubre et des vêtements funèbres de lettré andin avec lesquels il était arrivé pour la première fois à Rome, mais au fil de la conversation je finis par le délivrer peu à peu de la perfidie des ans et le retrouvai tel qu'en lui-même : impénétrable, imprévisible et pourvu d'une ténacité de tailleur de pierre. Avant la seconde tasse de café dans l'un des bars que nous fréquentions jadis, je m'aventurai à lui poser la question qui me brûlait les lèvres.
"Et la sainte?
- Elle est toujours-là, me répondit-il. Elle attend."
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araucariaaraucaria   27 septembre 2019
Par une après-midi de pluies printanières, alors qu'elle se rendait seule à Barcelone au volant d'une voiture louée, Maria de Luz Cervantes tomba en panne dans le désert des Monegros. C'était une Mexicaine de vingt-sept ans, jolie et sérieuse, qui avait quelques années plus tôt connu un certain succès comme actrice de variétés. Elle était mariée à un illusionniste qu'elle allait rejoindre ce jour-là après avoir rendu visite à des parents du côté de Saragosse. Au bout d'une heure de signaux désespérés aux voitures et aux camions qui passaient en trombe dans la bourrasque, le chauffeur d'un autocar délabré eut pitié d'elle. Il la prévint toutefois qu'il n'allait pas bien loin.
"Ca ne fait rien, dit Maria. Tout ce qu'il me faut c'est un téléphone."
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araucariaaraucaria   22 septembre 2019
Il était assis sur un banc de bois, à l'ombre des feuilles jaunes du parc solitaire, plongé dans la contemplation des cygnes poussiéreux, les deux mains appuyées sur le pommeau d'argent de sa canne, et songeant à la mort. Lors de son premier séjour à Genève le lac était diaphane et serein, les mouettes paisibles, venaient picorer dans sa main, et les filles de joie paraissaient des sylphides de six heures du soir avec leurs volants d'organdi et leurs ombrelles en soie. A présent, aussi loin que portait sa vue, la seule femme accessible était une marchande de fleurs sur le quai désert. Il lui en coûtait de croire que le temps avait pu faire de pareils ravages dans sa vie comme dans le monde.
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Videos de Gabriel Garcia Márquez (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gabriel Garcia Márquez
En 2005 a paru Dictionnaire égoïste de la littérature française , immense succès immédiat critique et public. Chroniqué par tous les médias en France et beaucoup même à l'étranger, ce livre qui n?avait pas d?équivalent a reçu cinq prix littéraires. Il est aujourd?hui devenu un classique.  Le Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale est consacré aux littératures des autres pays du monde. Et non pas « étrangers ». Un article l?explique, l?auteur ne croit pas à la notion d?étranger, surtout en matière de littérature. Nous ne sommes pas seuls au monde, et aucun lecteur français n?a été constitué par l?unique lecture de livres français. de même, aucun lecteur n?est constitué par l?unique lecture des livres de son temps. Un lecteur est de tous les temps et de tous les pays. Et c?est ainsi que ce livre comprend aussi bien Eschyle (le plus ancien) que Gabriel García Márquez (le plus récent). Pour « égoïste », cela signifie que l?auteur ne parle que de choses qui, en bien ou en mal, l?intéressent, le passionnent, l?éveillent, et non à partir d?on ne sait quels canons de la littérature.  Le « DELM » comprend, comme son frère aîné, quatre types d?articles : sur des auteurs (Karen Blixen, Jorge Luis Borges, F.S. Fitzgerald, Yukio Mishima, Elsa Morante, Platon, Gertrude Stein?), des ?uvres ( Amant de Lady Chatterley (L?) , Guépard (Le) , Petit Livre rouge (Le)? ), des personnages (Ali-Baba, Lady Bracknell, Mademoiselle Else, le prince André, Arturo Ui?), des notions (« Bonheur », « Enterrements d?écrivains célèbres », « Imagination », « Verbes réfléchis »?). Il a, en plus, des « express » (« Esthétique Express », « Machiavel Express »?). On y retrouvera tous les grands noms célèbres, et on y découvrira des méconnus délicieux. On y trouvera un esthétique, et des anecdotes qui sont peut-être un peu plus que des anecdotes, comme Joyce en train de dicter Finnegans Wake à Beckett qui répond « entrez » à un visiteur, Beckett écrivant le mot par mégarde et Joyce lui disant : « Laissez. » Allègre, partial, drôle, sérieux, brillant, inattendu. Un livre qui donne envie d?en parler avec l?auteur. Venez converser avec Charles Dantzig...
En savoir plus sur le "Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale" : https://www.hachette.fr/livre/dictionnaire-egoiste-de-la-litterature-mondiale-9782246820741
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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