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Claude Couffon (Traducteur)
ISBN : 2253045039
Éditeur : Le Livre de Poche (11/04/2003)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 145 notes)
Résumé :
Un village colombien, qui a connu la guerre civile, vit en paix depuis que le maire a rétabli l'ordre parla terreur.
Mais, un soir, les premiers tracts anonymes apparaissent sur quelques portes. Celui que lit César Montero l'amène aussitôt à tuer. Et les tracts se multiplient , semant la discorde dans les familles, ravivant les gaines, réveillant dans la mémoire de chacun les combines, les exactions, les crimes commis dans le passé. Le curé Angel, d'abord ind... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  27 février 2017
Octobre dans un petit village colombien. La météo hésite entre chaleur écrasante et pluie diluvienne. Ce matin-là, c'est la pluie qui accueille César Montero lorsqu'il sort de chez lui. La pluie et un tract placardé à sa porte. Alors, au lieu de partir voir ses bêtes, César se rend chez Pastor et l'abat sans un mot. Les tracts sont apparus une nuit dans le village et depuis ils insultent, dénoncent, divulguent petits secrets et malversations. le maire a laissé faire pour ne pas donner d'importance à ce qui n'en a pas mais le père Angel commence à s'inquiéter pour la santé morale de ses paroissiens. Quand le maire décide d'agir, il emploie les grands moyens : rondes armées et couvre-feu. Mais le colleur de tracts est insaisissable. Les tracts deviennent des bulletins de contestation. La paix vole en éclats.
Pour comprendre toute la subtilité de la Mala Hora, il faut se pencher sur l'Histoire de la Colombie car Gabriel Garcia Marquez ne date pas son histoire mais la parsème d'indices. Les faits se déroulent, dit-il, deux ans après la fin de la guerre civile et la mise en place d'un nouveau gouvernement de réconciliation nationale. On peut donc situer les évènements vers 1955, deux ans après la prise de pouvoir du général Gustavo Rojas Pinilla qui a amnistié les guérilleros libéraux et prône une Colombie loyale, courageuse et chrétienne. La paix ainsi instaurée a été imposée, souvent par la force, et reste précaire. Mais de tout cela, Garcia Marquez ne dit rien. Il se contente d'installer ses personnages. L'alcade, à la fois maire et chef de la police, que l'on découvre victime d'une terrible rage de dents qui le fait souffrir depuis plusieurs jours. On pourrait le prendre en pitié, lui qui s'évertue à maintenir la paix dans le village malgré la douleur qui le diminue. Mais l'on sent vite que quelque chose ne va pas, le respect qu'on lui manifeste semble contraint et pourquoi le dentiste refuse-t-il de le soigner ? Autre représentant de la loi : le juge. Peu enclin au travail, il se contente de suivre le maire comme son ombre, acquiesçant à toutes ses suggestions, refroidi sans doute par le fait que son prédécesseur s'est fait abattre par la police assis au bureau qu'il occupe aujourd'hui. Ensuite, le père Angel, satisfait d'avoir rétabli l'ordre moral dans le village, il découvre, au fil du récit, que ses ouailles cachent bien des secrets et que ses préceptes ne sont appliqués qu'en façade. A côté de ses trois figures tutélaires, les villageois...les profiteurs, les traîtres, les adultères, les lâches, les très riches, les miséreux, les opposants cachés et avoués. Qui parmi eux est le colleur de tracts ? Lequel a initié la distribution de bulletins clandestins qui appellent à la désobéissance civile ? La réponse est dans chaque villageois qui a accueilli la paix sans y croire, qui subit la terreur mise en place par le maire, qui garde en lui le gène de la contestation et de la révolte. le gouvernement apparaît alors comme corruptible et menteur. Il annonçait le changement mais rien n'a changé, les tortionnaires d'antan sont toujours en place et derrière leurs sourires et leurs bonnes manières, la violence ne demande qu'à se rallumer...
Un livre court mais exigeant qui demande une certaine connaissance de l'histoire de la Colombie mais peut aussi se lire comme le récit universel de l'oppression politique et religieuse mise à mal par le désir de liberté. Une oeuvre politique engagée ardue mais intéressante.
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bilodoh
  26 décembre 2016
Pas facile d'écrire une critique quand un livre ne nous a pas touchés, surtout quand il s'agit d'un auteur nobélisé.

J'ai aimé le dépaysement de la chaleur sud-américaine et la prose recherchée de l'auteur. Mais je n'ai probablement pas une connaissance suffisante de la politique colombienne pour apprécier la fable de ce village perdu, une bourgade dominée par un maire choisi par le pouvoir et par un curé qui tente de mettre de l'ordre dans la vie matrimoniale de ses ouailles.

Des dénonciations anonymes, un meurtre et une rage de dents, une suite d'événements dont je ne sais pas toujours s'il s'agit de descriptions réalistes, de contes satiriques ou de métaphores sociales. Ces situations n'ont malheureusement pas suscité de grandes émotions de lectures, je suis restée sur ma faim.

Un rendez-vous manqué, ou plutôt une « mala hora », une mauvaise heure en compagnie de Garcia-Marquez.
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SophieChalandre
  26 novembre 2016
Mala hora, c'est la magie des indices semés par Gabriel Garcia Marquez : sans l'énoncer clairement, l'auteur évoque un nouveau gouvernement, reprenant les arguments des partis d'opposition de 1955, sous l'ère équivoque de Rojas Pinilla, époque à laquelle Gabriel Garcia Marquez a dû s'exiler pour raisons politiques.
C'est encore la magie climatique, présente dans toute son oeuvre, ici la chaleur est un véritable protagoniste alourdissant l'apathie mentale des villageois. De nouveau la magie avec un quotidien où la temporalité semble élastique et la splendeur exotique démystifiée par une vérité tropicale prosaïque et comme au ralenti. Magie encore avec cette quête des sens cachés que l'auteur glisse dans l'atmosphère de ce roman : signe avant coureur, malaise, non-dit, atmosphère hypocrite, oppression latente. L'auteur interroge avec inquiétude les hommes de son pays, leurs intentions véritables, qui sont les collaborateurs, les bourreaux, les rebelles et les bien-pensants.
Magie enfin du titre : Mala hora, qui porte traditionnellement en elle, sur ce continent latino-américain, tous les mauvais présages, l'heure qui annonce, comme dans les tableaux d'Armando Menocal, un malheur imminent, la mort d'une célébrité, la chute d'un régime, la fin d'une rébellion, la reddition d'une armée : l'heure maudite.
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Lilou08
  24 mai 2014
Je me l'étais promis… je lirai d'autres Gabriel Garcia Marquez. Une amie m'a prêté celui-ci, alors je n'ai pas résisté… Toujours le charme de cette écriture si particulière, mais je l'avoue, moins fort que Cent ans de solitude. J'ai sans doute démarré par le must de Gabriel Garcia Marquez lol
Evidemment, le livre est plus court… donc on a moins le temps de connaitre les personnages, de s'imprégner de l'atmosphère, même si il y a toujours une certaine lenteur, une atmosphère étrange que l'on retrouve comme dans Cent ans de solitude, sans doute due en partie à ce pays si singulier, la chaleur, la pluie, le caractère dur et brut des gens… pauvres et habitués, malgré eux, à la violence des autorités, à l'instabilité, à l'incertitude du lendemain, à la pauvreté aussi. Les droits de l'homme, le respect de la vie sont des concepts inconnus dans ces contrées.
J'ai aussi été un peu frustrée, moi la « fan » inconditionnelle des polars, des thrillers suite au résumé du livre. Il était indiqué qu'il y avait un mystère, une intrigue… et je pensais que l'enquête serait menée dans les règles de l'art avec la solution au bout du compte… Que nenni… ce n'est pas ainsi dans le monde de Gabriel Garcia Marquez !!!!
Ceci dit je ne regrette absolument pas ma lecture, car je le répète, j'aime cette atmosphère et cette écriture particulières. Ma quête de cet auteur n'est pas finie !
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TelKines
  01 novembre 2017
Pas facile de critiquer ce livre où la première moitié s'est lue d'une traite, en découvrant la vie des habitants et puis avec une seconde partie plus lourde et d'une certaine façon répétitive (la répétition ayant probablement à voir avec les habitudes de vie de chaque habitant dans ce village).
Donc dans un village colombien, la vie se déroule paisiblement entre la torpeur due à la chaleur et les pluies diluviennes. La nuit, un corbeau colle des affiches sur le passé d'un certain nombre d'habitants. Par ces « révélations » (déjà plus ou moins connues de tous), un jour, un homme, un éleveur de bêtes, tue de sang froid un autre homme. le maire/lieutenant de police du village tente par divers moyens de faire oublier toutes ces histoires. Mais son passé de petite main meurtrière d'un pouvoir despotique lui colle à la peau.
Dans ce court, mais tout de même assez dense, roman, on y comprend l'histoire mouvementée qu'a connu la Colombie. La vie dans la crainte et les secrets plus ou moins cachés, la religion présente à tout moment dans la vie publique, la corruption de fonctionnaires, la violence de la police, les non-dits. Cependant mes connaissances de l'histoire colombienne étant limitées, je ne peux comprendre tous les sous-entendus placés par l'auteur.
C'est une histoire qui aurait pu être plus intéressante sans quelques défauts. Car pour autant, la lecture n'est pas si évidente. J'ai trouvé que la façon de passer d'un personnage à un autre n'était pas toujours fluide et puis j'avoue m'être un peu perdu avec certains personnages. Et l'ensemble manque d'un petit quelque chose…
En tout cas, quoi qu'il arrive, affiches, tracts ou rien de cela, le naturel revient toujours au galop.
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
Lilou08Lilou08   24 mai 2014
« Les choses vont s’arranger après les pluies, dit M. Carmichaël.
- Les pluies vont continuer, prophétisa la veuve. Un malheur n’arrive jamais seul. Vous n’avez pas vu Rosario Montero ? »
M. Carmichaël l’avait vue. « C’est un scandale injustifié, dit-il. Si on prête l’oreille aux affiches anonymes on finit par perdre la boule.
- Les affiches, soupira la veuve.
- Moi, on ne m’a pas oublié », dit M. Carmichaël.
Elle s’approcha de l’écritoire, l’air stupéfait :
« Vous ?
- Moi, confirma M. Carmichaël. On en a collé une grande comme une affiche de cinéma sur ma porte, samedi dernier. Et détaillée ».
La veuve poussa une chaise jusqu’à l’écritoire. « Quelle infamie ! s’écria-t-elle. On ne peut rien reprocher à une famille exemplaire comme la vôtre ». M. Carmichaël ne se montrait pas troublé.
« Ma femme est blanche, alors nous avons eu des enfants de toutes les couleurs, expliqua-t-il. Imaginez : onze enfants.
- Naturellement, dit la veuve.
- Eh bien, l’affiche disait que j’étais seulement le père des enfants noirs. Et on donnait la liste des autres pères. Même don José Montiel, Dieu ait son âme ! y figurait.
- Mon mari !
- Le vôtre et ceux de quatre autres dames », dit M. Carmichaël.
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Lilou08Lilou08   24 mai 2014
« Vous vous trompez sur un seul point, juge Arcadio. Dans ce pays il va y avoir du grabuge ».
Le juge Arcadio s’assura qu’ils étaient bien seuls au salon. Le soleil brûlant, le ronflement de la machine à coudre dans le silence de neuf heures et demie, ce lundi inéluctable, lui en dirent plus : on aurait pu croire qu’ils étaient seuls dans le village. Il sortit le papier de sa poche et le lut. Le barbier lui tourna le dos pour mettre de l’ordre sur la tablette. « Deux années de discours, cita-t-il de mémoire. Et toujours le même état de siège, la même censure de presse, les mêmes fonctionnaires ». Voyant dans la glace que le juge Arcadio avait terminé sa lecture, il lui dit :
« Faites-le circuler ».
Le juge rempocha le papier.
« Tu es courageux, dit-il.
- Si un jour je m’étais trompé sur quelqu’un, dit le coiffeur, il y a longtemps que je ne serais plus qu’une poignée de chair dans mon petit cercueil ». Et, d’une voix sérieuse : « Mais souvenez-vous d’une chose, juge Arcadio, cela, personne ne peut l’éviter ».
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SophieChalandreSophieChalandre   26 novembre 2016
Ca restera entre nous mais je veux que tu tires les cartes […].
"C'est très bizarre, poursuivit Cassandre dont la voix prit un ton mélodramatique calculé. Les signes étaient si clairs que j'ai eu peur en regardant les cartes sur la table." Sa respiration elle-même était devenue théâtrale.
"Qui est-ce ?
- C'est tout le village et ce n'est personne."
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Lilou08Lilou08   24 mai 2014
« En somme, vous voulez que je vous rédige une requête ? »
La femme acquiesça d’un signe de tête.
« C’est bien cela, poursuivit M. Benjamin. Vous croyez encore aux requêtes ». Il baissa la voix : « Pourtant, à notre époque, on ne demande pas justice avec des papiers : on l’obtient à coups de révolver.
- Tout le monde dit cela. Mais le hasard veut que je sois la seule à voir mon fils en prison ».

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PersepolisPersepolis   05 avril 2011
Le maire ne fréquentait pas la boutique du coiffeur. Il avait aperçu un jour, mais sans s'y arrêter, l'écriteau cloué au mur: DEFENSE DE PARLER POLITIQUE. Cette fois, pourtant, il attira son attention.
"Guardiola!" appela-t-il.
Le barbier nettoya son rasoir à son pantalon et resta à l'écoute.
"Mon lieutenant?
- Qui t'a autorisé à afficher cela?
- L'expérience ", dit le barbier.
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Videos de Gabriel Garcia Márquez (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gabriel Garcia Márquez
En 2005 a paru Dictionnaire égoïste de la littérature française , immense succès immédiat critique et public. Chroniqué par tous les médias en France et beaucoup même à l'étranger, ce livre qui n?avait pas d?équivalent a reçu cinq prix littéraires. Il est aujourd?hui devenu un classique.  Le Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale est consacré aux littératures des autres pays du monde. Et non pas « étrangers ». Un article l?explique, l?auteur ne croit pas à la notion d?étranger, surtout en matière de littérature. Nous ne sommes pas seuls au monde, et aucun lecteur français n?a été constitué par l?unique lecture de livres français. de même, aucun lecteur n?est constitué par l?unique lecture des livres de son temps. Un lecteur est de tous les temps et de tous les pays. Et c?est ainsi que ce livre comprend aussi bien Eschyle (le plus ancien) que Gabriel García Márquez (le plus récent). Pour « égoïste », cela signifie que l?auteur ne parle que de choses qui, en bien ou en mal, l?intéressent, le passionnent, l?éveillent, et non à partir d?on ne sait quels canons de la littérature.  Le « DELM » comprend, comme son frère aîné, quatre types d?articles : sur des auteurs (Karen Blixen, Jorge Luis Borges, F.S. Fitzgerald, Yukio Mishima, Elsa Morante, Platon, Gertrude Stein?), des ?uvres ( Amant de Lady Chatterley (L?) , Guépard (Le) , Petit Livre rouge (Le)? ), des personnages (Ali-Baba, Lady Bracknell, Mademoiselle Else, le prince André, Arturo Ui?), des notions (« Bonheur », « Enterrements d?écrivains célèbres », « Imagination », « Verbes réfléchis »?). Il a, en plus, des « express » (« Esthétique Express », « Machiavel Express »?). On y retrouvera tous les grands noms célèbres, et on y découvrira des méconnus délicieux. On y trouvera un esthétique, et des anecdotes qui sont peut-être un peu plus que des anecdotes, comme Joyce en train de dicter Finnegans Wake à Beckett qui répond « entrez » à un visiteur, Beckett écrivant le mot par mégarde et Joyce lui disant : « Laissez. » Allègre, partial, drôle, sérieux, brillant, inattendu. Un livre qui donne envie d?en parler avec l?auteur. Venez converser avec Charles Dantzig...
En savoir plus sur le "Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale" : https://www.hachette.fr/livre/dictionnaire-egoiste-de-la-litterature-mondiale-9782246820741
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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