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ISBN : 2213636605
Éditeur : Fayard (02/11/2011)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 4 notes)
Résumé :
À en croire le discours ambiant, nous vivons dans une société très violente. Instrumentalisée à coups de statistiques douteuses par les discours politiques, entretenue en permanence par le traitement médiatique des faits divers, l’émotion emporte tout sur son passage. De l’insulte au meurtre, tout est appelé « violence ». Chacun y va de sa solution et de son bouc émissaire (les étrangers ! les jeunes ! les malades mentaux !). Le sentiment d’insécurité grandit et, ob... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Apoapo
  07 février 2016
Un pas d'envergure dans ma démarche de "délepenisation" de mon esprit par la déconstruction du discours ambiant. Les mythes de "l'insécurité" - grandissante, bien entendu, de "la délinquance qui empire et qui rajeunit", de "la violence gratuite" - préférablement dans les banlieues, évidemment, du "laxisme de la justice" face aux mineurs - multirécidivistes à souhait, sont autant de lieux communs qui appellent des voeux de la vox populi les immortelles recettes de l'extrême droite.
Or, selon les principes habituels de diffusion de ce discours - instrumentalisation politique et surenchère électoraliste, intérêts économiques dissimulés, martellement médiatique du fait divers, usage des peurs collectives plutôt que de la raison - les anticorps sont rares et les réponses malaisées.
Mais l'analyse sociologique sérieuse et scientifique, comme souvent, démonte ce discours et montre des conclusions exactement opposées à celles de la vulgate. On pourrait les résumer en ces quelques points cruciaux.
1. L'augmentation supposée de la délinquance est l'effet statistique d'un processus de judiciarisation : prise en compte de comportements que les réformes pénales successives qualifient comme de nouveaux délits, ou augmentation des plaintes pour des délits autrefois dissimulés (viols, violences conjugales ou maltraitances intrafamiliales, etc.), ou "externalisation" dans le judiciaire de violences autrefois régulées de façon interne (ex. violences à l'école, etc.) ;
2. Contrairement aux apparences, le nombre et la gravité des comportements violents (ex. meurtres, blessures et coups volontaires comportant des ITT) est en baisse depuis une quinzaine d'années de même que les délits qui demeurent les plus fréquents : les vols de voitures, de deux-roues, de téléphones portables, et ce notamment pour des raisons technologiques ;
3. Les politiques de répression policière, notamment la "politique du chiffre", est globalement inefficace tout en présentant des effets de distorsion, par rapport à la ghettoïsation des banlieues et aux interpellations et gardes à vues ("contrôles d'identité" en vue d'expulsion des sans-papiers, petite consommation de cannabis, etc.) ; il en est de même pour la vidéosurveillance, extrêmement coûteuse ;
4. le "paradoxe de Tocqueville" : "Plus un phénomène désagréable diminue, plus ce qui en reste est perçu ou vécu comme insupportable" (cit. de J-C. Chesnais, p. 212) ;
5. L'interpénétration entre le discours de l'insécurité et les autres composantes de la pensée fasciste - amnésie collective, ethnicisation des conflits sociaux, dissimulation des inégalités économiques, intolérance et repérage de boucs émissaires parmi les plus faibles (immigrés, jeunes, malades mentaux, Roms, etc.) - est totalement évidente.
Table :
Ière Partie: Comment politiques et médias construisent l'"insécurité"
Ch Ier - Les mécanismes politiques et médiatiques
Ch. II - La délinquance des mineurs
Ch. III - Immigration et délinquance
2ème Partie: Violences et délinquances en France : tentative de bilan
Ch. Ier - Amnésie collective
Ch. II - Les homicides
Ch. III - Les viols
Ch. IV - Atteintes aux personnes et aux biens
Ch. V - Délinquance des pauvres, délinquance des riches
3ème Partie: Une lecture de l'évolution de la société française
Ch. Ier - de la civilisation à la pacification des moeurs
Ch. II - Pénalisation: quand l'État veut discipliner
Ch. III - Judiciarisation du règlement des conflits
Ch. IV - Compétition pour les biens de consommation
Ch. V - Ghettoïsation: le poids de la ségrégation française
Conclusion: La "guerre à la délinquance", et après ?
Annexe: Comment mesurer la délinquance ?
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jbt
  12 mars 2012
On ne présente plus Laurent Mucchielli. Pour les personnes qui souhaiteraient découvrir son travail, le mieux est de se reporter à son site. Son dernier ouvrage, destiné au grand public, L'invention de la violence, paru aux éditions Fayard, est un excellent ouvrage de vulgarisation sur la politique criminelle des dernières années.
L'interrogation est relativement simple : les statistiques sans cesse mises en avant pour justifier l'adoption d'un nouveau dispositif répressif sont-elles fiables ? La réponse est bien évidemment négative et l'ouvrage permet de démontrer la lecture qu'il convient d'avoir des différentes statistiques pénales utilisées. Laurent Mucchielli fournit ainsi de nombreuses clés de lecture, explications, démonstrations, qui permettent de mieux comprendre l'utilisation des chiffres au regard de la réalité.
L'intérêt de l'ouvrage est de sans cesse chercher à expliquer les mécanismes en oeuvre. Ainsi lorsque, au début de l'ouvrage, l'auteur aborde l'instrumentalisation médiatique des faits divers, il cherche immédiatement à expliquer le tournant pris par le journalisme et le traitement de l'information en temps réel. Les causes de cette sur-utilisation du fait divers sont alors trouvées dans la nouvelle manière d'envisager l'information, souvent éloignée des enquêtes de fond.
Lien : http://sinelege.hypotheses.o..
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Videos de Laurent Mucchielli (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laurent Mucchielli
Comment la vidéosurveillance a conquis les territoires et les esprits?
La vidéosurveillance a connu un succès fulgurant en France à partir de l?élection présidentielle de 2007, sous l?impulsion de Nicolas Sarkozy et François Fillon. Cette technologie a été présentée comme une contribution majeure à la fois à la prévention et à la répression de la délinquance et du terrorisme. Mais cette promesse sécuritaire, activement entretenue par les industriels de la sécurité, relève-t-elle du mythe ou de la réalité ? À quoi sert vraiment la vidéosurveillance ? Après avoir enquêté dans trois villes françaises emblématiques, Laurent Mucchielli dresse un constat sans appel : la vidéosurveillance n?est pas et ne sera jamais un outil important de lutte contre la délinquance et encore moins contre le terrorisme. Dissiper les écrans de fumée, percer à jour le « bluff technologique » des industries de sécurité, le gaspillage de l?argent public et la démagogie politique : tels sont les résultats de cet essai sans concession et profondément citoyen. Laurent Mucchielli est directeur de recherche au CNRS (Laboratoire méditerranéen de Sociologie) et enseigne la sociologie de la délinquance à l?université d?Aix-Marseille. Il est l?un des meilleurs spécialistes des questions de sécurité et de prévention en France.
Pour en savoir plus : https://goo.gl/jcY1FL
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