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André Fayot (Traducteur)
EAN : 9782714309259
Éditeur : José Corti (05/10/2006)
3.71/5   19 notes
Résumé :
"John Muir - Planète Terre - Univers", tels sont les mots inscrits sur la face intérieure de la couverture du carnet de route dont est issu ce volume. Ils reflètent l'état d'esprit dans lequel son auteur entreprit sa marche de quinze cents kilomètres en direction du golfe du Mexique, via le Kentucky, en 1867. Il s'agit là, de loin, de la plus longue excursion botanique que John Muir ait faite au cours de sa jeunesse. Sa pérégrination a lieu dans une Amérique sauvage... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
HenryWar
  27 août 2021
Je ne comprends rien à la stratégie éditoriale des Éditions José Corti. Je me souviens, du temps où j'étais étudiant, d'avoir été contraint d'y acheter le Château d'Otrante de Walpole, un roman gothique assez ennuyeux, et le papier ivoire était granuleux comme celui des livres anciens, et il fallait couper comme autrefois à l'aide d'un couteau ou d'une règle une page sur deux qui étaient liées ensemble, vestige d'une tradition où l'on indiquait ainsi si un ouvrage était neuf ou s'il s'agissait d'une occasion (car impossible de lire le texte entre ces deux pages sans les séparer comme j'ai dit).
Pourquoi pas. Admettons. Mode précieuse, antique, intempestive : j'aime assez, même si c'est inutile et snob. Certes, il n'est pas très pratique de lire toujours avec un canif sur soi – remarquez : on peut aussi employer le doigt à cet usage, mais alors deux fois sur trois cela produit une déchirure au-delà du pli et c'est bien dommage pour un livre de poche qui coûte une vingtaine d'euros ! –, pourtant, on peut juger cette étrange lubie un signe distinctif, une marque de choix classiques, d'excellence même, et cette originalité obsolète peut accompagner une sélection d'ouvrages un peu guindés ou alors particulièrement soignés.
En somme, quelque chose comme « un éditeur d'exception ». Une sorte d'orfèvre de livres rares. Soit. Je veux tout bien, moi !
Mais difficile, en ce cas de pardonner le titre de la collection de chez Corti où le papier, au contraire, n'est pas ainsi attaché ; je cite : « Les massicotés » !
C'est atroce, comme de nommer un ensemble de tables : « Les rabotées » ou bien tout un style de vêtements : « Les pré-repassés pliés ». Il faut un esprit singulièrement inesthétique pour proposer des appellations aussi prosaïques et laides. Mais passons.
Les oeuvres publiées dans « Les massicotés », listées en tête de mon ouvrage de Muir, n'ont, que je sache, absolument rien en commun, ni en termes de genre, ni en matière d'époque, et peut-être moins encore s'agissant de leur qualité (c'est ce dernier point que je devrais vérifier cependant). C'est à douter même de l'existence chez cet éditeur de ce qu'on appelle une « ligne éditoriale ». Je sais bien que M. Corti, s'il lit cet obscur article, se vantera aussitôt de ne rien discriminer et de ne faire que selon ses goûts en capricieux passionné des variétés de tous horizons littéraires, il faut admettre, n'empêche, qu'on a affaire à un esprit particulièrement désorganisé et qui ne tient pas du tout à ce que ses lecteurs le suivent dans ses extravagances. C'est sans doute un détail pour la grande majorité de ceux qui parcourent en ce moment mes cruelles élucubrations et qui ne retiennent jamais l'éditeur des livres qu'ils mangent, mais qu'on songe rien qu'un instant au métier d'éditeur et aux critères de sélection qu'en principe pareille profession implique en tout premier lieu, et qu'on se représente la quantité de jeunes auteurs de bonne volonté qui se voient chaque année refuser d'emblée les portes de ces maisons au prétexte que leurs écrits « ne respectent pas la ligne éditoriale » qu'elle s'est fixée et comme si elle en avait une : voilà qui ne manquera pas de produire quelque sensation de scandale qui, quand on ne s'intéresse au livre qu'en paresseux dilettante, peut certes passer inaperçue.
Bref ! (encore !)
John Muir est un botaniste qui nous livre ici le récit d'un de ses voyages. Il semble que cet explorateur chrétien soit célébré en Amérique, raison pour laquelle, à force de lire son nom, j'ai songé à me procurer un de ses opus (opi ?). Il y raconte sa traversée de cinq ou six États des États-Unis, avec force descriptions de plantes qui, pour un novice comme moi et probablement pour la plupart des mortels, sont d'un ennui assez fort, et il faut alors toutes les ressources d'une grande patience littéraire pour s'attacher prioritairement au style à l'exclusion d'un latin que j'ignore et d'un lexique de spécialiste. Probablement, Muir se trouve, dans cette contemplation, un plaisir vaste de remémoration attachée à ses pérégrinations qu'il croit pleines d'audace, de vitalité et d'une certaine indépendance, de sorte que sa relation n'est pas pratiquement destinée à être lue par quelqu'un d'autre que lui, et, je pense, n'est même pas assez précise et détaillée pour intéresser scientifiquement un autre botaniste comme lui. C'est un être qui se complaît en quelque sorte, et qui, à peu près seul dans son voyage, tâche à se désennuyer ensuite, seul encore chez lui, en se les racontant et en les revivant par la pensée.
Cet aspect de soliloque est justement ce qui lasse en tout premier lieu : Muir n'a pas souci d'un lecteur autre que lui-même. L'essentiel consiste en un journal jour après jour, où l'auteur paraît souvent se vanter d'observer la nature, non sans insister régulièrement sur la conformité de son action avec les Écritures. Son naïf émerveillement est pour moi la source d'un agacement perpétuel, comme j'en éprouve à l'audition des défenseurs de l'écologie, du moins de ceux dans la voix de qui transparaît toujours quelque ferveur, quelque extase volontairement exacerbée pour l'épate ou l'autosatisfaction : un pépiement d'oiseau leur est un miracle, une fleur colorée un tableau transcendant, une averse un bain sacré de vie, et lorsqu'il faut qu'un décor pour notre « bonheur » soit empli de bruits de bêtes, de couleurs criardes et de sensations excessives, nous voici forcés de contempler à plein la majestueuse description des éléments superbes et divins.
Je vais écrire quelque chose de tout à fait désagréable aux consciences contemporaines et mièvrement naturopathes, et je les préviens et leur prie obligeamment de passer la lecture de ce long paragraphe. Si je n'ai toujours guère de sympathie pour le béton ou le ciment, je ne vois pas pourquoi un espace d'eau m'inspirerait davantage d'agrément si j'y respire aussi bien, et les tiges, les troncs et les feuilles ne me procurent pas – ô pauvre être dénaturé que je suis ! – une quelconque érection physique ou spirituelle. Tout bonheur de la nature provient, je crois, du repos d'être enfin seul, c'est-à-dire libre et tranquille au lieu d'être poursuivi par des obligations et par des hommes, et je gage que si ces animaux que Muir admire tant étaient des hommes, tout l'intérêt de la promenade serait gâché. En quoi je conclus ceci que le goût de la nature ne provient que d'une misanthropie, révélée ou non à la conscience. Nous aimons automatiquement ce vers quoi ce que nous haïssons nous oblige à détourner le regard, car quoi que nous examinions dans le spectacle de l'univers, les sociétés humaines nous en proposent maints spectacles équivalents : une créature et voilà l'individu, un paysage et voilà une ville, le contact d'une pelouse et voilà l'agrément par exemple du toucher d'une table ou d'une feuille de papier. Contrairement aux prétentions des romantiques arriérés, je dirais que rien n'est foncièrement inscrit en nous qui nous pousse au plaisir de la nature, et c'est seulement faute d'y avoir suffisamment réfléchi que nous oublions qu'un castor est une bête plutôt laide, qu'un arbre n'est qu'un grand champignon parasite, et qu'un étang est une étendue assez aimable pour nous empêcher de poursuivre notre marche dans telle direction. Au surplus, nous nous surprenons ordinairement de ce dont nous n'avons pas l'habitude, et comme nous avons surtout perdu l'habitude de notre intériorité et que dans la solitude nous n'en retrouvons plus la saveur qu'au prétexte de quelque balade en plein air, c'est à la nature que nous attribuons tout le mérite de cette « profondeur » subite, et nous supposons qu'il existe dans la verdure et dans le ciel quelque disposition favorable à nous rendre philosophe. Il vaudrait bien mieux que nous fussions capables de chercher le repos en nous-même quel que fût le décor où nous sommes, mais nous entretenons des préjugés niais et héréditaires, et nous voudrions toujours justifier nos plaisirs sur le fondement d'un « bien » supérieur et d'une soi-disant « pureté ». Et c'est ainsi qu'on construit le mythe que la nature est bonne, tandis que tout ce que nous nommons bon, en principe, il faudrait au préalable y avoir longtemps réfléchi plutôt que de ne se fier qu'à son sentiment immédiat de satisfaction.
Cette senteur de préjugé misanthrope, Muir l'exhale dans toutes les pages de son récit : il aime la nature hyperboliquement jusqu'aux plantes toxiques, jusqu'aux alligators mortels et même jusqu'au paludisme qu'il contracte dans le Sud, et cependant, chaque fois qu'il entrevoit un humain ou une ville, il s'en dispense autant qu'il lui est possible ! C'est un individu en cela qu'on pourrait juger d'une grande cohérence s'il n'était pas régulièrement obligé de réclamer un gîte et un couvert à tous ceux qu'il rencontre, et notamment aux docteurs et aux maires dont il éprouve une fierté sensible à nous rappeler toujours le statut qui le valorise. Quand il s'adresse à de tels gens, c'est souvent pour faire étalage de sa singularité scientifique et de la supériorité de ses savoirs bibliques, façon de se conforter dans la pensée que son voyage est nécessaire et qu'il est, lui, un homme assez instruit pour avoir adopté un meilleur style de vie que tout autre ; mais, par ailleurs, il lui importe peu de tirer enseignements et avantages de ceux aux crochets de qui il vit un jour ou deux et par-devers qui il administre des jugements expédiés sans les comprendre fort – il les entend même si mal que, la plupart du temps, il est incapable de retenir les indications de prudence ou de direction qu'on lui fait ! – On doit pourtant lui pardonner, eu égard aux moeurs contemporaines (la guerre de Sécession vient de s'achever), ses façons de mépris dirigés contre les paysans rustres ou contre les Noirs du Sud. Ce qui compte, c'est la manière dont, seul, il perçoit la nature, triomphe de la nuit et des intempéries, résout toutes les embûches, et toujours bravement – et cette bravoure, Muir a l'hypocrite vanité de la présenter à demi comme normale et simple, d'affirmer par exemple que c'est non sans confort qu'il a dormi la tête sur un rocher ou bien qu'il doit à une élémentaire adresse d'avoir résolu quelque difficulté mécanique grâce à quoi il a gagné un peu d'argent pour poursuivre sa route.
Non, vraiment, dans cet ouvrage tout se résume à la manière d'écrire, et quand même on aurait quelque curiosité anthropo-historique sur les moeurs et modes de vie de cette époque américaine juste après l'esclavage, on en serait quitte pour une grosse déception, n'ayant guère à apprendre que des anecdotes si fugaces que c'en serait presque plutôt des visions que des descriptions : vous avez ici et là quelques hommes dont l'auteur a absolument besoin, vous aimeriez en savoir assez ne serait-ce que pour vous les représenter, et vous ne recevez en tout que de gros portraits flous et ingrats, et vous devinez à travers ce défaut majeur du récit que le seul homme que Muir aspire à montrer à son lecteur, c'est lui, en majesté, un être apte et patient à nommer les plantes, et si bon chrétien qu'il admire tout de la Création et l'affiche avec une délectation toute narcissique, à mon avis.
Reste que, inévitablement à force d'essayer son style sur le même thème (la nature), l'auteur parvient, entre plusieurs démonstrations stéréotypées de lyrisme catholique, à produire des séquences originales et élégantes où l'ampoule ne surabonde pas trop et grâce auxquelles l'écrivain parvient à rendre à son sujet une couleur synesthésique et éloquente. Il fait ainsi oeuvre d'artiste, mais on doit patienter longtemps, et avec un esprit tout littéraire, pour les distinguer, ce qui fait de cet ouvrage secondaire une lecture plutôt fastidieuse et presque tout à fait inutile.
Lien : http://henrywar.canalblog.com
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nathalia1307
  22 novembre 2013
A l'origine un voyage entrepris apres la guerre de session en 1867. Muir démarre son voyage en Septembre dans l'Indiana. Il part à pied menant sa marche à la boussole direction le sud, en prenant les sentiers et évitant les villes bien sur essentiellement pour herboriser, c'est à dire collecter des échantillons d'espèces végétales. Avec comme seul bagage une presse à plantes pour conserver les échantillons collectés, un sac, une carte, une boussole. Il traverse alors le Kentucky et ses forêts de chênes, le Tenessee, les monts Cumberland vers le sud des Etats Unis la Caroline du Sud, la Georgie et la Floride.

Voyageant avec de petits moyens, il est bien souvent contraint de se faire héberger et de se nourrir en comptant sur l'hospitalité des habitants pour le gîte et le couvert, ou à la belle étoile. Car à ce moment là, les routes sont peu sures. Muir reste assez prudent malgré les risques qu'il encourt de se faire prendre ses affaires ou tout simplement égorgé. Ils traversent des états sudistes ou les stigmates de la guerre saignent encore.

Bien sur, il est question de botanique : d'arbres surtout des forêts d'hêtres du Kentucky, des montagnes du Cumberland, des magnolias de Georgie et de floride, de la Floride sa végétation rudoyante difficile à pénétrer, de ses palmiers.
Un lieu loin d'être idyllique avec ses lagunes infestées de crocodiles, de serpents d'eau, d'une vegetation enchevetrée, Muir s'égard dans ce dédale végétal et ne retrouve sa route qu'à l'aide de sa boussole et son sens de l'orientation et de l'observation.

Une fois, arrivé dans le golf du Mexique à Cedar Key, une fièvre terrasse Muir, il doit abandonner son projet de descendre par bateau pour le Mexique pour tenter d'aller jusqu'en Amazonie,pour continuer sa collecte. Infatiguable, il s'embarque pour Cuba. Pour enfin gagner la côte est et New York et de là s'embarquer pour la Californie en traversant l'isthme de Panama, à cette époque les moyens de communication sont rudimentaires.

Il arrive en Californie debut 1968, gagne la Sierre Nevada à Twenty Hill Hollow, un endroit ou le cycle floral annuel ne s'interromp jamais, dans ce Val aux vingt collines Muir va y rester, interrompant sa longue marche pour s'établir dans la Sierra Nevada. Ici, s'arrête le récit des ses 1500 kilomètres.


Muir, grand connaisseur des fleurs et des arbres nous innonde de ses connaissances botaniques, livre ses états d'âmes et son amour pour la nature avant tout, et nous fait part de ses rencontres, de l'état d'esprit qui règne après cette guerre de sécession, qui vient de ravager les contrées et les habitants, partage la misère des habitants. Un récit léger, qui me donne l'envie de découvrir la suite dans un été dans la Sierra
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Folfaerie
  05 février 2010
Muir, un aimable vagabond qui parcourait inlassablement son pays pour se repaître des beautés de la nature, connaît depuis quelques temps les honneurs de l'édition française. Outre « un été dans la Sierra », ses souvenirs d'enfance (édités chez José Corti) et le présent ouvrage, on peut encore trouver son voyage en Alaska édité chez Payot. Ce n'est pas moi qui irai me plaindre de ce (durable ?) engouement pour ce respecté et estimable écologiste à qui l'on doit la création des premiers parcs nationaux américains.
Outre le fait d'être un botaniste éclairé, John Muir est aussi un grand écrivain, et pour preuve, ses descriptions de plantes et d'arbres ont le pouvoir de captiver le lecteur ignorant du monde végétal, tant elles sont empreintes de poésie et de lyrisme. Au fil de ses pérégrinations dans un pays qui panse encore ses plaies (la nation sort tout juste de la guerre fratricide qui a opposé le Nord au Sud), Muir nous permet de faire des rencontres, parfois singulières mais toujours riches d'enseignements, car il s'efforce le plus souvent possible de faire halte chez « l'habitant », et lorsque cela est impossible, un cimetière fait aussi bien l'affaire, surtout s'il se situe à Savannah…
Un naturaliste américain qui se mettrait en tête de refaire, aujourd'hui, le parcours de John Muir aurait certainement bien du mal à retrouver les lieux enchanteurs évoqués par l'auteur, tant les milieux naturels ont souffert de l'appétit insatiable de l'homme. Ne nous reste que la prose d'un passionné qui savait communiquer sa ferveur et son enthousiasme pour les beautés de la nature.
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keisha
  04 septembre 2011
S'inscrivant chronologiquement entre Souvenirs d'enfance et de jeunesse et Un été dans la Sierra, ce récit relate les pérégrinations à dominante botaniste de John Muir, de l'Indiana à Cuba en passant par Kentucky, Tennessee, Géorgie et Floride. Un peu en train, en majeure partie à pied, et en bateau pour le retour de Cuba à New York dans le dessein d'arriver en Californie (de nos jours il est aussi plus facile de passer par Paris pour me rendre à Lyon...). Seul un palu le terrassera suffisamment pour l'empêcher de partir jusqu'en Amazonie, son premier objectif, mais il s'y rendra quelques années plus tard...

"Mon projet était simplement d'aller droit devant moi, approximativement au sud, par le chemin le plus sauvage, le plus noyé dans la végétation, le moins battu que je pourrais trouver et promettant la plus vaste étendue de forêt vierge. la carte repliée, j'ai chargé sur mon dos mon petit sac, ma presse à plantes, et je suis parti à grands pas parmi les vieux chênes du Kentucky."

Toujours curieux, enthousiaste, il se lance sans crainte des mauvaises rencontres et prêt à coucher s'il le faut le ventre vide et à la belle étoile. Tout en évoquant l'hospitalité plus ou moins spontanée des habitants, il herborise sans trêve, décrit extrêmement précisément la flore et la faune rencontrées, dessine et prend des notes, découvre au fil de son avancée dans le sud une végétation nouvelle et des traces de la guerre récente, qui "n'apparaissent pas seulement dans les champs dévastés, les clôtures, les moulins incendiés et les bois massacrés sans merci, mais également sur le visage des gens."

Ses opinions sur la place de chaque être dans la nature va à l'encontre des idées de son temps, tant pis si l'alligator inscrit de temps en temps un homme à son menu... Folfaerie cite des passages fort parlants.

Le récit s'achève dans une plaine aux vingt collines, dominées dans le lointain par la Sierra, et l'on retrouve l'exaltation d'un été dans la Sierra.

"Si vous voulez savoir de quelle quantité de lumière, de vie, de joie, on peut profiter en plein mois de janvier, rendez-vous dans ce Val béni! Et si vous voulez assister à une résurrection végétale - des millions de fleurs colorées sortant de terre en foule- , allez à Twenty Hill en février. Si vous voyagez pour votre santé, faussez compagnie à votre médecin et à vos amis, bourrez vos poches de biscuits et allez vous cacher dans les collines du Val; allez vous baigner dans ses eaux, vous brunir à ses ors, vous réchauffer à l'éclat de ses fleurs, et tous ces baptêmes feront de vous des créatures nouvelles. Ou bien, étouffant sous les sédiments de la société et fatigués du monde, vous y verrez vos doutes les plus profonds s'envoler, vos routines charnelles se diluer, et vos âmes respireront librement, fortement, dans l'atmosphère illimitée de la beauté et de l'amour, l'atmosphère de Dieu."
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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OREILLYS
  02 juin 2019
Contexte : John Muir est écossais d'origine, naturaliste et l'un des premiers à s'engager dans la protection de la nature. En 1867 (2 ans après la guerre de sécession), il décide de partir sur les routes du Sud pour découvrir et récolter de nouvelles formes de végétation, sans jamais craindre les rencontres qu'il fera sur sa route en pleine période instable. La maladie le fera changer de route, mais il continuera à explorer et s'émerveiller des beautés de la nature.
Ce qui a retenu mon attention, c'est cette capacité à rediscuter les moeurs de l'époque et le nombrilisme de l'être humain. Il rappelle que la nature n'a pas été faite pour l'homme, que la création est un tout, de la plus petite créature transmicroscopique jusqu'à l'homme. Tout être vivant vient de la Terre.
C'est donc un plaidoyer pour une cohabitation qui avait déjà commencé il y a un siècle et demi et qui est devenu une urgence aujourd'hui.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
FolfaerieFolfaerie   24 mars 2011
Massacrer les bêtes de Dieu pour le plaisir était à mon avis la plus « f__tue » besogne. « Elles ont été créés pour nous, disent ces prédicateurs suffisants, pour nous nourrir, nous divertir, ainsi que pour d’autres usages qu’on n’a pas encore découverts. » En se mettant à la place d’un ours qui conclut à son avantage un différend avec un chasseur malchanceux, on pourrait dire avec tout autant de justesse : « Les hommes et les autres bipèdes on été créés pour les ours, et grâce soit rendue à Dieu pour des griffes et des dents si longues ».

Si un chasseur chrétien va dans les forêts du Seigneur tuer les animaux dont IL prend soin ou des Indiens sauvages, tout est normal ; mais que parmi ces victimes ad hoc, prédestinées, un spécimen entreprenant aille dans les maisons ou par les champs et qu’il tue le plus méprisable de ces tueurs divins et verticaux, c’est un épouvantable sacrilège, et de la part d’Indiens un meurtre atroce ! Ma foi, je n’ai pas grande sympathie pour l’égoïsme distinctif de l’homme civilisé : si une guerre des races se déclarait entre les bêtes sauvages et Monseigneur l’Homme, j’aurais plutôt tendance à prendre parti pour les ours.
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FolfaerieFolfaerie   24 mars 2011
Je me sentais complètement perdu au milieu de ces foules immenses, du vacarme des rues et de ces immeubles énormes. Je me disais souvent que cette ville, j’irais volontiers l’explorer si, comme une région de collines et de vallées sauvages, elle était vide d’habitants.
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SmilingSunSmilingSun   30 octobre 2014
Il n'est pas de sujet sur lequel nos idées soient plus biscornues et plus pitoyables que sur la mort. Au lieu de l'harmonie, de l'union fraternelle entre la vie et la mort, si patente dans la Nature, on nous apprend que la mort est un accident, le déplorable châtiment du péché le plus archaïque, le plus grand ennemi de la vie, etc. p 61
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FolfaerieFolfaerie   24 mars 2011
Nous avons tendance à ne regarder le grand océan que comme une partie presque vide de notre globe - une espèce de désert, des eaux inutiles. Mais quoique nous soyons des animaux terrestres, la terre nous est à peu près aussi inconnue que la mer, car les regards troubles - et mercantiles, le plus souvent - que nous portons sur l’océan sont en comparaison dépourvus de valeur....
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SmilingSunSmilingSun   30 octobre 2014
Le vent, qui agitait les lourds panicules plus hauts que ma tête, faisait un bruit étrange et je craignais le paludisme, si répandu ici, lorsque je pensai tout à coup au cimetière.
" C'est l'endroit idéal pour un vagabond sans le sou, me dis-je. les malintentionnés superstitieux n'oseront pas s'y aventurer de peur des fantômes et j'aurais pour moi une paix et un repos divins." p 63
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Videos de John Muir (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de John Muir
Pour lui, un homme sans contact avec la nature, n'est rien du tout. Tout au long de sa vie, le scientifique et aventurier John Muir s'attachera à préserver les parcs nationaux américains. Il réussira même à convaincre le président Theodore Roosevelt de le soutenir dans son engagement.
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